mercredi, 01 juillet 2009

Des fois, l'art m'emmerde

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Un matin, en attendant comme chaque matin sur le quai du RER, je tombe sur des pubs pour le musée du quai branleur Branly (je sais elle était facile mais j’ai pas pu résister)

 

Annonçant la « saison 2008/2009 » genre avec un programme et tout.

Genre viendez les gens, les sous, ça rentre pas trop en ce moment.

Ch’ais pas pourquoi mais ça m’étonne pas trop. (d’ailleurs étonnamment pour ces pubs-là, l’architecte, Jean Nouvel, n’a pas refusé que des photos de l’établissement soient montrées, sans doute qu’on a dû, pour cette fois, lui payer les droits d’auteur exorbitants qu’il réclame à chaque publication de photos de son œuvre. Non je ne préciserai pas que le musée a été financé par les contribuables et donc l'architecte aussi par la même occasion)

 

Et pourquoi ça m'étonne pas trop, me direz-vous ?

 

Je me souviens que lorsque le machin musée a ouvert, en bonne bobo fille curieuse de notre civilisation de gros cons je m’y suis précipitée. M’enfin, à l’époque, j’admets, j’étais au chom’du et à part la grande œuvre en cours de réécriture je foutais pas grand-chose j’avais tarif réduit dans tous les musée alors j’aime autant vous dire que je me suis fait la tournée des grands ducs.

 

Le concept de l’endroit étant, je cite « de créer une passerelle entre une approche ethnologique et une vision esthétique des arts premiers »

Je m'étais dit, à l'époque, il va sûrement y avoir plein de trucs tout vieux moisis que même dans un vide grenier personne n'en voudrait censés représenter l’évolution des traditions et des croyances au fil du temps et à travers les continents.

Et, je sais pas pour vous, mais moi, quand je me fais une expo ou vais dans un musée, au-delà de la sensation esthétique, j’aime bien apprendre, découvrir, comprendre ce que l’on me raconte (et c’est bien pour ça que l’art moderne et moi on n’a jamais réussi à construire une vraie relation parce que bien souvent j’ai l’impression qu’un truc m’échappe et quand un truc m’échappe j’ai l’impression d’être bête et j’aime pas avoir l’impression d’être bête)

 

Et quel meilleur endroit que ce nouveau musée pour apprendre et comprendre, me suis-je dit ?

Eh ouais, c’est que j’ai de la suite dans les idées pour une blonde…

 

 

Qu’apprenons-nous ?

 

Heu bin que là, le masque, c’est un masque (ouf, j’ai eu peur) de la tribu Gumarro (c’est un exemple, hein, en vrai la tribu Gumarro je crois que ça n’existe pas mais je suis pas allée vérifier sur gougueule) vers 452 (super) du continent pacifique sud-est-tournez-à-gauche-après-la-gare. Super. And so what ?

Y faisaient quoi, les gumarro dans la vie ? (y z’avaient une Amex ?) et leurs voisins, c’était qui ? Y s’entendaient bien ? Y sont devenus quoi ?

 

Bin ne vous posez pas la question parce que vous n’aurez jamais la réponse. Par contre des descriptifs inconsistants qui ne vous apprendront rien, vous allez vous en farcir. Une fois de plus, voilà un endroit célébrant le snobisme intellectuel et culturel dont tout le monde dira que c’est génial de peur de passer pour un con inculte.

 

M’enfin bref. L’endroit est certes très staylisé tout ça, mais ne comptez pas trop nourrir votre soif d’apprendre et de comprendre. Alors la méga campagne de pub Saison 2009 au quai Branly, ça n’est pas fait pour me surprendre, à mon avis, ça ne doit pas être le musée le plus fréquenté du monde…

 

 

Sinon, vous pouvez toujours aller manger une salade au café Branly, juste à côté. C’est cher, pas meilleur qu’ailleurs mais vous vous ennuierez peut-être moins…

 

 

jeudi, 19 février 2009

Les mille et une sombres pensées qui traversent l’esprit des blondes pendant les trajets en métro

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Pour vous, mes amis provinciaux, tout ceci relève du mythe : transport en commun ? Koicé ?

 

 

Et d’ailleurs, ça vous fait toujours rire, vous, vous n’avez pas ces problèmes ou si peu. (au fait, Blackmilk, ça y est, ils ont installé l’eau courante chez toi ?) Et c’est bien fait pour ces cons de parisiens qui ont choisi de s’installer dans cette ville où s’entassent déjà bien trop de monde, où tout est pollué, sale, où tout est hors de prix.

Oui, je vous l'accorde, c'est bien fait et suroutc'est dans l'ordre des choses : nous on a le Bon Marché. Et il faut bien le mériter.

 

Et sachez que pour le mériter, je le mérite.

 

Parce que chaque jour, il faut que je me fade les transports en commun pour rejoindre mon tendre bienaimé, alias Oualter.

Parce que Oualter, il y a deux ou trois ans (quand j'étais pas encore maquée avec lui) il a décidé qu'il ne voulait plus habiter Paris, ça lui plaisait plus vraiment. Il préférait se déplacer en banlieue pour avoir une plus grande maison qui réunirait toute sa famille mais sans chien (quoique) ni jardin (un bout de pelouse pourrie, ça compte pas) par contre avec quelques rats (mais ça, c’était pas prévu à l’origine et nous en reparlerons plus tard).

Et chaque jour, de bonne humeur ou pas, de nombreuses mauvaises pensées me traversent l’esprit à l’encontre de mes congénères parisiens.

Mais c’est pas de ma faute.

Non, c’est parce que les usagers – comme on dit – ils sont pas toujours bien élevés (et promis, je dirais pas que souvent, les pires sont les provinciaux en goguette)

Bin oui.

Parce que les gens, souvent, ils ne pensent qu’à leur gueule et pas (mais alors surtout pas) à celle de tout le monde et encore moins à la mienne.

Par exemple ?

Pfiouuu ! y’en a plein des exemples !

La preuve :

 

Le gros cul qui lambine et fait tout pour vous empêcher de doubler

Il est plongé dans la lecture d’un Harlequin (ou de vingt minutes) ou branché sur son blackberry, ou en train de rédiger un SMS et comme son cerveau à un neurone l’empêche de se concentrer sur deux choses à la fois, il se dandine devant vous, zigzague d’un côté à l’autre du couloir de correspondance, marchant à deux à l’heure, vous empêchant de passer alors que vous êtes, vous, pressés. Et ne vous avisez pas, ne serait-ce que de l’effleurer malgré vos acrobaties pour l’éviter, vous vous ferez incendier. Dans ces cas-là, je marmonne intérieurement « tu vas te bouger ton gros cul oui ou non ? » et parfois même je bouscule (un peu) intentionnellement. Un jour j’arrêterai de le marmonner tout bas et ça sortira – bien malgré moi – tout fort. Et qui sait, je me prendrai peut-être une mandale.

 

Le flemmard qui, affluence ou pas, va TOUJOURS s’adosser à la barre centrale

Là où on se tient pour éviter de valdinguer sur les autres passagers en cas d’arrêt un peu brutal ou de tangage. Vous aviez déjà la quenotte accrochée à la barre ? Pas grave ! Il vous l’écrase sans sourciller. Vous essayez de trouver une place où vous accrocher malgré tout ? Il trouvera bien le moyen de se déplacer pour vous déloger. Là, mon seul recours c’est de bien faire saillir mes phalanges histoire de les planter dans les côtes du malotru mais ça n’a jamais vraiment bien marché. Parce qu’il s’en fiche lui, il est bien adossé, il peut bouquiner comme ça lui chante.

 

Celui qui ne lit que dans le métro

Aussi, en cas de surpopulation dans la rame, ce qui n’arrive jaaamais, soyons bien d’accord, il est hors de question de renoncer à Direct Soir (l'usager pénible lit souvent des canards qui n'en méritent même pas le nom, sachez-le, c'est livré avec le pack) si vous êtes juste devant, tant pis si sa feuille de chou vous tombe pile dans la tronche. La seule solution, radicale, je vous l’accorde, c’est de profiter d’un moment de secousse pour vous laisser tomber sur la dite-feuille de chou histoire de la déchirer. J’ai jamais testé mais je crains que ça ne provoque l’ire du lecteur assidu qui retrouvera du même coup le sens de la propriété alors qu’il s’apprêtait à laisser tomber la chose par terre à la station suivante car c’est là qu’il descend et qu’il n’en a plus besoin. Il ne vous restera plus qu'à prendre votre air le plus innocent (et greluche) en disant que vous êtes vraiment navré(e)... les plus téméraires pourront tenter un aïeuuuuuh bien senti, mais là, je garantis pas que ça passe.

 

Le peureux qui angoisse à l’idée de ne pas pouvoir sortir lorsque ce sera son tour.

Ça fait dix stations qu’il est là, accroché comme une moule à son rocher sa barre près de la porte. Il empêche les gens de descendre, les gens de monter, mais il est hors de question qu’il se laisse déloger. On sait jamais, il pourrait tomber sur un gros lourd comme lui à la station suivante et ne plus pouvoir descendre, ou alors descendre pour laisser ceux qui sortent le faire sereinement mais là non plus, on sait jamais, sournoisement le conducteur pourrait refermer les portes sans prévenir personne et crac, il reste sur le quai à vie, car c’est bien entendu, des métros, il y en a un le matin à 8h et un le soir à 21h, aucun entre les deux. La solution ? Un peu agressive mais donnant de bons résultats. S’il vous bloque la sortie un PARDON sonore (si le premier n’a pas été entendu, évidemment, inutile de se comporter comme un rustre parce qu’on est entouré de mal-élevés) avec une petite bousculade si nécessaire, en général, ça le fait un peu bouger et ça soulage. A l’entrée ? Ne pas avoir peur de se mettre juste devant lui et de bloquer la barre de votre épaule en prenant un air dégagé. Pareil, c’est vilain mais ça soulage et, en général, le fait bouger.

 

Celui qui fait comme si vous n’existiez pas et compte vous marcher dessus dans une seconde

C’est bien connu, les transports en commun c’est comme dans une salle de classe, les meilleures places sont au fond. Ça ne sert pas forcément à grand-chose de bourrer tout le monde pour essayer de piquer une place assise à une mamie (en plus c’est mal), pas plus utile de se ruer sur un strapontin, il y aura toujours un petit malin pour chercher à se mettre dans la travée et vous coller son sac en pleine poire.

Le mieux, en vrai, c’est d’aller tout au fond, contre les portes qui donnent sur le quai d’en face. Vous serez certes debout quoi qu’il arrive (et est-ce vraiment un drame ?) mais vous pourrez vous appuyer contre la porte sans écrabouiller la moindre petite main et même, qui sait, ouvrir un bouquin. Dans ces cas-là, il y a toujours un petit rigolo qui va chercher à vous éjecter, soit en se collant pile contre vous, soit en s’approchant, de dos, le plus près possible. Alors c’est sûr, la promiscuité avec des inconnus, à la base, j’ai jamais aimé mais dans les transports, avec le temps, on s’y fait.

Pour autant y’a des limite. Et risquer de me prendre quelqu’un dans la poire à chaque secousse, avoir le manteau d’un grand con qui me chatouille le front toutes les trente secondes, ça me tape sur le système. En général, y font pas exprès, je suis petite, ils sont grands, ils n’ont même pas remarqué que j’existais. Seule solution pour leur signaler ma présence ? Sortir un bouquin et ne pas hésiter à le lire d’un air innocent, tout en dirigeant bien l’arrête de la tranche du dit bouquin sur le dos du malappris, en général, il retrouve vite une notion réaliste de ce qu’est son espace vital et, plus important, le mien.

 

Les vieilles feignasses qui refusent de se lever de leur strapontin même lorsqu’on est 200 dans 3m² (comment ça j’exagère ? si peu)

Je sais, j’ai mis au féminin mais il faut quand même dire que c’est majoritairement un sport de femme. Et rien ne leur fera réaliser qu’elles se foutent un peu du monde car au fond, elle le savent mais c’est pas leur problème, seul importe, là, maintenant, leur confort personnel (c'est que faire de la rétention d'eau, c'est douloureux) et si elles ont décidé de rester assises même si ça implique d’imposer des figures acrobatiques à leur voisins et zines direct(e)s c’est pas grave. Et là, j’aime autant vous le dire, rien n’y changera, depuis le regard accusateur noir jusqu’à la remarque polie mais ferme, elles resteront quoi qu’il arrive le fessier vissé à leur bout de tissu (ou de skaï). Bon par contre, juste histoire de rigoler, si vous êtes à côté d'elles, un petit coup de sac dans la tête hop sans faire exprès l’air de rien, ça change rien mais ça fait jamais de mal. Mais chut, dites pas que je vous l’ai dit.

 

Le grand dépendeur d’andouille qui a des vers.

On est tous tassés comme des sardines, il a mis un quart d’heure à comprendre que s’il enlevait son foutu sac à dos qui écrase tout le monde ce serait bien urbain de sa part mais en plus, au lieu de rester tranquille à sa place et évitant de bousculer les autres, il a la bougeotte, genre comme des puces ou des vers. Son téléphone vibre, avec fébrilité il va le chercher dans toutes ses poches en donnant des grands coups de coude dans tous les sens. Son manteau lui tient chaud, il va d’abord gigoter pour l’ouvrir puis finalement décider de l’enlever sans la moindre économie d’amplitude de mouvement pour ce faire, vous l’aurez deviné, sinon c’est pas drôle. Là, moi j’ai pas de solution, à part beugler un "Aïe !!!!" très sonore pour attirer l’attention de la foule compatissante sur le petit être délicat que je suis tout en me tenant, l’air agonisant, l’œil/la joue/la tempe. Des fois ça marche bien.

 

Le sale qui pue

Il y en a toujours, partout, pour considérer que le déo, la douche (et le savon j’en parle pas, y connaissent pas) tout ça, ça ne sert à rien. Résultat, ça sent tellement pas bon qu’on a envie de vomir direct son café du matin ou son Ruinart de la veille c’est selon pas vraiment la rose.

Et là, c’est méga stratégique, parce que de la même manière qu’il est trop tard pour s’échapper en courant quand les hordes de moutards braillards envahissent la rame, le Quipue se met toujours à côté de vous quand vous êtes déjà assis. Donc soit vous vous bouchez le nez, soit vous changez de place mais c’est pas très poli, soit vous restez stoïquement où vous êtes en prenant le risque – en prime – d’être soupçonné d’être celui qui pue par les autres voyageurs.

Pas de quartier, les enfants, quand ça pue, ça pue, mieux vaut sonner la retraite et quitter sa place, tant pis pour la bienséance et la discrimination, il s’agit en ce cas d’un droit de retrait totalement autorisé, c’est sûrement pas un juge du fond qui vous contredira.

 

Le tueur en série qui s’ignore

Il a un parapluie à la main. C’est son signe distinctif. Vous savez ces longs trucs se terminant par une pointe acérée au bout. Et il trouve souvent vachement drôle, dans les escaliers, alors que vous êtes pile derrière lui de jouer à le balancer d'avant en arrière pour rythmer sa pénible ascension. Et là, les amis, c’est votre vie qui en dépend car au choix ce sera dans l’œil, au milieu du front, dans la gorge que la pointe finira sa course. Alors une seule solution, ne pas rester derrière lui.

(NB : lui faire un croche patte en le dépassant ne se fait pas)

 

La jolie blonde qui a l’air sympa

Bon, je vous l’accorde, elle est sûrement plongée dans un bouquin vachement intelligent, parfois même elle a un MP3 vissé aux oreilles (mais attention aux blagues graveleuses entre copains, elle est susceptible de vous entendre parce qu’il n’est pas toujours en marche) parfois, elle est un peu de mauvais poil et peut sembler genre plutôt pas aimable. Mais si vous lui offrez une bague un vingt plaques, elle engagera sûrement la conversation avec vous (bon, établir le contact sur le bouquin qu’elle lit, ça peut marcher aussi, mais chut, c’est un secret)