mardi, 17 février 2009

Episode 17 : où Lebreton bouscule toutes les règles de la drague standard

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Rappelez-vous après un premier rendez-vous, Lebreton s’empresse de relancer la blonde pour un second round.

 

 

Au programme, concert et sans doute dîner dans la foulée.

 

Mais, après le concert et avant le dîner nous prenons un verre et discutons.

A nouveau nous parlons de nos emplois respectifs. Et j’apprends qu’il part ce samedi aux states pour le boulot.

Ce qui me fait davantage comprendre sa volonté de me revoir très vite. C’est risqué de me laisser dans la nature en son absence, pour sûr. Je suis tellement ravageuse, c’est pas ONGman qui dira le contraire.

 

Pour autant, en captant l’information je me contente d’un sourire amusé. Il a encore quelques jours devant lui pour me sortir la panoplie habituelle mais ça va être serré question timing.

Bin oui, quoi, vous la connaissez bien.

D’abord on boit un ou deux verres, on manifeste son intérêt, on dîne et puis l’homme (le plus souvent) propose d’inviter la demoiselle chez lui pour un dîner en espérant pouvoir conclure dans un cadre intime et te traîner jusqu’à leur lit dans la foulée.

 

Ensuite, à la demoiselle de voir si elle accepte ou non l’invitation suivant que son Roméo lui plait ou non et qu’elle a, elle aussi, envie d’échanger de la salive sur un bout de son canapé, ou pas.

 

 

C’est donc avec la plus grande innocence que je le suis dans un resto que nous choisissons complètement au hasard.

Contrairement à La Mercerie, la carte est plus variée et les plats un peu plus raffinés.

Comme la première fois, la conversation oscille entre roue libre et blancs.

Alors que nous avons échangé plusieurs regards et que j’ai les mains croisées, au-dessus de la table, il pose la sienne sur les miennes.

 

Mais ? Mais ? Mais c’est pas comme ça que c’est censé se passer, enfin !

 

Devant mon air un peu surpris – c’est que je suis hyper psychorigide, j’aime bien quand on respecte le scénario de base – il se moque de mes mouvements nerveux de doigts et, de bonne grâce, je finis par lui abandonner fort généreusement (parfaitement) une main. J'ai l'impression d'avoir douze ans.

 

Et là, comme le silence pesant s’installait et que je commençais à me sentir mal à l’aise, je sais pas ce qui m’a pris, j’ai vrillé et posé ze kouechionne qu’il ne faut jamais poser à ce moment-là :

 

« bon eh bien allons-y pour la question qui fâche, c’est quoi ton passé amoureux ? »

 

Petit blanc durant lequel je m’adresse quelques injures…

Pourtant, il ne semble pas plus déstabilisé que cela. Enfin, en même temps, je ne le connais certes pas depuis longtemps mais il ne me parait pas être du genre à se laisser déstabiliser par grand-chose, ce garçon, c’est un calme.

 

De son passé je n’apprendrai pas grand-chose mais il faut bien dire que le côté abrupte de la question n’incitait pas forcément aux loooongues confidences. La première chose qu’il me livre néanmoins c’est qu’il n’a jamais vécu avec quelqu’un. Ah bien. Moi non plus mais c’est pas l’info la plus marquante ou significative me concernant. Passons.

Pour le reste, il me dit avoir déjà eu quelques histoires sérieuses mais ne les détaille pas ; quelques aventures depuis qu’il est à Paris (donc depuis 2 ans), sans davantage de détails ; a eu une mauvaise surprise avec quelqu’un qui prétendait être ce qu’elle n’était pas, ce qui a semblé le rendre méfiant et ce que je peux comprendre. Et là non plus, je n’aurais pas le droit d’en savoir plus.

 

De ce silence, je n’ai pas trop su quoi déduire. Il a peut-être une expérience très limitée, il n’a jamais été amoureux, il n’attend de la vie de couple qu’une présence pour son petit confort quand l’envie lui en prend mais n’imagine pas en quel délice le sentiment amoureux peut vous plonger… aucune idée et je n’ai pas demandé davantage de précisions, je crois que j’avais été suffisamment curieuse comme ça pour la soirée.

 

To be continued…

 

 

 

 

lundi, 09 février 2009

Episode 16 : phase deux, Lebreton tente de ferrer sa proie

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J’avais bu un verre puis dîné en compagnie de Lebreton un lundi soir.

 

 

Le mardi matin, en partant travailler, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant un SMS de ce brave garçon me remerciant pour ma charmante compagnie, me souhaitant une bonne nuit et proposant un concert le mercredi qui suit.

 

Pourquoi un concert me direz-vous ?

 

C’est facile.

Nous avions discuté musique, comme avec le Barde. Je lui avais dit que j’aimerais bien faire plus de concerts dans des petites salles mais que je ne prenais jamais le temps de me pencher sur les programmations et du coup que je n’y allais jamais alors que pourtant, ça me plaisait davantage que les gros évènements dans des grosses salles toutes pourrites.

 

Et pourquoi avons-nous causé de concert me direz-vous encore avec raison ?

 

C’est toujours aussi facile. Je fais de la basse (sujet de conversation easy et parfois on se demande même si je n'en joue pas uniquement pour me permettre de faire la conversation ou avoir un truc à dire quand on me demande ce que j'aime dans la vie) il fait aussi de la musique.

Oui.

Du piano et… non ne riez pas.

Miss400 tout particulièrement, sois un peu charitable pour une fois.

Voilà, bon, on va pas tourner autours du pot trente ans :

il fait de la cornemuse.

J’avais trouvé cette occupation bien un peu bizarre mais avec le mérite, au moins, d’être originale.

Bref, après ça a dévié sur les concerts et tout et tout.

 

Je suis flattée par l'attention et l'empressement qu'il montre à me revoir. Après avoir un peu hésité, je lui réponds quand même que oui, pourquoi pas. Même si on est loin du méga coup de foudre à la ONGman, il ne m'a pas déplu et je suis pour laisser sa chance au produit.

Dans l’heure qui suit ma réponse il m’envoie plusieurs propositions de concert. L’un me tente plus que l’autre mais il est trop tôt dans la soirée et puis surtout il est super cher et je veux pas obliger le brave garçon à raquer toute sa fortune tout de suite.

Je choisis donc Didier Super. (je sais c'est quand même vachement romantique comme proposition et bien davantage comme choix)

Rendez-vous est pris pour 19h30 devant le point virgule…

 

 

J’arrive – un peu en retard - il est au téléphone, je le laisse finir sa conversation, il s’esscuse pour le coup de fil, le boulot, on rentre en trombe, on est les derniers.

 

Le concert débute, on nous demande de nous tenir les mains. Je sens bien qu’il ne le fait pas en « toute innocence » son pouce caressant doucement mon index, sans trop insister mais pas assez légèrement pour que ça ne soit qu’un geste anodin. (les blondes ont parfois de l’intuition)

Je ne vous dirais pas pour quelle chanson Didier Super nous avait demandé ce geste ni pour quelle autre raison le contact se rompt – il y a des limites à l’étalage du ridicule que je peux faire – et le concert se poursuit.

 

De temps à autre, je le je le sens qui m’observe. Je n’arrive pas à savoir si c’est pour initier un début de communication ou si c’est pour vérifier si je m’amuse. Dans un cas comme dans l’autre, j’apprécie.

Tout comme j’apprécie qu’il soit capable de participer, au moins il n’est pas coincé comme moi, mais parfois un peu trop à mon goût, comme un gros beauf, limite. (mais je n’aime pas les gens qui se font remarquer dans la foule même si j’admire cette capacité que je suis très loin de posséder)

 

Le concert se termine dans la rue sous des tonnerres d’applaudissements et les regards mi-surpris mi-amusé des passants.

Lebreton me propose immédiatement d’aller "prendre l’apéro".

Heuuu… j’ai rien contre boire un verre avec toi mais on n’est pas non plus au camping des pins sauvages (ou à la bourboule) et on n’a pas rendez-vous chez les Michu pour boire le pastis, si ?

 

Bon, allez, je ne t’en veux pas, tu sembles naturellement à l’aise partout et c’est une qualité appréciable.

On se pose donc dans un troquet, il prend une bière, moi un verre de vin.

Il me pose des questions sur les dernières 48h, comment s’est passé mon atelier d’écriture de mardi soir. Quand je lui parle de mes activités littéraires, il me demande plus de précisions, ce que je lui donne, ne sachant plus si j’en ai déjà parlé. Il écoute ce que je dis du roman, pose quelques questions sur la façon dont je travaille. Je sens un peu de curiosité polie chez lui mais pas le moindre enthousiasme. Ce qui me surprend.

Bin voui, d’habitude, même si je ne suis jamais qu’une misérable pisse-copie qui s’est fait jetée de chez tous les éditeurs, quand je révèle ma grande tare à mes interlocuteurs, ils ouvrent toujours de grands yeux ébahis et moi j’aime bien faire mon intéressante, après tout je n’en ai pas si souvent l’occasion.

Cette réaction en demi-teinte me surprend bien un peu mais c’est bien, aussi, de discuter avec quelqu’un de différent.

Qui lui, a aussi une fibre artistique puisque non content de jouer du piano et du biniou, il compose de la musique.

Et ça, moi, ça m’impressionne parce que j’en serais incapable…

 

to be continued....

 

 

mercredi, 04 février 2009

Episode 15 : la blonde et le breton

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Les blondes sont comme ça, elles ont toujours un joker dans leur manche.

 

 

Streetmarketeur ne m’a pas rappelée ? Tant pis pour sa face, une autre proie attend de me coller un gros vent de se faire dévorer.

 

Il est breton, le petit, alors donc nous l’appellerons Lebreton. Je sais, je me suis grave cassée en deux pour lui trouver un petit sobriquet mais sachez que j’aurais pu faire pire.

 

Il ne dit vraiment pas grand-chose sur sa fiche et me propose très vite de passer sur messagerie pour nos échanges. J’apprécie l’idée, je suis pas fana des interfaces de sites de rencontres pour discuter ou s'envoyer des mails

Et causing mails, les notres ne sont pas forcément plus riches que sur le site, c’est pourquoi je retarde la rencontre.

Les gens qui n’ont pas grand-chose à dire, et s'intéressent encore moins, en général, je me méfie (mais j’ai facilement des idées préconçues, je le reconnais)

Comme j’ai la très nette intuition que je n’aurais jamais de niouze de streetmarketeur, je me décide à accepter le rendez-vous de notre ami Lebreton.

 

Nous décidons donc de nous retrouver à Odéon pour boire un verre (lui aussi, il a capté la technique du verre au lieu du dîner tout de suite)

J’arrive, je suis un peu en retard et horreur, malheur, tombe pile sur l’un de mes soupirants de supdeco en sortant du métro.

On se calme, le soupirant en question ferait sûrement un très beau parti mais il n’est vraiment pas, mais alors pas du tout mon genre. Et d’ailleurs, je le soupçonne de m’avoir couru après parce que je devais bien être la seule fille de l’école à me montrer cordiale vis-à-vis de lui, voire même, un peu amicale quand j’étais bien disposée, donc saoule.

Bref.

Moi j’ai pas très envie qu’il soit encore là quand Lebreton, que je n’ai jamais vu pour de vrai vu que sa photo était pas non plus de super qualité, se pointera, c’est la honte.

Et comme Lebreton est en retard, je l’appelle.

Sauf que je tombe sur sa messagerie. Et sur son message d’accueil je crois reconnaître une des composante du nom composé de Streetmarketing (faut dire qu’entre le barde, streetmarketeur et Lebreton, ils ont tous les trois un prénom composé qui commence pareil) je redoute donc un instant de m’être plantée et d’avoir laissé le mauvais message sur la mauvaise boite vocale.

D’autant plus que Lebreton ne me rappelle pas. Ça pue.

Soit je viens de laisser un message à Streetmarketing et il va me prendre pour une demeurée, soit Lebreton va me poser un lapin et je vais me taper la honte devant mon ancien soupirant. Je sais, je suis un boulet mais je me soigne.

 

 

Et pourtant, Lebreton me rappelle, me dit où il se trouve – pas au même endroit que moi donc – et je le rejoins, abandonnant là mon ex-soupirant pour mon plus grand soulagement.

 

De loin, j’ai un peu redouté qu’il soit très vilain et, en réalité, sans être beau gosse comme les précédents il est pas mal. Il a un joli sourire éclatant et il semble sympa.

Nous nous installons donc pour boire un verre en terrasse. Discutons de ce que nous faisons dans la vie.

J’apprends à cette occasion qu’il est ingénieur dans les télécom.

Tiens ! Un ingénieur… Ça me change, je crois que je n’ai jamais eu dans mon tableau de chasse… Non. J'ai eu un DAF de chez Valéo (J-man, si tu me lis...) un employé du sénat, un apprenti boucher (mais j'étais très jeune) des étudiants... mais pas d'ingénieur... remarquez, si ! j'en ai eu un, une fois.

Mais il a préféré une morue qui vendait des frites à Saint-Etienne alors je sais pas si ça compte vraiment.

Et puis ça n’est pas très important.

 

Après nos verres, qu’il se précipite pour payer, il répond à mon air gêné que c’est à charge de revanche. Et nous décidons d’aller au resto. Dans mon souvenir, question resto dans ce quartier, le seul dont je connaissais l’adresse encore par cœur, c’était la mercerie. (alors qu'en fait, il y en a plein d'autres très sympas, je sais pas pourquoi ça m'a échappé le jour J, je devais être troublée, pour sûr) et promis la prochaine fois, je ferai comme la 400, on ira chez Mariage

 

Nous nous y dirigeons donc mais le resto n’a rien à voir avec mon souvenir. C’est petit, pas très joli, bruyant. On est tassé près de la cuisine, bref, ça ne part pas super comme ambiance.

Pourtant, il ne tique pas, il pousse même le vice jusqu’à dire que c’est sympa comme endroit.

Mouais. Soit t’es un super menteur diplomate soit t’as mauvais goût mais faut pas pousser.

 

Enfin bref. Le dîner se déroule comme le verre, pas trop de blanc (je parle de la discussion, pas du vin), des sujets de conversation qui viennent facilement.

Pourtant, même si je ne passe pas un mauvais moment j’ai un peu hâte qu’il se termine.

 

To be continued…

jeudi, 29 janvier 2009

Episode 14 : du streetmarketing à la Bretagne, il n'y a parfois qu'un pas

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Rappelez-vous. J’avais fait la connaissance d’un charmant streetmarketeur un mardi soir.

Il était mignon, sympa, plein d’humour, non dénué de charme et il semblait vouloir me revoir...

 

Ouais, je sais, d'accord, ça fait un peu la fille désespérée mais sachez qu'à ce stade de « râteau » c’est pas rien pour mon ego, qu'un homme souhaite me revoir, même que ça lui fait gagner des points tout de suite. 

Ça s’appelle du mimétisme inversé.

Parfaitement (enfin, sûrement, j'ai pas vérifié chez René ce qu'il en disait)

 

Mais ne nous dispersons pas.

Nous nous étions quittés sur une proposition – la sienne – de se faire un ciné bientôt.

 

Plutôt échaudée par les promesses sans suite d’ONGman, j’attendais de voir pour y croire.

Et le fait est que je n’ai rien vu du tout puisqu'aucune nouvelle de toute la semaine.

Juste comme je commence à me dire que c’est cramé, paf, le dimanche qui suit, je reçois un SMS.

 

Me demandant – tardivement – si je suis bien rentrée, la dernière fois.

 

Femme de peu de foi, pourquoi avoir douté ?

 

Et puis au moins, on progresse. Jusqu’ici, je n’ai pas eu droit à ce genre d’attention avec les hommes que j’avais rencontrés.

Ouais, je sais, inutile de le répéter, je le sais déjà, je suis tombée bien bas.

 

Petit échange de textos mais pas de proposition de sa part pour un ciné.

Bien. J’en prends note.

 

Si tu n’es pas capable de prendre des initiatives, mon lapin, je vais m’en charger à ta place, nous verrons bien comment tu y réagis, je serai définitivement fixée.

 

Le mardi, je lui propose d’aller voir Gomorra le oui-kend qui vient (puisque nous avions parlé de ce film pendant le dîner et qu’il semblait nous tenter tous les deux)

Il parait enthousiaste, échange de mails et de SMS pour se mettre d’accord sur le jour et les horaires et tout.

 

Pourtant, hélas, trois fois hélas, samedi soir, la veille du ciné, texto pour me dire que finalement il ne sera pas dispo pour dimanche, et me promet qu’il m’appelle. Ouais, ouais, ouais. Les désistements par SMS parce qu'on n'a pas le courage de le faire en direct, je connais c'est moi qui l'ai inventé, je ne te crois pas. Alors inutile de vous dire que son coup de fil, je ne l'attends pas une seconde.

 

Eh bien je me trompe. Et on notera que je me trompe aussi bien lorsque j'espère des trucs que lorsque je n'en espère plus, je crois que mon super instinct a la jauge qui déraille en ce moment. Ce doit être l'abstinence.

Sauf que, évidemment, lorsqu’il le fait, dimanche midi, je suis en plein brunch chez Mariage frère, je ne décroche pas. (c’est pas poli de prendre des coups de fil alors qu'on est avec des gens et puis surtout j’ai pas entendu mon téléphone)

 

Il me laisse un message pour me dire que son père a débarqué, qu’il ne sait pas combien de temps il va rester mais qu’il espère bien que ce n’est que partie remise.

 

Je le rappelle à mon tour en sortant du brunch, tombe sur sa messagerie, explique que je n’ai pas entendu mon portable, espère que tout va bien et que je comprends qu’il soit occupé mais qu’il n’hésite pas à me faire signe quand ça ira mieux (je sais j’ai p’têt été trop arrangeante sur ce coup-là)

 

Voilà.

 

Et bien vous le croirez ou pas mais il ne m’a plus jamais fait signe.

 

Mais c’est pas grave, j’avais une dernière botte secrète dans ma manche. Héhéhé…

 

La suite au prochain épisode.

 

 

 

 

lundi, 26 janvier 2009

Episode 13 : à la rencontre du street marketing

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Après mes déceptions plus ou moins cuisantes j’avais un autre rencard.

Ouais je sais, c'est dingue. On aurait pu croire que j'en avais ma claque mais plus c'est pourri plus je m'obstine. J'suis come ça.

 

Et plus hallucinant que tout, j'avais rencard avec un homme. (je sais mon ours en peluche aurait peut-être davantage fait l'affaire mais c'est comme mon ami imaginaire, on se connaît trop par coeur, c'est important de s'ouvrir aux autres tout ça, et d'ailleurs, c'est pas missspéléo qui dira le contraire)

 

Cela faisait depuis l’été qu’on s’échangeait des mails, avec l’idée en toile de fond de se rencontrer un jour.

Entre temps il y a eu ONGman, et l’issue ridicule qu’on lui connaît, puis le barde.

Mais celui-là, il semblait assez mignon quoiqu’un peu trop fêtard à mon goût, sympa, de contact facile.

Même si avec un emploi du temps suffisamment chargé pour que l’organisation d’une rencontre soit compliquée. (en vrai, je le soupçonne surtout d'avoir éclusé les targets qu'il avait sous la main avant de me rencontrer, ce qui est très bien, j'ai fait pareil)

On commence par se retrouver à Bastille pour boire un verre.

Il est malin, ce petit. C’est toujours mieux de commencer par un verre, on sait jamais sur qui on va tomber, et si la personne ne nous plait pas, on conclue la soirée au plus vite. Si au contraire le courant passe, on prolonge par un dîner.

 

Mon petit streetmarketeur (puisque c’est sa fonction, il organise des happenings pour des marques) est assez mignon. Pas méga grand ni méga baraque ni méga canon mais avec son charme à lui, des fringues décontractes qui lui vont bien et un joli sourire.

On discute un peu, le courant passe bien, il me propose d’aller dîner, comme je suis d'humeur totalement joueuse genre baraka, genre je me mets grave en danger, j’accepte. (je sais, c'est ouf)

On se rend à pied dans un resto qu’il connaît, on en profite pour continuer à causer de tout et de rien.

Au passage, Streetmarketeur note que les boucles de mes bottes font du bruit et se moque. Ce qui me vexe bien un peu mais je ne dis rien. (et oh c'est pas de ma faut non plus si mes bottes font du bruit et si t'es le seul à faire remarquer que les bottes des filles à défaut de leurs talons font du bruit)

 

Passons

 

Nous dînons donc dans un petit resto, en terrasse.

Je sais, ça peut paraître délirant mais à l’époque il faisait encore suffisamment bon dehors, le soir, pour se livrer à pareille excentricité.

 

 

Bref.

Le dîner est agréable : on discute sans temps mort, il est sympa, il est drôle, il s’intéresse, je m’intéresse…

 

Et pendant ce moment passé avec lui je me dis que Streetmarketeur est potentiellement quelqu’un qui pourrait tout à fait me correspondre, bien davantage en tout cas que les deux zigotos rencontrés précédemment.

 

Le dîner se termine, vient le moment fatidique : l’addition.

 

Evidemment, je sors toujours mes sous pour montrer que l’homme n’est pas tenu de m’inviter et je vais même jusqu’à insister s’il propose de le faire quand même. C'est que je suis une femme moderne et indépendante. Et puis que surtout si on veut se faire offrir une bague à vingt-plaques après mieux vaut faire croire qu'on n'est pas du genre gourmande tout de suite.

 

Sérieusement, sans être vénale, se faire inviter est un bon indicateur dans ce genre de rendez-vous. En tout cas la proposition de.

Il y a les radins qui ne le feront jamais (nous le verrons plus tard) et ceux qui, en ne proposant pas de partager, montrent qu’ils n’ont pas passé un moment désagréable mais que ça en restera là…

 

Suspense maximum, va-t-il m’inviter pour confirmer que les indicateurs sont au vert ?

 

Non.

Nous avons partagé. Je ne me suis pas appesantie sur la question, j’avais passé une agréable soirée, ça me suffisait.

 

Minuit sonne il est temps que je reprenne le métro pour rentrer. Il me raccompagne jusqu’à la première bouche, on se dit au-revoir, continuons encore un peu à traîner, il commence une phrase, pour je ne sais quelle raison je l’interromps il me laisse parler me répond et reprend ce qu’il avait visiblement en tête avant que je ne l’empêche de finir : il serait ravi de me revoir, pour un ciné par exemple (nous avions parlé ciné, comme vous vous en doutez)

Contente je lui réponds que oui, ce sera avec grand plaisir. On se fait la bise et je file.

 

 

Et pourtant…

Malgré cette proposition, pas de SMS de bonne nuit le soir même, pas davantage de nouvelles par ailleurs… (et encore moins de bouquet de roses rouges... les hommes n'ont plus aucun savoir vivre, c'est moche)

 

Et ce n’est pas parce qu’il ne s’est pas connecté, puisque je suis allée vérifier tout ça de mon faux profil.

 

Je note néanmoins que si je suis allée voir sa fiche de ce faux profil, qu’il est venu me rendre visite, il n’a pas lancé de charme pour me solliciter.

Serait-il moins bête qu’ONGman ? (nan parce qu'autant vous dire que mon faux profil est odieusement raccoleur, genre une minute après l'avoir créé j'avais plein de demandes en mariage et c'était super drôle)

 

Moins bête, certes, mais pas au point de m’écrire.

Et ça m’agace.

C’est comme un gros soufflé qui retombe.

D'accord un petit soufflé mais un soufflé quand même.

Et ça m’ennuie parce que j’y ai bien un peu cru. Et j’aurais aimé une petite concrétisation même si ça ne devait pas durer.

 

To be continued…

 

 

lundi, 19 janvier 2009

Episode 12 : la crise pétrolière ne passera pas par moi

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Un jour, un homme (enfin normalement mais j’ai des doutes et comme y’a pas sa photo…) a demandé à causer avec moi.

 

Il s’appelait sans plombs95 (c'est son vrai pseudo, pour une fois, j'ai la flemme d'en trouver un autre) et comme je savais pas encore qu’on pouvait mater les profils avant de dire oui ou non tout ça, j’ai accepté parce que je trouvais son pseudo marrant.

Je sais, je suis godiche, mais depuis l'épisode ONGman, je ne vous apprends plus rien

 

Premier mail laconique :

 

Salut, comment vas-tu ?

 

Bin tu t’es pas cassé mon coco.

 

Mais comme je suis parfois un peu coopérative, je décide de répondre en lui retournant la question. Histoire de lancer la conversation et puis aussi parce que des fois je suis une fille polie.

 

Sa réponse, un vrai bijou stylistique (si, si, j'insite) :

 

 

Ça va trankil on es au boulot.

 

Heuuu, ouais, c’est super cool mais disons que si tu veux lancer la conversation, c’est un peu mieux de poser des questions, tu vois. En plus, là, j’ai aucune idée de ce que je peux te répondre. (et puis que je m'en fous un peu que tu sois au boulot ou non)

Donc je ne réponds pas. (non seulement je suis polie mais aussi super cohérente)

 

Mais le loustic n’est pas du genre à renoncer sans rien dire.

 

Dès que je me connecte de nouveau, soit juste après mon retour de vacances ou presque, bam, mail :

 

Salut comment va tu ?

 

autant la première fois tu t'étais pas foulé sur le fond, autant là, tu te laisses aller et sur le fond, et sur la forme. C'est pas très beau ton va sans s... (et je parle même pas du petit tiret entre le vas et le tu, hein, je sens que c'est un peu trop top niveau pour toi)

Mais, comme je suis faible, je réponds à la deuxième tentative. Me contentant d’un salut.

Tiens, à ton tour d’être emmerdé pour répondre parce que je te pose pas de question et lance aucun sujet de conversation.

Dans ta face.

Pour dresser les petits chiots incontinents, il faut, parait-il, leur mettre le nez dans leur pipi à chaque fois qu'ils s'oublient sur le tapis.

Là, je me dis qu'il est temps de voir ce que donne ce saint principe d'éducation sur les spécialistes du langage SMS

 

Mais visiblement, l'allusion est un peu trop fine pour qu'il la saisisse.

Réponse immédiate :

 

A quand même

Je commencer a minquietter

 

Pitié, arrête de massacrer le français, j’en peux plus.

Et comme je m’ennuie un peu, je réponds juste que j’étais en vacances. Sans plus.

Nouvelle réponse de le massacrueur de le français que je livre à ta sagacité, cher lecteur :

 

Cetait bien

Ta bronze

 

Heuuuu… c’est grave si je comprends pas vraiment ce que tu me dis ? je suppose que tu me demandes si c’était bien et si j’ai bronzé mais c’est pas forcément clair et on pourrait même croire que tu affirmes que c'était bien à ma place avant de me parler de bronze (et moi, je connais surtout ce mot-là dans une expression plutôt vulgaire. Du coup je suis choquée)

Et puis moi j'aime pas discuter (enfin si on peut parler de discuter avec lui) avec des gros cons qui savent pas parler français gens qui manquent de curiosité intellectuelle au point de ne jamais s'intéresser à moi.

Alors j'ai plus jamais répondu.

Et je peux me tromper mais je crois que ça n'a pas trop plus au garçon... y'a eu comme un court-jus dans le système.

 

 

3 septembre – 9h37

CAVA

(hiiiiiiiin ??? tu me proposes du Calva ?)

 

3 septembre – 14h39

Trankil toi

(heuu non, de moins en moins)

 

5 septembre – 10h55

Salut t belle

(merci je sais)

 

5 septembre – 11h01

Salut belle

(tu te répètes mon vieux)

 

5 septembre – 11h32

Salut t belle

Super. Et à part ça ?

 

5 septembre – 11h45

Dommage que je ne le verrai jamais e plus pres

(non ça je te confirme, y’a peu de risques)

 

5 septembre – 11h47

Dommage que je ne le verrai jamais e plus pres

(surtout dommage pour toi)

 

5 septembre – 11h52

Dommage que je ne le verrai jamais e plus pres

(chouigner ne sert à rien)

 

5 septembre – 12h01

Dommage que je ne le verrai jamais e plus pres

Ah pitié ! lâche-moi ou j’appelle les flics !

 

 

La prochaine fois on parlera de mon ami le barde. Ah non, zut, c'est déjà fait... bon on parlera d'autre chose alors. Peut-être d'un breton...

 

 

lundi, 12 janvier 2009

Episode 11 : la blonde et le barde PART III

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 Je vous replante le décor fissa : la blonde est tombée sous le charme d'un barde de façon un peu hasardeuse, genre elle n'a vraiment rien de mieux à faire en ce moment.

Enfin, sous le charme, c'est vite dit.

Disons qu'elle a décidé de remiser au placard ses idées reçues sur les muzicosses qui sont que des gros alcoolo dégénérés égoïstes qui sautent des groupies dans tous les sens dès qu'on a le dos tourné et qui savent pas causer d'autres choses que de leur dernier slap et comment qu'ils ont trop mis le feu au point éphémère.

 

Ouais, c'est pas la première fois que je le dis, mais dans la vie, parfois, faut savoir laisser sa chance au produit, alors j'ai laissé sa chance au barde et même que j'ai répondu à son premier mail.

 

Et que même qu’on s'en envoie plein d'autres et qu'on discute pas mal sur plein de trucs méga originaux comme nos goûts musicaux (ouais, je sais c’est dingue) ce qu’on joue comme musique, ce qu’on aime faire dans la vie (totalement inouï), si on aime plutôt la ville ou la campagne (passionnant débat, je vous l’accorde) d’où qu’on vient, nos boulots et tout et tout.

 

Au bout d’une vingtaine de mails et d’une semaine d’échanges épistolaires fournis, le barde propose – enfin ! – de me rencontrer et le fait en y mettant les formes, ce qui me plait d’autant plus. Ouais parce que sachez qu'une demande de rendez-vous mal formulée peut coûter autant de points que des mains mal entretenues, petit conseil pour toi, ami lecteur masculin. (et je reviens pas sur les fautes honteuses d'aurthograffe, de grammère et de sinthaxeu)

 

Manque de bol pour lui, le barde me propose une rencontre quelques jours après mon échec cuisant avec ONGman.

Et moi, je suis encore sur mon fol espoir déçu, la barre est très haute.

Comme quoi, être muzicosse, c'est un avantage concurrentiel moins efficace qu'étudier les sales maladies pourries au Sahel pour MSF.

 

Mais comme je suis pour ne jamais mettre tous mes œufs dans le même panier (y'a qu'à voir les finances de ceux qui ont tout misé sur Dexia), laisser sa chance au produit (je ne le répéterai jamais assez) et que de toute façon je ne vais pas porter le deuil éternellement de la duplicité d'ONGman, j’accepte.

 

Rendez-vous est donc pris dans un resto Ethiopien pour un dîner.

Première impression : l'homme est vraiment très beau.

Et pourtant, je dis rarement ça d'un homme surtout si je ne le connais pas. 

A la limite, je peux trouver canon, charmant, avec un truc qui accroche l'oeil mais d'entrée de jeu, trouver un mec beau, ça m'est arrivé trois fois dans ma vie, et encore, faut que je sois amoureuse (donc du temps) pour trouver un homme vraiment beau.

Bref. Donc il est beau. Aussi bien d’un point de vue strictement esthétique (un grand blond baraqué avec un visage viril comme je les apprécie, ce qui n’est pas courant chez les blonds) que d’un point de vue charisme (son sourire est vraiment craquant) et une façon de vous regarder droit dans les yeux comme s’il était sous votre charme qui est bien un peu troublante.

 

Il a de l'humour puisqu'il arrive à m'extorquer de nombreux éclats de rire tout au long de la soirée. (bon il a moins ri à ma blague sur le resto éthiopien que je savais pas que les éthiopiens mangeaient en vrai, pourtant, c'était drôle)

 

Il est intéressant, a beaucoup voyagé, rencontré plein de gens différents et sait en parler intelligemment.

 

Là, vous vous dites, ça y est la blonde a flashé, elle a rencontré l'homme de sa vie et ensemble ils vont faire plein de petits bassistes.

Je le répète souvent, la vie est cruelle et injuste, c'est son rôle et si on était là pour rigoler, ça se saurait depuis longtemps.

On en a l'exemple typique avec le barde.

Parce qu'il est peut-être beau, intéressant, plein de charme, bourré d'humour et de talent mais....

Mais, je ne sais pas pourquoi... le courant n’est pas passé.

 

Comme quoi toute blonde sois-je, la superficialité a ses limites et être un très beau mec ne suffit pas.

Ou alors c'est parce que je n'ai eu aucun effort de conversation à fournir pendant toute la soirée, l'homme étant suffisamment occupé à parler de lui pendant trois heures

 

Nous reverrons-nous, allez vous me demander ?

C'est possible, même si pour l'instant à chaque opportunité les choses se sont mal goupillées.

Et quand bien même ça ne serait pas le cas, je crois que je n'en ferai pas une maladie. (mais j'aurais rien eu contre une petite aventure, mon ami le barde si tu passes par ici fortuitement, rappelle-moi)

 

Et tout ça, ch'uis sûre que c'est de la faute à ONGman.

Sale crevure anti-capitaliste ! C'est la dernière fois que je m'intéresse à un pauvre qui veut faire le bien.

Mais ne vous en faites pas, il parait qu'on ne dit jamais deux sans trois...

La suite au prochain épisode...

 

 

lundi, 05 janvier 2009

Episode 10 : la blonde et le barde PART II

barde2.jpg

Rappelez-vous, dans l'épisode précédent j'introduisais à peine le fait qu'un barde m'avait causé pour hop tout de suite lancer un teasing pourri.

Voici la suite :

 

Son premier mail est plutôt sympa et personnalisé. Si, c'est possible.

Il tente même un ou deux traits d’humour pas trop mal réussis et il s’extasie sur le fait je sois si originale dans mon annonce (je sais, j’ai teeeeellement de personnalité, on me le dit souvent) et que je joue de la basse et que c’est trop génial parce qu’on va sûrement s’entendre rapport qu’il est contrebassiste (rien que ça) mais aussi bassiste électrique (moi je me contente de dire bassiste mais bon) et puis qu’il fait des percu parfois et puis du clavier.

 

Ouaaaah… tout ça ?

 

Bon je vais pas le nier, quand même, c’est impressionnant. D’autant plus qu’il semble, contrairement à la plupart de ses congénères, vivre de son art, genre c’est pas comme Drumsboy qui s’habille avec des vieux trucs informes et répare la fermeture éclaire de son blouson avec un trombone (le petit truc pour mettre des papiers ensemble, pas l'instrument de musique, je précise, hein, des fois que...).

 

Et puis, surtout, il faut que je vous avoue un truc.

Je suis un peu fétichiste à mes heures.

Ouais, je sais c’est dégueulasse mais c’est la vie.

 

Et moi, ce qui me fait grave triper chez un homme, c’est ses mains. C’est même une des premières choses que je regarde pour vérifier si le fait que le type me plait est justifié.

Je m'explique ?

 

Allez, je m'explique :

Petites mains, petits (gros) doigts boudinés, ça fait baisser la cote immédiatement ; ongles tout pourris moches et sales, c’est éliminatoire.

Et les musiciens, en général, ils n’ont pas des nains de nabots, encore moins quand ils jouent des instruments à cordes. (mais comme pour toute règle, il y a bien évidemment des exceptions)

 

Et en bonne fétichiste de la main, je peux bloquer des heures sur un bassiste en train de jouer, des heures à regarder ses mains avec fascination.

Et là, je sais pas pourquoi mais j'imagine la scène d'ici :

moi au fond de la salle en train de reluquer mon homme en train de jouer, de surveiller s'il y a pas une pintade qui voudrait le draguer, de sourire bêtement de fierté même pas contenue et lui, me regardant aussi comme pour dire "je joue rien que pour toi, beauté".

Ouais, je sais, à la base je suis niaise mais le célibat prolongé me rend encore plus débile que la moyenne et c'est pas mes mésaventures avec ONGman qui m'auront mis du plombs dans la cervelle, comme vous l'aurez constaté par vous même.

 

Et là, vous (je parle surtout de toi, petit lecteur de sexe mâle) vous dites : la vie est injuste. 

La plupart des musiciens partent toujours avec un avantage concurrentiel certain, vous savez tous ça depuis le collège, amis lecteurs qui ont détesté cordialement les guitaristes en herbe qui raflaient toutes les minettes de la classe.

Donc même si notre ami le barde n’a rien qui me fasse flasher sur sa fiche, qu’il termine son premier mail par une allusion un peu trop suggestive à mon goût pour un premier mail, je lui réponds.

 

La suite au prochain numéro...

 

 

mercredi, 17 décembre 2008

Episode 9 : la blonde et le barde

pouète.jpg

Le barde, un jour, m’a envoyé un charme.

 

La photo n’était pas vilaine, alors je suis allée voir sur sa fiche.

 

Alors (je la consulte en ce moment même pour me rappeler pourquoi diantre j’ai bien voulu lui causer)

 

A la réflexion, je suis bien incapable de vous dire pourquoi.

 

C’est vrai, ce brave homme sur le papier n’a pas grand-chose pour lui.

 

Il est musicien : et moi, depuis cantat-boy, depuis drumsboy, les muzicosses, j’ai compris que ça fonctionnait mal avec mon karma. Et je parle même pas des artistes – ou assimilés - en général : égocentriques, égoïstes, d’humeur changeante, de santé fragile, un ego démesuré qu’il faut prendre soin de flatter tout le temps sans avoir l’air de faire de la charité (alors que pourtant, c’en est souvent) c’est la plaie de vivre avec ces gens-là. Et je suis d'autant mieux placée pour le savoir, parce qu'avec L'Ex, ça va, j'ai donné. (miss400, je t'oublie pas pour le grand palmarès des enfoirages affectifs, je bosse dessus, promis)

 

Mais reprenons : pourquoi le Barde ?

Il aime se déplacer en moto et moi, les deux roues, depuis que Scootman a cherché à me tuer un jour de grève, franchement, je suis allergique

 

Il est vieux. Bin oui, quoi, huit de plus que moi c’est vieux…comment ça c’est à peine deux ans de plus que l’âge de mes copains en général ? Non, ONG man, il n’avait qu’un an de plus que moi (ceci explique peut-être d'ailleurs cela... après, je dis ça, je dis rien)

 

Il habite dans le trou du cul du monde de la banlieue et c’est trop loin de la rue de Rivoli   

 

Il doit passer ses soirées dehors et moi, j’aime que mon homme soit à la maison pour honorer ma délicieuse présence, pas qu’il traîne des heures dans des bars louches avec ses potes muzicosses à boire de la bière et à reluquer les groupies

 

Son annonce est franchement pas originale (et en plus y’a des fautes d’orthographe dedans)

 

Bref.

Me demandez pas pourquoi, je devais être grave en manque beaucoup m’ennuyer ce jour-là, du coup, j’ai dit que oui, je voulais bien qu’il me parle.

 

Suite au prochain numéro... (ouais, je sais, question teasing, je me suis pas foulée)

 

 

jeudi, 11 décembre 2008

Episode 8 : la blonde et le lapin farceur

bblapinou3.jpg

La dernière fois je vous ai parlé d’un beau mec qui m’a plu et qui m’a fait l’affront de ne pas se prosterner à mes pieds pour me déclamer sa flamme au bout de cinq minutes, cette fois-ci, on va revenir aux valeurs sûres : les boulets.

 

Pourquoi j’ai accepté qu’un type dont le pseudo est bblapinou me parle ?
Je sais pas.

P’têt parce que sa photo était pas si moche ?

après vérification, en fait, c’est pas terrible

ou que son profil ne m’a pas déplu…

Mouais, ça part pas trop mal et puis très vite ça file en quenouille et moi, je me dis, les hommes qui tiennent pas la distance rien que sur une annonce ça présage pas d'exploits inoubliables sous la couette ou alors seulement pendant quelques secondes.

Et bon, comment dire... sans vouloir faire la fille qui juge les mecs sur leurs performances, disons que quelques secondes c'est un peu court.


Comme s'il s'imaginait que les femmes ont peur de lui parler (ce qui peut se comprendre quoiqu'à mon avis c'est moins une question de peur que de manque d'envie) il s’acharne à répéter que parler n’engage à rien (parle pour toi ça dépend avec qui on le fait, perso, l'informaticien chez Oualter, j'aurais mieux fait de jamais lui causer, tellement il a décidé ce jour-là qu'en revenant à la charge tous les trois mois je finirai forcément par craquer et lui dire "bien sûr, en vrai, j'ai toujours fantasmé sur toi, tu es l'homme de ma vie") ce qui est bien un peu perturbant et c’est sans doute pour ça que je n’ai jamais répondu à son mail… Ou plus simplement parce que vu le mail en question c'était juste pas possible.

 

13 août – 14h59

Mes hommages du jour charmante demoiselle

c’est bien, t’as raison d’utiliser un terme générique, c’est plus facile pour envoyer le même messages aux 10 pauvres greluches qui ont bien voulu que tu leur adresses la parole mais dans le genre tu aurais pu te fouler un peu plus.

 

Etant fraîchement sorti d’un asile pour Bonobo et aspirant à parler de tout et de rien avec qqun qui me ressemble un peu, j’avoue que j’ai été aspira par ton profil.

Ah bin merci, ça fait plaisir. En gros, non seulement t’es pas foutu de personnaliser les mails que t’envoies mais en plus tu attaques direct par une insulte ? Et t'arrives vraiment à emballer avec ça ? Nan parce qu'avec moi, tu pars avec des points en moins (et je passe sur ta tentative d'être drôle qui reste sans effet, j'ai jamais accroché aux hommes qui attaquent directement en se dévalorisant pour faire pitié)

Merci de me laisser une chance de te parler

Y’a pas de mal, je le regrette déjà. Mon sens de la charité me perdra

et j’espère que j’en serais digne

ça n’a pas l’air d’être parti pour (ah oui, tant que j’y suis, quand tu conjugues au futur, tu ne mets pas de s à la première personne du singulier et quand tu utilises le conditionnel, là, tu mets un s. Ici, il s’agit d’un futur (et si t'as un doute tu conjugues à la première personne du pluriel, s'il y a un i qui se rajoue avant le ons, ça veut dire que c'est du conditionnel, tu vois c'est facile) tu me vires ce s, merci d’avance)

Comment allez vous ? La journée se déroule bien ? (celà dit était elle enroulée à la base)

Ohohohohohohoho ! ah non, arrête, par pitié j'ai failli me faire pipi dessus de rire tellement elle est trop bonne ta blague. T'es le roi du calembour, toi. Et sérieusement, sans vouloir me répéter : T'EMBALLE VRAIMENT AVEC DES TRUCS PAREILS ? Nan parce que tu sais la blague sur femme qui rit à moitié dans ton lit tout ça, il ne faut pas retenir juste l'idée de faire des blagues débiles toutes les deux minutes, le but c'est de faire rire avec ta blague, pas de susciter la pitié, tu saisis ouuuu ?

En tout cas, pour être un peu terre à terre ton profil me plait bien

Ouaaah, j'y crois pas, l'autre eh, comment il est trop terre à terre, là ! Et puis entre nous, mon profil tu ne l’as pas lu alors me fais pas rire. Déjà que tu as failli me tuer avec ta blague de la journée qui s’enroule avant de se dérouler, faut pas abuser des bonnes choses

et j’aimerai bien apprendre à te connaître plus.

T’es ni le premier ni le dernier (tu vois, là, tu aurais pu mettre un s, cette fois, à "j’aimerai", ça aurait été vachement plus mieux)

Ormis mon pédigré présent sur le site si jamais tu as des questions à me poser n’hésite pas j’ai rien à cacher

Heuuu… alors hormis ça s’écrit pas vraiment comme ça mais bon, chut, mettons que j’ai rien dit, on va encore trouver que je chipote. A vrai dire, j’ai pas de questions à te poser dans la mesure où j’ai la sensation d’en connaître déjà plus sur toi que ce que je suis prête à entendre ou lire. Enfin si, j'en ai bien une mais ça fait déjà deux fois que je la pose alors tu vas finir par me trouver lourde. Non, allez, sérieusement, t'as vraiment réussi à emballer avec ton mail automatique ? Nan parce que ça me travaille quand même vachement c't'affaire.. allez, balance, promis, je le répèterai pas.

Sinon que dire

heuuu... bin rien, c'est possible ?

je suis benjamin, je vais avoir 30 ans, je suis un mélange de tout et de rien

Eh merde ! j'ai espéré pourtant que ça se finirait là...Surtout pour dire ça... Magnifique, comment se tirer une balle dans le pied en une seconde. Toi, je sens un énorme potentiel de cas social déprimé qui va me demander de jouer les infirmières les psy et les assistantes sociales… C’est niet, j’ai déjà dit que je retapais plus les mecs cassés…

un peu comme les mac burns j’ai tout dedans et rien à l’extérieur J

les mac quoi ? C’est un nouveau sandwich mac do avec des explosifs dans le dedans que quand tu croques dedans, bam ça brûle ? C’est une super idée de régime, ça.

J’espère que ce mail ne t’aura pas fait fuir

L’espoir fait vivre

et que j’aurai la chance d’avoir de tes nouvelles

Tu peux crever.

 

13août – 15h

(fin de mon précédent message)

Bisous

Benji

 

Ah ouais… non, t’as raison, c’est tellement capital comme info que tu as bien fait d’envoyer un deuxième mail pour préciser tout ça. Là, à tous les coups je vais changer d'avis et répondre.

Hihihihihi, nan, j'rigole ! (tu vois moi aussi je suis super forte en blague)

 

 

 

5 septembre – 14h

Salut ça va ?

 

Heuuu… oui ça allait bien jusqu’à ce que tu me parles

 

6 septembre – 16h

Comment ça va aujourd’hui ?

 

Mal. On va tous crever, j’ai vu les chiffres et ils sont pas bons, la vie est sans intérêt, j’arrive pas à écrire, notre planète est une poubelle géante, mon boulot me gonfle et j’aimerais bien être en vacances mais je peux pas parce que je suis fauchée et puis aussi que j’ai grossi et c’est très mal, les impôts vont me ratisser sévère et j’ai les charges de l’immeuble à payer et puis j’aime pas les transports en commun sans compter que je peux plus faire de shopping rapport que j'ai plus un rond et puis que de toute façon c'est la récession et on va tous finir à la rue à cause de ces gros cons de banquiers qui ont prêté plein de thunes aux pauvres alors qu'ils savaient bien que les pauvres y pourraient jamais rembourser parce qu'ils sont pauvres et que c'est nous qu'on va devoir payer pour eux sans compter qu’il faudrait que je me mette au régime alors que j’ai tout le temps faim et puis que parfois je me demande si être blonde c’est vraiment mon destin et puis le nouveau chef n’a pas encore viré tous les nuls comme j’espérais pourtant qu’il le ferait alors qu'il y a urgence et puis j'en ai marre des transports en commun qui fonctionnent jamais et puis j'aime pas les gens, y'en a trop dans cette ville. En conclusion : la vie c’est de la merde.

Et toi, ça va comment ?

 

 

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