25.06.2008

Quand Walter se lance dans le charity business pour faire croire qu’il est humain

1492892656.jpgMoi, on m’a toujours dit, les bataves, ça n’a pas d’ami, que des intérêts (bon, d’accord, c’est plutôt aux anglais que cette maxime s’appliquait à la base mais ça marche aussi pour les mangeurs de gouda)

Il n’empêche, avec toutes ces idioties inventées par les hypocrites sur le commerce équitable, l’économie responsable (meuuuuh non, miss 400 je sais bien que c'est pas que des idioties, en vrai), toutes les world company ont décidé de prôner des valeurs (mais oui, ils en ont, figurez-vous, et pas uniquement centrée sur le double-digit et la marge, non, non) et pire encore des valeurs humanistes.
Beurk.

Et Walter, comme il est pas la moitié d’un âne, il a vite compris qu’il était temps de faire semblant comme les autres de s’engager dans ce noble combat qu’est la mise en valeur du capital humain.

Alors on a eu droit, comme vous tous, je l’imagine, à des journées solidarité pour les myopathes, les veuves de guerre, la lutte contre le concert, heuuu cancer, le tout joliment enrobé de tournois sportifs pour montrer qu’on n’est pas seulement humaniste mais sportif, en bonne santé, bref, des gens super, aussi super qu’un ricain nourri au céréales et aux steacks charal pur boeuf  du Texas.

Hélas, depuis aussi, on a viré comme un malpropre l’ancien DG et mis à la place un super détergeant'man qui va faire le ménage, alias Léon le nettoyeur. Il était temps de montrer aux milliers de gens que possède Walter en France (mais pas pour longtemps grâce à Léon) que nous sommes tous une grande famille.
Et surtout démontrer que Walter n’est pas là que pour distribuer des torgnoles à ceux qui filent pas droit et crachent pas leur 20% de marge chaque année. Non, il est là aussi pour mieux nous connaître, apprécier dans sa globalité l’être humain que nous sommes, afin de – je cite – donnner l’occasion à chacun d’exprimer et de partager ses passions, ses talents, et de découvrir les richesses cachées de ses collaborateurs…

Ouaaah… là, tout de suite, je me sens vachement appartenir à une boite qu'elle a des valeur pour de vrai.

Alors comme on organise, ici et là, la fête des quartiers, Walter, il a eu une bonne idée : organiser la teuf des talents à walter.
Et on va tous se réunir sous le haut patronage – et c’est là que ça se corse alors accrochez-vous bien – de La Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (c’est sûr, vu le nombre de COTOREP et autres débiles qui n’ont jamais été en quatrième, des recherches s’avèrent nécessaires question cerveau, je crains juste qu’à force de chercher, on finisse par trouver du pétrole), l'Association France Alzheimer, (compte tenu du nombre de vieux débris – la preuve, la dernière fois il m’a bien semblé croiser Pierre Bellemare dans l’ascenseur, c’est vous dire, ça me parait bien d'anticiper, effectivement), de la Fondation Française pour la Recherche sur l'Epilepsie (moi, je pense qu’à force de bosser ici avec Grominet, ça me guette un peu) et, enfin et non des moindres, de l'Association France Parkinson.

Allez, je sais, c’est facile de se moquer, après tout ça part d’une bonne intention, au lieu que chacun fasse ses trucs privés perso tout seul dans son bureau, on va tous se réunir pour le faire ensemble, par groupe de 1 à 8 personnes, c’est quand même sympa comme idée…

Sauf que. On est 1200, ici (ce sont les chiffres officiels du jour made in RH) et il y a 28 ateliers. Ça fait pas moins de 42 personnes par atelier… Si je fais un rapide petit produit en croix, en fait, ils tablent globalement sur un retour de 18% pour leur évènement majeur de l’année qui va tous nous cohésionner à mort… ou alors, ils comptent virer 976 personnes d’ici là…

20.06.2008

Episode 18 : cette fois je jette l’éponge pour de bon - Suite et fin

2111476213.JPGComme je vous l’expliquais, j’avais fait la connaissance en ce charmant samedi après-midi d’un batteur qui semblait avoir quelques problèmes avec la drague mais que je ne comptais pas vraiment laisser seul dans son océan de timidité névrotique.

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais, lorsque vous dites aux gens que vous écrivez (ou du moins que vous essayez, quoi) il s’en trouve toujours un pour vous confier que lui aussi, il « écrit » et qu’il a un vieux texte pourri début de manuscrit jamais fini qui traîne au fond d’un tiroir.

C’est pas que j’ai quoi que ce soit contre les apprentis auteurs qui ne passent jamais le cap du début d’un roman le plus souvent entamé après une rupture ou pour parler de ses problèmes relationnels avec sa mère et toutes les femmes qui ne l’ont jamais aimé, non. J’ai plus de mal avec la majorité des écrivains frustrés qui hantent les couloirs des maisons d’édition mais chuuuut, c’est pas le débat du jour.
Revenons donc à nos moutons. Nous avions parlé de ce projet d’écriture avec drumsboy à plusieurs reprises, il semblait un peu motivé pour le reprendre et achever sa nouvelle.
Le sujet était tout ce qu’il y a de plus mystérieux et je ne vais pas en parler ici, sachez juste qu’il s’agissait de science fiction.

Juste avant notre rendez-vous, il m’avait envoyé son texte et semblait plutôt soulagé à l'idée que je ne le lise pas avant de le voir, visiblement gêné par sa bizarrerie (de son texte pas de lui, encore que…) J'ai trouvé son manque d'assurance confondant.

Comme je vous le disais, malgré mon gentil mail de samedi, je n’ai pas de nouvelle de drumsboy.
Pas grave, il m’avait demandé mon avis sur son texte, précisé que j’avais le droit d’être complètement impitoyable.

Lundi, je décide d’utiliser l’imprimante du bureau pour lire son incipit tranquille à tête reposée dans les transports du soir. Voilà, j’ouvre le document et là, apparaît devant moi une chose pas très jolie avec une police franchement désagréable et des tabulations pourries dans tous les sens.
Ah bien. On ne t’a visiblement pas enseigné les lois les plus élémentaires de la mise en page mais c’est pas grave, je vais t’aider.

Je change la police pour commencer et là, se produit un phénomène surnaturel pour de vrai : les trois-quart du texte se retrouvent instantanément soulignés de rouge et de vert. Je n’avais pas regardé de plus près mais c’est une longue suite de fautes de grammaire, d’orthographe, d’erreurs de ponctuation grossières et d’abomination syntaxique. Hors de question d’imprimer ça comme ça, j’arriverai pas à me concentrer sur le fond.

Je passe donc ma pause déjeuner à corriger les quatre malheureuses pages de texte, relevant au passage des erreurs mais cette fois de narration, confondant l’utilisation du narrateur omniscient à celle d’un quidam lambda qui découvrirait la situation en même temps que nous, confondant donc les points de vue, les temps, tantôt au présent tantôt au passé qui ajoute davantage à la confusion.
Bref. J’ai beau ne pas être le prix Goncourt de l’année, je n’ai pas besoin d’être directrice de collection chez Gallimard pour deviner que ce n’est pas bon du tout, ce que j’ai sous les yeux.
Alors voilà, patiemment et gentiment je relève les incohérences, corrige les fautes sans le lui dire et me permet quelques petits conseils tout ce qu’il y a de plus factuels pour lui donner des pistes d’amélioration sur la forme et sa construction narrative.

Je vous vois venir et je tiens à le préciser, non, j’ai pas joué les profs, je sais que l'ego des mâles est sensible. Je me suis donc contentée de dire comment son texte pourrait être mis en valeur avec un ou deux artifices de trois fois rien et bien évidemment, j'ai toujours remis en parallèle les erreurs que je faisais moi aussi et qui sont courantes, que l’on fait tous et lui expliquant mes propositions en prenant le point de vue du lecteur pour lui démontrer le bien-fondé de mes théories fumeuses.
Histoire de montrer qu’on est pote, tout ça, je lui envoie son texte corrigé et mes conseils littéraires du jour par mail, de ma boite pro.

Dix minutes plus tard, réponse de monsieur me remerciant très chaleureusement pour mes conseils et ma lecture. Mail hyper court et sans saveur.
Soit. Et comme je combats ma superficialité congénitale, je ne relève surtout pas son nom de famille que je découvre avec sa réponse, c'est pas Michu, ni Hénaf, mais pas loin. Et franchement, une blonde dans la ville Michu, ça le fait pas.
Quelques heures plus tard, Match m’informe qu’un nouveau mail m’attend. En provenance de drumsboy.

Evidemment, je vais voir immédiatement de quoi il retourne.

Et là, c’est le drame.

Drumsby m’explique qu’il a passé un bon moment samedi mais que bon comment dire... Il espère que je suis pas fâchée mais... Il ne voit pas notre relation aller plus loin.

Pour tout dire, mon petit, je ne suis pas fâchée mais vexée comme un pou.
Depuis quand mon charme légendaire n’agit-il plus ? C’est toi qui devrais te traîner à mes pieds pour m’offrir fleurs, chocolats, poèmes enflammés, odes à ma chaste beauté, afin de prouver ton amour inconditionnel et éternel.

L’option merci mais non merci n’était pas vraiment envisagée, tu devais me draguer pour me donner l’impression à nouveau que je suis une personne exceptionnelle même si mon grand père ne m’a jamais offert de werthers original.

Et là, les amis, c’est le coup de trop. Moi je veux bien répertorier tous les cas sociaux traînant sur meetic ou match et me moquer d’eux avec perfidie mais si en plus ceux qui ont l’air normaux à la base et que je suis allée chasser moi-même se révèlent être des types tout bizarres aussi et qui en plus me font l’insulte de ne pas avoir le coup de foudre, franchement où va-t-on ?

Alors voilà, je pourrais clôturer cette série comme dans cosmo en expliquant qu’en vrai, hihihi, j’ai rencontré l’amour par hasard quand je m’y attendais le moins, en descendant mes poubelles en tongs un matin mais non, même pas. Je ne vous ferais pas cette insulte. A la place, vous aurez droit deux billets de bonus, comme dans les DVD. Et puis bientôt, une nouvelle série verra le jour, grâce à la miss400, d'ailleurs, je profite de l'occasion pour vous annoncer très officiellement que je l'ai bombardée directeur artisitque et éditorial de ce blog, ça mérite.

EDIT DE 11h42
En en discutant avec la miss 400, on s’est dit que tous ces boulets, ça venait de mon profil qui était un peu trop lisse. Comme j’avais de toute façon décidé de liquider mon profil, je me suis dit, pour les quelques semaines qui restent, on va renouer avec le bon vieux truc du profil délirant bizarre.
vous le croirez ou pas, mais y’a des gens qui m’ont écrit les mêmes âneries préformatées sans réaliser une seconde que non mon profil n’était pas intéressant il était juste un grand n’importe quoi.
Un ou deux petits malins, seulement, ont tenté de rebondir, souvent avec humour. Mais le problème de l’humour c’est que ça n’attire pas que des gens subtils, j’en veux pour preuve le mail reçu ce matin, surfant allègrement sur la vague du second degré pas drôle.

Extraits choisis :
« Ben sinon la cuisine ça le fait un peu chez moi, le micro onde c'est un dieu vivant pour moi avec la plaque vitro céramique bien entendu, entre nous c'est fusionel, érotique, surtout platonique. »

« D'ailleurs chez moi c'est un peu comme un centre commercial j'ai une annexe de pharmacie, de bricorama, casto, confo, recel d'autos-radio et autres pièces détachées de voitures ( si tu as une renaut fais moi signe )Ben moi j'me définirais comme un grec frite, y'a à boire et à manger
Le pain c'est mon corps, la viande ce qu'il me reste cerveau, salade, tomates,oignons c'est le reste quoi, le coca c'est le liquide rachidien et bon appêtit bien sûre »

PITIEEEEEEEE, SORTEZ-MOI DU LOFT !!!!!!!!!!!

16.06.2008

Episode 18 : cette fois je jette l’éponge pour de bon - Part I

68538306.JPGSouvenez-vous, il y a eu d’abord le deuil de ma fiche si rigolote, puis la création d’un nouveau profil tout ce qu’il y a de plus normal censé me mettre en valeur, avec le succès que l'on connait.
Et puis, mon chemin a croisé celui de Bob et j’ai eu droit à quelques remontrances concernant ma méchanceté vis-à-vis des hommes et de leur sensibilité.
Plus tard, un pouête m’a fait vibrer… de rire.
Comme si mon karma voulait se venger de toute cette indifférence cynique et ordurière j’ai connu les joies du lapin, posé par pied de porc pané, mon ami pour la vie.

Un peu déçue par le peu de proies disponibles sur Meetic, j’ai décidé de différencier mes placements pour avoir plus de rendement (je ne bosse pas au service de mangeurs de gouda pour rien) et je me suis inscrite sur Match.

Instant de grâce, je reçois des clins d’œil et des mails en pagaille à tel point que je ne sais plus où donner de la tête et pourtant, sans que je comprenne bien pourquoi, j’ai eu des rencards qui se sont annulés au fur et à mesure.
Je rencontre un homme sympa mais dont je n’ai plus de nouvelle et je renonce à la dernière minute à pousser le vice jusqu’à boire un verre avec un psychotique complètement névrosé cyclothymique. Ce à quoi il répondra : tu as peur du sexe ?
Non, non, chéri, j’ai peur de toi tout court.

Et depuis ? Depuis vous avez pu voir que le niveau ne s’améliorait pas et les rencontres ne se bousculaient pas au portillon. Sauf à aimer la paté pour chat, les hommes cherchant un utérus d'urgence, des psychopathes, les blondes qui ont visiblement un lourd passif du côté de Nice, des ricains bizarres et ceux qui cherchent l'âme soeur comme on cherche un deux pièces bien situés, sans parlé des types vraiment pas très nets dans leur tête.

Comme je ne suis pas qu’une grande gueule qui aime juste à débusquer la lie de l’humanité – sur les sites de rencontre ou ailleurs – je me suis dit qu’un peu de proactivité ne me ferait pas de mal. Je sais le terme est vilain, odieusement à la mode chez ces grandes multinationales qui ne savent plus ce qu'est esprit d'intitiative et d'équipe, vide de sens, mais je m’en fiche. C’est bien beau de se moquer des gens qui ont au moins le courage de faire le premier pas et de venir me parler même s’ils sont vilains, idiots, incultes ou qu’ils n’ont jamais été en quatrième mais c'est un peu trop facile d’attendre que les pauvres garçons se jettent le clavier le premier dans mes filets de blonde vénéneuse. Voire fielleuse, n'ayons pas peur des mots.
Et si je me mettais un peu « en danger » genre en choisissant moi-même les gens auxquels j'écrivais ? Genre à des hommes qui pourraient me plaire ?
Alors voilà, j’ai lancé plusieurs recherches, navigué de profil en profil, envoyé plusieurs mails en prenant soin à chaque fois de personnaliser mon accroche. Me voilà soudain à la place de mes chasseurs habituels, guettant les réponses de mes futures proies.

Un seul répondra, un batteur, musicien de son état. Mes mésaventures avec Cantatboy (et puis aussi L’Ex, soyons francs) m’ont un peu échaudée : les artistes (ou assimilés) franchement, merci bien, j’ai donné et c’est pas trop fait pour moi.
Mais bon. Il n’est pas inintéressant, ce brave petit, pas sexuellement agressif et on se contente donc de s’échanger de longs mails à propos de nos passions respectives. Voilà qui est reposant. Et qui titille mon esprit habituel de contradiction, si on me montre un peu trop vite son attachement, je trouve ça vachement moins drôle que si on me résiste un peu.
Comme il semble plus timide que moi, je prends l’initiative de le questionner sur sa vie, et lui tends une perche monumentale pour qu’il me propose un rencard, ce qu’il ne tarde pas à faire (timide, le garçon mais quand même pas complètement dénué de suite dans les idées. Très bien, je le note et je m'en félicite, c'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde)

Rendez-vous est pris pour un samedi après-midi et une balade dans Paris.
Le matin même, j’ai décidé de glander sur internet et il me voit sur MSN. Nous discutons un peu avant qu’il ne me pose quelques questions plus personnelles sur ma vie privée. Je réponds et retourne ses questions et là…
J’apprends que monsieur est en fait trèèèèèèès stressé devant la gent féminine, qu’il est incapable d’emmener une demoiselle à un rendez-vous galant au restaurant sans faire une crise de spasmophilie et que cela a longtemps perturbé sa vie (elle le serait à moins).

Bon, ces révélations et quelques autres que je ne vous livrerais pour ne pas non plus trahir toutes ses confidences me refroidissent quelque peu.
C’est pas que ça lui enlève de son charme, mais bon, je croyais enfin avoir rencontré un type normal et cette idée me réjouissait beaucoup.
De toute évidence, on en est loin. C’est pas grave, on verra bien.

L’après-midi se passe fort agréablement, on discute de plein de choses, je le fais causer de sa life, on se promène, on boit un café à une terrasse.
Le café n'est plus qu'un très vieux souvenir dans nos tasses, un instant de silence s'installe, c'est le moment décisif, celui où l'un des deux protagonistes propose de prolonger le moment.

Comme il me demande ce que je souhaite faire, je regarde ma montre, ça fait plus de deux heures qu’on papote, je juge utile de montrer avec un air stupéfait que je n'ai pas vu le temps passer (ce qui est le cas) et comme j'ai rendez-vous avec une copine (bin vi, superblondie m'attendait pour le débrief) pour boire un verre je lui dis qu'il faut que je file mais ajoute avec mon sourire le plus aimable et sincère que j'ai passé un très bon moment.  
On quitte donc le petit troquet, il me raccompagne jusqu’à ma ligne de métro alors que ce n’est pas son chemin et, au moment de se dire au revoir, je le sens tout troublé.
La blonde pathétique qui est en moi s’en réjouit : c’est toujours super agréable de séduire quelqu’un (ou de vérifier que ça marche toujours) et ma vie affective et sexuelle est tellement désertique en ce moment que la moindre distraction est la bienvenue. On se quitte donc sur une bise, de longs échanges de regards et comme il ne faut jamais trop en faire, je m'engouffre finalement dans le métro sur un dernier sourire.

Je regagne mes pénates dans la soirée et fais un rapide bilan de la situation. Le garçon est timide, donc si je ne lui tends pas la perche, il n’osera peut-être pas le faire. J’envoie donc un mail un peu chaleureux pour le remercier du moment et laisser l’option ouverte pour une réédition. La soirée se passera, le dimanche aussi sans avoir la moindre nouvelle. C’est pas grave, j’ai une cartouche en réserve pour le relancer l’air de rien et je ne vais pas me priver de m’en servir.

La suite au prochain épisode…

30.05.2008

les perles du jour by Grominet

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Rassurez-vous, aujourd'hui, ce sera rapide et sans douleur... 

J’ai eu le bonheur intense et la joie immense de me faire kidnapper inviter à déjeuner par Grominet ce midi. C’est qu’il a besoin de causer en ce moment, il est passé devant le tribunal des auditeurs (alors qu’il est en pleine négo pour sa transaction, c’est ballot quand même) figurez-vous. Et même qu’il était vaaaaachement content de lui et quand on lui a demandé qui était nos concurrents il a dit qu’on était à 20% de croissance chaque année, alors les concurrents, hein, franchement qu’est-ce qu’on se tape ! Surtout quand eux ils font 40% de croissance par an mais bon, y sait pas y comprend pas y veux pas entendre.

Bref, ce midi, il voulait a-bso-lu-ment me narrer ses exploits. Et parmi toutes les indubitables crétineries affligeantes que j’ai dû entendre en restant stoïque, pour toi, lecteur, j’ai noté le best of. Allez amuse-toi c’est gratuit, la blonde est d’humeur généreuse aujourd’hui, fais-toi plais', c'est ma tournée : 

« la décision qu’il faudra être prise »

« les chefs de produits seront zaussi t’impliqués »

« dans une approche systémique grâce à des contacts en Europe je pense qu’on va faire des opportunités de business que l’édition n’a même pas idée »

« ça coûte l’œil de la tête »

« comme dirait chèquesspire, il y a un fruit pourri dans le schmillblik »

Mouais mouais, mouais… et devant nos amis auditeurs tu parles comme ça aussi ou c’est juste pour moi et mes lecteurs ?

12.05.2008

Gali l'alligator

Je sais, pour une blonde, j’ai un humour assez gore mais c’est normal, à faire ma chichitteuse tout le temps, faut bien que je décompresse…

 

18.04.2008

Episode 10 : psychopathe et simplet sont dans un bateau

580254156.JPGBon, c’était déjà mon intuition il y a deux ans mais cela se confirme de jour en jour : meetic regorge de cas sociaux, la lie des hommes, il faut croire.

Et ça va pas en s’arrangeant. Je lis rarement les mails que je reçois sur ce site mais je devrais me pencher dessus plus souvent, y’a de quoi repeupler tout un asile.

Le premier, que nous appellerons psychopatman m’a envoyé cette charmante chose qui m’a laissée… comment dire ? un peu interloquée.

Email de : psychopatman
Date : 13 Mars 2008 - 10:06
Sujet : Hellooo

Démarrer la journée avec un musée Je démarre la journée avec un café et après je vais bosser mais si tu es prêt à m’entretenir pour que je puisse commencer la journée par un musée (il me faudra alors un grand appartement pas loin du dit musée (le louvre ça me parait bien mais maintenant si tu te débrouilles pour je puisse habiter l’hôtel de Sully je n’ai vraiment rien contre) mais je suppose que tu t’en doutes et que le dit appartement n’attend plus que moi… super) vas-y, pas de problème, fais-toi plais’ mon p’tit gars, je suis pas du genre contrariante à la base.

Avec une pause pour se restaurer Vu que tu as l’air gras comme un gros porc, cela ne m’étonne pas qu’il faille une pause ravitaillement toutes les cinq minutes… tu la fais où ta pause ? Parce que si c’est aux Ambassadeurs du Crillon, ça me va, ça fait longtemps que je n’y suis plus allée. Mais tu déjeunes à une autre table que la mienne tu seras mignon, les gens moches, ça me coupe l’appétit et en plus je suis sûre que tu es du genre à mâcher la bouche ouverte.

Terminer l'après-midi en mode shopping (de manière acharnée, laisses-moi rire, après un musée...) Oui mais alors tu portes mes paquets et tu marches loin derrière, je veux pas avoir la honte de me promener avec un gros boudin, j’ai un standing à tenir moi, monsieur. Ah oui, et puis tu n’oublies pas de me donner ta gold, hein, mais je suppose que c’était bien ton attention.

Avec une autre pause pour se restaurer Ahhhhh ! ça faisait longtemps, j’ai eu peur que tu nous fasses une crise d’hypoglycémie, t’étais tout blanc…

Aller voir un film au ciné (...what else ?) C’est ce que je compte bien faire ce soir, mais sans toi.

Et enfin se reposer les pieds... (sauf si on a su éviter le Louvre !) … heuuu, là, ça devient vachement trop complexe pour moi… Pourquoi démarrer la journée par un musée si c’est pour l’éviter ? Je comprends rien ! C’est moi qui suis trop blonde ouuu ? Se reposer les pieds, oui bonne idée, ça me fait penser qu’il faut que je prenne rendez-vous dans un institut de beauté…

Ca te dirait comme journée ? Bin, heu… oui, peut-être mais seulement si c’est avec quelqu’un d’autre que toi… ou seule.

Ton défi, si tu l'acceptes, sera de ni fumer ni parler ;) Raaaaah, zut dommage ! Autant ne pas parler je sais faire, je suis même la fille la plus silencieuse du monde ce qui a toujours laissé mes amis et petits-amis babas vu comment je suis bavarde à l’écrit mais ne pas fumer ça va pas être possible, je fume comme un pompier, tout le temps, si, si, même la nuit quand je dors. C’est ballot, c’est trop dommage, je me faisais une telle joie de cette sortie avec toi mon beau psycopatman d’amouuuur… Mais dis, tu me l’achèteras quand même l’appartement pas loin du Louvre ?

Voilà, déjà c’est gratiné, mais après le psychopathe nous avons simplet qui est de retour parmi nous. Attention les yeux, ça décoiffe.

1378546580.JPGSimplet est séparé (et on peut au moins lui reconnaître la qualité de l’admettre, en général, les jeunes divorcés, craignant d’effaroucher la gazelle à la cuisse légère potentielle avec un passé conjugal chargé se contente d’un « ne souhaite pas répondre » à la case « avez-vous des enfants » et réponde célibataire dans celle sur leur situation matrimoniale.

Sinon, il dit être fonctionnaire et avoir un niveau d’étude lycée et inférireur. Bon, j’assume, je suis une snob intellectuelle, en général, ce type d’info, ça me rebute un peu sur l’homme concerné surtout si son job (fonctionnaire, ça veut rien dire à mon sens) ne semble pas donner l’impression d’une vie intellectuelle riche et trépidante. Je vous le rappelle, je tombe plus facilement amoureuse d’un cerveau que d’une belle tronche d’abruti.

On me dit que je suis son idéal sur la couleur des yeux, l’âge (il a presque le même que le mien et déjà trois enfants, ça me laisse sans voix, à quel âge a-t-il bien pu commencer à disséminer ses rejetons sur terre pour en avoir déjà trois ? 22 ? 25 ? c’est fou, à cet âge-là, j’étais vachement loin de ce genre de contingence… et déjà qu'aujourd'hui c'est pas ça...)

Et son annonce est tout un poème :

sympa sort d une histoire qui ne c est pas bien passe mais maintenant tout va bien Ah d’accord, toi, je sens que tu te trimballes des casseroles que même la batterie dans la cuisine de Bernard Loiseau à côté, ça fait ridicule. Et que non content de trimbaler des casseroles, tu es du genre bien amer, bien aigri, un mec parfait pour moi, quoi, mon cœur de cible…

Dans le petit questionnaire hyper chaleureux qui ressemble pas du tout à un bilan de santé, bref l’ambiance agréable si propre à Meetic qui doit estimer que mettre du rose partout ça donne pas l’impression qu’on est dans une usine que même les boas morts ils ont l’air plus sympa et conviviaux à côté, il répond à toutes les questions même les plus idiotes sauf à une : ses habitudes alimentaires… Sans doute qu’il ne sait pas faire la cuisine puisqu’il s’est marié à 12 ans avec une parfaite petite ménagère. (qui a eu l’audace de le quitter vilainement, en plus, la garce) ou alors, il a des habitudes culinaires bizarres, genre il mange ses crottes de nez ou la peau morte de ses pieds, ou ses sous-vêtement.

Bref, un profil vraiment tout ce qu’il y a de plus sexy et engageant, qui m’a écrit un mail.

Un truc merveilleux, véritable petit bijou, je vous laisse le découvrir :

Email de : simplet
Date : 13 Mars 2008 - 10:42  
Sujet : coucou  

toi aussi tu est celibateire alor

Bin non, abruti, c’est bien pour ça que je me suis inscrite sur meetic, en vrai je suis mariée, j’ai 4 mouflets et je me suis inscrite pour faire passer le temps, parce que je m’ennuie…

Vous le croirez ou pas mais c’est ce que je lui ai répondu.
Nan, j'plaisante, y'a des limites, tout de même... quoique...

Mais bon, je dois lui reconnaître au moins ce mérite, quand j’ai découvert le mail, j’ai éclaté de rire…

14.04.2008

Episode 9 : fifi, riri et loulou sont dans un bateau

1867176484.JPGBon, voilà, ça faisait plusieurs semaines que j’avais complètement laissé de côté le meetic project, c’est que j’ai du boulot, moi, en ce moment et pas trop de temps (ni même d'envie) pour la gaudriole.

Et puis, cette semaine, je me suis dis, allez, bouge-toi un peu les fesses, après tout, ça reste un moyen de rencontrer des gens comme un autre, à condition de le faire un peu sérieusement.

J’ai donc envoyé quelques mails, me suis pris une fin de non-recevoir merci mais non merci et même pas non merci, j’ai déjà trouvé l’âme sœur mais non merci, t’es trop moche la grosse.
Allez, ramasse tes dents la blonde. (vous aurez ainsi l'occasion de noter que je suis capable d'autant de sévérité envers moi-même qu'envers mon prochain)

Mais il m’en faut plus pour me décourager, moi. Je tombe même sur quelques autres profils plutôt intéressants. Néanmoins, ma présence sur le site suscite des convoitises, je reçois plusieurs messages.
Pour la plupart inintéressants.

L’un d’entre eux m’envoie un mail court : « bonjour ? »

Il est moche comme un cul et il a 39 ans. Je sais que je suis toujours sortie avec des gens plus âgés que moi mais 39 ans, moi, ça me fait pas super envie là comme ça tout de suite maintenant qu'on en parle et puis de toute façon, il est vraiment trop moche et puis son mail est nase et puis c'est comme ça.

N’empêche, je sais pas pourquoi, prise d’un élan aussi incompréhensible que brutal de magnanimité, je me suis dit : c’est pas bien de juger les gens comme ça sur des critères aussi futiles, vas au moins voir sa fiche, p’têt qu’il y a des trucs biens. (nan, en vrai, je suis pas toujours une abominable petite garce superficielle)

Et très franchement, je regrette pas le voyage.

Alors comme toujours, afin de préserver l’anonymat de notre brave tête de con homme, nous allons lui donner un pseudo différent du sien réel (qui est rien débile mais c’est un autre sujet) et nous l’appellerons : tête de con.

Tête de con à donc 39 ans.

Et son annonce attaque très dur :

39 ans, j'aimerai te connaître pour une complicité et sincérité si tu as moins de – de 40 ans.

Moins de moins ça donne quoi ? La femme de tête de con, à n’en point douter…

Bon, les mecs qui choisissent les femmes en tenant compte l’âge, je peux le comprendre, moi-même c’est un critère qui, sans être prioritaire, reste quand même surveillé quand je chasse puisque l’expérience faisant, je me suis rendue compte que j’étais plus facilement attirée par des hommes plus âgés que moi (sans que je prémédite quoi que ce soit l’année 1972 remporte un très grand succès auprès de ma délicieuse personne, sachez-le, avis aux amateurs) Cela étant, il ne me viendrait pas à l’idée de commencer mon annonce par « j’ai 29 ans et je cherche quelqu’un entre 31 et 36 ans, surtout pas plus jeune et encore moins plus vieux que 40 ».

Déjà parce que c’est pas mon obsession ensuite parce que je trouve pas ça très classe (bin oui, je suis hypocrite, et alors ?)

Ça part bien voyons voir la suite.

Il est donc célibataire sans enfant mais en veut. Ça sent le mec qui se rend compte tout à coup que les années ont passé et qu’il n’a pas fondé de famille alors que c’était pourtant prévu dans son programme et puis que moman s’impatiente, c'est trop ballot il est temps de se bouger les miches et d'acheter une mère porteuse pour pas cher d'aller sur un site pour rencontrer la future femme de sa vie et mère de ses enfants idiots. Bien, bien, bien…

Voici son annonce :

A propos de moi et de qui je recherche
En pleine force de l'âge, plutôt agréable à regarder, honnête, complice et sincère, j'aime les femmes assez jeunes, entre 22 et 40 ans. Mais la meilleure description n'est-elle pas celle que l'on perçoit lorsque l'on se rencontre ?...

Pleine force de l’âge, ouais... Tu sais que c'est plutôt une expression employée par Charlotte Brontë il y a sacré paquet d'années, ouuuu ? Je sais pas trop ce que tu cherches à mettre en valeur en disant ça mais passons, moi ce qui m’a fait hurler c’est « plutôt agréable à regarder » nan mais de qui se moque-t-on ? Déjà c’est rare d’avoir l’outrecuidance de le dire quand c’est justifié mais là, ça frise le grotesque…

Et puis je ne reviendrai pas sur « j’aime les femmes assez jeunes ». Moi j’aime les mecs bien élevés, ça va être un problème entre nous, je pense.

Mon profil
Cheveux: Châtain
Yeux: Noisette
Point fort: Mains

C’est un truc sur lequel je fantasme grave, les mains, un des premiers trucs que je regarde chez un homme pour confirmer ou non un début d'attirance, mais là, je soupçonne plutôt tête de con d’avoir choisi cela, le reste étant trop vilain pour oser être décemment cité comme un point fort (même s’il s’estime plutôt agréable à regarder) Rien à dire de plus sur son profil il prétend faire du sport mais ne veut pas dire lequel, je suppose que le sport pour lui consiste à aller de sa voiture à l’ascenseur voire parfois de pousser un caddy rempli de plats surgelés tout préparés pour une personne dans un supermarché même s'il prétend manger équilibré la plupart du temps (genre le dimanche pour le déjeuner chez moman avec plein de saucisson et de chips en apéro, une bonne dose de paté en entrée, une blanquette pour le plat et une bonne grosse tarte à la rhubarbe en dessert, sans oublier le coulomier et le claquos entre les deux)

Par contre, fait troublant, il ne s’étend pas sur son salaire et compte tenu du bonhomme et de ce que je perçois de sa douce personnalité, ça m’étonne qu’il ne cherche pas à se vanter. J’en déduis donc qu’en plus d’être moche comme un cul et prétentieux sans rien pour le justifier, il est radin. Rien à garder, quoi…

Aller, histoire de continuer la rigolade, jetons un œil sur la femme idéale selon lui...

Monsieur est exigeant en terme d’âge, nous l’avons déjà vu mais pour le reste... absolument pas.

Tous les critères sont en peu importe sauf trois choses fondamentales, jugez-en plutôt :

Ma recherche
Cheveux: Peu importe
Yeux: Peu importe
Taille: 152.0 cm à 183.0 cm
Physique: Mince, Normal(e), Quelques formes
Langues: Peu importe
Origine éthnique: Peu importe
Religion: Peu importe
Niveau d'instruction: Niveau lycée et inférieur
Secteur d’activité: Peu importe
Salaire: Peu importe
Tabac: Peu importe
Alcool: Non
Situation de famille: Peu importe
A déjà des enfants: Peu importe
Veut avoir des enfants: Oui

Voilà ce que tête de con recherche, si je résume bien : une inculte jeune qui ne boit pas mais qui veut avoir des enfants (parce que c’est bien connu, l’alcool c’est mauvais pour la reproduction) ensuite, qu’elle soit mariée, divorcée, séparée, avec vingt mouflets à charge, qu’elle soit toiletteuse pour chien et ne gagne pas un rond et fume comme un pompier, ça, c’est pas très grave.

Mon diagnostic : je rangerais tête de con dans la catégorie « cherche mère porteuse d’urgence qui sera pas trop en mesure d’ouvrir sa gueule et se contentera d’être reconnaissante parce que tête de con l’aura sortie de son ruisseau et permis d’engendrer des mochetés comme lui » C’est dommage, je pense qu’on aurait pu être très heureux ensemble mais malheureusement pour moi, je bois et je veux pas de grumeau… tristesse… En plus, je suis trop petite pour lui... A un centimètre près, c'est ballot quand même...
La suite au prochain numéro, j’ai reçu un mail... d'une femme... (ou alors d'un transessouel, je suis pas allée vérifer ça encore mais je sens que j'ai ferré du lourd)

11.04.2008

La bible de Walter

596441133.JPGRévolution chez Walter, on vient de recevoir le règlement intérieur et ça rigole pas.

Il y est notamment stipulé qu’on n’a pas le droit de pénétrer dans l’enceinte des locaux sous l’emprise de l’alcool. Ouh bin heureusement que ça n'a pas été mis en place avant, je me souviens d'un retour de dej trèèèèès arrosé (bin oui, on en est à noyer notre déprime dans l'alcool à midi, je sais, c'est la honte et en plus, c'est même pas au Crillon) où on ne marchait pas très droit... Maintenant, on fera gaffe, promis.

Et pas davantage de consommer de l’alcool dans les locaux.
Qui faut-il prévenir que ça va pas être respecté demain à 16h pendant un énième pot de départ dans notre équipe ?
Sans compter qu’on a tous des bouteilles de champagne planqués dans nos bureaux suite à des tentatives d’achat de notre intégrité par nos partenaires. (les avocats, ça maîtrise bien la notion de corruption, sachez-le)

Mais ce n’est pas tout.

Non, non, il y a des choses qui m’ont laissée songeuse et que je vous livre ci-dessous dans ma grande mansuétude :

1/ Il est interdit de se livrer à des travaux personnels sur le lieu de travail
Je m’interroge. Si on viole en tout bien tout honneur un contrôleur de gestion innocent dans le but de lui soutirer quelques informations pour le développement de sa gamme. Est-ce considéré comme un travail personnel ?

2/ On ne peut pas faire l’objet de sanctions en raison de ses caractéristiques génétiques.
Si mes caractéristiques génétiques font de moi une débile profonde qui est incapable de bosser, peut-on raisonnablement me sanctionner en me licenciant ? Et je pose la question pour les trois quart de l’équipe dans laquelle je bosse qui à elle toute seule doit bien remplir le quotta d’handicapés nécessaires si on ne veut pas payer d’amende.

3/ Sinon, je suis rassurée, hein, en cas de disparition d’objets répétée ou rapprochée, on peut faire des fouilles sur les effets personnels et le bureau mais pas corporelles.
Je me demande combien d’imprimantes je peux ingérer… et aussi si l’inspection de ma culotte constitue une fouille d’effet personnel ou corporelle (on doit bien pouvoir caser quelques stylos volés au fond de son slip, non ?)

Bon, je rigole mais il y a aussi une charte d’utilisation des système d’information et je ne l’ai pas encore lue mais je crois qu’il y a un truc sur les mails personnels et la possibilité pour la direction de les lire. Sauf mention d’un personnel dans l’objet du mail. Va falloir que j’ajoute ça à tous mes e-mails perso, moi, et là, ça va vite se voir que j’en envoie beaucoup (trop) Et surtout ceux que j’envoie pour débiner ***, **** et ****. (on sait jamais, la DSI espionne peut-être en loucedé mes posts sur Haut&Fort…)

Allez, la dépêche de dernière minute qui va bien : à l'heure où vous lisez ces lignes, Grominet est en pleine négociation au septième pour causer de son départ prochain moyennant un gros chèque... C'est là où on se dit que certains d'entre nous, au cerveau plus lent que la moyenne, arrivent parfois à compenser par un instinct infaillible qui les sauve des coups les plus durs... Bin oui, vu les chiffres, les mangeurs de gouda vont bientôt parachuter un des leurs et les business plans et autres prévisions budgétaires griffonnées à la va vite sur un coin de bureau entre midi et deux le tout justifié par des estimations faites au doigt mouillé, forcément, ça va être plus compliqué maintenant... En plus il parait qu'on va révolutionner bientôt le marketing .... en s'intéressant davantage au client qu'au produit... Bin il était p'têt temps, les amis... 

09.04.2008

Episode 8 : mon ami wiskas, pour l’aimer comme il vous aime

1986418467.JPGFigurez-vous que ronron_297 m’a écrit sur Match.

Et oui, ronron, c’est dingue, non ?

Plus sérieusement, c’est pas tant le fait qu’on ai l’idée de s’appeler ronron qui m’a stupéfaite, mais davantage celle qu’il y a eu plusieurs grands penseurs pour l’avoir au point qu’il faille lui adjoindre un numéro derrière.
Décidément, y’a vraiment du beau linge qui traîne sur Match, je vous le dis. (en plus de Vince, s’entend).

Bon, le début du mail (plutôt long ce qui est surprenant mais pas forcément désagréable) est très politicaly correct, présentation succincte de sa démarche, tentative d’humour (pas très réussie mais bon, ce n’est pas un exercice facile dans ce contexte alors je dis rien) suivie d’une autre sur sa personne qu’il conclut par « les autres détails insignifiants se trouvent dans mon portrait »
Bien, bien, bien. Toi, tu as une haute estime de ta personne et tu ne fais même pas l’effort de t’en cacher.

Passons, on va te laisser le bénéfice du doute et dire que c’est genre de l’autodérision tout ça. Voyons voir la suite.
S’en suit un truc assez peu clair sur le fait qu’il vienne d’emménager à Paris même s’il y travaillait avant et donc qu’il connaît déjà mais pas tout mais quand même un peu parce qu’il y travaillait (oui, oui deux fois valent toujours mieux qu’une) et qu’un jour il en a eu assez de verser tout son salaire au site de la SNCF pour renflouer les caisses de ces vauriens. Oula. Toi tu as été traumatisé par les grèves, mon jeune ami. Mon conseil : la prochaine fois, demande à scootman de te péter le genou juste avant, tu verras, les grèves, tu les passera dans un état second flottant, complètement shooté par les anti-inflammatoires et même que scootman, il passera te voir et vous mangerez des sushis.

Quoi d'autre? Il rentre davantage dans les détails de sa personnalité et se décrit comme plutôt calme et réservé ce qui – je cite – déroute un peu au premier abord. Heuuu… moi aussi je suis plutôt réservée mais ce qui déroute surtout les gens c’est mon humour de sniper qui dégomme en trente seconde (je vous rassure tout de suite, j’ai appris avec le temps à canaliser mes pulsions) pas ma « réserve ». Et toi, qu’est-ce qui déroute vraiment les gens ?
Il va me le dire une seconde plus tard : « j’apprends à être amical au fur que se développe la relation ». Avant d’estimer nécessaire d’ajouter « je suis aussi un monstre de timidité ».

Ok. Bon, si je comprends bien, le terme en trop dans ta phrase, c’est timidité, et en vrai, tu t’appelles Shrek mais tu as trouvé plus prudent de te cacher sous un pseudo de chaton innocent, pas bête, je vais faire pareil : brune sans humour un peu conne qui aime être un paillasson. C'est pas un peu trop long, ça, comme pseudo ?

En fait, mon nouvel ami Sheba pour dire je t’aime a des problèmes de confiance. Et ça le traumatise encore vraiment très beaucoup puisque le paragraphe suivant, ce monstre de timidité s’enflamme en tentant de m’expliquer qu’il est attentionné et dévoué … « trop bonne poire aussi ce qui m’a valu de me faire marcher dessus et pas mal de revers ». Je sais pas pour toi, wiskas chaton, mais en ce qui me concerne, mes casseroles relationnelles j’évite de les jeter à la tronche de mon interlocuteur au bout de deux minutes d’entretien, surtout quand c’est dans un objectif de séduction assumée. Mais bon, nous, les filles, on a un instinct maternel hyper développé, parait-il (sauf chez moi) alors peut-être que des fois, ça doit marcher...

Et puis, je le rappelle pour la millième fois, je ne suis ni une réparatrice de mecs endommagés (enfin, je suis à la retraite, pour être exacte) ni une psy (sauf pour mes copines et encore j’ai décidé de réduire mes horaires d’ouverture et d’augmenter mes tarifs) ni une assistante sociale, et encore moins une fille sympa. Les gens dans le besoin ce n’est pas mon problème, c’est dit, y’a pas marqué armée du salut sur mon tee-shirt Prada.

Bon je vous fais marcher. En vrai, Felix le chat, il était vraiment trop moche de chez moche, de toute façon, premier mail intelligent ou pas, je lui aurai quand même répondu merci mais non merci.

Ah oui, parce que non seulement je suis égoïste sans une once d’empathie pour mon voisin, mais je suis odieusement superficielle, aussi. Je vais pas me mettre à sortir avec des boudins, quand même.

04.04.2008

Le jour où je me suis transformée en délinquante juvénile : épisode 5

2036069799.JPGBref rappel des faits j’ai obstrué l’ouverture de ma cave et une autre blonde se propose de m’aider. A deux, on a le power sur le monde trop fermé du bricolage et la menuiserie. Mon instinct qui s'approche davantage de la philosophie de saint Thomas me pousse à penser « tant que c’est pas fait j’y crois pas » issue non seulement d’une éducation catho à mort sur laquelle je ne reviendrai pas mais aussi d’une longue lignée de déceptions où les promesses étaient rarement tenues, j'attends donc de voir pour juger.

Et les faits que nous pouvions juger c’était que nous étions deux blondes devant une porte de cave récalcitrante. Mais des blondes armées de courage et de plein de bonnes idées, comme creuser des orbites autours des clous avec le bout pointu des ciseaux pour déclouter les planches de la porte. Malheureusement, cette technique, quoiqu'inventive, reste assez peu efficace. Et comme l’une et l’autre vivons dans un monde pas très fictif où le mot efficacité n’est pas vain, on décide tenter une option plus rentable et partons à l’aventure nous équiper dans un magasin de bricolage.

Cette fois, on y est : on a le marteau arrache clous, le pied de biche, le mini pied de biche pour blonde mais avons-nous les biceps pour en finir avec cette foutue cave qui me pourrit la vie depuis que j’ai emménagé ? Déjà que je faisais pas confiance à L’Homme pour savoir démonter le truc horrible de ma cuisine ou flinguer un verrou tout pourri alors qu’il était cap de me transporter d’une pièce à l’autre de l’appart à la seule force de ses bras, soyons logiques, une blonde comme moi, comment peut-elle me tirer du pétrin ?

Super blondie décide d’abord d’essayer sa méthode. C’est qu’elle trouve mon idée d’y aller à la brute un peu définitive et je suppose que vous partagez son avis (de toute façon, la cave, c’était le prétexte pour acheter cet objet que je convoite depuis longtemps afin de dézinguer les petits vieux qui pullulent dans mon immeuble)

Evidemment, Super Blondie est bien obligée de reconnaître que l’arracheur de clou n’est guère plus efficace que les ciseaux tout à l’heure et comme elle n’est pas moins bien élevée que L’Homme (on notera cette récurrence : malgré mon obsession à me plaindre des autres, j’ai toujours accordé un début de confiance à des gens biens, je devrais rajouter cette compétence sur mon CV même si Walter, c'est indénaiblement une grosse erreur de casting professionnel) elle me demande l’autorisation avant d’éclater la porte, m’informant à l’avance des risques associés à cette opération délicate (on notera à cette occasion-ci que sa formation de juriste a laissé quelques marques).


Cette fois, comme la précédente, je comprends les réticences mais j’assume complet. En plus, cette fois, c’est vraiment ma cave, alors si je veux la défoncer à coup de maillet, j'ai droit, je fais que ce que je veux !
« Vas-y » dis-je avec une assurance qui ne m’est pourtant pas familière.
J’aurais pu ajouter un « éclate-là, cette s****** » qui n’aurait pas dénoté avec ma détermination à en finir mais il parait qu’il ne faut jamais trop en faire. Et puis je suis trop bien élevée pour dire des grossièretés.

Malgré cela, que dieu me pardonne, je n'ai pas pu m'empêcher de douter. A nouveau.
Comment un petit gabarit pareil pouvait avoir la force nécessaire pour arracher cette foutue planche à coup de pieds de biche ?
Ça ne me paraissait pas trop possible, tout à fait entre nous. Mais ce n’est pas parce que ma mère m’a abreuvée des doutes qu’elle nourrissait à l’égard de mes compétences et capacités que je dois faire pareil avec les autres. Donc je me suis plutôt contentée de tenir la porte bien en place pour lui donner plus de prise, en silence. (me taire c'est ce que je réussis le mieux dans la vie)

Au premier coup porté, j’étais donc super bien placée pour en estimer la force et j’ai compris toute l’inutilité de mes interrogations précédentes : j’ai cru que j’allais décoller et m’encastrer dans le mur d’en face avec le premier petit clou qui a volé…

Inutile de maintenir le suspens plus longtemps que nécessaire : super blondie a éclaté la planche à la seule force de ses petits bras sveltes pour ma plus grande incrédulité admirative…

Nous en avons profité pour relever les portes, mieux les caler, et depuis, ma cave se porte bien, merci pour elle.

Mais au fait, me diriez-vous avec raison, que sont devenus les charmants voisins auprès desquels je me suis rendue coupable d’un crime de racaille ?

Ils avaient mon numéro de téléphone (que j’avais bien pris le soin de donner dans ma missive) et c’est une vieille dame encore tremblante d’indignation qui m’a appelée un après-midi pour m’insulter pendant un quart d’heure. Bien évidemment, vous connaissez mon sens du respect inné et naturel. Je ne lui ai pas rétorqué :
-          ton verrou, c’était de la merde, j’espère que tu as changé de marque, la vieille !
-          la prochaine fois, c’est la porte de ton appartement qu’on se fait, et on s’occupera de ton cas au passage, j’ai pas le courage d’attendre la prochaine canicule
-          fais gaffe, mamie, j’ai un pied de biche et je sais m’en servir
-          j’ai profité de mon passage pour planquer de la drogue dans ta cave et avec le bordel qui y règne, t'es pas prête de le retrouver, les flics, quand je les aurai appelés, si, alors me gonfle pas, vieille peau 
-          Faut s’y faire, vieux débris, on n’est plus en sécurité nulle part et toi encore moins, maintenant que je sais comment tu t’appelles et où tu habites

Non, je suis restée bien polie et bien calme, j’ai renouvelé mes excuses, sans succès, tenté d'expliquer la méprise avec humilité, sans plus de succès, renouvelé ma proposition de rembourser les frais occasionnés par mon erreur sans être prise au sérieux (j'ai même eu l'impression de vexer la brave dame). Alors j’ai attendu que ça passe et une fois qu’elle avait vidé son venin, après avoir renouvelé mes excuses, j'ai attendu qu'elle soit calmée et décidée à prendre congé et je lui ai souhaité une bonne journée avant de tranquillement raccrocher. Inutile de vous dire que la mamie indignée s'est empressée de jeter mes cartons de fringues au premier passage des encombrants, au motif que je n'étais pas venue les récupérer assez vite... bin, c'est que je ne l'ai pas vu tout de suite, votre mot, je ne suis pas retournée dans ma cave entre temps, ce qui l'a visiblement encore plus indignée (elle doit passer sa vie dans sa cave, en fait)

quoi qu'il en soit je continue à raser les murs, surtout quand je croise quelqu’un vivant à l’étage où les gentilles personnes dont j’ai fracturé (ou du moins fait fracturer) la porte par L’Homme et redoute un jour qu'ils ne me démasquent. Si un jour vous n'avez plus de mes nouvelles c'est qu'ils m'auront retrouvée...