mardi, 25 août 2009
Draguer une blonde dans la ville, c’est facile

C’est une requête récurrente dans mes stats. Les gens semblent se demander furieusement comment qu’on fait pour draguer une blonde.
A chaque fois, je dis qu’il faut sortir sa gold, habiter un triplex au cœur de Paris, lui ouvrir un compte au bon marché et lui offrir une bague à vingt plaques.
Ou alors je prétends que c’est pas des questions qui se posent, que t’as qu’à faire marcher un peu ton cerveau, espèce de fainéant. Merde alors.
Histoire de brouiller les cartes, quoi.
Je sais, je suis pas la moitié d’une nouille.
Mais aujourd’hui, je vais vous lâcher un scoop de malade sur comment aborder une blonde, et pas n’importe laquelle. Une blonde dans la ville. (Mais promis, j'arrête de vous dire qu'en fait je suis Missmonde 2008, je voudrais pas donner l'air de me vanter)
La dernière fois, je rentrais de chez Oualter (ouais ça m’arrive) et dans le RER, y’avait deux types qui discutaient à côté de moi.
Je suis plongée dans mon bouquin (La physique des catastrophes dont je parlerai peut-être un de ces quatre) je suis à peine consciente de leur présence.
Quelques stations plus tard l’un des deux se lèvent et sort.
Quelques stations encore plus tard, c’est mon tour. Le type à côté aussi.
Alors qu’on se dirige tous deux en même temps que les autres vers le couloir de correspondances je sens qu’il me regarde avec insistance.
Dans ce genre de cas de figure, je choisis toujours entre deux options :
- Si je suis de mauvaise humeur, j’ignore le malappris et fais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’il arrête de me dévisager et surtout par pitié qu’il n’ait pas l’idée de m’accoster.
- Si je suis dans de bonnes dispositions, je peux jeter un coup d’œil discret et évaluer rapidement la nature de son intérêt (demande de renseignement/matage intempestif/tentative de drague/…)
Et, toujours suivant mon humeur, des fois je tourne les talons aussi sec en faisant hop j’ai rien vu (super discret comme vous l’aurez deviné) ou alors je me fais aimable (ça m’arrive) pour aider la personne. (si c’est une demande renseignement, hein, parce que tentative de drague comme ça au débotté, j’aide jamais, faut pas pousser.
Ma devise étant : on vit dans un monde cruel, aider les moins dégourdis n'est pas un vrai service à leur rendre, jette-toi à l'eau, on verra si je te jette une bouée.
Ouais l'égalité des chances, c'est une grosse connerie pire que le père Noël, je l'ai toujours dit et c'est pas pour rien que je travaille chez les bataves.
Bref.
Là, l’homme semble s’interroger. Je le range donc dans la case « demande de renseignement ».
Je le regarde donc et lui demande un truc du style « ouiiiii ? »
« excusez-moi, mais… Vous n’auriez pas écrit des bouquins ? »
Sensément stupéfaite, j’éclate de rire…
Comment te dire ? Disons que j’ai essayé mais JP Enthoven et consorts n’ont pas trop adhéré.
J’essaie d’expliquer cela en restant concise et rapidement. Donc il ne comprend pas. Il insiste
Tellement même que j’en viens à douter : quoi ? J’aurais pu publier un truc sans m’en souvenir ? C’est possible ? » (bon d'accord des fois, je suis tellement saoule que j'oublie le lendemain que je me suis tapée un méga gadin dans des escaliers mais quand même)
Devant mon air confondu, il reprend :
« vous êtes sûre ? Je suis persuadé de vous avoir déjà vue quelque part... à une émission… ? »
Ah. Cette fois, c’est clair, non, c’est pas moi.
Le seul endroit où tu as pu me voir en tête d’affiche, c’était dans mon catalogue que même j’ai écrit et signé l’édito. Mais je vois pas trop comment tu pourrais me reconnaître rapport que la photo elle a été retouchée passeque j’avais des gros cernes, ce jour-là (la dure vie de star : on fait la fête jusqu’à pas d’heure et le lendemain faut assurer en séance photo)
Et puis, je peux me tromper, mais je crois que ça n’a pas de rapport.
Bref, j’ai souri gentiment et je lui confirme qu’il confond.
Il n’empêche, je suis flattée, j’ai une tête d’écrivaine, c’est classe. Ca me change des comparaisons avec Missmonde 2008
S’il avait été canon je lui aurais proposé de boire un verre. Hélas, il était très moche alors je suis plutôt allée prendre mon métro.
Comme quoi, des fois, la blonde, pour la draguer, c'est pas compliqué, il suffit de chatouiller ses pauvres velléités littéraires. A bon entendeur, Clive, si tu me lis, tu sais ce qu'il te reste à faire...
12:20 Publié dans 24h de la vie d'une blonde | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : drague, transports en commun, écrivains, technique d'abordage, flatterie, humour |
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lundi, 13 avril 2009
Work in progress, la deuxième petite œuvre fait son chemin

Un roman, c'est comme une histoire d'amour (p'tain, ça c'est de l'attaque qui déchire grave)
Au début, au tout début, on sait toujours, de façon instinctive et claire, comment ça va se terminer.
Et puis, après, on plonge et on oublie tout cela jusqu’à ce que la fin – prévue ou non – arrive et qu’on se retourne sur notre instinct premier et que l’on se dise « ah oui, c’est vrai, j’avais prévu tout cela ».
Est-ce que les choses diffèrent de l’histoire d’amour qui se construit au roman que l’on bâtit pierre à pierre (rien à voir avec la famille PierreaFeu) ?
Je ne le sais pas.
Mais il reste cette incertitude forte et qui me bloque : comment veux-je que ce roman (je vous en parlais là) se termine ?
Mal, c’est certain mais pour cela, il faudra que la morale soit sauve et je ne suis pas sûre d’en avoir envie car ce n’est – justement – pas le but de cette histoire.
L’adultère a déjà été traité cent fois et à la fin, le coupable finit toujours par payer ses crimes. Et moi, pêché d’orgueil, ça me gonfle de faire comme les autres.
Alors, à votre avis, la coupable, je la fais se faire prendre la main dans le sac et tout perdre ou je la fais s’en tirer ?
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| Tags : littérature, écriture, écrivains, édition, publication, premier roman, lettres de refus des maisons d'édition |
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mercredi, 16 avril 2008
Je ne suis pas une Dilettante mais je me soigne
J’ai toujours eu une affection particulière pour les éditions du Dilettante. Affection innée que je ne sais comment m’expliquer mais qui se nourrit de plusieurs petites choses :
1/ J’aime l’indépendance revendiquée et assumée de la maison. Comme tous les éditeurs son directeur n'est sûrement pas exempt des tares dont souffre cette profession mais sa maison est l’un des derniers bastions qui n’est pas gouverné par un fond de pension ou des actionnaires âpres au gain.
2/ Ils ont eu la bonne idée d’éditer un copain l’année dernière, pour son premier roman, et j'ai été contente que son talent – car il en a – soit reconnu.
3/ Moi qui me suis toujours reprochée d’être trop dilettante dans mes activités littéraires, je trouvais le clin d’œil amusant.
Lorsque j’ai sélectionné les maisons auxquelles j’allais envoyer la grande œuvre, la question du Dilettante s’est posée. Evidemment, je sais que ma prose – trop longue, pas assez stylée et un sujet trop commun – ne correspondait pas à la ligne éditoriale de la maison. Mais, qui sait, on ne perd rien à tenter sa chance.
Je l’ai envoyé sans y croire, sans même espérer la moindre réponse.
Jusqu’à présent j’ai reçu trois lettres de refus. Une de Plon – les premiers – courrier hyper standard et dont la rapidité m’a fait supposer que la chose n’avait pas été lue, une autre de Flammarion, pareil, une de Grasset, cette fois très détaillée et riche d’enseignement à bien des égards (avec même quelques compliments pour la route).
Samedi dernier, j’ai reçu une quatrième réponse. Du Dilettante.
Personnalisée, elle aussi.
Mais bôôôôôôôôcoup plus directe et expéditive.
Alors voilà. L’année dernière, au cours des interminables séances de correction sur le manus’ avec L’Ex où impitoyablement il a souligné toutes mes lourdeurs, mes approximations lexicales, certaines constructions bancales, de timides effets de style plutôt pas aboutis voire ridicules, j’ai dû faire le triste mais implacable constat : je n’ai pas de style. Alors que, dieu seul sait pourquoi, j’avais toujours cru le contraire. Peut-être que le vitriol qui prend quelques libertés avec le français, ça passe pour des billets mais sur un roman, ça se transforme en grosse bouillie prétentieuse et imbitable qui nuit au reste, à savoir l'histoire. Inlassablement, j’ai gommé les imperfections, lissé l’écriture pour la rendre, à défaut de stylée, moins lourde.
Effort souligné par Grasset qui qualifie l’écriture d’agréable et facile d’accès.
Ma lectrice au Dilettante a été moins sympa.
Cette brave dame (qui a au moins le courage de signer sa critique, contrairement au charmant relecteur anonyme de Grasset que je serais pourtant bien allée remercier d'un becquot lors de l’inauguration du salon du livre et c'est pas blagues. En plus d'avoir tout lu et de le résumer intelligeamment, il/elle m'a fait pas mal de compliments) estime que, compte tenu du thème abordé, il aurait fallu, pour que mon récit soit intéressant, l’accompagner d’une vraie écriture. (bam, prends toi ça dans la tronche, choupette… J’ai le droit de ramasser mes dents avant de lire la suite ?)
Or, mon histoire est longue, convenue (ailleuuuuuuu ! mais tu vois pas que tu m’as déjà sonnée ? T’as vraiment besoin d’en rajouter pour m’achever ?) et mon style relativement trivial. (a y est cette fois, je suis au tapis avec peu de chance pour que je me relève un jour. Toi, choupette, tu maîtrises à la perfection l’art de l’estocade et du climax)
Voilà, le constat n’est pas facile à entendre mais il confirme l’un de mes plus gros doutes déjà soulignés par d’autres : j’écris mal et, malheureusement, avoir du style, ça ne s’invente pas.
Dans un monde parfait régi par le fric et le marketing, il existe une solution pour chaque problème, même si cette solution ne soigne pas le mal diagnostiqué.
Et les très indépendantes Editions du Dilettante aiment le style mais n’en perdent pas le sens du commerce pour autant.
A la lettre de refus était joint un dépliant commercial. Non pour me vanter leurs romans. Non, non. Un vrai mailing ciblé en fonction de mes besoins. Une maison d’édition partenaire, pour des auteurs très exigeants, publiant et diffusant des ouvrages utiles aux jeunes écrivains et aux poètes. (je cite)
Et que retrouvons-nous dans ces ouvrages pour auteurs très exigeants ?
Audace, annuaire à l’usage des auteurs à la recherche d’un éditeur, 150 questions sur l’édition, SAFÊLIVRE guide des salons et fêtes du livres, etc. Et sans oublier des packs groupés à tarifs préférentiels. Evidemment, vu la raclée que je venais de prendre, ces ouvrages ont éveillés mon intérêt et j’ai eu envie d’en acheter quelques uns. Mais je me suis retenue à temps, c’est pas que je sois contre les progrès mais je préfère prendre des cours dans un atelier d’écriture plutôt que de me taper un énième bouquin sur comment se faire éditer pour pas cher.
Le procédé m’a quelque peu surprise avant de me faire sourire. Voilà une opération de marketing direct réussie ou je ne m’y connais pas. Walter devrait en prendre de la graine.
12:01 Publié dans Grande oeuvre : master at work | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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vendredi, 07 mars 2008
Capitaine Flam' tu n'es pas...
Pour autant, allez comprendre pourquoi, vachement moins fidèle à ma politique de laisser-aller question conscience professionnelle, en sortant de mon rendez-vous à 16H30, je me suis très sérieusement tâtée pour retourner au bureau juste après.
Bon je vous rassure, ça n’a pas duré longtemps, hein.
Bin oui, fallait que je passe à la poste pour récupérer mon recommandé que je me suis envoyée à moi-même pour prouver ma bonne foi en cas de plagiat de la grande œuvre par Gallimard (on peut rêver, quoi !)
Après avoir patienté gentiment – mais longuement – au guichet de ma poste, je récupère la pauvre chose : l’enveloppe est à moitié déchirée et je sens comme un genre de flottement à l’intérieur, genre le thermo collage n’a pas tenu le choc… Je me dis « ça craint, ça a dû arriver avec plein de feuilles volantes, laisse tomber l’image de marque, je pars pas avec des points…
Je rentre chez moi, regarde mon courrier. Peu de chose (bin voui, j’ai pas d’ami et j’ai pas renouvelé mon abonnement à Télé 7 jours) mais une enveloppe estampillée : Groupe Flammarion.
Oulala… c’est un courrier, alors c’est sûrement pour me signifier qu’ils ont bien reçu ma bouse mal themro collée, heuuu, pardon, mon manuscrit, qu’ils en sont très touchés et que sans nouvelle de leur part d’ici trois mois, c’est qu’ils s’en seront servis pour caler une table bancale au service archive. Je le sais, Acte Sud et mes amis du Rouergue ont fait tout pareil, m’informant mon numéro de référence manuscrit à joindre dans tous mes courriers. (bon, ils ont pas dit ça exactement comme ça, hein, ils ont fait style, on est vachement flatté de votre envoi, on reçoit 500 manus’ par jour alors on est sélectif et on peut pas tous les éditer et encore moins garder ceux qu’on veut pas. Si vous voulez le récupérer faut nous envoyer une enveloppe timbrée)
Avec fébrilité, je décachette la lettre. Elle est courte comme les autres et ça commence bien :
« vos références : Un coup d’un soir »
bien vu, l’ami, c’est tout moi, ça, exactement ce que j’inspire.
« nos références : …une série de chiffres, comme leurs confrères »
« Nous avons lu (aaaah…. D’habitude ils se contentent d’accuser réception…et alors ??? et alors ????) le manuscrit que vous avez bien voulu nous faire parvenir. Malheureusement votre texte n’a pas été retenu par notre comité de lecture et nous sommes désolés (pas autant que moi, je te le dis) de ne pouvoir en envisager la publication »
« Avec nos regrets (bin voyons !! j’y crois à mort) nous vous prions d’agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs (c’est ça, va crever) Cherchant visiblement, à se prémunir de toute agression physique ou verbale, il est interdit de venir chercher soi-même les restes de sa bouse chez l’éditeur, c’est précisé en capital en gras en bas de la lettre.
Mon analyse : ils ont reçu le manuscrit le 11, ils m’écrivent en date du 13, ça pue le « ça n’a pas été lu en entier » et ça signifie donc que mon incipit est pourri. Allez, en vrai, mon analyse à moi que j’ai c’est que le titre leur a fait peur et qu'ils n'ont pas osé confier la lecture de la chose à leurs prudes assistants...
Le pire dans tout ça ? Ces braves gens n’ont pas été fichus de faire une faute de syntaxe, grammaire ou orthographe à leur fichu courrier type (à peine une dans mon adresse histoire que ce soit plus insultant) ce qui m’aurait pourtant réjouie et donc un peu consolée. M'en fiche, demain je l'envoie aux éditions harlequin, c’est pile dans la ligne éditoriale.
Et pis de toute façon, je voulais Gallimard, pas Flammarion. Bin voué, mon nom sur la NRF , je trouve ça classe, que voulez-vous, chacun ses fantasmes, hein…
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lundi, 03 mars 2008
De la stratégie dans le choix d'un titre pour sa grande oeuvre
Le plus dur, quand on veut écrire un roman c’est une fois qu’on l’a fini et qu’il faut se farcir l’épreuve du choix du titre et la rédaction de la lettre d’accompagnement pour les maisons d’édition.
Pour ma première grande œuvre, le titre original était : A la vie, à la mort.
Ce qui n’a jamais convaincu personne, allez savoir pourquoi.
A suivi un autre titre (et qui me séduisait beaucoup même si c’était pas mon idée mais celle de L’Ex) : L’amour en fin d’après midi
J’aimais la suggestion de la relation un peu crapuleuse, le côté « on sait que l’on doit y mettre un terme sans y arriver » qui résume bien quelques aspects de la relation que l’héroïne entretient avec son homme.
Malheureusement, ça résumait bien certains aspects mais vraiment pas la majorité et encore moins la réalité de leur rapport.
J’ai donc dû faire mon deuil de ce titre qui me plaisait tant (avec tristesse)
Plus tard, après de longues séances de brainstorming et une sélection impitoyable, trois finalistes se sont retrouvés en compétition finale :
- La fin d’une liaison
- Sentimentale
- Un coup d’un soir
La fin d’une liaison a vite été abandonnée car le propos n'était pas de narrer la lente décomposition d'un couple mais l'acharnement des deux protagonistes malgré son impossibilité. Et comme je vous l’avais annoncé, j’ai, dans un élan de putasserie aussi inconsidéré que condamnable, choisi la voie de la provoc.
Un coup d’un soir, ça me plaisait justement parce que la n’éroïne, c’est pas ce qu’elle veut mais qu’elle se comporte comme si c’était le cas.
Genre c’était du second degré trop méga subtil.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? C’est simple, avec le recul, je suis pas sûre d’avoir fait le meilleur choix. La suite au prochain épisode.
11:05 Publié dans Grande oeuvre : master at work | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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