18.06.2008

Parce que pour écrire, il faut souvent lire

écrivain2.jpgAmi lecteur, une fois n’est pas coutume, je vais solliciter ton aide.

Même si j’ai reçu 15 lettres de refus plus ou moins aimables de maison d’éditions respectables, je m’obstine, je commence la deuxième grande œuvre.
Bin oui. De toute façon, j’ai pas d’ami, pas de mec, aucune vie sociale, faut bien que je m’occupe le soir, mince alors. Et j’aime pas le sudoku, alors j’écris.

Le sujet de la nouvelle grande œuvre, c’est sur le triangle amoureux (attention, j’ai pas dit triolisme, on se calme)
Genre ça parlerait d’une fille qui a préféré la stabilité et un mec gentil un jour à une vie agitée avec un type qu’était pas toujours très sympa avec elle. Et puis un jour, elle recroise son ex et puis crac, elle a une aventure, tout ça, tout ça. (aucune ressemblance avec ma vie, je tiens à le dire, j’écris pas des histoires pour parler de moi forcément)
Jusqu’ici, rien de très original, je vous le concède, mais je m’en fiche. Moi, le sujet m’intéresse (et puis je vous ai fait le pitch en version très édulcorée, vous vous doutez bien que Jean-Paul H, depuis qu’il a lu la première grande œuvre, il surveille mon blog de près pour me piquer mes idées et les donner à un nègre qui écrirait tout à ma place, tellement il a trouvé que mon histoire elle était super mais que j’écrivais comme un pied) voire même, il me fascine total.

Bin oui, moi, tromper un mec, c’est pas envisageable, c’est pas dans mon pack de base, je sais pas faire. Rien que l’idée de jouer un quart de mini poil l’allumeuse avec un autre quand je suis en couple ne me vient pas à l’idée (ça veut pas dire que dès que je suis en couple, j’arrête de chercher à être séduisante, hein, je vous vois venir, c’est juste que je concentre mes efforts sur mon mâle) et si jamais un autre devait me draguer, je me sentirais immédiatement coupable d’un crime que j’ai même pas commis. Bon ok, je sais, la culpabilité, chez moi, c’est super facile à provoquer, mais quand même.

Qu’est-ce que je disais, moi déjà ?
Ah oui, je veux écrire un truc sur l’adultère alors que :
1/ ça m’est jamais arrivé
2/ je suis sûrement incapable de le vivre un jour (déjà, pour ça, faudrait que j’ai un mec)

Même la plus blonde d’entre vous comprendra aisément que ce n’est pas sans poser de problème. Qu’est-ce qu’on ressent quand on a une vie secrète ? Comment ça arrive ? Quelles sont les conséquences ? Comment on y met un terme ? J’en passe et des meilleures.

Alors c’est sûr, je pourrais en discuter avec des gens mais dans mon entourage mais la seule personne qui ait eu une liaison prolongée, c’est un homme et c’est justement pas le point de vue d’un homme dont je veux causer, c’est celui d’une femme.

Pour l’instant, histoire de nourrir mon inspiration, je me suis tapée un pauvre essai sur les innombrables avantages des liaisons (lecture qui a fortement choquée une petite vieille dans le bus un jour) un roman qui le traite de façon secondaire (Les charmes discrets de la vie conjugale) un autre roman qui m’a grave laissée sur ma faim puisqu’il ne se passe rien, à peine si on ressent vaguement un trouble entre les protagonistes en plus c’était écrit trop z’horrible avec des incises dans tous les sens, on comprenait jamais rien) et un dernier, Love, etc, qui est plutôt bien foutu, qui m’a certes bien plu mais laissée sur ma faim.

Alors j’en appelle à votre sens littéraire, les amis, je suis sûre qu’au fond de vos mémoires, ou de vos bibliothèques, se cachent des romans que j’ai pas lu (ou que je devrais relire) parlant du sujet.

Attention néanmoins, il y a des conditions restrictives :
-          Flaubert, Stendhal, comme j’ai déjà dû le dire, je connais, et j’aimerais éviter le poncif habituel de la femme punie parce qu’elle a fauté (cela étant, je pense que je vais quand même me relire Emma Bovary pour la route)
-          Si possible, écrit par une femme pour avoir son point de vue en tant que femme (et pas un jugement de valeur d’un homme qui se sait potentiellement cocu) mais le point de vue d’un homme en tant qu’homme trompé n’est pas rédhibitoire même si c’est pas complètement l’objet du débat.
-          Si possible quelque chose d’un peu actuel mais c’est pas une absolue nécessité
-          Et puis sinon, si vous avez de bons livres lus récemment à me conseiller, n’hésitez pas, c’est toujours bon à prendre.
Bon, c'est évident, maintenant, si vous avez une histoire personnelle à raconter, n'hésitez pas à le dire, on en discute par mail.
 

A vos com’, prêts, partez !

18.02.2008

Non, non, non, je ne suis pas un boulet, un peu handicapée c’est rien

La grande œuvre, on y est !

La preuve, dans ma todo list de dernière ligne droite, j’ai :
- Achevé les ultimes correc à reporter sur la dernière partie,
- Trouvé un titre, sinon intelligent du moins racoleur accrocheur,
- Résisté à l’envie de tout relire et donc de faire encore des milliards de changements,
- Réussi à pondre des textes pour présenter et résumer l’œuvre,
- Rédigé 16 lettres d’accompagnement personnalisées (mais oui) pour chaque maison d’édition en fonction de leur ligné éditoriale affichée (sauf Gallimard, j’ai un peu séché, parce qu’il n’y en a pas vraiment, Gallimard, c'est Gallimard),
- Réussi à passer (grâce à une honteuse ingénieuse trafiquerie de mise en page) de 190 pages à 150 en loucedé.

J’avais fait le plus dur.
Il ne me restait plus qu’à :
1/ L’imprimer en 16 exemplaires (en utilisant l’imprimante de Walter K. je sais, c’est moche mais j’assume)
2/ Relier la choses
3/ Mettre sous plis mes 16 courriers.

Ça a l’air simple comme ça, non ?

En réalité, ça ne l’a pas vraiment été.

J’ai dû attendre un peu pour trouver un moment de calme et lancer les impressions sur le copieur (parce que ça va plus vite et sur mon imprimante perso, outre que c’est moins rentable, en une impression j’aurais vidé ma cartouche et j’en avais quinze derrière à faire, on n’était pas couché et les informaticiens auraient trouvé ça louche et le service achat n'en parlons pas)

Je sais pas pourquoi, depuis la rentrée de janvier, tout le monde se casse à 18h au plus tard. Je me disais, tranquille le chat, vers 18h30/19h grand max, je peux lancer les rotatives à plein régime.

Evidemment, le seul soir où je pouvais me permettre de rester tard au boulot, les gens ont décidé, justement ce jour-là exactement de rester jusqu’à 20h. Bande de salauds. Il était hors de question de remettre alors j’ai attendu que le gros de la troupe se casse et vers 19h, lancement des premières impressions. Inutile de dire que je me suis tapée un ou deux sprint vers la salle du photocopieur en voyant des gens en prendre dangereusement le chemin.

Evidemment toujours, alors qu’un exemplaire était en cours de sortie, il a fallu que mon boss officiel – et non réel, un jour je causerai des organisations matricielles – se pique d’aller faire une photocop tout seul quand en général, il lui faut quatre assistantes pour ça.

Bouuuh !

Retiré in extremis la chose avec son titre tapageur avant le scandale (et l'apoplexie de ce brave homme) l’ai rapatrié en quatrième vitesse dans mon bureau.
Vers 20h30, j’ai renoncé, il m’en reste encore 4 à lancer. Courage !

Dans la foulée, alors que tout le monde est parti, j’en profite pour faire des repérages près de la machine à relier. Je monte et baisse la manette à plusieurs reprises sans que rien ne se passe. Je sais que c’est pas gagné sans un cours particulier. Pourquoi j’ai jamais fait de stage photocopie à la con, moi ?!

Le lendemain, après quelques hésitations, je prends mon courage à deux mains et demande la leçon particulière de reliage nécessaire. Mon assistante gentille propose de s’en occuper elle-même. Je lui explique que bon, elle n’est pas à mon service et puis que je suis une grande fille, suffit juste de me montrer et puis que de toute façon, c’est pas vraiment tout à fait complètement pour le boulot.

Et vu ce qu’il y a de marqué sur la page de couv' je pense qu’elle aurait pu le deviner toute seule… Elle ne fera aucun commentaire et pourtant, elle aura eu vingt fois l’occasion de lire le délicieux titre… qui a dit que le sens de la classe était mort ?
Premier problème : la relieuse ne prend pas mon doc, il est trop z’épais. Fuck de chierie, ça commence bien. Tant pis, me dis-je, j’irai acheter des attache parisienne et hop, ni vu ni connu je t’embrouille, je vais pas y passer trois ans sur cette histoire.

Mais ma gentille assistante n’est pas du genre à laisser filer, elle propose une autre solution, le « grille-pain » !!!!

Ça vous épate, hein ?

Moi aussi, je vous rassure. En vrai, c’est simple, c’est une machine qui fait du thermo collage : comme quand on colle des images rigolotes sur son jean pour planquer un raccommodage sauf que là, ça fait un genre de dos carré collé pour pauvres.


Après quelques hésitations et manipulations hasardeuses, j’y arrive enfin.

Ouaiiiis ! Première étape de faite, passons à la mise sous plis (après, faudra que je finisse quand même un jour d’imprimer ce qui reste mais passons)

Gentiment, je vais farfouiller dans les fournitures (je sais c’est mal) pour chopper des enveloppes. Pas de bol, toutes celles avec des fenêtres pour pas avoir à réécrire l’adresse, elles sont estampillées walter krewures.

Qu’à cela ne tienne, je vais en prendre une sans fenêtre, je re-noterai l’adresse à la main sur le kraft, je suis pas du genre à me laisser déstabiliser par des riens, moi.

Contente de moi, je retourne dans mon bureau avec mon stock d’enveloppes et commence à reporter plusieurs adresses avant de suspendre mon geste…

Je sais que notre catalogue pourri de cette année qui est pourtant un peu gros il rentre mais c’est peut-être plus épais que 150 pages de niaiseries thermocollées, et si je vérifiais, comme ça, juste pour être sûre ?

Je fais un test et… fuck, fuck, fuck et re-fuck !!!! ça rentre pas !!!

Finalement, j’ai pris une semaine de délai dans la vue (ça devait partir la semaine dernière) et il me reste toujours mes quatre exemplaires à imprimer.

Courage. J’ai des enveloppes, j’ai marqué l’adresse dessus et ce soir, j’imprime ce qui reste et je les passe au grille-pain dans la foulée.
Demain, direction la poste.

Après, j’aurais plus qu’à me mettre au prochain sans penser à la magistrale veste que je vais me prendre avec celui-là.

A l'heure où ce billet est diffusé, tous mes envois sont partis après une expédition punitive à la poste, accompagnée par des gros bras. Cela fait une semaine que c'est arrivé chez les éditeurs et j'ai reçu deux accusés de réception du manuscrit... Mais pas de coup de fil essouflé d'un éditeur qui me dirait "j'ai lu votre roman toute la nuit, j'en peux plus c'est trop génial, il y a un truc avec hollivoude, je le sens..."

Je me suis donnée trois semaines. Au delà de ce délai, même si les circuits sont super longs dans les grandes maisons, je pense qu'on pourra raisonnablement estimer que c'est plié...