22.09.2008
La kermesse de rentrée chez Walter

La dernière fois, Léon le nettoyeur, alias le nouveau pédégé à Oualter, il nous avait réunis pour nous expliquer ce qu’était :
- un client : quelqu’un qui paye (ouais, je sais c'est complètement dingue mais c'est ce qu'ils sont censés faire, en théorie)
- une vente : un truc contre de l’argent (beurk, c'est moche)
- une entreprise : une entité qui doit faire rentrer des sous dans sa poche et non un service public (ah bon ?)
- un bon produit : un truc qui correspond au besoin des clients (si possible pas un seul) et non un truc qui émoustille intellectuellement celui qui le crée alors que ça n’a d’intérêt pour personne d’autre que lui (bin pourquoi faire, alors ?)
Dans sa grande bonté, il a un peu épargné ses collaborateurs, qui semblaient déjà plutôt assommés par autant d’informations aussi nouvelles, des notions vachement plus compliquées du genre c’est quoi la marge, et le marketing ça sert à quoi, et le taux de retour concrètement ça veut dire quoi, et maman comment on fait les bébés.
Mais je me doutais bien qu’on ne perdait rien pour attendre.
Et j’avais raison.
Le jour de la rentrée des classes, il nous a convoqués pour une grande kermesse réunion à but pédagogique (c’est qu’il y a besoin, par chez nous, de réviser certains mots de vocabulaire très moches comme argent, compte de résultat, actionnaires, chiffre d’affaire, produits viables, marketing produit, tout ça, tout ça, je vais pas tous vous les citer sinon j’y suis encore la semaine prochaine).
Sous les yeux esbaudis de l’assemblée, il nous a patiemment expliqué ce qu’était un compte de résultat. Ouais, parfaitement. Et ça en a calmé plus d'un.
Mais il ne s'est pas arrêté là.
Non.
Il a même poussé le vice jusqu'à dire qu’une entreprise, pour continuer à vivre, elle devait dégager des bénéfices. (bin pourquoi faire, me direz-vous comme l'assemblée ? Eh bin parce qu'on n'est pas un service public, qu'il a dit, Léon. Vous y croyez, vous ?)
Et c’est quoi le bénéfice, vous me direz ?
Eh bien comme il nous l’a brillamment expliqué aussi, le bénéfice, c’est quand on prend tous nos revenus (genre nos sous qu'on gagne on sait pas comment, quoi) et qu’on lui enlève les dépenses (genre tout ce qu'on dépense au Crillon et y'a de quoi faire frémir une cost killer bien armé).
Vous le croirez ou pas, mais les gens, dont un paquet de managers (et je ne citerai aucun nom même sous la torture) ils ont pour la première fois compris ce qui signifiait le mot marge (EBITA pour les intimes).
Moi je dis, certains départements de Oualter, ils ont dû être gérés, ouaou, ça fait peur, je veux pas y penser. Comprends pas que cette boite n'ait pas encore coulé. (m'enfin c'est p'têt pour bientôt vu ce que j'ai vu des résultats pendant la réunion)
N’empêche, comme chez les gros rats d’affaires, on dirait bien qu’on part du principe que ce sera l’année de la marge. Sauf que bon. Vu qu’on a viré la moitié du comex cette année, on a un tout petit peu explosé nos dépenses. J’pense que pour l’année de la marge, c’est un peu cramé.
Ps : vous aviez remarqué ? oualter, si on enlève le « l », ça fait ouater. Ça résume bien la situation de krewureland.
11:46 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie de bureau, management, world company, multinationnale, valeurs, communication interne, humour
25.06.2008
Quand Walter se lance dans le charity business pour faire croire qu’il est humain
Moi, on m’a toujours dit, les bataves, ça n’a pas d’ami, que des intérêts (bon, d’accord, c’est plutôt aux anglais que cette maxime s’appliquait à la base mais ça marche aussi pour les mangeurs de gouda) Il n’empêche, avec toutes ces idioties inventées par les hypocrites sur le commerce équitable, l’économie responsable (meuuuuh non, miss 400 je sais bien que c'est pas que des idioties, en vrai), toutes les world company ont décidé de prôner des valeurs (mais oui, ils en ont, figurez-vous, et pas uniquement centrée sur le double-digit et la marge, non, non) et pire encore des valeurs humanistes.
Beurk.
Et Walter, comme il est pas la moitié d’un âne, il a vite compris qu’il était temps de faire semblant comme les autres de s’engager dans ce noble combat qu’est la mise en valeur du capital humain.
Alors on a eu droit, comme vous tous, je l’imagine, à des journées solidarité pour les myopathes, les veuves de guerre, la lutte contre le concert, heuuu cancer, le tout joliment enrobé de tournois sportifs pour montrer qu’on n’est pas seulement humaniste mais sportif, en bonne santé, bref, des gens super, aussi super qu’un ricain nourri au céréales et aux steacks charal pur boeuf du Texas.
Hélas, depuis aussi, on a viré comme un malpropre l’ancien DG et mis à la place un super détergeant'man qui va faire le ménage, alias Léon le nettoyeur. Il était temps de montrer aux milliers de gens que possède Walter en France (mais pas pour longtemps grâce à Léon) que nous sommes tous une grande famille.
Et surtout démontrer que Walter n’est pas là que pour distribuer des torgnoles à ceux qui filent pas droit et crachent pas leur 20% de marge chaque année. Non, il est là aussi pour mieux nous connaître, apprécier dans sa globalité l’être humain que nous sommes, afin de – je cite – donnner l’occasion à chacun d’exprimer et de partager ses passions, ses talents, et de découvrir les richesses cachées de ses collaborateurs…
Ouaaah… là, tout de suite, je me sens vachement appartenir à une boite qu'elle a des valeur pour de vrai.
Alors comme on organise, ici et là, la fête des quartiers, Walter, il a eu une bonne idée : organiser la teuf des talents à walter.
Et on va tous se réunir sous le haut patronage – et c’est là que ça se corse alors accrochez-vous bien – de La Fédération pour la Recherche sur le Cerveau (c’est sûr, vu le nombre de COTOREP et autres débiles qui n’ont jamais été en quatrième, des recherches s’avèrent nécessaires question cerveau, je crains juste qu’à force de chercher, on finisse par trouver du pétrole), l'Association France Alzheimer, (compte tenu du nombre de vieux débris – la preuve, la dernière fois il m’a bien semblé croiser Pierre Bellemare dans l’ascenseur, c’est vous dire, ça me parait bien d'anticiper, effectivement), de la Fondation Française pour la Recherche sur l'Epilepsie (moi, je pense qu’à force de bosser ici avec Grominet, ça me guette un peu) et, enfin et non des moindres, de l'Association France Parkinson.
Allez, je sais, c’est facile de se moquer, après tout ça part d’une bonne intention, au lieu que chacun fasse ses trucs privés perso tout seul dans son bureau, on va tous se réunir pour le faire ensemble, par groupe de 1 à 8 personnes, c’est quand même sympa comme idée…
Sauf que. On est 1200, ici (ce sont les chiffres officiels du jour made in RH) et il y a 28 ateliers. Ça fait pas moins de 42 personnes par atelier… Si je fais un rapide petit produit en croix, en fait, ils tablent globalement sur un retour de 18% pour leur évènement majeur de l’année qui va tous nous cohésionner à mort… ou alors, ils comptent virer 976 personnes d’ici là…
07:40 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie de bureau, management, world company, multinationnale, valeurs, communication interne, humour
30.05.2008
les perles du jour by Grominet

Rassurez-vous, aujourd'hui, ce sera rapide et sans douleur...
J’ai eu le bonheur intense et la joie immense de me faire kidnapper inviter à déjeuner par Grominet ce midi. C’est qu’il a besoin de causer en ce moment, il est passé devant le tribunal des auditeurs (alors qu’il est en pleine négo pour sa transaction, c’est ballot quand même) figurez-vous. Et même qu’il était vaaaaachement content de lui et quand on lui a demandé qui était nos concurrents il a dit qu’on était à 20% de croissance chaque année, alors les concurrents, hein, franchement qu’est-ce qu’on se tape ! Surtout quand eux ils font 40% de croissance par an mais bon, y sait pas y comprend pas y veux pas entendre.
Bref, ce midi, il voulait a-bso-lu-ment me narrer ses exploits. Et parmi toutes les indubitables crétineries affligeantes que j’ai dû entendre en restant stoïque, pour toi, lecteur, j’ai noté le best of. Allez amuse-toi c’est gratuit, la blonde est d’humeur généreuse aujourd’hui, fais-toi plais', c'est ma tournée :
« la décision qu’il faudra être prise »
« les chefs de produits seront zaussi t’impliqués »
« dans une approche systémique grâce à des contacts en Europe je pense qu’on va faire des opportunités de business que l’édition n’a même pas idée »
« ça coûte l’œil de la tête »
« comme dirait chèquesspire, il y a un fruit pourri dans le schmillblik »
Mouais mouais, mouais… et devant nos amis auditeurs tu parles comme ça aussi ou c’est juste pour moi et mes lecteurs ?08:25 Publié dans In bed with Walter Krewure | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vie de bureau, problèmes de langage, management, chef, humour


