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27.03.2008

Dichotomie pour l’heure d’été

1202692565.JPGLe résumé : « C'est l'été. Dans la belle maison familiale Frédéric, Adrienne, Jérémie et leurs enfants fêtent les 75 ans de leur mère, Hélène Berthier, qui a consacré toute son existence à la postérité de l'oeuvre de l'oncle, le peintre Paul Berthier. La disparition soudaine d'Hélène, quelques mois plus tard, les obligera à se confronter avec les encombrants objets du passé. Cette famille, à l'apparence si heureuse, va-t-elle pouvoir rester unie ? »

Je suis allée voir ce film parce que le sujet me touche et me parle de façon directe.

Pour la première fois depuis très longtemps, voire toujours, je suis allée voir un film uniquement pour y retrouver ce que je vivais ou avais vécu, non pour ce qu’il aurait de différent à me montrer, ce qu’il aurait à m’apprendre, pour un scénario dont on me vantait les mérites, une qualité esthétique encensée par les critiques.

Alors c’est évident, ce parti pris me rendait partiale et donne à mon analyse de côté très bien/pas bien toute personnelle que je ne pourrais jamais partager qu’avec moi-même. Passé cela, voici mon analyse à moi que j'ai.

Ce que j’y ai aimé :
-          La volonté d’un seul de conserver le patrimoine familial balayée par le besoin des autres d’y renoncer
-          Les plaisanteries dans un moment jugé comme grave, une façon de dédramatiser l'instant, de faire sortir la pression, de se rassurer avec une complicité accrue
-          La solitude de celui qui est le plus près et le plus impliqué et l’impression d’injustice que cela crée
-          La déferlante de mots d’amitié et de soutien qui nous touche et à laquelle, pourtant, on ne répond pas, ou mal.
-          Les vestiges d’un passé qui nous fait mal de voir hors de leur contexte (pour le film dans un musée, pour moi, chez les autres)
-          La terrible douleur à voir ce qui a constitué un endroit de rassemblement des objets sûrs et constituant la base même de nos souvenirs d’enfance et dans lesquels on se sentait chez soi, soudain dépecés sous le prétexte du partage et de l’héritage, quand l’héritage est constitué de bien d’autres choses que des tableaux, verreries, meubles, dits de « valeurs »
-          Les différences entre frères et sœurs, élevés ensemble, censément avec les mêmes valeurs, qui se dévoilent à l’heure de prendre des décisions d’adultes sans la présence de parents – censeurs ou rassembleurs, et met en lumière tout ce que ces individus partageant une histoire commune peut avoir de différent.
-          Les personnalités dans ce qu’elles ont d’égoïstes et individualistes qui se révèlent.
-          Des personnages attachants, subtilement traités avec beaucoup de réalisme tant dans leur caractéristiques et contradictions que dans la façon dont cela influence leur comportement, sans faire de qui que ce soit une caricature.

Ce qui m’a paru léger ou mal traité :
-          La culpabilité potentielle devant la mise en vente d'un patrimoine familial balayée dès les premières minutes du film alors que cela reste un vrai sujet, source de nombreuses contradictions intimes permettant d’enrichir des personnages
-          Un sujet central mal défini : de quoi parle-t-on ? de la difficulté à se séparer d’un patrimoine, céder une histoire qui nous appartient au commun des mortels ? renoncer à l’engagement de ses parents ? Le deuil de personnes d’exception ? Le lien entre le deuil affectif et le deuil d’une histoire familiale dont certains veulent se libérer et les autres rester les garants et les conflits que cela engendre ?
-          Une façon survolée de traiter l’aventure décisive qu’est celle de faire le deuil d’un parent à la personnalité forte dont on se sent le dépositaire, de tourner la page avec un passé, une histoire qui, si on ne s’en sent pas responsable, reste une part non négligeable de notre personnalité, de qui on est.

En définitive, je suis sortie frustrée de ce film.

Pas seulement parce qu’il n’a pas traité in extenso de mes problématiques mais aussi parce que, s’il présente des personnages subtils et réalistes, touchants, bien vus, nous fait la grâce de ne jamais sombrer dans le pathos facile, il ne fait par contre que survoler, aborder par touche beaucoup de thèmes, sans jamais vraiment plonger dedans à bras le corps. A vouloir aborder trop de choses en même temps, à vouloir traiter de sujet sensibles sans se salir les mains, on ne traite rien du tout... 
Pour autant et aussi surprenant que cela puisse paraître je ne déconseille pas d'aller le voir, si sur le fond, j'émets quelques critiques, la réalisation est soignée, les personnages finement rendus et j'étais, comme vous l'aurez compris, vraiment pas objective...

Trackbacks

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Commentaires

Ah je sais pas mais ça me tente bof ce film... C'est français?

Ecrit par : Ovidette | 27.03.2008

Ovidette : tout ce qu'il y a de plus français. Et ça n'a rien de triste plein de pathos pénible et lourdingue, ils ont évité cet écueil, c'est plutôt tout en subtilité, en vrai, je ne pouvais pas être objective en allant voir ce film mais si on retire le côté sentimental dem on analyse ça reste un très bon film que je recommande

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 28.03.2008

I - [Pas tenté]
II - [Avis personnellement personnel, hmm]
III - recommandé : "Julia", d'Eric Zonca.
IV - Dernier film que j'ai vu.
V - Tilda Swinton - grande & grandiose.
VI - [Quand même... A.j.o.u.t.e.r.]
VII - Un seul film a été prêt de me faire l'effet d'une fichu mine anti-personnelle [en fait - surtout un passage de ce film]
VIII - "Magnolia"
IX - Echo circonscrit à une chanson, que ça m'a inspiré
X - @ +

Ecrit par : S Express | 28.03.2008

S express : tout à fait le droit d'avoir un avis personnel par ici et de le faire savoir. On m'a proposé d'aller voir Julia aussi et, je ne sais pas pourquoi, j'ai esquivé, trop l'impression que ce film me déprimerait et j'ai déjà un peu trop vu de films déprimants ces derniers temps (sans parler des nombreuses raisons que j'ai déjà pour trouver ma vie déprimante)

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 31.03.2008

I - Je ne doute pas qu'il y a de b.o.n.s. acteurs [Juliette Binoche*, Charles Berling, Jérémie Renier] mais, pour l'histoire - il me manque q.u.e.l.q.u.e.c.h.o.s.e...
II - les goûts & les couleurs : ou plus exactement - tenir la balance entre c.u.r.i.o.s.i.t.é., coup de/au c.o.e.u.r. & laisser-aller...
III - [Alors, autant m.i.l.i.t.e.r.] :
* Julia est plus mon genre de film
* je le recommande e.n.c.o.r.e. [ok, ok : pas de forcing... Mais - plaidons p.l.a.i.d.o.n.s.]
* J'ai profité du printemps du cinéma pour aller le mirer : cela faisait longtemps que je ne m'étais pas laissé porter par un film dont la trame m'a tenu en haleine au point de ne pas savoir où tout cela mènerait
IV - Des rebondissements qui en font une surprise p.l.u.t.ô.t. agréable
* est-ce un film d.é.p.r.i.m.a.n.t. ? Je ne crois pas - n'importe comment : je n'ai pas encore rencontré de déçus
* [Et j'ai de quoi comparer : deux jours avant, j'avais vu "MR73" - réussi mais proprement o.p.a.q.u.e., qu'on m'pend si j'mens !!!]
* le film suit son train, puis s'emporte, jusqu'à l'emballage final [dont, naturellement - je ne dirai rien]
* alors, alors... A toi de v.o.i.r.
V - Je dois sauter dans le train [alors que je ne veux... Pas].
VII - @ +


* [A.p.p.a.r.t.é.] En tapant son nom, je viens de me souvenir de certains échanges ici même : sans relancer le chmilblik [ça s'écrit bien comme ça ?], je maintiens : je ne pense pas être spécialement conditionné mais... Il y a un truc [qui m'a perturbé depuis que j'en ai parlé ici - au point de continuer de m'interroger]. Un point commun... Si mes ex-moitiés ne l'étaient pas toutes, la plupart étaient brunes [dont une - grande ET brune : deux critères suivant lesquels, rétrospectivement, il était écrit que je n'avait aucun moyen de lui é.c.h.a.p.p.e.r. - et je n'en ai réchappé que de j.u.s.t.e.s.s.s.s.s.e... Elle avait déjà commencé de me b.o.u.l.o.t.t.e.r. l'hémisphère gauche - et de quelle m.a.n.i.è.r.e. !!!]. Les brunes m'empêchent de penser normalement, je crois [un complot : un type de la CJCE me l'a assuré - S.i.s.s.i. !]. Etant l'un des admirateurs de ses exploits étant plus jeune, je soupçonne l'influence de Wonder Woman... Pas de conditionnement [la couleur des cheveux, c'est un peu faible pour le certifier] - mais une majorité. V.o.i.l.i.v.o.i.l.à. Fin de l'aparté [si j'ai encore fait long, je plaide non coupable : la fôte à Juliette Binoche].

Ecrit par : S Express | 31.03.2008

S_Express : voilà que tu renoues avec la tradition des commentaires très longs... Et me rappelle au passage, et tu as bien raison, que j'ai sans doute laissé en chantier l'un de tes comm' en le laissant sans réponse, c'est moche.
Bon, je suis presque convaincue pour Julia mais très honnêtement, en ce moment, je suis plutôt prise d'envie de voir des choses légères et gaies (c'est un peu pour cela que je rechigne à me farcir il y a longtemps que je t'aime alors que je crois que c'est un très bon film)

concernant l'heure d'été, que te manque-t-il ?

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 01.04.2008

I - Désolé - logorrhée qui a la vie dur... [ou alors... On va essayer l'attaque...] Si tes notes me rendent bavard, t'as qu'à t'en prendre qu'à toi-même ! [et se défausser en levant les bras au ciel en un geste d'impuissance] J'y suis pour rien... [Et enfin, jouer la conciliation] Tu auras observé queje ne signe plus que d'un seul pseudo... Eh ! Va pas m'dire que j'fais pas des progrès...
II - [Et encore - j'ai coupé au plus court !!!]
III - Rien ne presse [mais - c'est fou ! - cette histoire de conditionnement m'a véritablement vraiment troublé...] La réponse viendra à son heure.
IV - C'est déjà ça... Comme indiqué :
* your choice
* je maintiens - un bon film...
* je vois ce que tu veux dire pour les films que tu recherches
* [d'ailleurs]
V - Amusant :
* j'ai vu la bande-annonce [le jour où j'ai vu "MR73"] d'"il y a longtemps que je t'aime"
* Des gens pleurent, en disant que c'est trop mirifique et tout... et on n'a pas une image du film !!! De quoi intriguer [même si je me suis dit : "aussi beau que soit ce film, les larmes des premiers téléspectacteurs, c'est un peu too much..."]
* c'est le prochain film que j'irai voir : des actrices que j'aime, dont le jeu a l'air de tenir la route, servi par une trame qu'elles ont l'air de savoir restituer bien comme il faut - un pitit secret à découvrir, aussi - surement - au millieu de l'histoire de ses retrouvailles - je prends... Voilà davantage ce que je recherche
VI - "l'heure d'été ? Peut-être
* effrayé par la nostalgie contenu dans l'histoire
* des rapports difficiles au sein d'une famille ?
* pas simple à dire... Mais - promis : je vais essayer...



P.S. : concernant mon précédent commentaire, je me suis rendu compte en parlant de certaines brunes que... Je le faisais sur le blog d'une... Blonde. Ca m'a fait rire [je me suis dit : "voilà bien comment, sous couvert de sincérité, offenser à la volée s'en même le chercher..."]. Naturellement, il ne s'agit que de déductions statistiques : rien de plus, rien de moins... Aussi nombreuses [en même temps, il n'y en a pas eu 4872] qu'elles furent à me travailler et le coeur & la tête, alouette - la seule que j'ai failili épousailler [bah oui : et ne fais pas cette tête-là...] était... blonde. In vino veritas. Et elle, je l'adore [alors...] : http://www.youtube.com/watch?v=oUG0GjdoGHE
* ok, ok... J'arrête là mes sottises

Ecrit par : S Express | 02.04.2008

I : ne t'excuse pas, j'aime bien tes commentaires ils m'obligent à réfléchir (et je ne dis pas que ceux des autres non, mais compte tenu de la longueur des tiens il y a beaucoup plus d'information à retraiter) et par les temps qui courent c'est pas un mal.
Par contre, pour le pseudo, c'est un minimum, je ne considère pas cela comme un progrès même si ta créativité doit s'en trouvée toute frustrée.

III : merci de ta compréhension

V : j'ai vu cette bande annonce là aussi pour il y a longtemps que je t'aime et si je n'avais pas entendu juste avant ces critiques vraiment dytirambiques, ça m'aurait immédiatement convaincue de ne pas aller le voir, justement parce que l'émotion vendue en boite, franchement, ça me fatigue, je suis contre. (mais j'ai l'esprit de contradiction)

VI : point de nostalgie dans l'heure d'été, justement parce qu'à aucun moment on tombe dans le pathos (d'ailleurs c'est sans doute une chose que je pourrais lui reprocher, ça reste quand même tout en légèreté)
on parle des conflits entre frères et soeurs mais on en garde une image gaie, souriante, et le souvenir d'une complicité qui se crée grâce ou à cause des évènements. Ensuite, ce que j'en dis, hein, it's your choice, je comprends tes réserves.

VII : puisque tu en parles, ton avis sur MR73 ? (à mon sens la pire nullité que je sois allée voir au cinéma depuis que je suis en âge de rester assise sur mon siège pendant plus d'une heure trente)

ps : je sais que l'idée te hérisse mais je reste persuadée qu'on ne choisit pas les gens qu'on aime, le point commun peut-être physique (pas trop pour moi) culturel, psychologique, etc, etc, mais je suis persuadée qu'il existe...

A part ça, te prive pas de dire que les brunes ont ta préférence, je ne me sens pas personnellement "dépréciée" puisque je suis une tricheuse et que je joue sur les deux tableaux, étant une fausse blonde. Alors je suis brune quand j'ai envie et blonde quand ça m'arrange.

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 02.04.2008

I - J'm'excuse si j'veux [c'est un pays libre, ok ?] : et bien sur que je suis frustré sous mes frusques. Mais c'est le pseudo qui colle le mieux à l'air du temps [pressé, en presse - je suis]. Et tu as la première lettre de mon prénom... [bah ouais : je peux pas tout improviser, non plus]
II - It's naturlich.
III - Le titre. Le titre. Il rappelle LA chanson. Il attise la curiosité. Après : on se laisse happer - ou bien... Effectivement : c'est presque desservir le film, cette bande-annonce lacrimale...
IV - Ok pour "l'heure d'été" :
* le pathos, j'aime autant m'en passer
* deux films ["il y a longtemps que je t'aime" ; "l'heure d'été"] autour de liens familiaux. Sans avoir vu [encore] aucun des deux - je suis davantage attiré par les liens qui se renoueraient dans le premier que par les tensions pouvant jaillir à l'occasion des retrouvailles du second : peut-être que je suis plus attiré par les liens, plus forts, qui sont censés se renouer après la séparation dans "Il y a llongtemps..." mais bon - je ne les ai pas vus [ce qui me rappelle - quoi, je raconte ma life ? - que je dois accueillir un ami de passage en Lutèce qui avait, il y a quelques années, la fantastique habitude de rédiger des chronique hilarantes de films dont il ignorait tout...]
* en fait - "l'heure d'été" m'apparait plus comme un film que je verrai mais ni au cinéma [parce que d'autres ont ma préférence] ni en premier choix - ce n'en est pas un mauvais film pour autant
V - MR73 ?
* J'avais apprécié les deux précédents films de Marchal
* J'aurais du m'attendre à ce que l'histoire ne soit pas riante [elle ne l'était effectivement pas]
* une note ? Mettons 14/20 [je ne serais pas aussi dur que tôax...]
* le film le plus nul ? je sellectione les films que je vais voir donc je m'évite pas mal de regrets : mais je suis sur qu'il doit être possible de trouver pire sans trop d'effort... [Laisse-moi le temps de trouver : ça va me revenir] : en attendant, pour te faire patienter... Un ovni complètement sismique, que je te conseille : "La dialectique peut-elle casser des briques ?" Ce film conjugue à la fois la révolution de l'humour [avec "les tontons flingueurs" : dans mon panthéon des films dont je ne me lasse pas] et de la critique politique [et il ne date pas d'hier, pourtant]
= > pour une mise en bouche : http://www.dailymotion.com/video/x1rgea_la-dialectique-peutelle-15_politics
= > pour le voir en entier - sonner dans la rubrique vidéo ici : http://www.acte-gratuit.net
= > il y a une histoire qui entoure ce film : vois déjà si ça t'plait - il sera toujours temps d'en parler, si la curiosité ne te pousse pas à la découvrir tout simplement par toi-même

PS :
* c'est surtout que la chose me paraitrait horriiiiiiiible... Et très triste. Je pense surtout aux ponts qu'il est possible d'établir pour être, d'harmonie, avec quelqu'un. Oui, il peut exister des choses qui "conditionneraient" mais... je pense surtout à ce qui les dépasse et qui fait dire [en bien] : "quelle étrangeté que je brûle pour elle [ou icelui] ?"
* J'avais surtout peur d'un malentendu : après, ma préférence est tellement fixée qu'elle ne l'est - pas. Sans que j'ai à y prêter attention. Ce n'est pas tant que les brunes retiennent seule mon attention : c'est juste que j'ai été avec une majorité de brunes [dont, il est vrai - je dois admettre qu'elles me font des choz']... Mais pas que.
* Haannn... Diable ! Dieu te voit : tu sais ça ???? Déjeuce Kraïste - tu ne connais pas la peur.

Ecrit par : S Express | 03.04.2008

I ok mais je te dispense de t’excuser si je veux aussi. Non mais !

III et IV : c’est drôle parce que justement, il y a longtemps que je t’aime j’ai le pressentiment que c’est un film hyper triste à se tirer une balle (sans doute à cause de cette bande annonce pour midinette) et que pour L’heure d’été je n’ai pas eu cette appréhension et le film m’a montré que j’avais eu raison (mais peut-être me suis-je autoconvaincue) Et d’ailleurs, ce que tu dis des retrouvailles est très présent dans l’heure d’été. Certes en conflit, les personnages se découvrent, se confient réalisent qu’il y a un lien entre eux (du moins c’est ce que n’en ai retenu mais peut-être là encore est-ce de l’auto persuasion de ma part à cause de mon histoire personnelle que j’ai projeté sur ce film)
La fantastique habitude de rédiger des chroniques hilarantes sur des films qu’il n’avait pas vu ? Mais ça l’air d’être super… que sont devenues ces chroniques ?

V 14/20 tu es gentil. C’est trop, tout simplement, de la caricature de caricature, en le tournant en comédie ça aurait fait la parodie la plus drôle du siècle… (et si je suis allée le voir c’est parce que, malgré ma crainte de voir un truc déjà vu 100 fois, j’avais adoré 36 quai des orfèvres et que la critique n’était pas mauvaise et que la bande annonce m’avait donné envie… J’assume donc l’entière responsabilité de ma déception)
Sinon, je n’ai pas visionné le lien proposé vers dailymotion mais je ferais ça ce soir au calme chez moi mais j’ai jeté un œil sur le lien que tu proposais et c’est affreux de constater qu’il y a autant de gens si talentueux alors que je ne leur arriverai probablement jamais à la cheville. J’ai trouve acte-gratuit.net bien foutu, intelligent, cultivé, drôle et décalé, tout ce que j’aime. En fait je devrais arrêter d’aller sur les blogs et de lire des livres, car à chaque fois, cela me rappelle à quel point ce que je fais n’est pas aussi bon que tout ce qu’on peut trouver ailleurs (et mon orgueil s’en attriste à chaque fois)

PS :
* j’ai jamais dit que c’était gai, j’ai longtemps résisté à cette idée mais en allant contre ce qui pourrait nous « conditionner », n’est-ce pas une forme aussi de conditionnement ? En gros, quoi qu’on fasse, la liberté est limitée…
* nein, pas de lamentendus du tout, autant je suis hyyyyper susceptible sur plein de points autant j’assume parfaitement ma dualité blonde/brune
* Dieu est mort. Paix à son âme. (je sais c'est facile mais j'ai pas pu m'empêcher)

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 03.04.2008

I - [Même pas mal]
II - Vu ce vendredi [sans plus attendre - de peur de tomber sur quelqu'un qui en dévoilerait le mystère, puisqu'il est clair qu'il y en a un] : de deux choses l'une - soit la bande-annonce [le public en larmes, frisant le repoussoir] est un rattage - soit c'est une manière fort habile [montrer les spectateurs plutôt que des images du film] de tourner une difficulté essentielle [préserver le percutant de l'intrigue en ne montrant pas d'images]
III - je me suis fait avoir [pas par la qualité du film] : je me suis jeté dans la gueule du loup - sans le savoir... Tu disais être aller voir "l'heure d'été" parce que cela te touchais personnellement. Sans me poser plus de question que n'importe qui sur les retrouvailles de ces deux soeurs - j'ai [disons] sauté sur une mine... Toute personnelle.
IV - Au final : 1°la réponse est oui - un bon film. 2°Est-ce que je te le recommanderais ? Tu sembles avoir besoin d'autre chose, alors... Your choice. 3°Kristin Scott Thomas - c.r.ê.v.e. l'écran. 4°Certains vont au cinéma seuls : ce film a achevé de me faire comprendre p.o.u.r.q.u.o.i...
V - Il est déjà reparti mais je lui demanderai ce qu'il a fait de ses chroniques hallucinogènes [de mémoire : je me souviens qu'il m'en avait lu une, il y a longtemps, sur le film "Un temps pour l'ivresse des chevaux" - c'était quelque chose]. Caligraphier des phrases sur des films dont il ne savait rien [il s'éfforçait de ne s'inspirer que des titres], ç'est une idée...
VI - Je note, pour "MR73".
VII - "Acte gratuit" m'a l'air d'être pleins de joyaux : je n'aurai vu que "la dialectique..." pour l'instant mais - ingénieux de ressuciter de singulières pépites et de les mettre en ligne
VIII - L'important n'est surement pas ce qui a été fait avant toi, ni avec quel talent ; pousser trop loin l'admiration [des autres, célèbres ou non] ne peut que brider ta capacité de création si tu te compares à eux. Inspire-toi, effectivement, de ce qui t'enchante ici et là - mais dans le but d'appprofondir ta p.r.o.p.r.e. signature. Te concentrer sur ce que tu veux communiquer sans te laisser trop distraire [tu peux poser tes regards ailleurs, c'est même conseillé pour ne pas tourner en rond ; mais si la remise en question a du bon, ne pas en abuser - sous peine de te gripper la plume - justement ce qu'il faut éviter]. A mon avis, tu as plus de chance de propulser ton écriture en donnant le meilleur de toi, indifféremment qu'il y ait des personnes qui écrivent bien ou mieux [qu'est-ce que ça change ? Rien - biensur que les autres existent : leur talent leur appartient quand il s'agit de... Toi. De grands cuisiniers ne peuvent t'empêcher d'inventer de nouvelles recettes, accommodées à TA sauce... Si ta tambouille est ragoutante, ceux qui en mangeront te diront eux-même "Paul boccuse ? K.e.s.n.a.n.a.à.f.o.o.t. ?"]. Enfin bon...


* Cette histoire a déjà fait bouger ma tête de quelques degrés - tu relances la machine [quoi ? C.o.m.m.e.n.t. ? Non coupable que je plaide], prends un peu p.i.t.i.é...
* Va pas trop loin, quand même : sinon la prochaine fois qu'il lira ton blog - pour se tenir au courant de comment tu mènes ta vie, chercher des conseils de lecture, tu vois quoi ? - il pourrait bien faire une a.t.t.a.q.u.e. en apprenant que tu le donnes pour mort [déjà que son fils - qui s'est fait recevoir ! - s'est dépêché de rentrer à s'baraque]...

Ecrit par : S Express | 07.04.2008

L’air de rien ton analyse de ce film donne quand même envie d’aller le voir mais à ce moment j’essaierai de trouver une copine volontaire pour m’accompagner histoire de vite passer à des choses plus légères ensuite.
J’entends bien que ce qui a été fait avant, pendant, après moi ne doit pas être un critère pour me brider ou « vicier » mon propre univers, mais j’ai le sens de la compétition malgré moi, que veux-tu et parfois, je me trouve bien arrogante de me targuer d’écrire des romans quand je vois ce qui est fait par ailleurs qualité (bon, parfois aussi, quand je vois ce qui est édité et les raisons pour lesquelles on a rejeté ma prose, je trouve qu’on se moque un peu du monde, j’admets)
Mais globalement je suis d’accord avec ce que tu conseilles, c’est déjà ce que j’essaie de faire.

* ok je dis plus rien
* s’il tient à rétablir la vérité, libre à lui de me proposer un communiqué de presse dans ce sens, je ferai amende honorable avec plaisir.

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 08.04.2008

I - Bah... C'est surtout qu'il est biô [et réussi]
II - Sentimentalisme uniquement dans les apparences : le ressort secret de l'intrigue est à découvrir - et il laisse pantois, plus que la somme de bien des discours entendus sur LE sujet...
III - je le redis : ce film n'est pas à se pendre... Alors - si tu te trouves une acolyte : je pense queut peux y aller sans crainte...
IV - Le sens de la compétition, ok [parce uq eje ne vais aps pinailler] : mais la victoire à remporter, elle est sur toi-même, sur ce que tu es capable de sortir de bel et bon - indifféremment de ce que peux ouvrager les autres... [I think]
V - Les fondations déjà posées ne doivent pas t'empêcher de poser ta pierre à l'édifice [gasp !, c'est si beau...]
VI - Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, ok : mais des refus signifient... Quoi ? Pas grand chose. Le martyrologue de certains livres refusés alors qu'ils ont [avant ou après la mort de leurs auteurs respectifs] crevé le plafond de la littérature est vaut plus que tout ce que je pourrais en dire... Accuser le coup d'une fin de non-recevoir ou d'un refus [ce qui, je te l'accorde, n'est pas évident quand on entend que ça pulse] avant... De repartir à la charge.
VII - T'es d'accord ??? [Merci de me fournir cette défrissante transition] Dieu existe, Dieu est bon ! "Jésus revient, Jésus revient, Jésus reviens parmis les tiens, du haut de ta croix, indique-nous le chemin, toi qui nous connait si biiiiiiiiiien..."

Ecrit par : S Express | 08.04.2008

Je verrais si je tente le coup pour ce film mais il me fait assez envie quand même.
Oui, oui, oui, la victoire est à remporter sur soi même, nous sommes bien d'accord, mais pour mesurer sa valeur il faut quand même la comparer à celle des autres, tu ne crois pas ? C'est comme si un sprinter ne faisais des compétition qu'avec lui même. Il peut s'améliorer, faire de meilleurs temps, battre ses propres records mais ça ne lui dit rien sur ses performances comparées aux autres...
Maintenant j'ai beau dire, cela ne m'empêche pas de poser ma pierre à l'édifice à ma façon même si parfois je doute ma légitimité à le faire, c'est un peu outrecuidant, en fait.
Cela ne m'empêchera pas de continuer ou de tenter de (parce que pour le moment, je suis prise d'une sorte d'incapacité littéraire mais ça reviendra p'têt)
Je suis d'accord mais tel saint-thomas, seulement si j'en ai la preuve...

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 09.04.2008

[Ah]

I - A voir : tout simplement. Le ressort secret de l'histoire le justifie amplement : je n'ai jamais entendu résumer [CENSURE : tu croyais quand même pas que j'allais...] avant autant de justesse. Pour sûr - effet garanti [à moins de pas avoir d'coeur]
II - Par avance - ceci n'est que mon opinion [mais - toute mon opinion]
* On ne remporte de victoire que sur soi-même : les victoires emportées sur les autres ne signifient... rien [j'ai passé un concours. Je l'ai eu - en faisant abstraction de la concurrence, alors qu'elle était pourtant, naturellement, bien réelle. Lorsque j'ai pensé avant à la concourrence, lors d'autres concours, cela n'a pas marché. Exacte configuration ou non, j'en tire une conclusion, invariable : penser à la production des autres empêche de propulser la sienne.
* Pour s'attacher au sujet : il est impossible de te comparer aux autres par rapport à tes écrits. Ce que tu as écrit n'appartient qu'à toi et, combien même tu aborderais un sujet déjà évoqué par quelqu'un, so what ?
* C'est un mauvais axe de penser aux autres : cela revient à considérer qu'il s'agit effectivement d'un duel - je ou les autres. Biensur que la concurrence existe, qu'elle peut stimuler l'intellect pour donner le meilleur de soi-même - mais, à la condition de ne pas confondre produire quelque chose que l'on a à coeur et le fait de vouloir
III - [Tu me permets de faire court] Il n'y a pas de raison de t'interroger sur ta légitimité à faire :
* le droit [de faire], tu le prends
* Personne ne délivre d'autorisation [celui qui t'endemande une - dis-lui des phrases qui lui feront avaler sa langue : bah quoi ? J'ai pas raison ? Bon]
* Et pourquoi pas t'interroger sur l'opportunité de respirer, aussi ?
* [Bon, enfin, tu vois köhà]
IV - Laisser venir. Laisser le charme agir. Parfois tenter l'inspiration - parce qu'elle prend parfois des congés et oublie de faire ce pour quoi on la sollicite
V - Jésus est un peu au-dessus de ça, quand même : il ne va pas non plus se produire, genre, au Zénith, pour qu'on croit en lui [en plus, ne sous-estime pas la pudeur du type]

Ecrit par : S Express | 19.04.2008

I : je le note et je m'en félicite, merci de ton avis en tout cas.

II : décidément nous ne serons jamais d'accord sur rien... ;)
* je ne peux pas te laisser dire que les victoires remportées sur les autres ne signifient rien, c'est faux. En tout cas pour moi, j'ai besoin de savoir me positionner (et puis j'ai un sale esprit de compétition, acquis sur le tard, je l'admets mais néanmoins bien présent et qui me permet souvent de me dépasser dans quelques domaines et notamment le boulot)
Maintenant je ne dis pas que je pense à la production des autres (si on reprend ton exemple de concours puisque j'en ai passé aussi) comme un risque pour moi mais plutôt en considérant que je peux faire aussi bien voire mieux qu'eux et comme d'avant d'atterrir en prépa j'étais plutôt moyenne scolairement, c'est agréable de se découvrir soudain capable d'être bon voire meilleur que ses semblables parce qu'on sait réfléchir et pas seulement apprendre par coeur des choses.
* encore une fois, penser aux autres n'annihile pas forcément toute productivité personnelle sauf si le talent des autres devient inhibant. En ce la je te rejoins il ne faut pas se cacher derrière l'excuse du "les autres font mieux, je n'ai pas ma place" pour ne rien faire, même si c'est parfois tentant.

III - je te permets, tu t'en doutes... ;)
Oui, tu as bien raison, ce n'est effectivement peut-être pas une question de droit mais de légitimité et parfois, je sais faire preuve de modestie.
IV - j'ai effectivement décidé de laisser pisser et donc venir naturellement sans mettre la moindre pression, j'ai la sensation que c'est justement cette pression qui me bride en ce moment, nous verrons...

V - Jésus a bien fait un show à Saint-thomas en lui montrant ses mains pour l'obliger à croire en sa résurrection. Et s'il ne l'a pas fait au Zenith, c'est parce que ça n'existait pas mais j’ai cru comprendre que le but de chaque chrétien, c’est de répandre la bonne nouvelle, je ne vois pas pourquoi Jésus en serait exempté… Amen.

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 22.04.2008

I - J'en ai assez dit sur ce film alors, comme il faut savoir s'arrêter - je me tais.
II - [Va Savoir... ;-]
III - [Mais - commencer déjà par ça...]
IV - Ne pas nier la concurrence : l'intégrer pour, ensuite, se donner à fond &, effectivement - réussir
V - Je pense j.u.u.u.u.s.t.e. qu'il y a
* vouloir/obtenir le meilleur
* remporter une/des victoire[s] sur les autres
= > deux mouvement différents [la finalité n'est pas la même : je ne vais pas tourner autour du pot, ce que j'ai fait au-dessus : ce que j'ai en tête ? Soit il s'agit d'en mettre plein la vue aux autres, soit il s'agit de décrocher les étoiles - une seule de ces deux alternatives remporte mes suffrages, même si, je te l'accorde : on peut reléguer la concurrence à des lieux sans l'avoir initialiement recherché en poussant ses capacités au maximum...]
VI - Les victoires remportées sur les autres ?
* Je vais rester sur l'exemple que j'ai pris : ce concours, je ne l'ai pas eu en l'emportant sur les autres. Je l'ai eu en me portant à la hauteur [en tout cas, on va l'espérer...] des exigences des épreuves : c'est en tout cas ce que j'avais en tête. Ce que j'ai toujours, du reste. Alors, encore une fois, que la concurrence était bien réelle. Les capacités des autres sont alors sans importance [elles existent mais pouquoi s'en soucier ? Pour perdre de vue l'objectif en s'interrogeant sur les capacités des autres au lieu de donner tout ce qu'on a ?] : seule comptait ce que j'allais/pouvais/devais produire. En même temps, je me rends bien compte que c'est une manière de voir : manifestement, tu as ta manière de fonctionner à toi - voilà tout...
* Une concession [car nul angélisme de ma part, genre "j'aime mon prochain, même dans l'épreuve qui nous met en compétition"] = > quelqu'un m'a demandé une fois : "Mais tu conçois la vie comme un combat ???" = > la réponse est oui : mais ce combat, je l'ai livré lors de mes études, dans mon travail, etc... C'est à des matières, à des domaines, à des connaissances que je m'attaquais... Ce qui compte c'était ce dont j'étais capable, moi ; pas ce dont étaient capables les autres [ce n'étaitent pas eux qui rendaient mes copies ; ce n'étaient pas eux qui devaient trouver telle ou telle solution, etc... c'était moi. C'est dans ce sens-là que je pense qu'il vaut mieux penser davantage à l'emporter sur soi-même en repoussant les limites de ce dont on est capable pour réussir : Seigneur, j'espère que ça ne sonne pas trop moraliste... En tout cas, c'était pas l'objet]
* ça m'apprendra à écrire les choses de manière si tranchée : il ne s'agit pas de nier l'émulation. Oui, la concurrence peut être importante ou avoir des vertus, par exemple dans le cadre du travail, en terme d'objectifs à atteindre... C'est le bémol que j'apporterai, pour en revenir à : ce qui est en jeu, c'est moins ce dont sont capables les autres que ce dont on est capable soi.
VI - OK :
* J'ai fait une prépa aussi : mais j'ai eu la chance de faire d'autres choses avant, qui m'ont permis de montrer partiellement de quoi j'étais capable - ce qui m'a permis d'échapper au singulier esprit de compétition qu'on y véhicule.
* "Moyenne scolairement" ? Tu disais plus haut que décidément nous ne serions d'accord sur rien - eh bien, dans la catégorie poids moyen, j'étais pas mal, non plus ! Ah ah ah [un prof de fac avait sorti à mon propos "vous êtes un sacré phénomène !" : à la vérité, j'avais TOUT fait pour qu'il le pense...]
= > J'ai des exemples en tête, mais tout ça pour dire que... Je souscris, mais à cette partie : "c'est agréable de se découvrir soudain capable d'être bon voire meilleur que ses semblables parce qu'on sait réfléchir et pas seulement apprendre par coeur des choses" [avec cette réserve : des résultats moyens ne signifient pas un grand potentiel peut-être endormi].
VII - En même temps, on peut écrire sous-tension : mais le résultat peut être...
VIII - Saint-Thomas avait des problèmes de vues et l'optique n'était pas très développé à c't époque : alors forcément, Jésus a employé la manière forte... Il a débarqué.
IX - Quoi que tu dis ? Que Rézoosse il est pas au Zénith de sa carrière ?
X - C'est parce qu'il a déjà payé de sa personne : et pourtant, il s'en prend plein la gueule [encore maintenant, les gens y font rien qu'à dire que s'il existait, la terre serait pas aussi mal gérée et nanani]. Alors parfois, il en a sa claque et il délègue. Pour mutualiser les difficultés de la tâche, quoi...
XI - [J'arrête là sur le sujet : ma parabole télépathique - mon oreille gauche, en fait - m'informe que tu es en train de te demander si je n'écris sous la dictée du débonnaire Benoit XVI]

P.S.
* Coïncidence [à propos de ton manuscrit] avec une lecture : Roger martin du Gard s'est fait calmange par Bernard Grasset [auquel il avait envoyé son premier livre] d'un "votre livre est absolument raté". Il l'a retourné à Gallimard, où on s'en est émerveillé... Succès.
* [Mon oreille droite m'informe que tu espères me tacler d'un "oui mais dès son 2è envoi, Roger martin du Gard, il a trouvé un éditeur !" : pas faux, alors je vais anticiper] James Ellroy s'est vu refuser la première mouture de "Lune sanglante" [qui devait être alors son premier ou 2è livre] à 18 reprises. Rien de moins. Et il a du en réécrire des passages. Et pour en revenir au sujet de cette mini-polémique [il ne faut pas perdre le Nord] : Ellroy a pour ambition d'être le plus grand écrivain de roman noir. Je ne sais comment il a plaçé cette ambition dans son rapport aux autres mais... A mon avis - il a réussi [quoi ? j'ai le droit d'assassiner mon propos, laisse-moi tranquille...].
* Alors pour ton manuscrit - je sais que c'est facile à dire ["les conseilleurs..."] mais : ne pas désarmer. Et - patienter.

Ecrit par : S Express | 23.04.2008

Misère, tu avais réussi à calmer tes élans sur la longueur de tes commentaires et voilà que tu recommences…

V - Dans l’esprit de compétition, en tout cas le mien, il n’y a jamais eu de notion d’en mettre plein la vue aux autres, ce n’est pas le but recherché (en tout cas pas pour ça) mais plutôt de me positionner parmi mes congénères et de voir en quoi je peux m’améliorer. Et pour s’améliorer il ne suffit pas de s’auto analyser sur ce que l’on peut faire mieux mais aussi de voir ce que font les autres de mieux et en quoi ça peut être un exemple pour soi.

VI - Les victoires remportées sur les autres ?
* être à la hauteur de l’épreuve, c’est le but, ensuite, le but d’un concours c’est d’être sélectionné et donc de prouver en quoi on est meilleur que les autres, soit parce qu’on en sait plus, soit parce qu’on sait mieux réfléchir, soit parce qu’on est plus cultivés ou que sais-je. Pour moi ce que tu dis de ta perception du concours c’est la phase une, mais je n’oublie jamais les capacités des autres par rapport aux miennes car je sais que ce n’est pas seulement un examen avec une moyenne à obtenir, c’est une note qui sera meilleure que celle des autres si je veux être prise. C’est du simple pragmatisme.
* Mais on est bien d’accord, encore une fois, que ce qui importe d’abord c’est ce dont on est capable soi. Une fois cela atteint, une fois qu’on s’est battu pour certaines choses, moi, ce qui me permet de faire mieux c’est de voir ce que font les autres et en quoi ils sont meilleurs que moi. C’est une façon de progresser. Le simple progrès par rapport à soi-même trouve vite ses limites si on ne regarde pas autours de soi pour voir d’autres étapes à franchir.
* « c'est moins ce dont sont capables les autres que ce dont on est capable soi. » je ne suis pas complètement d’accord, à mon avis, il n’y a pas de hiérarchisation à mettre, les deux sont nécessaire

VI –
* tout dépend de la prépa que l’on fréquente. Vu qu’au lycée je m’ennuyais fermement et n’étais à priori vraiment pas faite pour la voie scientifique j’étais assez moyenne, j’ai donc atterri dans une prépa moyenne. Là, il ne s’agissait pas de nous entraîner à nous bouffer les uns les autres mais de nous apprendre à apprendre intelligemment, de nous ouvrir au monde, de réfléchir, de nous rendre curieux, de cultiver notre point de vue et de savoir le défendre à la fois d’un point de vue de la rhétorique mais aussi avec les connaissances nécessaires pour appuyer mes propos. A ma façon j’ai aussi échappé à l’esprit de compétition censé régner en maître en prépa. De toute façon, je n’ai jamais été première de classe et c’est un poste que je n’ai jamais ambitionné. Au boulot par contre, c’est une autre histoire et c’est vraiment le travail qui a aiguisé mon sens de la compétition
* je ne dis pas que moyen signifie avec un potentiel endormi, je dis juste qu’être moyen scolairement peut juste signifier qu’on n’est pas à sa place. Qu’il y a des capacités bien précises qui ne sont pas exploitées. Ça ne veut surtout pas dire qu’on deviendra le maître du monde mais simplement que lorsque l’on commencera à exploiter les capacités qui n’étaient pas utilisées, une envie d’étendre l’enthousiasme à apprendre, à faire, à se dépasser se développe souvent.

VII – Moi j’ai du mal à écrire sous-tension, sauf s’il s’agit de trucs mécaniques qui ne me tiennent pas spécialement à cœur (la dissert est un exemple parfait)

VIII – Jésus a fait plus que débarquer, il lui a dit de toucher les plaies de ses mains… rien à voir avec l’optique, plutôt un manque de foi… Et justement, la foi part du principe qu’on croit sans voir, l’optique a pourtant fait de sacré problème depuis

IX – Rezoooosse il est au ciel avec dieu le père, soi-disant, alors le zénih de sa carrière il s’en cogne un peu, typiquement le genre de mec qui n’a pas l’esprit de compétition (contrairement certainement à dieu si j’en crois l’ancien testament)

X – Tu veux dire que Jésus est un capitaliste ? ça signifie que les ricains ont raison, quand ils prétendent que si dieu existait, il serait sûrement ricain

XI – nein, rien de cela, je trouve ça plutôt drôle de jouer les athées insultantes (en vrai j’ai reçu une éducation trèèèèèèès chrétienne donc j’ai encore des restes de profond respect pour la chrétienté même si aller à la messe me file souvent la chair de poule (et c’est pas parce que les églises sont mal chauffées)

P.S.
* Ah. Je devrais peut-être le renvoyer à Stock qui a dit que c’était attachant, tout ça mais vraiment trop faible d’un point de vue littéraire (comme ses confrères, quoi) Nan en vrai, l’anecdote est sympa mais je la considère un peu comme celles sur meetic où quelqu’un à rencontré quelqu’une et ils vivent ensemble et ont trois enfants et sont heureux pour toujours. Pour moi, ça tient de la légende urbaine. Il y a bien sûr plein de gens pour qui ça a marché alors qu’on y croyait plus et tout à coup bam, tous les gens que je croise ont des histoires à me raconter dans ce genre. Sauf que, trois lettres argumentées mettant en lumière de vrais défauts de fond (et pas une saillie définitive un peu flou du genre raté) que je me connais et qui gênent visiblement tous les éditeurs, ça commence à faire un peu trop de coïncidences
* James Ellroy a un univers, une originalité, moi, en plus de ne pas avoir de style, je ne fais rien d’original, à peine ais-je un vague talent pour rendre des personnages attachants, parler finement de leur petit conflits intérieur, les rendre aussi réels que toi et moi pour le lecteur. C’est tout. Et c’est pas suffisant.
* ne pas désarmer et patienter, sage conseil. Sauf que. Il est probable que je doive en faire el deuil pour vraiment attaquer sérieusement le second, donc j’essaie de remiser ça au fond d’un tiroir dans mon cerveau, et ne plus y penser (bon sauf quand je reçois une lettre de Stock en rentrant d’une soirée sympa. Ne reste plus que le Seuil et Gallimard… et je sais pas pourquoi mais mon petit doigt me dit qu’ils ne se donneront pas la peine de répondre à mon envoi. Meuuuh non je suis pas défaitiste, simplement réaliste (ou alors saint-thomatiste)

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 24.04.2008

[Misère mordorée, même :
* cela fait deux sujets qui en interpellent d'autres - je réalise par exemple que j'évoque ici des choses écrites sous d'autres notes - et provoquent des développements fluviaux
* le comportement vis-à-vis des autres, évoquée ici comme les relations amoureuses précédemment, tient de l'intuition pour moi - difficile de mettre par écrit ce qui est de l'ordre du ressenti, au point de ne pas même dire tout à fait ce que j'ai en tête - soit pour ne pas aller trop loin, soit par difficulté à le résumer. Cérébral, mais instinctif : je n'entends pas changer - recette éprouvée]

I - Si en mettre plein la vue aux autres n'est pas le but que tu recherches - tant mieux : ce serait selon moi imparfaitement servir le tien [réussir]. Si c'est pour s'améliorer - a.u.c.u.n.e. objection à s'inspirer des autres pour faire jouer ses capacités [en revanche, y mêler une question d'égo est, je pense, l'erreur à ne PAS commettre].
II - Je te laisse juger à quel point les capacités des autres sont un "angle mort" en reprenant l'exemple d'un concours = > Tu ne peux pas savoir de quoi sont capables les présents : parce que tu ne connais [souvent] pas leur profil, ce qu'ils ont étudié, de quoi ils sont capables [le but d'un concours, c'est justement d'en faire la preuve, qui n'est pas acquise avant]... Le savoir n'avancerait à rien : ce qui compte, c'est ce qu'ils vont produire le jour-j, ce qui dépend de variables fort nombreuses et, alors qu'ils composent, tu composes aussi - et pas l'oeil au-dessus de leur épaules pour voir ce qu'ils font. Après l'épreuve, il est possible de se faire une idée, en les questionnant, comment par exemple ils ont répondu aux sujets, mais - dans ce cas, qu'importe ? Il est trop tard : l'épreuve a... Déjà eu lieu.
III - J'ai toujours misé jusqu'à maintenant sur mes capacités de travail, de réflexion, de mémoire : alors forcément, je ne m'attarde pas sur les autres... Pour autant - ça m'apprendra à écrire des phrases définitives et sans nuance genre "les victoires remportées sur les autres ne signifient rien" : c'est vrai, mais pas radicalement. Et, oui : "lorsque l’on commencera à exploiter les capacités qui n’étaient pas utilisées, une envie d’étendre l’enthousiasme à apprendre, à faire, à se dépasser se développe souvent" : ça me cause - je prends.
VI – Bigre !
* L'optique & la palpation, disons
* "Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru !" [Je n'irai pas plus loin ;-]
* Je dirais plutôt que Jésus fonctionne sur le mode coopératif : les apôtres, c'est un signe [le type joue collectif].
* l'éducation chrétienne m'a été épargné [preuve que le Seigneur m'a à la bonne...]. J'aime bien les Eglises [la tranquilité qui y règne - quand on n'est pas transi de froid, ouais...] sans apprécier l'institution qu'elles représentent. Heureusement, Dieu est partout alors je ne vais dans les église que quand ça m'chante.
VIII - [Le parallèle avec Meetic est fort sévère, je trouve : mais bon...] Cela ne tient de la légende urbaine que lorsque l'on compte sur, genre, un miracle pour réussir - il y a une meilleure alternative, à laquelle tu penses visiblement déjà [à propos d'un autre livre] : travailler ton écriture fait plus surement la décision que de prier qu'un éditeur s'éprenne de tes phrases...
IX - Je te trouve bien sévère avec toi-même. Mais bon. Voir, c'est croire : l'avenir dira ce qu'il en est [ouais, ça ne mange pas d'pain mais quoi ? ! ? Le marre de café, c'est trop dur, pour mes yeux... Je suis déjà myope]

P.S. : J'ai fait des coupes sévères dans ce commentaire [j'ai coupé les pointes, alors que j'avais mon humeur de pipelette] pour limiter ta consternation en le découvrant... Eh ! Ne t'énerve pas : la vie est belle. Non ?

Ecrit par : S Express | 30.04.2008

Et ben putain... ça fatigue, hé?

Ecrit par : L'abbé | 30.04.2008

Pardon...
Après relecture... c'est dense, plein d'idée et d'inspiration, ça me plait :)
mais ... ouff, Bord.. ... c'est quand même copieux ...

Ecrit par : L'abbé | 30.04.2008

S_xpress :
II – il y a sans doute une différence suivant les concours passés. Ceux pour les écoles de commerce rassemblent généralement des personnes ayant plus ou moins le même profil. Et particulièrement les impétrants qui venaient s’encanailler dans notre centre de concours, partant du principe qu’en se mélangeant à la plèbe, ils auraient de meilleures notes. Ce qui me faisait doucement rigoler. Eux ils ont bachoté pendant deux ans, moi, on m’a appris à réfléchir pas à recracher des dates sans la moindre analyse, nous verrons qui a raison. Et là où j’ai eu du bol c’est qu’en histoire, le sujet était très transversal, il fallait repiochier dans tous les grands thèmes abordés pendant deux ans et aller plus loin en maîtrisant l’actualité si on voulait se démarquer. J’ai vu les IPESUP blanchir, c’était pas exactement ce qu’ils avaient appris ça les déstabilisait, pas moi et j’ai su que je pouvais être meilleure qu’eux. Par contre sur les matières scientifiques, forcément, j’ai eu un peu plus de mal mais je savais que je ne ferai pas la différence là-dessus, nul esprit de compétition, juste la nécessité de donner le meilleur de soi-même.
C’est de la simple « stratégie » si tu me permets le mot. Comme je l’ai déjà dit en situation de concours, contrairement aux examens, il ne s’agit pas de faire la preuve de son sérieux et d’obtenir la moyenne, il faut savoir qui nous entoure et en quoi on peut faire la différence par rapport à eux.

VIII – certes le parallèle avec Meetic est osé mais j’aime un peu jouer la provoc dans mes illustrations parfois. Je ne compte pas sur un miracle pour « réussir » (être édité n’est pas une réussite en soi, à peine un cap franchi, une petite fierté personnelle, car rare sont les premiers romans à sortir du lot, le plus souvent, quand on est édité c’est dans la confidentialité la plus totale) je suis – une fois de plus – simplement pleinement consciente de l’univers qui m’entoure : beaucoup d’appelés, et peu d’élus.
Maintenant, il est évident que le cap édition n’est pas « ma priorité » j’y pense une fois le roman achevé et que je commence le travail de nettoyage pour le rendre pourquoi pas publiable, avant tout, et c’est là que je te rejoins sur le travail sur soi-même, c’est une affaire personnelle, je connais mes défauts, je veux réussir à les dépasser, à travailler suffisamment pour les dompter. Alors la façon dont travaillent les autres ou dont ils écrivent peut être une source d’inspiration (le travail d’équipe est souvent productif) mais je ne suis pas en compétition avec Gustave (par exemple)

IX – Je suis suffisamment sévère avec les autres pour pouvoir l’être avec moi-même, sinon, ça ne serait pas très cohérent… Et ce n’est pas en faisant preuve de complaisance vis-à-vis de soi que l’on avance. . On m’a souvent reproché de manquer de confiance en moi, ce qui est probable, mais je préfère partir du principe que connaître ses défauts est une source de progrès, c’est en étant lucide sur soi que l’on avance.

P.S. : La vie est merveilleuse je suis en vacance ce midi. Merci pour tes efforts de concision en plus je presque d’accord avec tout ce que tu dis, incroyable, non ?

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 30.04.2008

L'abbé : oui c'est copieux et ça fatigue j'ai pas l'habitude d'utiliser mon cerveau alors ça lui fait un peu mal. Mais bon, heureusement qu'il y a des S__Express pour obliger les blondes à réfléchir...

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 30.04.2008

I - Je dois être quelque chose comme un calamar raté dont la mer ne voudrait plus... [Je m'en aperçois maintenant] ma référence au concours est le calque de celui que j'ai passé [où il se croise une faune diverse - tout un écosystème même, dont quelques têtes chercheuses d'HEC] - mais ne s'applique pas au tien [j'avais oublié les écoles de commerce]...
II - Puisque tu parles de date : j'aime les histoires - tu peux deviner sans trop te tromper [c'est la moitié de mon cursus] jusqu'à quel point. J'ai pu juger de ce que valait le par-coeur [raison pour laquelle je n'ai pas renchéri là-dessus plus haut], la mémoire, la réflexion : c'est resté comme une empreinte - dont j'ai pu me resservir, en plus du fait que mes enseignants m'ont laissé un agréable souvenir [certains se souviennent de moi - chose qui m'a fort surprise puisque c'était il y a longtemps, quand j'étais "jeune, insolent et beau" : aujourd'hui, sous mes dehors avenant, mes frusques cache un flétan qui s'apprête dans quelques jours à oindre ses branchies de crême anti-rides]
III - La stratégie - la réponse est oui : c'était facile pour moi de dire "les victoires sur les autres ne signifient rien"... Une stratégie, soit j'ai été forcé d'en adopter quand nécessité dictait sa loi, soit par prévention des risques. Ignorer la concourrence était aussi une manière de mettre la barre plus haut : partant du principe que je n'étais pas le meilleur, je me suis comporté en conséquence et ai accouché d'un p.r.o.g.r.a.m.m.e. pour tirer mon épingle du jeu.
IV - Ok :
* Pile : "This is not a method, this is provocation... What do you want ? Me... Me to go back to my country ?"
* Face : no offense : je suis un Agent provocateur - mi-capre, mi-fusain [pour l'exemple, je dirais : "la confiance en soi - on n'en a pas besoin" = > inutile de tempêter - j'ai disparu... Mais c'est pas la peine, que je te dis !!!]
V - [Eh bien] Pas d'objection, votre honneur.
VI - Je suis sévère avec moi [je me mène une dure cohabitation - pleine de saut périlleux et d'entrechats] mais, même si je suis ton propos, voir les autres s'infliger une telle rigueur, "quel terrible spectacle pour un homme qui n'est pas ivre !!!"
VII - Je crois plutôt que les gens ont besoin de moi pour déraisonner : il y a suffisamment d'occasion d'être réfléchi pour, en plus, faire des heures sup'... [C'est pourquoi, d'ailleurs - rendez-vous plus haut]
VIII - Heureuses vacances : je me contenterai, moi, pour souffler, de ce soir - il y a un sabbat organisé par quelques compagnons de route. Et mon voltage indique que j'ai besoin de décompresser...

Ecrit par : S express | 30.04.2008

S_Expres : je crois donc pouvoiravancer sans trop me tromper que nous sommes assez d'accord sur le fond, c'est surtout notre expérience qui diffère...
bon sabbat !

Ecrit par : une blonde dans la ville | 01.05.2008

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