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07.03.2008

Capitaine Flam' tu n'es pas...

Ce lundi-là, fidèle à ma politique d’occupation du terrain chez mes partenaire, j’avais un rencard chez des avocats-caca pour causer développement, collaboration et tout et tout. (je sais, pour l'instant le rapport avec le roman et le titre de ce billet n'est pas évident mais c'est pas grave) 

Pour autant, allez comprendre pourquoi, vachement moins fidèle à ma politique de laisser-aller question conscience professionnelle, en sortant de mon rendez-vous à 16H30, je me suis très sérieusement tâtée pour retourner au bureau juste après.

Bon je vous rassure, ça n’a pas duré longtemps, hein.

Bin oui, fallait que je passe à la poste pour récupérer mon recommandé que je me suis envoyée à moi-même pour prouver ma bonne foi en cas de plagiat de la grande œuvre par Gallimard (on peut rêver, quoi !)

Après avoir patienté gentiment – mais longuement – au guichet de ma poste, je récupère la pauvre chose : l’enveloppe est à moitié déchirée et je sens comme un genre de flottement à l’intérieur, genre le thermo collage n’a pas tenu le choc… Je me dis « ça craint, ça a dû arriver avec plein de feuilles volantes, laisse tomber l’image de marque, je pars pas avec des points…
Je rentre chez moi, regarde mon courrier.
Peu de chose (bin voui, j’ai pas d’ami et j’ai pas renouvelé mon abonnement à Télé 7 jours) mais une enveloppe estampillée : Groupe Flammarion.
Oulala… c’est un courrier, alors c’est sûrement pour me signifier qu’ils ont bien reçu ma bouse mal themro collée, heuuu, pardon, mon manuscrit, qu’ils en sont très touchés et que sans nouvelle de leur part d’ici trois mois, c’est qu’ils s’en seront servis pour caler une table bancale au service archive. Je le sais, Acte Sud et mes amis du Rouergue ont fait tout pareil, m’informant mon numéro de référence manuscrit à joindre dans tous mes courriers. (bon, ils ont pas dit ça exactement comme ça, hein, ils ont fait style, on est vachement flatté de votre envoi, on reçoit 500 manus’ par jour alors on est sélectif et on peut pas tous les éditer et encore moins garder ceux qu’on veut pas. Si vous voulez le récupérer faut nous envoyer une enveloppe timbrée)
Avec fébrilité, je décachette la lettre. Elle est courte comme les autres et ça commence bien :
« vos références : Un coup d’un soir »
bien vu, l’ami, c’est tout moi, ça, exactement ce que j’inspire.
« nos références : …une série de chiffres, comme leurs confrères »
« Nous avons lu (aaaah…. D’habitude ils se contentent d’accuser réception…et alors ??? et alors ????) le manuscrit que vous avez bien voulu nous faire parvenir. Malheureusement votre texte n’a pas été retenu par notre comité de lecture et nous sommes désolés (pas autant que moi, je te le dis) de ne pouvoir en envisager la publication »
« Avec nos regrets (bin voyons !! j’y crois à mort) nous vous prions d’agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs (c’est ça, va crever)
Cherchant visiblement, à se prémunir de toute agression physique ou verbale, il est interdit de venir chercher soi-même les restes de sa bouse chez l’éditeur, c’est précisé en capital en gras en bas de la lettre.
Mon analyse : ils ont reçu le manuscrit le 11, ils m’écrivent en date du 13, ça pue le « ça n’a pas été lu en entier » et ça signifie donc que mon incipit est pourri.
Allez, en vrai, mon analyse à moi que j’ai c’est que le titre leur a fait peur et qu'ils n'ont pas osé confier la lecture de la chose à leurs prudes assistants...

Le pire dans tout ça ? Ces braves gens n’ont pas été fichus de faire une faute de syntaxe, grammaire ou orthographe à leur fichu courrier type (à peine une dans mon adresse histoire que ce soit plus insultant) ce qui m’aurait pourtant réjouie et donc un peu consolée. M'en fiche, demain je l'envoie aux éditions harlequin, c’est pile dans la ligne éditoriale.
Et pis de toute façon, je voulais Gallimard, pas Flammarion. Bin voué, mon nom sur la NRF , je trouve ça classe, que voulez-vous, chacun ses fantasmes, hein…

Trackbacks

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Commentaires

Pour le roman, il faut le faire enregistrer à la Société des gens de lettres à Paris, coût 45 euros pour trois ou quatre ans, je ne sais plus, garantie renouvelable à expiration du délai. C'est ce qui peut prouver un éventuel plagiat.

Ecrit par : Porky | 07.03.2008

PS : et pas de panique, faut continuer les envois.

Ecrit par : Porky | 07.03.2008

Porky : je sais mais je suis une radine... et puis quitte à plagier autant m'éditer...

ps : merci... les envois, je crois qu'on y est question potentiel d'arrosage, il faut surtout continuer à écrire le deuxième... enfin dans mon cas, le commencer vraiment, je patauge pour l'instant.

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 07.03.2008

L'essentiel c'est de t'être prouvée que tu es arrivée à écrire ,,, et surtout à mettre le mot fin ... Le reste ... Il sont des grilles qui ne laisseraient peut-être aps passer Céline mais je dois te le dire ,,, tu aurais dû choisir un autre titre ... "Une histoire de bourses à pas tout à fait sept milliard d'euros" ... Déjà ils auraient eu un doute et il aurait chercher le lien ,,, lu le livre jusqu'à la fin et ... je meanque d'idée tu finiras ... merde c'es toi l'écrivaine ...

Ecrit par : renard-énigmatic | 07.03.2008

Envoies leur un courrier d'insultes, sous un pseudo, avec des lettres découpées dans le journal, pour leur faire peur...

Ecrit par : Bernie | 08.03.2008

Cher renard : comme je l'ai déjà dit je pense, ce roman a surtout le mérite d'exister et moi d'avoir mener le projet jusqu'à son terme, je ne me faisais guère d'illusion sur sa publication pour toutes sortes de raisons. Là, je veux surtout me concentrer sur le suivant (dont j'ai déjà le titre, au moins ça de réglé...) et puis j'écris non pour me faire éditer à tout prix mais parce que j'aime ça. Merci néanmoins...

Bernie : très bonne idée, fut un temps, j'avais proposé dans le journal de l'école do it yourself lettre anonyme avec des insultes déjà tapées dans des polices différentes, prêtes à être découpées et envoyées, je pense que je vais utiliser ça... ;)

Ecrit par : une blonde dans la ville | 08.03.2008

Bah , vraiment, je suis désolée pour toi parce que tu as longuement bossé. Mais comme t'ont déjà dit les autres, rien n'est perdu...du tout ! Et si tes lecteurs le lisaient directement, sans passer par une maison d'éditions ? Tu créés un site, avec le nom de ton bouquin et le publie sur le site. :-)

Ecrit par : Suffragettes | 08.03.2008

Suffragettes : merci ! Une publication via internet, j'y ai pensé, je l'admets même si c'est encore un peu trop tôt pour ça, l'option reste ouverte

Ecrit par : une blonde dans la ville | 09.03.2008

A défaut de merles on mange des grises...
http://www.manuscrit.com/infos/charte.asp

Je persiste et signe que ton titre...

Ecrit par : Cigale | 09.03.2008

...des griVes... c'est quand même mieux ! :-))

Ecrit par : Cigale | 10.03.2008

Cigale : des grives oui, c'est mieux que des grises, mais bon, je suis du genre fermée à toute négociation...
Merci pour le lien, ça restera une dernière option (et encore) si vraiment Gallimard ne se bouge pas...
tu persistes et signes que mon titre ?

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 10.03.2008

...EST PAS TERRIBLE... !!!! :-))

(Mais non je ne m'énerve pas)

Ecrit par : Cigale | 10.03.2008

aaaah... voilà ! Là, au moins c'est clair... Il est peut-être pas terrible mais c'est trop tard pour le changer.
Maintenant que tu m'as fait part de ton point de vue sur le titre, tu peux me dire pourquoi tu ne le trouves pas terrible ? (ça m'aidera à mieux choisir la prochaine fois)

Ecrit par : une blonde dans la ville | 11.03.2008

Disons que je ne le trouve pas "accrocheur" (si je peux me permettre et en ce qui me concerne)

Je m'imagine dans une librairie ne sachant quoi acheter et flânant dans les rayons, je vois ce titre, je ne pense pas saisir le livre pour en lire le résumé. Et je passerais peut-être (certainement ;-) à côté d'un excellent livre, mais c'est ça précisément le paradoxe du titre d'où le bon choix.

Alors bien sûr c'est difficile de juger du bien fondé ou non d'un titre avec le court résumé que tu as fait du thème de ton livre. Mais justement, les maisons d'éditions ne connaissent rien du bouquin lorsqu'elle reçoivent le manuscrit et le titre est aussi leur première approche. Je pense qu'elles jaugent également l'accroche de ce titre vis à vis de leur public potentiel.

Si cela peut te consoler, "Sentimentale" aurait pour moi été pire car j'aurais tout de suite pensé à un roman à l'eau de rose plutôt voué à Arlequin, ce qui, connaissant tes billets au vitriol ne doit vraiment pas être le cas...

Ecrit par : Cigale | 11.03.2008

Cigale : oup's, dis donc, haut & fort m'annonce tout juste ton commentaire...
Je ne peux qu'être d'accord avec toi sur ce que tu dis del'effet de ce titre en librairie. Sauf que, à mon sens, le titre peut se changer une fois la décision prise d'éditer un livre. Le but du jeu était "d'accrocher" sortir du lot de la masse de manuscrits qui arrivent chaque jour dans les maisons d'édition.
Pour l'instant, sur les quatre lettres de refus reçues, deux sont très personalisées ce qui m'indique que le roman, même s'il n'a pas été retenu a au moins été lu et c'était mon objectif prioritaire. Bon c'est sûr, j'aurais préféré que ça passe mais j'étais consciente des faiblesses de mon histoire.
Merci pour ton analyse, en tout cas.

Ecrit par : une blonde dans la ville | 16.03.2008

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