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20.06.2008

Episode 18 : cette fois je jette l’éponge pour de bon - Suite et fin

2111476213.JPGComme je vous l’expliquais, j’avais fait la connaissance en ce charmant samedi après-midi d’un batteur qui semblait avoir quelques problèmes avec la drague mais que je ne comptais pas vraiment laisser seul dans son océan de timidité névrotique.

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais, lorsque vous dites aux gens que vous écrivez (ou du moins que vous essayez, quoi) il s’en trouve toujours un pour vous confier que lui aussi, il « écrit » et qu’il a un vieux texte pourri début de manuscrit jamais fini qui traîne au fond d’un tiroir.

C’est pas que j’ai quoi que ce soit contre les apprentis auteurs qui ne passent jamais le cap du début d’un roman le plus souvent entamé après une rupture ou pour parler de ses problèmes relationnels avec sa mère et toutes les femmes qui ne l’ont jamais aimé, non. J’ai plus de mal avec la majorité des écrivains frustrés qui hantent les couloirs des maisons d’édition mais chuuuut, c’est pas le débat du jour.
Revenons donc à nos moutons. Nous avions parlé de ce projet d’écriture avec drumsboy à plusieurs reprises, il semblait un peu motivé pour le reprendre et achever sa nouvelle.
Le sujet était tout ce qu’il y a de plus mystérieux et je ne vais pas en parler ici, sachez juste qu’il s’agissait de science fiction.

Juste avant notre rendez-vous, il m’avait envoyé son texte et semblait plutôt soulagé à l'idée que je ne le lise pas avant de le voir, visiblement gêné par sa bizarrerie (de son texte pas de lui, encore que…) J'ai trouvé son manque d'assurance confondant.

Comme je vous le disais, malgré mon gentil mail de samedi, je n’ai pas de nouvelle de drumsboy.
Pas grave, il m’avait demandé mon avis sur son texte, précisé que j’avais le droit d’être complètement impitoyable.

Lundi, je décide d’utiliser l’imprimante du bureau pour lire son incipit tranquille à tête reposée dans les transports du soir. Voilà, j’ouvre le document et là, apparaît devant moi une chose pas très jolie avec une police franchement désagréable et des tabulations pourries dans tous les sens.
Ah bien. On ne t’a visiblement pas enseigné les lois les plus élémentaires de la mise en page mais c’est pas grave, je vais t’aider.

Je change la police pour commencer et là, se produit un phénomène surnaturel pour de vrai : les trois-quart du texte se retrouvent instantanément soulignés de rouge et de vert. Je n’avais pas regardé de plus près mais c’est une longue suite de fautes de grammaire, d’orthographe, d’erreurs de ponctuation grossières et d’abomination syntaxique. Hors de question d’imprimer ça comme ça, j’arriverai pas à me concentrer sur le fond.

Je passe donc ma pause déjeuner à corriger les quatre malheureuses pages de texte, relevant au passage des erreurs mais cette fois de narration, confondant l’utilisation du narrateur omniscient à celle d’un quidam lambda qui découvrirait la situation en même temps que nous, confondant donc les points de vue, les temps, tantôt au présent tantôt au passé qui ajoute davantage à la confusion.
Bref. J’ai beau ne pas être le prix Goncourt de l’année, je n’ai pas besoin d’être directrice de collection chez Gallimard pour deviner que ce n’est pas bon du tout, ce que j’ai sous les yeux.
Alors voilà, patiemment et gentiment je relève les incohérences, corrige les fautes sans le lui dire et me permet quelques petits conseils tout ce qu’il y a de plus factuels pour lui donner des pistes d’amélioration sur la forme et sa construction narrative.

Je vous vois venir et je tiens à le préciser, non, j’ai pas joué les profs, je sais que l'ego des mâles est sensible. Je me suis donc contentée de dire comment son texte pourrait être mis en valeur avec un ou deux artifices de trois fois rien et bien évidemment, j'ai toujours remis en parallèle les erreurs que je faisais moi aussi et qui sont courantes, que l’on fait tous et lui expliquant mes propositions en prenant le point de vue du lecteur pour lui démontrer le bien-fondé de mes théories fumeuses.
Histoire de montrer qu’on est pote, tout ça, je lui envoie son texte corrigé et mes conseils littéraires du jour par mail, de ma boite pro.

Dix minutes plus tard, réponse de monsieur me remerciant très chaleureusement pour mes conseils et ma lecture. Mail hyper court et sans saveur.
Soit. Et comme je combats ma superficialité congénitale, je ne relève surtout pas son nom de famille que je découvre avec sa réponse, c'est pas Michu, ni Hénaf, mais pas loin. Et franchement, une blonde dans la ville Michu, ça le fait pas.
Quelques heures plus tard, Match m’informe qu’un nouveau mail m’attend. En provenance de drumsboy.

Evidemment, je vais voir immédiatement de quoi il retourne.

Et là, c’est le drame.

Drumsby m’explique qu’il a passé un bon moment samedi mais que bon comment dire... Il espère que je suis pas fâchée mais... Il ne voit pas notre relation aller plus loin.

Pour tout dire, mon petit, je ne suis pas fâchée mais vexée comme un pou.
Depuis quand mon charme légendaire n’agit-il plus ? C’est toi qui devrais te traîner à mes pieds pour m’offrir fleurs, chocolats, poèmes enflammés, odes à ma chaste beauté, afin de prouver ton amour inconditionnel et éternel.

L’option merci mais non merci n’était pas vraiment envisagée, tu devais me draguer pour me donner l’impression à nouveau que je suis une personne exceptionnelle même si mon grand père ne m’a jamais offert de werthers original.

Et là, les amis, c’est le coup de trop. Moi je veux bien répertorier tous les cas sociaux traînant sur meetic ou match et me moquer d’eux avec perfidie mais si en plus ceux qui ont l’air normaux à la base et que je suis allée chasser moi-même se révèlent être des types tout bizarres aussi et qui en plus me font l’insulte de ne pas avoir le coup de foudre, franchement où va-t-on ?

Alors voilà, je pourrais clôturer cette série comme dans cosmo en expliquant qu’en vrai, hihihi, j’ai rencontré l’amour par hasard quand je m’y attendais le moins, en descendant mes poubelles en tongs un matin mais non, même pas. Je ne vous ferais pas cette insulte. A la place, vous aurez droit deux billets de bonus, comme dans les DVD. Et puis bientôt, une nouvelle série verra le jour, grâce à la miss400, d'ailleurs, je profite de l'occasion pour vous annoncer très officiellement que je l'ai bombardée directeur artisitque et éditorial de ce blog, ça mérite.

EDIT DE 11h42
En en discutant avec la miss 400, on s’est dit que tous ces boulets, ça venait de mon profil qui était un peu trop lisse. Comme j’avais de toute façon décidé de liquider mon profil, je me suis dit, pour les quelques semaines qui restent, on va renouer avec le bon vieux truc du profil délirant bizarre.
vous le croirez ou pas, mais y’a des gens qui m’ont écrit les mêmes âneries préformatées sans réaliser une seconde que non mon profil n’était pas intéressant il était juste un grand n’importe quoi.
Un ou deux petits malins, seulement, ont tenté de rebondir, souvent avec humour. Mais le problème de l’humour c’est que ça n’attire pas que des gens subtils, j’en veux pour preuve le mail reçu ce matin, surfant allègrement sur la vague du second degré pas drôle.

Extraits choisis :
« Ben sinon la cuisine ça le fait un peu chez moi, le micro onde c'est un dieu vivant pour moi avec la plaque vitro céramique bien entendu, entre nous c'est fusionel, érotique, surtout platonique. »

« D'ailleurs chez moi c'est un peu comme un centre commercial j'ai une annexe de pharmacie, de bricorama, casto, confo, recel d'autos-radio et autres pièces détachées de voitures ( si tu as une renaut fais moi signe )Ben moi j'me définirais comme un grec frite, y'a à boire et à manger
Le pain c'est mon corps, la viande ce qu'il me reste cerveau, salade, tomates,oignons c'est le reste quoi, le coca c'est le liquide rachidien et bon appêtit bien sûre »

PITIEEEEEEEE, SORTEZ-MOI DU LOFT !!!!!!!!!!!

Trackbacks

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Commentaires

bon, c'est vrai que je me suis pas marré a me taper le cul par terre... mais y a la fatigue du vendredi... c'est peut etre pas la lie du 2nd degré... ca manque juste de grâce...

et t'as déjà essayé la version d'annonce type grosse chaudasse directe, ego surdimentionné, finissant par une phrase du genre "boudins, 2 de tension, introvertis paralysés du bulbe, je zappe"
j'aimerais bien savoir qui repond et comment ....
parceque les annonces finissant par "gnagnagnagna, je zappe" ca me donne envie de donner 3 claques...

Ecrit par : Alexxx | 20.06.2008

je suis so flattée chouchou
j'attends impatiemment le premier épisode de La série...

Ecrit par : les400clics | 20.06.2008

Ben, que dire...
Pas grand chose...
Je t'attends toujours pour un WE en Bretagne...Crois-moi, ça ne pourra que te faire du bien.
Tu sais c'est juste deux heures de train... ça ne peut t'être que salvateur :)
Des bises marines,
Tu as mon adresse...

Ecrit par : L'abbé | 21.06.2008

J'aime bien l'expression "l'océan de timidité névrotique", ça sent les vacances; les vagues, l'écume, les grains de sable ... Sinon "odes à ma chaste beautée" c'est une contrepèterie ???

Ecrit par : renard-enigmatic | 21.06.2008

Alexxx : quoi ? t'es en train de dire que je suis pas drôle, c'est ça ?
bon la fatigue du vendredi, ok, je comprends.
Moi, la comparaison avec le grec, j'ai pas pu m'empêcher de rire, exactement le genre de choses qu'il ne faut jamais écrire à une fille qu'on ne connaît pas et qu'on convoite. Même pour faire de l’humour. Car il y a une vraie différence entre autodérision et automutilation.

Miss400 : Y'a pas de quoi chérie. Alors bien dormi ?

L'abbé : je tiens peut-être un truc sur ce que tu m'as demandé. faut que je relise le premier jet.
ouaip, la bretagne, ça me gagne.
Deux heures seulement ? T'es sûr de ça ?
ah bon j'ai ton adresse ? j'ai pas souvenir...

Renard : merci, et puis cette évocation de vacances à laquelle je ne pensais pas m’a fait rêver une seconde, ça fait du bien…
Une contrepèterie ? Heuu, si c’est en est une c’est purement involontaire j’ai toujours été nulle dans à ce jeu-là

Ecrit par : une blonde dans la ville | 22.06.2008

"Je me définirais comme un grec frites". T'as tout compris mon gars, t'es gras, tu pues et tu files la gerbe.

Ecrit par : Bernie | 22.06.2008

Bernie : hihihi ! tu deviens encore plus virulent que moi !!

Ecrit par : une blonde dans la ville | 22.06.2008

vous n'avez vraiment rien compris, il veut dire que ses parents sont l'un grec, l'autre belge (les frites, une fois), il est l'incarnation de l'union europeenne... c'est un globe trotter de l'amour, avec lui tu voyages !
avec lui ta vie seras epicée comme l'harissa, l'amour sucrée comme le ketchup, les sentiments forts comme la moutarde, la sensualité onctueuse comme la mayo...
globalement, tu vivras dans l'épanouissement totale d'une vie arc en ciel aux couleurs irisées du tomate oignon salade....
(et je parle meme pas de son regard, petillant comme le coca)

vous comprenez rien à la poésie urbaine....
'zetes des nazes.

Ecrit par : alexxx | 22.06.2008

question profil, il doit y avoir un juste milieu quand même, oui j'ai vu le deuxième...;)
Bon c'est l'été, à toi les terrasses, concerts et autres surprises qui facilitent les rencontres!
Dommage que t'arrêtes cette rubrique, on rigolait bien :))

Ecrit par : magic | 25.06.2008

Alexx : tu deviens drôlement fort en décryptage de profils, toi... pétillant comme le coca... En vrai, c'est toi le pouête...

Magic : tu as vu le deuxième ? C'est pas vrai... excellent.
Un juste milieu, peut-être mais je crains que justement le juste milieu passe totalement inaperçu.
exact, c'est l'été et puis moi j'ai besoin
Merci de dire que tu trouves l'arrêt de cette rubrique dommage, ça me fait plaisir. Mais ne t'inquiète pas, je vais bientôt en lancer une autre qui risque de valoir son pesant de cahouettes !

Ecrit par : Une blonde dans la ville | 26.06.2008

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