18.06.2008
Parce que pour écrire, il faut souvent lire
Ami lecteur, une fois n’est pas coutume, je vais solliciter ton aide. Même si j’ai reçu 15 lettres de refus plus ou moins aimables de maison d’éditions respectables, je m’obstine, je commence la deuxième grande œuvre.
Bin oui. De toute façon, j’ai pas d’ami, pas de mec, aucune vie sociale, faut bien que je m’occupe le soir, mince alors. Et j’aime pas le sudoku, alors j’écris.
Genre ça parlerait d’une fille qui a préféré la stabilité et un mec gentil un jour à une vie agitée avec un type qu’était pas toujours très sympa avec elle. Et puis un jour, elle recroise son ex et puis crac, elle a une aventure, tout ça, tout ça. (aucune ressemblance avec ma vie, je tiens à le dire, j’écris pas des histoires pour parler de moi forcément)
Jusqu’ici, rien de très original, je vous le concède, mais je m’en fiche. Moi, le sujet m’intéresse (et puis je vous ai fait le pitch en version très édulcorée, vous vous doutez bien que Jean-Paul H, depuis qu’il a lu la première grande œuvre, il surveille mon blog de près pour me piquer mes idées et les donner à un nègre qui écrirait tout à ma place, tellement il a trouvé que mon histoire elle était super
Bin oui, moi, tromper un mec, c’est pas envisageable, c’est pas dans mon pack de base, je sais pas faire. Rien que l’idée de jouer un quart de mini poil l’allumeuse avec un autre quand je suis en couple ne me vient pas à l’idée (ça veut pas dire que dès que je suis en couple, j’arrête de chercher à être séduisante, hein, je vous vois venir, c’est juste que je concentre mes efforts sur mon mâle) et si jamais un autre devait me draguer, je me sentirais immédiatement coupable d’un crime que j’ai même pas commis. Bon ok, je sais, la culpabilité, chez moi, c’est super facile à provoquer, mais quand même.
Qu’est-ce que je disais, moi déjà ?
Ah oui, je veux écrire un truc sur l’adultère alors que :
1/ ça m’est jamais arrivé
2/ je suis sûrement incapable de le vivre un jour (déjà, pour ça, faudrait que j’ai un mec)
Même la plus blonde d’entre vous comprendra aisément que ce n’est pas sans poser de problème. Qu’est-ce qu’on ressent quand on a une vie secrète ? Comment ça arrive ? Quelles sont les conséquences ? Comment on y met un terme ? J’en passe et des meilleures.
Alors c’est sûr, je pourrais en discuter avec des gens mais dans mon entourage mais la seule personne qui ait eu une liaison prolongée, c’est un homme et c’est justement pas le point de vue d’un homme dont je veux causer, c’est celui d’une femme.
Pour l’instant, histoire de nourrir mon inspiration, je me suis tapée un pauvre essai sur les innombrables avantages des liaisons (lecture qui a fortement choquée une petite vieille dans le bus un jour) un roman qui le traite de façon secondaire (Les charmes discrets de la vie conjugale) un autre roman qui m’a grave laissée sur ma faim puisqu’il ne se passe rien, à peine si on ressent vaguement un trouble entre les protagonistes en plus c’était écrit trop z’horrible avec des incises dans tous les sens, on comprenait jamais rien) et un dernier, Love, etc, qui est plutôt bien foutu, qui m’a certes bien plu mais laissée sur ma faim.Alors j’en appelle à votre sens littéraire, les amis, je suis sûre qu’au fond de vos mémoires, ou de vos bibliothèques, se cachent des romans que j’ai pas lu (ou que je devrais relire) parlant du sujet.
Attention néanmoins, il y a des conditions restrictives :
- Flaubert, Stendhal, comme j’ai déjà dû le dire, je connais, et j’aimerais éviter le poncif habituel de la femme punie parce qu’elle a fauté (cela étant, je pense que je vais quand même me relire Emma Bovary pour la route)
- Si possible, écrit par une femme pour avoir son point de vue en tant que femme (et pas un jugement de valeur d’un homme qui se sait potentiellement cocu) mais le point de vue d’un homme en tant qu’homme trompé n’est pas rédhibitoire même si c’est pas complètement l’objet du débat.
- Si possible quelque chose d’un peu actuel mais c’est pas une absolue nécessité
- Et puis sinon, si vous avez de bons livres lus récemment à me conseiller, n’hésitez pas, c’est toujours bon à prendre.
Bon, c'est évident, maintenant, si vous avez une histoire personnelle à raconter, n'hésitez pas à le dire, on en discute par mail.
07:31 Publié dans Grande oeuvre : master at work | Lien permanent | Commentaires (33) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écrire, inspiration, lecture, roman, essais, liaison
21.04.2008
Je suis futile mais je ne me soigne pas
Et pourtant, rien ne me plait plus que de finir un week-end, quelle que soit sa teneur, par le téléfilm bien pourri de RTL9 vers 18 heures. Pourquoi ? Impossible de le savoir. Sans doute parce que c’est rarement possible, ou l’idée d’une vague transgression ou le bonheur innocent de se vautrer dans la niaiserie sans complexe.
Dans un monde à la Hugo , je devrais n’aimer que les choses esthétiquement et artistiquement sophistiquées. Ne chercher que le parfait, le compliqué, l’exigeant.
Et pourtant, je reste persuadée que cette dose de légèreté me permet de ne pas devenir tout ce que je déteste dans le monde littéraire : pédante, prétentieuse, condescendante, snob.
Et, exceptionnellement, je ne culpabilise même pas de cet écart à l’engagement littéraire et artistique qui devrait être le mien. (alors que culpabiliser c’est mon job préféré dans la vie). Est-ce que cela m’exclura pour toujours d’un avenir littéraire reconnu ?
Très franchement je ne le crois pas, sans doute parce que je sais que je ne base pas toute ma vie dessus – même si je suis consciente des sacrifices que je commets néanmoins pour cette activité – et que cela me préserve très certainement de l’amertume si fréquente chez nombre de mes homologues apprentis écrivains qui eux ne pourront être heureux sans cette ultime consécration : avoir son nom sur un livre.
Quand finalement, et trop peu de gens le disent, être publié ne change pas la face du monde, cela n’est qu’un gros pet mouillé. La plupart des premiers romans, enfantés dans la douleur restent des anonymes et la déception de certains auteurs face à cette consécration silencieuse et dans l’indifférence générale est parfois bien plus grande que celle de recevoir une lettre de refus. (bon, sauf si elles viennent du Dilettante)
15:07 Publié dans Les pensées profondes d'une blonde | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, culture, blabla de fille, niaiseries, télévision, téléfilm
16.04.2008
Je ne suis pas une Dilettante mais je me soigne
1/ J’aime l’indépendance revendiquée et assumée de la maison. Comme tous les éditeurs son directeur n'est sûrement pas exempt des tares dont souffre cette profession mais sa maison est l’un des derniers bastions qui n’est pas gouverné par un fond de pension ou des actionnaires âpres au gain.
2/ Ils ont eu la bonne idée d’éditer un copain l’année dernière, pour son premier roman, et si cela m’a donné quelques espoirs j’ai été contente aussi que son talent – car il en a – soit reconnu.
3/ Moi qui me suis toujours reprochée d’être trop dilettante dans mes activités littéraires, je trouvais le clin d’œil amusant.
Lorsque j’ai sélectionné les maisons auxquelles j’allais envoyer la grande œuvre, la question du Dilettante s’est posée. Evidemment, je sais que ma prose – trop longue, pas assez stylée et un sujet trop commun – ne correspondait pas à la ligne éditoriale de la maison. Mais, qui sait, on ne perd rien à tenter sa chance.
Je l’ai envoyé sans y croire, sans même espérer la moindre réponse.
Jusqu’à présent j’ai reçu trois lettres de refus. Une de Plon – les premiers – courrier hyper standard et dont la rapidité m’a fait supposer que la chose n’avait pas été lue, une autre de Flammarion, pareil, une de Grasset, cette fois très détaillée et riche d’enseignement à bien des égards (avec même quelques compliments pour la route).
Samedi dernier, j’ai reçu une quatrième réponse. Du Dilettante.
Personnalisée, elle aussi.
Mais bôôôôôôôôcoup plus directe et expéditive.
Alors voilà. L’année dernière, au cours des interminables séances de correction sur le manus’ avec L’Ex où impitoyablement il a souligné toutes mes lourdeurs, mes approximations lexicales, certaines constructions bancales, de timides effets de style plutôt pas aboutis voire ridicules, j’ai dû faire le triste mais implacable constat : je n’ai pas de style. Alors que, dieu seul sait pourquoi, j’avais toujours cru le contraire. Peut-être que le vitriol qui prend quelques libertés avec le français, ça passe pour des billets mais sur un roman, ça se transforme en grosse bouillie prétentieuse et imbitable qui nuit au reste, à savoir l'histoire. Inlassablement, j’ai gommé les imperfections, lissé l’écriture pour la rendre, à défaut de stylée, moins lourde.
Effort souligné par Grasset qui qualifie l’écriture d’agréable et facile d’accès.
Ma lectrice au Dilettante a été moins sympa.
Cette brave dame (qui a au moins le courage de signer sa critique, contrairement au charmant relecteur anonyme de Grasset que je serais pourtant bien allée remercier d'un becquot lors de l’inauguration du salon du livre et c'est pas blagues. En plus d'avoir tout lu et de le résumer intelligeamment, il/elle m'a fait pas mal de compliments) estime que, compte tenu du thème abordé, il aurait fallu, pour que mon récit soit intéressant, l’accompagner d’une vraie écriture. (bam, prends toi ça dans la tronche, choupette… J’ai le droit de ramasser mes dents avant de lire la suite ?)
Or, mon histoire est longue, convenue (ailleuuuuuuu ! mais tu vois pas que tu m’as déjà sonnée ? T’as vraiment besoin d’en rajouter pour m’achever ?) et mon style relativement trivial. (a y est cette fois, je suis au tapis avec peu de chance pour que je me relève un jour. Toi, choupette, tu maîtrises à la perfection l’art de l’estocade et du climax)
Voilà, le constat n’est pas facile à entendre mais il confirme l’un de mes plus gros doutes déjà soulignés par d’autres : j’écris mal et, malheureusement, avoir du style, ça ne s’invente pas.
Dans un monde parfait régi par le fric et le marketing, il existe une solution pour chaque problème, même si cette solution ne soigne pas le mal diagnostiqué.
Et les très indépendantes Editions du Dilettante aiment le style mais n’en perdent pas le sens du commerce pour autant.
A la lettre de refus était joint un dépliant commercial. Non pour me vanter leurs romans. Non, non. Un vrai mailing ciblé en fonction de mes besoins. Une maison d’édition partenaire, pour des auteurs très exigeants, publiant et diffusant des ouvrages utiles aux jeunes écrivains et aux poètes. (je cite)Et que retrouvons-nous dans ces ouvrages pour auteurs très exigeants ?
Audace, annuaire à l’usage des auteurs à la recherche d’un éditeur, 150 questions sur l’édition, SAFÊLIVRE guide des salons et fêtes du livres, etc. Et sans oublier des packs groupés à tarifs préférentiels. Evidemment, vu la raclée que je venais de prendre, ces ouvrages ont éveillés mon intérêt et j’ai eu envie d’en acheter quelques uns. Mais je me suis retenue à temps, c’est pas que je sois contre les progrès mais je préfère prendre des cours dans un atelier d’écriture plutôt que de me taper un énième bouquin sur comment se faire éditer pour pas cher.
Le procédé m’a quelque peu surprise avant de me faire sourire. Voilà une opération de marketing direct réussie ou je ne m’y connais pas. Walter devrait en prendre de la graine.
12:01 Publié dans Grande oeuvre : master at work | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, écrivains, édition, publication, premier roman, lettres de refus des maisons d'édition
21.03.2008
Last night a bloggeuse saved my brain / Gustave, on a un petit compte à régler tous les deux
Je suis en train de commencer une nouvelle grande œuvre, j’ai besoin de me laver la tête de la précédente, j’ai besoin de retrouver des sensations nouvelles sur ce qui provoque l’étincelle entre deux personne, pourquoi comment, tout ça.
Voilà. Ce petit recueil d’extrait va sûrement nourrir mon imagination et mon inconscient et me permettra d'être plus insipirée que je ne le suis en ce moment sur le deuxième roman.
Sitôt dit, sitôt fait, mon recueil me parvient dans les 48h et même si je lis déjà un roman en ce moment et suis en cure de "un seul livre à la fois", je ne résiste pas à l’envie de feuilleter la petite chose pour voir quels extraits ont été choisis.
Que du très classique, beaucoup de romans ou pièces de théâtre déjà lues. Ce n’est pas très grave, ça ne me fera pas de mal de réviser mes classiques.
L’intéressant, c’est que c’est « classé » par thème (fallait bien justifier l’intérêt éditorial du truc au lieu d’assumer la recette simple et efficace de l’indémodable medley pour faire du pognon sans se casser les méninges) du type, rejet, coup de foudre, espoirs, etc, etc…
Et dans la catégorie coups de foudre, vous le croirez ou non, mais j’ai retrouvé tous mes auteurs préférés de jeunesse : Gustave et son éducation sentimentale, Stendhal et son rouge et le noir, Balzac et son lys dans la vallée…
Tout m’est revenu en tête (faut dire que ça date maintenant et que je m’empêche de trop lire d’auteurs morts depuis quelques années histoire de combler mes lacunes en littérature dite contemporaine) et j’ai redécouvert avec grand plaisir la plume de Gustave et de Stendhal tout particulièrement.
Alors que je me plongeais avec délice dans le sentimentalisme niaiseux le plus répugnant, j’ai brusquement réalisé que toutes mes idées de pureté sentimentale affligeantes de crétinerie (j’ai bien changé depuis mes 18 ans, je vous rassure) je les devais à ce salaud de Gustave.
Ce même Gustave qui fustigeait le romantisme idiot de Madame Bovary parce qu’elle avait lu des romans d’amuuuur dans sa prime jeunesse, romans qui lui avaient tourneboulé la tête et fait rêver à de belles histoires qui n’existent pas dans la vraie vie.
Sacré Gustave. Tu dis des trucs justes mais tu fais tout le contraire. Dans tes correspondances, tu affiches un cynisme à toute épreuve, une incapacité à aimer parfaitement assumée, un mépris profond pour les femmes (mais justes dans tes remarques, je tiens à le dire) et à cause de l’Education sentimentale, tu as fait de moi une conne romantique, tout comme la pauvre Emma…
(En fait, j’avais vachement raison quand, au lycée, oui ça date, à la fin d’une dissert’ sur Madame Bovary, lassée du procès que Gustave lui faisait, j’avais conclu par un « madame Bovary c’est moi » après avoir pris sa défense sur un très long paragraphe. A l’époque, le prof avait trouvé ça très drôle et original et moi je m’étais contentée d’être fière de mon petit effet. Si j’avais su que plus de dix après cette saillie j’allais réaliser j’avais vu super juste…)
Quoi qu'il en soit, Gustave, après m'avoir appris que le sentimentalisme c'était pour les tafioles, t'es un sacré enfoiré de m'avoir farci la tête d'idioties de gamins qui n'ont jamais lu autre chose qu'Harlequin. Je te détrône pas de ta place sacrée dans mes héros mais l'envie m'en a chatouillée, désormais, je t'ai à l'oeil...
PS : je sais, le titre n'a pas grand rapport avec la choucroute, mais je tenais quand même à le dire : si on ne m'avait pas parlé de ce livre, je ne me serais peut-être pas re-penchée sur Gustave (je me suis auto-interdite de relecture de Gustave à part ses correspondances depuis trois ans) et je n'aurais pas eu cette épiphanie...
07:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livres, gustave flaubert, stendhal, lecture
07.03.2008
Capitaine Flam' tu n'es pas...
Pour autant, allez comprendre pourquoi, vachement moins fidèle à ma politique de laisser-aller question conscience professionnelle, en sortant de mon rendez-vous à 16H30, je me suis très sérieusement tâtée pour retourner au bureau juste après.
Bon je vous rassure, ça n’a pas duré longtemps, hein.
Bin oui, fallait que je passe à la poste pour récupérer mon recommandé que je me suis envoyée à moi-même pour prouver ma bonne foi en cas de plagiat de la grande œuvre par Gallimard (on peut rêver, quoi !)
Après avoir patienté gentiment – mais longuement – au guichet de ma poste, je récupère la pauvre chose : l’enveloppe est à moitié déchirée et je sens comme un genre de flottement à l’intérieur, genre le thermo collage n’a pas tenu le choc… Je me dis « ça craint, ça a dû arriver avec plein de feuilles volantes, laisse tomber l’image de marque, je pars pas avec des points…
Je rentre chez moi, regarde mon courrier. Peu de chose (bin voui, j’ai pas d’ami et j’ai pas renouvelé mon abonnement à Télé 7 jours) mais une enveloppe estampillée : Groupe Flammarion.
Oulala… c’est un courrier, alors c’est sûrement pour me signifier qu’ils ont bien reçu ma bouse mal themro collée, heuuu, pardon, mon manuscrit, qu’ils en sont très touchés et que sans nouvelle de leur part d’ici trois mois, c’est qu’ils s’en seront servis pour caler une table bancale au service archive. Je le sais, Acte Sud et mes amis du Rouergue ont fait tout pareil, m’informant mon numéro de référence manuscrit à joindre dans tous mes courriers. (bon, ils ont pas dit ça exactement comme ça, hein, ils ont fait style, on est vachement flatté de votre envoi, on reçoit 500 manus’ par jour alors on est sélectif et on peut pas tous les éditer et encore moins garder ceux qu’on veut pas. Si vous voulez le récupérer faut nous envoyer une enveloppe timbrée)
Avec fébrilité, je décachette la lettre. Elle est courte comme les autres et ça commence bien :
« vos références : Un coup d’un soir »
bien vu, l’ami, c’est tout moi, ça, exactement ce que j’inspire.
« nos références : …une série de chiffres, comme leurs confrères »
« Nous avons lu (aaaah…. D’habitude ils se contentent d’accuser réception…et alors ??? et alors ????) le manuscrit que vous avez bien voulu nous faire parvenir. Malheureusement votre texte n’a pas été retenu par notre comité de lecture et nous sommes désolés (pas autant que moi, je te le dis) de ne pouvoir en envisager la publication »
« Avec nos regrets (bin voyons !! j’y crois à mort) nous vous prions d’agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs (c’est ça, va crever) Cherchant visiblement, à se prémunir de toute agression physique ou verbale, il est interdit de venir chercher soi-même les restes de sa bouse chez l’éditeur, c’est précisé en capital en gras en bas de la lettre.
Mon analyse : ils ont reçu le manuscrit le 11, ils m’écrivent en date du 13, ça pue le « ça n’a pas été lu en entier » et ça signifie donc que mon incipit est pourri. Allez, en vrai, mon analyse à moi que j’ai c’est que le titre leur a fait peur et qu'ils n'ont pas osé confier la lecture de la chose à leurs prudes assistants...
Le pire dans tout ça ? Ces braves gens n’ont pas été fichus de faire une faute de syntaxe, grammaire ou orthographe à leur fichu courrier type (à peine une dans mon adresse histoire que ce soit plus insultant) ce qui m’aurait pourtant réjouie et donc un peu consolée. M'en fiche, demain je l'envoie aux éditions harlequin, c’est pile dans la ligne éditoriale.
Et pis de toute façon, je voulais Gallimard, pas Flammarion. Bin voué, mon nom sur la NRF , je trouve ça classe, que voulez-vous, chacun ses fantasmes, hein…
11:08 Publié dans Grande oeuvre : master at work | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, écrivains, édition, publication, premier roman, lettres de refus des maisons d'édition
03.03.2008
De la stratégie dans le choix d'un titre pour sa grande oeuvre
Le plus dur, quand on veut écrire un roman c’est une fois qu’on l’a fini et qu’il faut se farcir l’épreuve du choix du titre et la rédaction de la lettre d’accompagnement pour les maisons d’édition.
Pour ma première grande œuvre, le titre original était : A la vie, à la mort.
Ce qui n’a jamais convaincu personne, allez savoir pourquoi.
A suivi un autre titre (et qui me séduisait beaucoup même si c’était pas mon idée mais celle de L’Ex) : L’amour en fin d’après midi
J’aimais la suggestion de la relation un peu crapuleuse, le côté « on sait que l’on doit y mettre un terme sans y arriver » qui résume bien quelques aspects de la relation que l’héroïne entretient avec son homme.
Malheureusement, ça résumait bien certains aspects mais vraiment pas la majorité et encore moins la réalité de leur rapport.
J’ai donc dû faire mon deuil de ce titre qui me plaisait tant (avec tristesse)
Plus tard, après de longues séances de brainstorming et une sélection impitoyable, trois finalistes se sont retrouvés en compétition finale :
- La fin d’une liaison
- Sentimentale
- Un coup d’un soir
La fin d’une liaison a vite été abandonnée car le propos n'était pas de narrer la lente décomposition d'un couple mais l'acharnement des deux protagonistes malgré son impossibilité. Et comme je vous l’avais annoncé, j’ai, dans un élan de putasserie aussi inconsidéré que condamnable, choisi la voie de la provoc.
Un coup d’un soir, ça me plaisait justement parce que la n’éroïne, c’est pas ce qu’elle veut mais qu’elle se comporte comme si c’était le cas.
Genre c’était du second degré trop méga subtil.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? C’est simple, avec le recul, je suis pas sûre d’avoir fait le meilleur choix. La suite au prochain épisode.
11:05 Publié dans Grande oeuvre : master at work | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, écrivains, édition, publication, premier roman, lettres de refus des maisons d'édition
18.02.2008
Non, non, non, je ne suis pas un boulet, un peu handicapée c’est rien
La preuve, dans ma todo list de dernière ligne droite, j’ai :
- Achevé les ultimes correc à reporter sur la dernière partie,
- Trouvé un titre, sinon intelligent du moins racoleur accrocheur,
- Résisté à l’envie de tout relire et donc de faire encore des milliards de changements,
- Réussi à pondre des textes pour présenter et résumer l’œuvre,
- Rédigé 16 lettres d’accompagnement personnalisées (mais oui) pour chaque maison d’édition en fonction de leur ligné éditoriale affichée (sauf Gallimard, j’ai un peu séché, parce qu’il n’y en a pas vraiment, Gallimard, c'est Gallimard),
- Réussi à passer (grâce à une honteuse ingénieuse trafiquerie de mise en page) de 190 pages à 150 en loucedé.
J’avais fait le plus dur.
Il ne me restait plus qu’à :
1/ L’imprimer en 16 exemplaires (en utilisant l’imprimante de Walter K. je sais, c’est moche mais j’assume)
2/ Relier la choses
3/ Mettre sous plis mes 16 courriers.
Ça a l’air simple comme ça, non ?
En réalité, ça ne l’a pas vraiment été.J’ai dû attendre un peu pour trouver un moment de calme et lancer les impressions sur le copieur (parce que ça va plus vite et sur mon imprimante perso, outre que c’est moins rentable, en une impression j’aurais vidé ma cartouche et j’en avais quinze derrière à faire, on n’était pas couché et les informaticiens auraient trouvé ça louche et le service achat n'en parlons pas)
Je sais pas pourquoi, depuis la rentrée de janvier, tout le monde se casse à 18h au plus tard. Je me disais, tranquille le chat, vers 18h30/19h grand max, je peux lancer les rotatives à plein régime.
Evidemment, le seul soir où je pouvais me permettre de rester tard au boulot, les gens ont décidé, justement ce jour-là exactement de rester jusqu’à 20h. Bande de salauds. Il était hors de question de remettre alors j’ai attendu que le gros de la troupe se casse et vers 19h, lancement des premières impressions. Inutile de dire que je me suis tapée un ou deux sprint vers la salle du photocopieur en voyant des gens en prendre dangereusement le chemin.Evidemment toujours, alors qu’un exemplaire était en cours de sortie, il a fallu que mon boss officiel – et non réel, un jour je causerai des organisations matricielles – se pique d’aller faire une photocop tout seul quand en général, il lui faut quatre assistantes pour ça.
Bouuuh !
Retiré in extremis la chose avec son titre tapageur avant le scandale (et l'apoplexie de ce brave homme) l’ai rapatrié en quatrième vitesse dans mon bureau.
Vers 20h30, j’ai renoncé, il m’en reste encore 4 à lancer. Courage !
Dans la foulée, alors que tout le monde est parti, j’en profite pour faire des repérages près de la machine à relier. Je monte et baisse la manette à plusieurs reprises sans que rien ne se passe. Je sais que c’est pas gagné sans un cours particulier. Pourquoi j’ai jamais fait de stage photocopie à la con, moi ?!
Le lendemain, après quelques hésitations, je prends mon courage à deux mains et demande la leçon particulière de reliage nécessaire. Mon assistante gentille propose de s’en occuper elle-même. Je lui explique que bon, elle n’est pas à mon service et puis que je suis une grande fille, suffit juste de me montrer et puis que de toute façon, c’est pas vraiment tout à fait complètement pour le boulot.
Et vu ce qu’il y a de marqué sur la page de couv' je pense qu’elle aurait pu le deviner toute seule… Elle ne fera aucun commentaire et pourtant, elle aura eu vingt fois l’occasion de lire le délicieux titre… qui a dit que le sens de la classe était mort ?
Premier problème : la relieuse ne prend pas mon doc, il est trop z’épais. Fuck de chierie, ça commence bien. Tant pis, me dis-je, j’irai acheter des attache parisienne et hop, ni vu ni connu je t’embrouille, je vais pas y passer trois ans sur cette histoire.
Mais ma gentille assistante n’est pas du genre à laisser filer, elle propose une autre solution, le « grille-pain » !!!!
Ça vous épate, hein ?
Moi aussi, je vous rassure. En vrai, c’est simple, c’est une machine qui fait du thermo collage : comme quand on colle des images rigolotes sur son jean pour planquer un raccommodage sauf que là, ça fait un genre de dos carré collé pour pauvres.
Après quelques hésitations et manipulations hasardeuses, j’y arrive enfin.
Ouaiiiis ! Première étape de faite, passons à la mise sous plis (après, faudra que je finisse quand même un jour d’imprimer ce qui reste mais passons)
Gentiment, je vais farfouiller dans les fournitures (je sais c’est mal) pour chopper des enveloppes. Pas de bol, toutes celles avec des fenêtres pour pas avoir à réécrire l’adresse, elles sont estampillées walter krewures.
Qu’à cela ne tienne, je vais en prendre une sans fenêtre, je re-noterai l’adresse à la main sur le kraft, je suis pas du genre à me laisser déstabiliser par des riens, moi.
Contente de moi, je retourne dans mon bureau avec mon stock d’enveloppes et commence à reporter plusieurs adresses avant de suspendre mon geste…
Je sais que notre catalogue pourri de cette année qui est pourtant un peu gros il rentre mais c’est peut-être plus épais que 150 pages de niaiseries thermocollées, et si je vérifiais, comme ça, juste pour être sûre ?
Je fais un test et… fuck, fuck, fuck et re-fuck !!!! ça rentre pas !!!
Finalement, j’ai pris une semaine de délai dans la vue (ça devait partir la semaine dernière) et il me reste toujours mes quatre exemplaires à imprimer.
Courage. J’ai des enveloppes, j’ai marqué l’adresse dessus et ce soir, j’imprime ce qui reste et je les passe au grille-pain dans la foulée.
Demain, direction la poste.
Après, j’aurais plus qu’à me mettre au prochain sans penser à la magistrale veste que je vais me prendre avec celui-là.
A l'heure où ce billet est diffusé, tous mes envois sont partis après une expédition punitive à la poste, accompagnée par des gros bras. Cela fait une semaine que c'est arrivé chez les éditeurs et j'ai reçu deux accusés de réception du manuscrit... Mais pas de coup de fil essouflé d'un éditeur qui me dirait "j'ai lu votre roman toute la nuit, j'en peux plus c'est trop génial, il y a un truc avec hollivoude, je le sens..."
Je me suis donnée trois semaines. Au delà de ce délai, même si les circuits sont super longs dans les grandes maisons, je pense qu'on pourra raisonnablement estimer que c'est plié...
15:35 Publié dans Grande oeuvre : master at work | Lien permanent | Commentaires (26) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : roman, écrire, écrivain, édition, littérature


