17.03.2008
Je suis un boulet mais j’assume
D’abord un peu hésitante – qui dit week-end à deux (et surtout Rome) dit complications sexuelles possibles et moi j’avais pas très envie de recommencer les mêmes boulettes que l’année dernière s’amuser à du sexe sans conséquence avec un ex, parce qu’il y a toujours des conséquences, justement – j’ai fini par dire oui, aussi sur un coup de tête, Rome, ça m’a toujours fait rêver, alors c’est quand même idiot de passer à côté, je suis une grande fille et je sais dire non si je ne suis pas d’accord.
Départ prévu : vendredi 14 mars.
Les semaines précédentes, je saoule tout le monde avec mon prochain week-end à Rome, la veille j’en rajoute des caisses pour écœurer mes collègues (avec succès) je refuse même une réunion avec Grominet 1er parce que non, ce vendredi je suis pas disponible, gros nase, et tant qu’on en parle, d’ailleurs, je ne suis pas à ta disposition tout court.
Bon, je vais passer sur les quelques complications la semaine avant le départ et quelques petits minis éclats entre scootman et moi qui ont failli donner lieu à l’annulation pure et simple du oui-kend. Comme en témoigne mon billet de vendredi rédigé Scootman me prouve le mercredi ou le jeudi, je ne sais plus bien, que les hommes avec de la classe et du savoir-vivre existent et c’est une constatation qui me laissera sans voix.
Jeudi. La veille du départ je passerai une super soirée d’inauguration du salon du livre à causer des heures avec des écrivains confirmés ou tout juste édités, j’aurais l’impression de faire partie de ce monde très fermé, apprendrai plein de petits trucs, ne ressentirai pas, pour une fois, ce vague malaise dû à la prétention condescendante que tout éditeur ou auteur se croit obligé d’afficher en permanence, comme la preuve incontestable de son maigre talent, non, que des gens passionnants et passionnés, discutant avec candeur de l’écriture, la littérature, leur petit truc, s’intéressant au reste du monde comme des gens normaux. A la suite, je verrai un très bon film Les heures d’été, rentrerai chez moi hyper contente et sereine.
Vendredi. C’est une journée marathon qui s’annonce. Le matin je fais des trucs de filles qui ne feront qu’accroître ma bonne humeur, je rentre chez moi vers midi, il est temps de faire ma valise. Evidemment c’est une activité qui demandera du temps et quelques sacrifices mais c’est bouclé rapidement, je suis prête à 14H30. Je dois décoller de chez moi une heure plus tard, pas de souci. Je range mon appart, tout est en ordre, 15H30, je ferme ma porte et prends le chemin du métro.
Première ligne de métro, des cafouillages. Comme je suis une stressée de l’horaire, cela me perturbe bien un peu mais je me rassure en me disant que j’ai pris une grosse marge, ça devrait passer . L’enregistrement se termine à 17h20, j’ai deux heures pour arriver, faut pas charrier, le site de la RATP m’annonçait soixante minutes.
16h05 : j’arrive sur le quai du RER, des portes se referment, convoyant un troupeau vers… Charles de Gaulle. Bien joué, le prochain n’est que 20 minutes plus tard. Rapide calcul mental, il faut environ 40 minutes pour arriver jusqu’à l’aéroport, tout va bien, les enregistrements de bagages sont clôturés à 17h20.
16h25 : je dans le RER en direction de l’aéroport, je vérifie nerveusement mon terminal sur mon billet électronique pour la centième fois devant l’œil amusé d’autres voyageurs qui prennent sans doute l’avion plus souvent que moi. Bin ouais je suis une péquenaude et alors ?
16h40 : bon, on n’est qu’à Gare du nord, là, il le fait exprès de se traîner ou quoi ???
16h50 : Le bourget. C’est pas vrai, à tous les coups il va falloir que je coure comme une dératée pour ne pas louper l’enregistrement de ma valise, c’est pas que ça m’ennuie de la prendre avec moi mais leurs restrictions à la con sur les liquides, forcément, ça complique tout.
16h55 : ah, ça s’accélère enfin, on va peut-être y arriver. Je décide de ne plus regarder ma montre, advienne que pourra…
17h07 : ouaiiis, on vient de passer Aulnay sous bois et… de s’arrêter mais pas à une station. Je suis blanche de stress.
17h15 : le conducteur nous annonce que suite à un problème technique, nous allons stationner quelques minutes merci de notre compréhension. Me remercie pas connard, moi je comprends pas du tout, enfin si, je comprends que l’enregistrement des bagages pour moi, c’est mort. Je revérifie mon billet pour la millième fois : le dernier appel à 17h30. Je sens qu’il va y avoir une course terrible dans les couloirs de l’aéroport moi.
17h20 : toujours stationnée en rase campagne, je suis en train de faire le deuil mentalement de mon shampoing, mon gel douche et ma crème nivéa. Je me dis que j’ai juste été rudement maline de prendre des lingettes démaquillantes au lieu de l’attirail habituel que je me traîne.
17h22 : restons zen, j’ai toujours été une tarée des horaires, avoir une minute de retard me rend malade, c'est tout, je vais pas rater mon avion, c'est pas possible j'ai jamais loupé un train ni un avions de ma vie (enfin, un train une fois mais c'était un lendemain de fête et je voulais pas vraiment rentrer chez mes parents, alors ça compte pas).
17h23 : est-ce que rejoindre l’aéroport en une minute est concevable ? On n’est plus très loin, là, je reste persuadée que je n’ai manqué que l’enregistrement et calcule combien de temps il me faudra pour virer les produits liquides de ma trousse de toilette pour pouvoir rentrer quand même dans l’avion.
17h40 : le RER s’arrête dans le bon terminal (le dernier pour ne rien gâcher) et je bondis du wagon avec ma valise et cavale dans les couloirs. L’avion décolle à 17h50, tant qu’il n’est pas 17H50, je me persuade que j’ai encore une chance.
D’ailleurs, sur la panneau, mon vol est bien indiqué avec « embarquement » qui clignote, ça veut sûrement dire qu’il n’est pas trop tard.
17h48 : j’arrive essoufflée pour les enregistrements express, tente de resquiller pour passer en premier, le monsieur regarde l’horaire sur mon billet électronique, puis sa montre
« il est 17H55 ma petite dame, votre avion est déjà parti » avant de désintéresser de mon petit cas avec un mépris ostensible.
Je rebrousse chemin, cherche un bureau de vente Air France. Evidemment, il n’y a pas de place pour le prochain et si je veux partir c’est samedi, à midi… pour un retour le dimanche…
Alors je n’ai pas passé un mauvais week-end, hein. Je suis allée à la mer, je me suis baladée sous le soleil, je suis allée voir un film, mais comment dire… J’ai noté comme une récurrence à entendre parler de Rome pendant deux jours, à la télé, dans les restaurants, au ciné, dans le roman que je suis en train de lire…
Mais comme l’a dit scootman, c’est pas grave, j’irai quand même et avec mon chéri, cette fois et je louperai pas mon avion. En plus, Rome, sur la ligne deux, j' ysuis déjà allée plein de fois.
10:56 Publié dans 24h de la vie d'une blonde | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rome, voyage, transports, blabla de fille, chance, avion raté, humour


