25.06.2008
Quand Walter se lance dans le charity business pour faire croire qu’il est humain
Moi, on m’a toujours dit, les bataves, ça n’a pas d’ami, que des intérêts (bon, d’accord, c’est plutôt aux anglais que cette maxime s’appliquait à la base mais ça marche aussi pour les mangeurs de gouda) Il n’empêche, avec toutes ces idioties inventées par les hypocrites sur le commerce équitable, l’économie responsable (meuuuuh non, miss 400 je sais bien que c'est pas que des idioties, en vrai), toutes les world company ont décidé de prôner des valeurs (mais oui, ils en ont, figurez-vous, et pas uniquement centrée sur le double-digit et la marge, non, non) et pire encore des valeurs humanistes.
Beurk.
Et Walter, comme il est pas la moitié d’un âne, il a vite compris qu’il était temps de faire semblant comme les autres de s’engager dans ce noble combat qu’est la mise en valeur du capital humain.
Alors on a eu droit, comme vous tous, je l’imagine, à des journées solidarité pour les myopathes, les veuves de guerre, la lutte contre le concert, heuuu cancer, le tout joliment enrobé de tournois sportifs pour montrer qu’on n’est pas seulement humaniste mais sportif, en bonne santé, bref, des gens super, aussi super qu’un ricain nourri au céréales et aux steacks charal pur boeuf du Texas.
Hélas, depuis aussi, on a viré comme un malpropre l’ancien DG et mis à la place un super détergeant'man qui va faire le ménage, alias Léon le nettoyeur. Il était temps de montrer aux milliers de gens que possède Walter en France (mais pas pour longtemps grâce à Léon) que nous sommes tous une grande famille.
Et surtout démontrer que Walter n’est pas là que pour distribuer des torgnoles à ceux qui filent pas droit et crachent pas leur 20% de marge chaque année. Non, il est là aussi pour mieux nous connaître, apprécier dans sa globalité l’être humain que nous sommes, afin de – je cite – donnner l’occasion à chacun d’exprimer et de partager ses passions, ses talents, et de découvrir les richesses cachées de ses collaborateurs…
Ouaaah… là, tout de suite, je me sens vachement appartenir à une boite qu'elle a des valeur pour de vrai.
Alors comme on organise, ici et là, la fête des quartiers, Walter, il a eu une bonne idée : organiser la teuf des talents à walter.
Et on va tous se réunir sous le haut patronage – et c’est là que ça se corse alors accrochez-vous bien – de La Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (c’est sûr, vu le nombre de COTOREP et autres débiles qui n’ont jamais été en quatrième, des recherches s’avèrent nécessaires question cerveau, je crains juste qu’à force de chercher, on finisse par trouver du pétrole), l'Association France Alzheimer, (compte tenu du nombre de vieux débris – la preuve, la dernière fois il m’a bien semblé croiser Pierre Bellemare dans l’ascenseur, c’est vous dire, ça me parait bien d'anticiper, effectivement), de la Fondation Française pour la Recherche sur l'Epilepsie (moi, je pense qu’à force de bosser ici avec Grominet, ça me guette un peu) et, enfin et non des moindres, de l'Association France Parkinson.
Allez, je sais, c’est facile de se moquer, après tout ça part d’une bonne intention, au lieu que chacun fasse ses trucs privés perso tout seul dans son bureau, on va tous se réunir pour le faire ensemble, par groupe de 1 à 8 personnes, c’est quand même sympa comme idée…
Sauf que. On est 1200, ici (ce sont les chiffres officiels du jour made in RH) et il y a 28 ateliers. Ça fait pas moins de 42 personnes par atelier… Si je fais un rapide petit produit en croix, en fait, ils tablent globalement sur un retour de 18% pour leur évènement majeur de l’année qui va tous nous cohésionner à mort… ou alors, ils comptent virer 976 personnes d’ici là…
07:40 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie de bureau, management, world company, multinationnale, valeurs, communication interne, humour
06.06.2008
Un être s'en va et la terre... s'en moque
Ça y est, cette fois, c’est pour de bon, il nous l’a dit, GROMINET SE CASSE !!!!!!!!!!Et même qu’il organise un pot de départ aux frais de la princesse (évidemment) et dans son mail d’invit’ il ne peut s’empêcher d’utiliser comme un gros con « je m’envole vers de nouveaux horizons » alors que c’est toujours ce qu’on dit quand on s’est fait dégager à coup de lattes pour faire croire que non, c’est un vrai choix. Et puis, aussi, il en profite pour recaser une dernière fois ses expressions favorites idiotes (sauf la vente en bundle mais c’était difficile à recaser dans un mail de départ) et dire que l’humanisme des gens va lui manquer. Bin t’es bien le seul, mon grand.
Avant de conclure par « merci de me confirmer ou pas votre présence ».
A votre avis, qu’est-ce que je pourrais bien lui répondre ?
« bin justement, je te confirme pas, démerde-toi pour savoir qui vient ou pas »
« garde-moi une bouteille au frais, je passerai la prendre plus tard »
« dans ton cul »
« c’est avec grand plaisir que je viendrais fêter ton départ, depuis le temps que j’attends ça »
« je te rappelle qu’il est spécifié dans le règlement intérieur qu’il est interdit de consommer de l’alcool dans l’enceinte de l’immeuble »
« j’ai trop peur de pleurer alors je préfère ne pas être là »
« ton cadeau de départ il va pas nous coûter l’œil de la tête, tu peux en être sûr »
« et ton licenciement, il est en bundle avec celui des commerciaux ? Nan parce que bon… »
« Ecoute, je crois que je me suis suffisamment farcie de discours de trois heures made in Grominet, je suis déjà à saturation depuis un bon bout de temps, un de plus pourrait m’être fatal »
« la police m’interdit de t’approcher à plus de 30 mètres »
« j’aime pas le champagne et je suis contre l’humanisme »
« déjà pour le départ de ta copine Cruche, la bienheureuse, l’hypocrisie des discours m’avait donné envie de hurler à la mort, deux fois de suite en moins d’un an je redoute un peu l’incident meurtrier »
« va crever, abruti »
« bonne continuation tu vas vraiment nous manquer mais on ne t’en veux pas de nous abandonner, tu sais… »
« je peux pas, ce sera trop dur de te regarder t’en aller »
« j'peux pas, j'ai piscine. Trop ballot »
Si vous avez des idées, elles seront les bienvenues…
Miss 400 : c’est le moment de me suggérer tes super idées de cadeaux pourris.
07:12 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie au boulot, managment d'équipe, licenciement, pot de départ, relations de travail
30.05.2008
les perles du jour by Grominet

Rassurez-vous, aujourd'hui, ce sera rapide et sans douleur...
J’ai eu le bonheur intense et la joie immense de me faire kidnapper inviter à déjeuner par Grominet ce midi. C’est qu’il a besoin de causer en ce moment, il est passé devant le tribunal des auditeurs (alors qu’il est en pleine négo pour sa transaction, c’est ballot quand même) figurez-vous. Et même qu’il était vaaaaachement content de lui et quand on lui a demandé qui était nos concurrents il a dit qu’on était à 20% de croissance chaque année, alors les concurrents, hein, franchement qu’est-ce qu’on se tape ! Surtout quand eux ils font 40% de croissance par an mais bon, y sait pas y comprend pas y veux pas entendre.
Bref, ce midi, il voulait a-bso-lu-ment me narrer ses exploits. Et parmi toutes les indubitables crétineries affligeantes que j’ai dû entendre en restant stoïque, pour toi, lecteur, j’ai noté le best of. Allez amuse-toi c’est gratuit, la blonde est d’humeur généreuse aujourd’hui, fais-toi plais', c'est ma tournée :
« la décision qu’il faudra être prise »
« les chefs de produits seront zaussi t’impliqués »
« dans une approche systémique grâce à des contacts en Europe je pense qu’on va faire des opportunités de business que l’édition n’a même pas idée »
« ça coûte l’œil de la tête »
« comme dirait chèquesspire, il y a un fruit pourri dans le schmillblik »
Mouais mouais, mouais… et devant nos amis auditeurs tu parles comme ça aussi ou c’est juste pour moi et mes lecteurs ?08:25 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie de bureau, problèmes de langage, management, chef, humour
26.05.2008
Bébert fait sa pub
Amis lecteurs, vous le croirez ou non mais ce matin, nous avons reçu une palette entière d’une nouvelle revue (je sais c’est complètement dingue) intitulée :Les cahiers de la compétitivité avec pour une : « bougeons-nous la France » et un graphisme tellement vieillot qu’il n’est pas sans rappeler la charte de nos publications.
Mais non, c’est juste un truc trusté par le Medef, on dirait, qui propose dans ce premier numéro (et le dernier ?) le grand sujet suivant : « 67 contributions pour retrouver une dynamique de croissance ».
De loin, en le feuilletant, ça ressemblait davantage à un ramassis de propagande vantant les mérites du capitalisme le plus sauvage que même moi j’aurais honte de dire des choses pareilles.
Et pourquoi nous l’a-t-on distribué si généreusement, me demanderez-vous ? (mais si, vous allez forcément me le demander, inutile de nier, je le sais)
Eh bien parce que notre directeur de département (le grand chef à Grominet, quoi, même s’y parait que c’est plus pour longtemps, étant, lui aussi sur la touche eject) que nous appellerons Bébert pour préserver son anonymat y figure, nous annonce-t-on.
C’est pas des blagues ! Que même il a une page qui lui est consacré. Alors que fais-je ? (ça aussi, inutile de prétendre le contraire, vous vous posez la question avec véhémence) bin j’y jette un coup d’œil pour savoir où c’est donc qu’il cause et quoi qu’y dit. Voyons voir un peu ce sommaire ultra bordélique.
Alors…
Page 12, « La mondialisation une opportunité pour la France ? » heu bin non, c’est que Laurence Parisot qui tente de nous faire croire que la mondialisation c’est bien, c’est beau, c’est boche, heuu, chouette, quoi, mais aucune trace de Bébert. D’façon, y sait sûrement pas trop ce que c’est la mondialisation, ou alors ça se limite à Amsterdam où il se rend de temps en temps pour se faire fouetter parce qu’il travaille pas bien.
P 19, « S’engager dans la mondialisation », alors ? Bin non plus (et notez bien que ce n’est pas la même chose que le premier dossier, vous serez mignons) c’est que des illustres inconnus (sauf Sarko) qui défendent des théories foireuses pleines de bons sentiments pour tenter de nous faire croire que la mondialisation, c’est surtout une question de talents individuels (bin voyons) et qu’on va inventer des nouveaux modes de régulation (c’est sûr, quand il ne restera plus qu’une seule grosse multinationale qui dirigera le monde, ce sera vachement régulé, mais faudra plus critiquer le régime politique des chinois, hein) avec une conclusion qui vaut son pesant de cahouettes, je cite le titre : rubrique « défi » : Hénaf qui veut épater le monde… C’est sûr, les pâtés Hénaf, ça doit faire grosse impression à l’international… j’devrais p’têt postuler chez eux, après tout, je bosse déjà pour des porcs, alors pourquoi ne pas les vendre en boite maintenant ?
Ah, je sais ! Il est sûrement dans « Affronter la concurrence ! » page 33. Parce qu’il y en a à dire, ici, même qu’on pourrait ajouter le sous-titre suivant « au lieu de se laisser bouffer par elle pendant vingt ans en se reposant sur nos lauriers d’une vague gloriole passée » Mais non. Et pourtant, y’en a des articles de fond hyper passionnants, du genre « l’agriculture, un modèle pour les entreprises exportatrices » (nan, j’vous jure, ça pourrait vraiment passer pour une publication maison) mais hélas, notre Bébert n’y est pas.
Il nous reste 4 grands thèmes :
« Saisir les opportunités financières » tel Jérome Kerviel et la société générale ? Pas con… Mais non, de toute façon, vu qu’on sait déjà pas ce que c’est que la comptabilité analytique ou la marge (cékoicetruc ? beuuuuurk, ici, on fait pas du pognon mais de la qualité avec une vraie déontologie journalistique, figure-toi) faut pas rêver non plus, c’est pas Bébert qui pourra en causer et encore moins sur une page entière.« Gérer les hommes » : faut bien avouer qu’il y aurait à dire, chez nous, enfin surtout sur la gestion des départs en loucedé, Titi, si tu m’entends, tu comptes les sortir quand les 16 bouteilles de champ’ que t’as fait commander en cachette en interne pour pouvoir financer ton pot de départ par notes de frais ?
« Doper l’export » où on ne parle plus d’agriculture, c’est fois, mais de la boite à pizza qui va ouvrir en Chine. Y’a pas à dire, quand même, ils citent en exemple de belles boites, que dis-je, les fleurons de notre économie qui va faire la différence dans un contexte de mondialisation. Mais non, on cause pas davantage de Bébert ici.
Figurez-vous que je l'ai retrouvé dans le thème « nouvelles technologies » (c’est sûr qu’avec notre moyenne d’âge de croulant qui savent même pas comment se servir de word ou d’internet, y’a de quoi rigoler doucement) et là, franchement, faut bien le dire, c’est la classe… Parce que sa page consacrée rien qu'à lui, vous savez ce que c'est ? Eh oui, vous l'avez deviné, un pauvre publi-rédactionnel paumé au milieu du reste, alors que quelques pages plus loin, qui c’est qu’a son interview rien qu’à elle pour parler de sa boite qu’est, selon eux, le leader français ? Un de nos concurrents… Mais voui.
Mais je comprends l’équipe rédactionnelle, hein, la photo de la dame elle est quand même vachement plus glam’ que celle de Bébert, directement repompée de notre intranet où il ressemble absolument à rien. Et puis ça aurait été ballot de parler de notre activité, parce qu'au fond, il n'a jamais vraiment bien su de quoi il s'agissait. Et quoi qu’il arrive, si vraiment il voulait communiquer sur les nouvelles tech', valait mieux payer pour ça, hein, on est tellement à la bourre par rapport aux concurrents qu'une interview (une vraie de vraie, s'entend, pas une présence qu'on a payé et qu'on tente de fourguer en publi-rédac pour faire moins tarte) il pouvait se gratter pour que ça arrive.
08:18 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : presse écrite, économie, mondialisation, communication
21.05.2008
Le jeu du jour
Partons du principe qu’on devient chef de l’équipe dans le même contexte que celui dans lequel on travaille pour l’instant. Si j’étais Grominet 1er (dieu m’en préserve, ou alors, par pitié, si ça m’arrive vous m’achevez) qui je garderai ?
- La grande gueule au market qui sous prétexte que Grominet utilise sa faiblesse de caractère pour faire de lui son bras armé et s’imagine déjà numéro deux et passe sa journée à hurler dans les couloirs, « salut les moches ! » ou à récolter un maximum de potins pour les répéter en exagérant le trait ou relever nos compteurs de vente comme si on était ses prostiputes personnelles ? C’est nein, j’aime bosser avec des gens un peu mâtures, c’est pas ton cas, tu dégages.
- La documentaliste : boooh, allez, elle est un peu psychorigide et veut mettre des procédures tout le temps partout mais elle est efficace et pas conne (et c’est rare dans cette équipe, moi mise à part) et pis elle a un vrai bon sens de l’humour, c’est appréciable. Je garde.
- La petite nouvelle qui vient d’arriver, pas de problème mais seulement si elle prend dix kilos et des boutons d’acné, j’aime pas la concurrence
- Bon ensuite il nous reste les (vieux) piliers de l’arrière garde et entre les cotorep, les tire-au-flanc, les gens qui vivent dans un monde de fictif et s’imaginent être au pays des bisounours, ceux qui chantent tout fort dans les couloirs, les imbéciles qui n’ont jamais été en quatrième et les mi-temps thérapeutiques (je sais, notre équipe c’est un peu l’unité psychiatrique de Walter), va y avoir du ménage. Sur six personnes, j’en garde deux, les seules à disposer d’un cerveau. Mon manager direct, les poules de Grominet et l’intermittent du spectacle, hop, poubelle.
- Chez nos amies les assistantes alias les pintades qui gloussent au téléphone avec leurs mecs/mamans/copines toute la sainte journée au lieu de bosser, je n’en garde que deux, les miennes. Les autres, au shout, même en les cantonnant à des activités bassement administratives, ça sera pas possible pour leur cervelle (et puis c’est pas trop possible de faire des trucs qui demandent de la concentration si on passe sa journée pendue au téléphone à roucouler avec son chéri). Deux personnes sur six, donc.
- Alors, ensuite nous avons deux « commerciaux » (je mets entre guillemets parce que chez nous on est commercial quand on ne fait que prendre des appels entrants, genre on est standardiste, quoi) qui ne savent ni écrire ni parler français et préfèrent passer la journée à mater des sites de cul plutôt que de bosser, je pense qu’il est temps pour eux de recommencer leurs études là où ils se sont arrêtés, genre vers la sixième, allez les amis, on ramasse ses crayons, les met dans sa trousse et on s’en va, la cloche a sonné, c’est l’heure de rentrer pour faire ses devoirs. Non, non, inutile de revenir demain, y’a plus école ici.
- La responsable logistique, je la renvoie acheter ses salades au marché et préparer des soupes de cresson dans sa cuisine de manouche que son homme va bientôt refaire c’est promis, c’est là qu’est sa vraie place.
- Qui j’ai oublié ? Ah oui, la blonde idiote qui fait elle aussi un métier de potiche. Elle est bête à manger du foin mais elle bosse bien et elle est super forte en relationnel avec les avocats-caca (c’est qu’elle maîtrise bien la boite à rire idiot) donc je la garde mais je diminue son salaire et si elle râle je la menace de l’empêcher de faire des horaires aménagés pour aller chercher sa fille, de toute façon, elle est cruche, elle n’a pas fait d’étude, elle ne doit pas être bien loin de la quarantaine, ce sera difficile de retrouver un taf avec le même genre de conditions qu'elle a ici. Allez hop, au turbin, la blonde et je veux pas t’entendre.
Et pour finir, évidemment, Grominet, je le dégage, il n’aura qu’à retourner vendre des fruits et légumes sur les marchés à Madrid, c’était sa vraie vocation.Au final, si on fait les comptes : 7 sur 20, soit 65% de déchet, bon score.
Mais, bien évidemment, je ne voudrais pas prendre de décisions arbitraires sans avoir rencontré individuellement chaque personne, je suis un pdg socialement responsable.
Et vous, c'est quoi le score ?
11:36 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie au boulot, managment d'équipe, licenciement
16.05.2008
Je rêve ou Grominet me fait du plat ?
Je lance à peine un tout petit mail pour provoquer une réunion histoire que les gens arrêtent de faire tout et son contraire chacun dans son coin sans prévenir personne et qu’après on se retrouve comme des cons devant nos prestataires. Grominet s’insère dans la boucle (sans doute parce qu’une des fayotes l’y a mis, moi j’ai rien demandé). M’en fiche, je propose mon ordre du jour ajoute quelques commentaires. Réponse à tous de Grominet : « excellente initiative » car on lui a appris que la reconnaissance avec ses collaborateurs c’est important. Même si ça fait depuis janvier qu'il m'évite soigneusement.
Juste avant d’enchaîner sur un poudrage en règle de la responsable du projet parce qu’elle n’a pas eu l’idée de provoquer cette réunion toute seule (c'est-à-dire qu’elle n’ose pas aller faire pipi si Grominet ne lui a pas soufflé que c’était une bonne idée, donc forcément…)Après moults échanges de mails (alors que nous sommes tous au même étage dans des bureaux les uns à côté des autres mais l’échange de mails groupés pour ne rien dire ici, c’est une institution, par contre quand il s’agit de prendre une décision, si ce miracle arrive, ça se fait à l’oral, histoire de pas laisser de traces) nous arrivons à caler une date et un horaire et même qu’il y a une salle de réunion disponible (c'est-à-dire que depuis qu’il y a des mangeurs de gouda qui ont débarqué pour faire un audit, ils squattent les salles afin de se mettre d’accord sur qui ils vont dégommer en premier… Ce qui est idiot, ils n’ont qu’à me demander) Je confirme donc tout ça pour que ce soit clair. Réponse de Grominet, cette fois adressée à moi-même toute seule personnellement.
Pour me dire qu’il faudrait qu’on cause avant.
Moi, jeune innocente, encore toute retournée par mes grandes problématiques opérationnelles je saute à pieds joints sur l’occasion (c'est-à-dire qu’il me fuit un peu en ce moment alors que j'ai un peu besoin qu'il me valide certaines choses vu qu'on a rien le droit de décider sans son auguste accord) et réponds que oui c’est important avant de lui lister toutes les choses qu’il faudrait traiter ensemble et que ce serait bien justement de se voir pour faire le point sur ma position par rapport aux différents projets en cours (et non ma position préférée, je tiens à préciser)
Réponse de Grominet, savoureusement énigmatique : « Je pensais à plein d’autres choses, moi..» Heuuuu… si c’est pour me demander pour la centième fois : « ça va toi ? » sur un ton paternaliste, ou « tu as des problèmes perso en ce moment ? » avec l’air très concerné ou enfin « et ton genou, comment va-t-il ? » l’œil triste, je répondrais dans l’ordre « oui, mais ça va encore mieux quand tu me parles pas, et au fait, tu te fait virer quand ? » « non, mais ça finira bien par arriver, j’aime les embrouilles. Et puis d’abord est-ce que je te demande si c’est pas difficile pour toi d’être amoureux en secret de cruche alors qu’elle s’en fout de ta gueule parce que t’es moche comme un pou que tu fais un 1m12 et qu’en plus, tu pourras bientôt plus frimer avec ta caisse de fonction pour lever des pintades gourdasses caissières au monoprix, puisque tu vas te faire virer comme un malpropre dans un mois et que tu pourras jamais bosser ailleurs tellement t’es insupportable et incompétent » , « mon genou va très bien, merci pour lui mais le tien va se prendre un coup de talon pile dans la rotule si tu continues à me fatiguer ».
En fait, j’aurais la réponse quelques minutes plus tard. Le bonhomme voulait tenter pour la millième fois de me convaincre de continuer à faire la potiche au Crillon avec les avocats quand je n’ai justement pas été recrutée pour ça et que je lui ai dit cent fois que j’avais bien voulu jouer le jeu l’année dernière pour rendre service au département mais que je voulais cette année vraiment travailler sur la mission qui m’a été confiée lors de mon embauche. Je crois qu’il a été déçu.
10:01 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie au bureau, chef, relations de travail
06.05.2008
Grominet en vidéo
Et en compulsant les choix proposés par youtube, je suis tombée sur un truc pas mal.
Alors, en visionnant cette vidéo, imaginez-vous un petit truc d’1m60, avec des yeux de fouine, un nez en pic saucisse et une grosse bedaine.
Pour le fond sonore vous pouvez éventuellement remplacer par un truc imitation salsa avec de l’accordéon.
Et vous obtiendrez une vision assez juste de ce que j’imagine quand je pense à Grominet qui prend sa douche pour chauffer sa pintade.
Grominet, si tu me lis…
12:54 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vidéo pourrie, gros lourd, blaireau, dragueur du dimanche
11.04.2008
La bible de Walter
Il y est notamment stipulé qu’on n’a pas le droit de pénétrer dans l’enceinte des locaux sous l’emprise de l’alcool. Ouh bin heureusement que ça n'a pas été mis en place avant, je me souviens d'un retour de dej trèèèèès arrosé (bin oui, on en est à noyer notre déprime dans l'alcool à midi, je sais, c'est la honte et en plus, c'est même pas au Crillon) où on ne marchait pas très droit... Maintenant, on fera gaffe, promis.
Et pas davantage de consommer de l’alcool dans les locaux.
Qui faut-il prévenir que ça va pas être respecté demain à 16h pendant un énième pot de départ dans notre équipe ?
Sans compter qu’on a tous des bouteilles de champagne planqués dans nos bureaux suite à des tentatives d’achat de notre intégrité par nos partenaires. (les avocats, ça maîtrise bien la notion de corruption, sachez-le)
Mais ce n’est pas tout.
Non, non, il y a des choses qui m’ont laissée songeuse et que je vous livre ci-dessous dans ma grande mansuétude :
1/ Il est interdit de se livrer à des travaux personnels sur le lieu de travail
Je m’interroge. Si on viole en tout bien tout honneur un contrôleur de gestion innocent dans le but de lui soutirer quelques informations pour le développement de sa gamme. Est-ce considéré comme un travail personnel ?
2/ On ne peut pas faire l’objet de sanctions en raison de ses caractéristiques génétiques.
Si mes caractéristiques génétiques font de moi une débile profonde qui est incapable de bosser, peut-on raisonnablement me sanctionner en me licenciant ? Et je pose la question pour les trois quart de l’équipe dans laquelle je bosse qui à elle toute seule doit bien remplir le quotta d’handicapés nécessaires si on ne veut pas payer d’amende.
3/ Sinon, je suis rassurée, hein, en cas de disparition d’objets répétée ou rapprochée, on peut faire des fouilles sur les effets personnels et le bureau mais pas corporelles.
Je me demande combien d’imprimantes je peux ingérer… et aussi si l’inspection de ma culotte constitue une fouille d’effet personnel ou corporelle (on doit bien pouvoir caser quelques stylos volés au fond de son slip, non ?)
Bon, je rigole mais il y a aussi une charte d’utilisation des système d’information et je ne l’ai pas encore lue mais je crois qu’il y a un truc sur les mails personnels et la possibilité pour la direction de les lire. Sauf mention d’un personnel dans l’objet du mail. Va falloir que j’ajoute ça à tous mes e-mails perso, moi, et là, ça va vite se voir que j’en envoie beaucoup (trop) Et surtout ceux que j’envoie pour débiner ***, **** et ****. (on sait jamais, la DSI espionne peut-être en loucedé mes posts sur Haut&Fort…)
Allez, la dépêche de dernière minute qui va bien : à l'heure où vous lisez ces lignes, Grominet est en pleine négociation au septième pour causer de son départ prochain moyennant un gros chèque... C'est là où on se dit que certains d'entre nous, au cerveau plus lent que la moyenne, arrivent parfois à compenser par un instinct infaillible qui les sauve des coups les plus durs... Bin oui, vu les chiffres, les mangeurs de gouda vont bientôt parachuter un des leurs et les business plans et autres prévisions budgétaires griffonnées à la va vite sur un coin de bureau entre midi et deux le tout justifié par des estimations faites au doigt mouillé, forcément, ça va être plus compliqué maintenant... En plus il parait qu'on va révolutionner bientôt le marketing .... en s'intéressant davantage au client qu'au produit... Bin il était p'têt temps, les amis...11:19 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, vie au bureau, réglement intérieur, interdiction, consommation d'alcool sur le lieu de travail, humour, sanction
13.02.2008
Grominet 1er est mon ami
A sa décharge, j’admets que mon dernier recours pour ne plus faire un boulot pour lequel je n’ai pas été embauchée et qui m’ennuie mortellement a été… de ne plus le faire. Et ça l’a choqué. C’est pas très corporate.
Manque de bol pour lui, je ne suis guère patiente et il n’aurait pas dû insister pour que je lui livre le fond de ma pensée et ce que j’avais sur le cœur. L’a vite changé de couleur, le pauvre, quand il s’est pris une grosse volée de bois vert en travers de la face dans l’enceinte pourtant censément protectrice de son bureau clos de grand chef.
Mais comme il aime bien le management paternaliste, il a décidé de m’inviter à déjeuner 48 heures plus tard. Le management dans cette boite, c’est un vrai poème… Jugez-en par vous-même.
Ça commence dès l’attente de l’ascenseur, où on m’explique que l’on est trèèèèèèèès fatigué parce qu’on n’a pas bien dormi du tout la veille. Genre, on se pose en innocente victime que moi, l’odieuse vilaine subordonnée, je traite avec vilenie quand on m’a pourtant sortie du caniveau. Et comme en vrai je suis vilaine et pas du tout préoccupée par le sort de mon prochain et celui de Gromsminet Ier moins que les autres, je fais semblant de pas avoir entendu, limite de m’en cogner comme de l’an 40 s’il insiste sur ses trop malheurs de managères, dissimulant très mal un léger sourire ironique.
Et puis, on s’enquiert de mes envies pour le lieu du crime (ça s’appelle du management participatif), me laisse galamment la banquette (c’est marqué dans son guide pratique du managère galant) et, après quelques mots d’usage sur mon genou éclaté par un scooter fou il y a pourtant trois mois (l’empathie, c’est vachement important avec ses collaborateurs, si, si, c’est dans le guide aussi) il se lance, et ça donne ça, à peu près…
En plus, tu sais, j’ai vraiment une grosse pression…
Ah bin ça doit te changer du quotidien, coco, l’était un peu temps, non ? Remarque, peut-être que comme ça tu arrêteras de perdre ton temps à pinailler sur des virgules dans mes programmes, et on pourra avancer, genre s’attaquer à de vrais chantiers. Tu verras, ce sera un peu dur pour toi au début parce qu’il faudra prendre des décisions et tu as un peu de mal avec ça, mais ça viendra avec le temps. Mais bon, toi qui adores passer ton temps à te vanter, pour une fois, ce sera un peu justifié.
Et puis, vraiment, j’ai trèèèèès mal dormi cette nuit, tellement j’ai cogité
Bin écoute, moi aussi, j’ai pas beaucoup dormi, j’te f’rai dire mais je te fatigue pas avec ma vie privée et ta façon, l’air de rien de glisser que c’est un peu à cause de ce dej que tu as passé une sale nuit, je ne me sens coupable de rien, même si je t’ai incendié la face mardi dernier c’était mérité, et largement, et encore rien par rapport à ce que je peux faire quand je suis trèèèèèèès calme.
Et puis, ce projet de réorganisation, on m’a collé une vraie pression et j’ai dû tout faire moi-même.
Pour commencer, tu aurais mieux fait de t’y coller de suite quand on te l’a demandé il y a six mois au lieu d’attendre qu’on te tape sur la tronche parce que tu n’as toujours rien fait à part arrêter tous les projets qui dépassaient un peu tes compétences (autant dire la majorité). Pour continuer, tu aurais pu demander l’avis de certains de tes collaborateurs qui ont fait d’autres boites dans leur vie et qui t’ont déjà fait des propositions pas trop connes dans ce sens. Bon, ensuite, c’est sûr, ton problème, c’était surtout de trouver la case chef dans l’organigramme pour y griffonner ton nom en loucedé alors que tu sais que le comex est pas trop d’accord.
Sans compter que cette réorganisation, c’est vraiment difficile
M’étonne pas, pour que ce soit facile, faudrait que tu aies l’esprit d’analyse et de synthèse, choupette, et te connaissant ça doit être un vrai défi, si tu veux je t’apprends. Bon et puis je reviens pas sur tes ambitions personnelles irréalistes, hein…
Et puis j’ai une problématique importante sur la cellule backoffice, puisque j’ai deux personnes potentielles pour l’administrer. Je fais monter qui ? La fille à l’ADV ou celle à la logistique ?
C'est-à-dire que si tu avais commencé par ne pas faire monter l’idiote qui est à la logistique qui ne comprend rien à rien, ne s’intéresse qu’à son marché du samedi matin et à la déco de sa cuisine ou comment faire sécher son linge le dimanche, tu n’en serais pas là, mais je vais pas encore t’expliquer la différence entre promotion pour raison professionnelle et promotion pour être sûr qu’on est entouré de gens plus incompétents que soi et qui, en plus de nous être éternellement reconnaissants de la chance qu’on leur donne, ne risquent jamais de nous faire de l’ombre, je voudrais pas te donner trop d’info en même temps, ça pourrait faire court-circuit.
Et… en fait…surtout…(j’ai gardé le meilleur pour la fin) j’ai un vrai problème avec ta gamme.
Sans blague ? Tu veux dire outre le fait que tu n’y comprennes rien et m’empêches depuis un an de mettre en œuvre mes plans d’actions (que tu as d’ailleurs présenté au Comex avec les taux de croissance que t'avais bidouillé le soir sur un coin de table au doigt mouillé comme un con en février) et qu’un jour où l’autre, on va te demander des comptes et que ça va barder ?
…Attention, attention, attention, roulement de tambour…
Je sais pas qui mettre dessus
Là, j’avoue, je suis restée sans voix…
Est-ce que je met R*** (mon manager hiérarchique actuel qui travaille sur une pauvre gamme qui se casse la figure et cherche à me piquer la mienne depuis le début parce qu’il sent bien qu’il va se faire virer un jour ou l’autre mais dont la préoccupation principale dans la vie est de savoir s’il doit envoyer ses vœux à ses clients plutôt par mail ou plutôt par courrier et s’il doit mettre bien devant cordialement avant de signer ou non NDLR) ou est-ce que je te mets dessus de façon autonome ?
Heuuuuu… hum, hum. Rappelle-moi juste un truc, là, tu te souviens quand je t’ai dit en juin, en juillet, en septembre, en octobre, novembre et puis aussi pas plus tard que mardi dernier que j’en avais marre de ne pas travailler sur mon poste parce que tu m’en imposais un autre ? Tu te rappelles quand tu m’as ordonné de ne pas lancer de nouveaux produits sur cette gamme pour me concentrer sur les colloques « parce qu’il faut faire du chiffre » ? Maintenant, si malgré mon business plan, mon plan d’action à court moyen terme, les premières propositions de développement et de produits, c’est toujours pas suffisant, je sais plus trop quoi dire… Enfin, en tout cas, je ne te dirai sûrement pas ce que tu veux entendre depuis presque un an : « faire des colloques, c’est si parfait, j’adore être une potiche blonde qui fait un métier idiot sans intérêt ni intellectuel ni professionnel, et j’aimerais faire ça toute ma vie tu es si beau et si intelligent Grosminet Ier, je suis secrètement amoureuse de toi depuis toujours et je voudrais que tu me fouettes tous les jours pour me prouver à quel point tu m’es supérieur en tout, grâce à toi, je suis enfin quelqu’un, avant, je n’étais rien »
Nan.
A la place, je lui ai demandé plutôt ce qu’il attendait comme argument/action/proposition pour prendre sa décision. Ça l’a un peu déstabilisé, c’est un peu too much concret pour lui, ça lui fait peur. Il s’est contenté de répondre doucettement que bon, heuu, voilà, heu, en fait, il avait besoin d’avoir le sentiment que je pouvais être autonome.
Et concrètement, il voulait que ça se manifeste comment ? (nan, parce que question autonomie, j’ai été lâchée dans la nature sur un job sans personne pour m’aiguiller ou aucune règle n’est gravée dans la pierre mais avec des coutumes bien précises que personne ne se donne la plein de vous expliquer, alors il est mignon, mais on peut en reparler)
Je voudrais retrouver la femme que j’ai connue.
Ça tombe bien, j’aimerais trouver le poste qu’on m’a vendu, si je passe une annonce sur l’intranet, on peut faire un pack avec la tienne ?
Je voudrais te voir davantage accrochée à ton siège.
Bin ouais, mais en même temps, j’aime bien aller bavasser dans le bureau des autres… ah… tu voulais plutôt dire que tu aimerais bien me voir à nouveau rester jusqu’à 21h au boulot pour que tu puisses venir me squatter parce que toi tu t’embêtes et que t’as pas de vie privée et qu’à partir de 20h30, tu cherches des amis dans les bureaux pour leur causer de tout et de rien – surtout de rien – jusqu’à ce que les lumières s’éteignent et qu’ils lâchent les chiens sur le parvis ? J’aimerais bien aussi rendre ce service à l’humanité mais figure-toi que j’ai une vie en dehors du bureau et qu’en plus, en hiver, il fait nuit super tôt et moi, dans le noir, j’ai peur
Encore un entretien dont il est ressorti hyper fier (je l’ai recadrée, elle va filer droit maintenant) et moi un peu plus désespérée. Mais qu’est-ce que je fous dans cette boite ?
12:05 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blabla de fille, de tout et de rien, nouvelles et textes brefs, humour, parodie


