21.03.2008

Last night a bloggeuse saved my brain / Gustave, on a un petit compte à régler tous les deux

1687762196.JPGSuite à une note de Charlotte sur un recueil d’extraits de premières rencontres, j’ai décidé de me rendre propriétaire du dit ouvrage.

Je suis en train de commencer une nouvelle grande œuvre, j’ai besoin de me laver la tête de la précédente, j’ai besoin de retrouver des sensations nouvelles sur ce qui provoque l’étincelle entre deux personne, pourquoi comment, tout ça.

Voilà. Ce petit recueil d’extrait va sûrement nourrir mon imagination et mon inconscient et me permettra d'être plus insipirée que je ne le suis en ce moment sur le deuxième roman.

Sitôt dit, sitôt fait, mon recueil me parvient dans les 48h et même si je lis déjà un roman en ce moment et suis en cure de "un seul livre à la fois", je ne résiste pas à l’envie de feuilleter la petite chose pour voir quels extraits ont été choisis.
Que du très classique, beaucoup de romans ou pièces de théâtre déjà lues. Ce n’est pas très grave, ça ne me fera pas de mal de réviser mes classiques.

L’intéressant, c’est que c’est « classé » par thème (fallait bien justifier l’intérêt éditorial du truc au lieu d’assumer la recette simple et efficace de l’indémodable medley pour faire du pognon sans se casser les méninges) du type, rejet, coup de foudre, espoirs, etc, etc…

Et dans la catégorie coups de foudre, vous le croirez ou non, mais j’ai retrouvé tous mes auteurs préférés de jeunesse : Gustave et son éducation sentimentale, Stendhal et son rouge et le noir, Balzac et son lys dans la vallée…

Tout m’est revenu en tête (faut dire que ça date maintenant et que je m’empêche de trop lire d’auteurs morts depuis quelques années histoire de combler mes lacunes en littérature dite contemporaine) et j’ai redécouvert avec grand plaisir la plume de Gustave et de Stendhal tout particulièrement.

Alors que je me plongeais avec délice dans le sentimentalisme niaiseux le plus répugnant, j’ai brusquement réalisé que toutes mes idées de pureté sentimentale affligeantes de crétinerie (j’ai bien changé depuis mes 18 ans, je vous rassure) je les devais à ce salaud de Gustave.

Ce même Gustave qui fustigeait le romantisme idiot de Madame Bovary parce qu’elle avait lu des romans d’amuuuur dans sa prime jeunesse, romans qui lui avaient tourneboulé la tête et fait rêver à de belles histoires qui n’existent pas dans la vraie vie.

Sacré Gustave. Tu dis des trucs justes mais tu fais tout le contraire. Dans tes correspondances, tu affiches un cynisme à toute épreuve, une incapacité à aimer parfaitement assumée, un mépris profond pour les femmes (mais justes dans tes remarques, je tiens à le dire) et à cause de l’Education sentimentale, tu as fait de moi une conne romantique, tout comme la pauvre Emma…
(En fait, j’avais vachement raison quand, au lycée, oui ça date, à la fin d’une dissert’ sur Madame Bovary, lassée du procès que Gustave lui faisait, j’avais conclu par un « madame Bovary c’est moi » après avoir pris sa défense sur un très long paragraphe. A l’époque, le prof avait trouvé ça très drôle et original et moi je m’étais contentée d’être fière de mon petit effet. Si j’avais su que plus de dix après cette saillie j’allais réaliser j’avais vu super juste…)

Quoi qu'il en soit, Gustave, après m'avoir appris que le sentimentalisme c'était pour les tafioles, t'es un sacré enfoiré de m'avoir farci la tête d'idioties de gamins qui n'ont jamais lu autre chose qu'Harlequin. Je te détrône pas de ta place sacrée dans mes héros mais l'envie m'en a chatouillée, désormais, je t'ai à l'oeil...

PS : je sais, le titre n'a pas grand rapport avec la choucroute, mais je tenais quand même à le dire : si on ne m'avait pas parlé de ce livre, je ne me serais peut-être pas re-penchée sur Gustave (je me suis auto-interdite de relecture de Gustave à part ses correspondances depuis trois ans) et je n'aurais pas eu cette épiphanie...