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31.10.2007

La bonne blague du jour

Ce matin, fait inhabituel, j'étais en avance pour aller bosser. J'ai, comme toujours, un peu de mal à ouvrir la porte. Elle « racle » un peu depuis quelques jours, impossible de savoir pourquoi, mais bon, j’ai l’habitude de me bagarrer avec des trucs qui marchent pas, donc je me suis pas plus appesanti que cela sur la question jusqu’ici.
Je sors et tire la porte derrière moi pour la claquer avant de la fermer à clé.
Sauf que.
Sauf que voilà, j'ai beau tirer, ça bloque : elle ne veut pas se fermer.
Bin mince, alors il ne manquait plus que ça ! Bon, c’est pas grave, on va recommencer. Non, toujours pas. Comme je suis une enfant de windows pour qui il suffit de redémarrer la bécane pour que ça fonctionne, je rentre chez moi, pour essayer de l’intérieur. Voilà, tiens, tu feras moins la maline quand je t’aurai matée, sale petite porte impudente. Hopla, un grand coup d’épaule, et… scccccrfff. Bon, on progresse, mais c’est toujours pas ça. C’est pas ce que j’appelle une porte fermé, même si ça en a les apparences.
Tellement les apparences que lorsque je veux la rouvrir pour réessayer de l’extérieur et bien… comment dire… je n’arrive pas à la décoincer !  Je tempête un peu, jure deux ou trois très vilaines choses pour lesquelles je brûlerai très certainement en enfer, m’énerve… Rien n’y fait.
Très bien. Tu veux la jouer comme ça ? pas de problème, tu vas trouver à qui parler !
J’enlève mon manteau, mon sac, mon collier et retrousse mes manches, m’y prends à deux mains et tire de toutes mes forces… Rien !
Forcément. Quand on bourrine une porte à coup d'épaule, ça fonctionne bien mieux que lorsqu'on essaye de l'ouvrir en tirant dessus, même avec toute la force de ses petits biceps de déménageuse.

Que faire ? Qui appeler à l'aide ?
Là, je commence vraiment à paniquer. Comment fait-on, quand on est enfermé chez soi ? On attend patiemment de crever tout seul ? En plus, j’ai même pas d’alcool-la-fête-est plus-folle pour passer le temps !
Bon, c’est pas grave, soyons méthodique. Si ça se trouve, y’a un truc qui bloque en bas ou en haut. Je regarde aux deux endroits, mon tournevis à la main, prête à déloger l’infâme objet qui se serait glissé subrepticement pour me pourrir la matinée. Rien des deux cotés : je vois le jour à travers.
Non, ça vient de la porte qui a mystérieusement gonflé pendant la nuit. Cette petite morue des bas quartier a profité de mon absence pour se faire engrosser par le premier venu ou alors elle fait de la rétention d’eau.

8h30. Miracle, une dame sort de chez elle. Je tambourine contre ma porte en miaulant un pauvre "s'iiiiil vous plaaaaaaait !!!!" paniqué.
Evidemment, cette enfoirée ne fait aucun geste me prouvant qu’elle m’a entendue. Si elle prend l'ascenseur sans broncher, je jure que je tape une crise de nerfs, là maintenant, tout de suite, et même que je serai capable de pousser des hurlements de démente en m’arrachant les cheveux. De toute façon, j'en suis déjà pas loin, donc il ne m'en faudra pas plus pour y arriver.
Finalement, si, elle tourne la tête, je crie de plus belle :
"je suis enferméééééée chez moi, aiiiiiiiiidez-moi !"
L'absurdité de ce que je suis en train de dire me traverse bien l'esprit mais j'ai pas trop le cœur à rigoler, là. De toute façon, être pathétique, c'est mon fond de commerce, alors allons-y gaiement !
Elle s'approche... demande "que se passe-t-il ? je n'entends pas" ... mais s'adresse à la mauvaise porte, celle des voisins (la scène en format judas a quelque chose de surréaliste, c’est moi qui vous le dis…)
"noooon, je suis en face, EN FACE !!"
Elle tourne la tête vers ma porte. Merci petit Jésus, j'existe, on regarde ma porte, on m'a entendue !

"qu'est ce que voulez que je fasse ?" me demande-t-elle pleine de sollicitude
"ma porte est bloquée, et je n'arrive pas à l'ouvrir de l'intérieur, est-ce que vous pourriez pousser ?"
Elle essaie, n'y arrive pas.
Je vois arriver le moment où, même avec son aide, cette foutue sacrée nom de dieu de porte va rester comme ça, à moitié ouverte mais me retenant quand même prisonnière chez moi contre mon gré. Finalement, en conjuguant nos efforts, elle qui pousse et moi qui tire, on arrive à l'ouvrir.

Je me confonds en remerciements plein de soulagement. Je regarde sur la serrure en m'interrogeant tout fort sur les raisons qui poussent cette satanée porte à ne pas vouloir se fermer.
"heuuu, oui, mais je dois y aller, là, je vais louper mon train sinon" enchaîne-t-elle rapidement en s'éloignant sans demander son reste. Bon, je viens de vivre un grand moment de solitude, là, j’aimerai vraiment qu’on me témoigne un peu de chaleur humaine (et pour une fois…) mais je vais pas la détester de m’abandonner lâchement. Déjà, elle vient de me libérer alors je vais la tirer furieusement par le bras pour l’attirer à l’intérieur de l’appart avant de claquer le plus violemment la porte possible pour qu’on soit deux bloquées à l’intérieur cette fois. Mon envie de suicide m’a quittée.

Et puis il reste le gardien. Je vais lui demander de l’aide, c’est un homme, il va trouver une solution, c’est certain. Coup de chance je le croise dans le hall d’entrée. Je lui saute dessus, à ce pauvre brave homme. Il aura sûrement une idée pour me dépanner.
Il en a une, oui.
Mais pour revendre ma voiture qui est stationnée à la même place dans le parking de l’immeuble depuis trois mois. Ah non, alors, c’est pas le moment !

"Heuuu, en fait, j'ai un problème, avec ma porte : elle refuse de se fermer"

Il fronce les sourcils, et fait grise minne. De celle qu'on prend quand on entend quelqu'un nous demander quelque chose et qu'on n'a pas du tout, mais alors vraiment pas du tout envie de s'en mêler.
"binche, il fauche apeléche lé serrourièche"
Bon, oké, tu veux pas monter voir et trouver par miracle une solution miracle qui sauverait miraculeusement ma journée. Merci, t'es coule de casser mes rêves. Je croyais que les gardiens, c'était un peu les magiciens des temps modernes, je me suis lourdement trompée. Il me donne quand même le nom d'un serrurier et ré-embraye tout de suite sur la voiture, si je veux la vendre, parce qu'il y a quelqu'un qui est intéressèche (je suis coule, je vous fait pas la transcription littérale, parce que ça m’a demandé des énormes effort de compréhensionche).
Oui, oui, vas-y, fourgue là, je m'en tape de ce vieux tas de boue, je n'ai qu'une envie depuis des mois, c'est de m'en débarrasser, alors si un crétin veux le racheter, qu'il le fasse, je m'en cogne, je suis même prête à le payer pour ça.
Je finis par récupérer le précieux numéro de serrurier et l'appelle illico. Ce brave homme est gentil, hein, mais il ne comprend pas mon problème.

- Vous voulez dire que vous n'arrivez pas à tourner la clé ?
- NON !!! JE N'ARRIVE PAS A FERMER LA PORTE !
Elle ne rentre plus dans son châssis, tu comprends ou faut que je te fasse un dessin ?!
Au bout de cinq minutes de dialogue de sourd, il finit enfin par capter.
- Ah. Mais, vous êtes sûre qu'il n'y a rien qui bloque dedans ?
- Non, j'ai vérifié, il n'y a rien, ça bloque c'est tout.
- Et le penne, il est pas sorti ? parce que des fois, ça vient de là...
Vas-y prends moi pour une blonde tant que tu y es.
- Non, le penne n'est pas sorti CA BLOQUE, c'est tout !
- Bon, je peux pas vous envoyer quelqu'un tout de suite, je vais faire la tournée avec le technicien et je vous rappelle pour vous dire.  

Le brave homme était sensé passer entre 13 heures et 16 heures, finalement, il sonnera à 11h. En même temps, il aurait pu rentrer direct, hein… (à la va comme j’te pousse ? Le calembour est facile, mais…) et me réparera la chose de fortune : problème de malfaçon.  

En rentrant chez moi tout à l’heure, je me suis souvenue qu’un jour, je m’étais enfermée à l’extérieur de mon appart, par deux fois, lorsque j’habitais mon merveilleux taudis dans le XIVème. La première, grâce aux éboueurs à qui j’avais demandé de l’aide (alors que j’étais sortie pour les engueuler parce qu’ils faisaient du bruit) en forçant mes volets pour que je re-rentre par les fenêtres miraculeusement ouvertes (on sous-estime les avantages des rez-de-chaussée et de la canicule) et la deuxième, je m’étais faufilée par le vasistas de la cuisine sous l’œil ébaudi des voisins. Aujourd’hui, j’ai testé l’auto enfermement chez soi, et à choisir, je préférais encore les deux premières expériences…

Commentaires

Chère Blonde,
pour t'éviter à l'avenir ce genre de crise de panique (j'ai déjà eue cette stressante expérience, coincée devant ma porte dehors, mais aussi dedans), inclus donc le pti numéro du serrurier du coin dans ton répertoire de mobile...

Ecrit par : les400clics | 31.10.2007

Oui, bon, pas de quoi sortir de ses gonds non plus, huh !
Sérieusement, il y a de quoi s'em... porter, oui !
J'espère que ton huis ne t'empêchera plus de dormir...

Bon, j'arrête là, et je sors, oui, oui !! ;-)

Ecrit par : N!KO | 01.11.2007

Ca m'est arrivé une fois aussi, ma carte bleue était coincée sous la porte (me demandait pas comment elle était arrivée là).
Par contre tu ne dis rien sur le serrurier, est-il sexy ? Le serrurier est parfois un élément important du scénario !
;)

Ecrit par : Manu | 01.11.2007

Aah la bonne blague :D Mais que de péripéties dans ta vie de Blonde! Je t'envierais presque... ;)
Encore une fois: grosse marrade, j'aime que ces moments là soient partagés.

Ecrit par : Versus | 01.11.2007

chère 400clics : merci pour ce précieux conseil, tu es une vraie mère pour moi (c'est grave si je l'ai déjà perdu ce numéro ? Naaaan, je vais bien le retrouver sur la facture, faut pass'en faire)

N!ko : hihihihihi (en vrai, c'était pas très drôle sur le moment)

Manu : tu devrais arrêter de regarder les films porno, tu saurais ainsi que dans la vie, quand un livreur de pizza amène sa commande il n'en profite pas pour se livrer à quelques actes que la morale réprouve avec sa cliente (blonde seule et en déshabillé transparant, je suppose) et ce qui marche avec un pizzaman fonctionne aussi avec un serrurier. Personnellement, je n'ai aucune idée de son physique, juste qu'il a trouvé une solution à mon problème et c'est déjà bien pour un homme. Le reste, après...

Versus : méfies toi, j'ai déjà constaté que j'avais une très légère tendance à refourguer mon manque de bolisme flagrant à mes proches, alors ne m'envie pas, ça pourrait t'arriver aussi et tu ne trouveras plus ça si drôle...

Ecrit par : une blonde dans la ville | 02.11.2007

Encore une excuse bidon pour arriver en retard au boulot.

Ecrit par : Comme une image | 02.11.2007

je vois que tu me connais bien. (c'est quand même plus crédible que "mon chat a mangé mes clés, non ?)

Ecrit par : une blonde dans la ville | 03.11.2007

Oh, il t'a pas fait le coup de la photocopieuse ???
Rhoooô !!! Quel malotru !!!
Et non, je ne regarde plus de films pornos depuis... Bof, plusieurs mois (environ 14... ;p) Mais je suis quand même d'accord avec Manu... Le coup de la photocopieuse, y a que ça de vrai...

Ecrit par : Veronia | 06.11.2007

tu regardesp lus mais le souvenir semble vivace... le coup de la photocopieuse, hein ? J'y penserais...

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 07.11.2007

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