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31.10.2007

La bonne blague du jour

Ce matin, fait inhabituel, j'étais en avance pour aller bosser. J'ai, comme toujours, un peu de mal à ouvrir la porte. Elle « racle » un peu depuis quelques jours, impossible de savoir pourquoi, mais bon, j’ai l’habitude de me bagarrer avec des trucs qui marchent pas, donc je me suis pas plus appesanti que cela sur la question jusqu’ici.
Je sors et tire la porte derrière moi pour la claquer avant de la fermer à clé.
Sauf que.
Sauf que voilà, j'ai beau tirer, ça bloque : elle ne veut pas se fermer.
Bin mince, alors il ne manquait plus que ça ! Bon, c’est pas grave, on va recommencer. Non, toujours pas. Comme je suis une enfant de windows pour qui il suffit de redémarrer la bécane pour que ça fonctionne, je rentre chez moi, pour essayer de l’intérieur. Voilà, tiens, tu feras moins la maline quand je t’aurai matée, sale petite porte impudente. Hopla, un grand coup d’épaule, et… scccccrfff. Bon, on progresse, mais c’est toujours pas ça. C’est pas ce que j’appelle une porte fermé, même si ça en a les apparences.
Tellement les apparences que lorsque je veux la rouvrir pour réessayer de l’extérieur et bien… comment dire… je n’arrive pas à la décoincer !  Je tempête un peu, jure deux ou trois très vilaines choses pour lesquelles je brûlerai très certainement en enfer, m’énerve… Rien n’y fait.
Très bien. Tu veux la jouer comme ça ? pas de problème, tu vas trouver à qui parler !
J’enlève mon manteau, mon sac, mon collier et retrousse mes manches, m’y prends à deux mains et tire de toutes mes forces… Rien !
Forcément. Quand on bourrine une porte à coup d'épaule, ça fonctionne bien mieux que lorsqu'on essaye de l'ouvrir en tirant dessus, même avec toute la force de ses petits biceps de déménageuse.

Que faire ? Qui appeler à l'aide ?
Là, je commence vraiment à paniquer. Comment fait-on, quand on est enfermé chez soi ? On attend patiemment de crever tout seul ? En plus, j’ai même pas d’alcool-la-fête-est plus-folle pour passer le temps !
Bon, c’est pas grave, soyons méthodique. Si ça se trouve, y’a un truc qui bloque en bas ou en haut. Je regarde aux deux endroits, mon tournevis à la main, prête à déloger l’infâme objet qui se serait glissé subrepticement pour me pourrir la matinée. Rien des deux cotés : je vois le jour à travers.
Non, ça vient de la porte qui a mystérieusement gonflé pendant la nuit. Cette petite morue des bas quartier a profité de mon absence pour se faire engrosser par le premier venu ou alors elle fait de la rétention d’eau.

8h30. Miracle, une dame sort de chez elle. Je tambourine contre ma porte en miaulant un pauvre "s'iiiiil vous plaaaaaaait !!!!" paniqué.
Evidemment, cette enfoirée ne fait aucun geste me prouvant qu’elle m’a entendue. Si elle prend l'ascenseur sans broncher, je jure que je tape une crise de nerfs, là maintenant, tout de suite, et même que je serai capable de pousser des hurlements de démente en m’arrachant les cheveux. De toute façon, j'en suis déjà pas loin, donc il ne m'en faudra pas plus pour y arriver.
Finalement, si, elle tourne la tête, je crie de plus belle :
"je suis enferméééééée chez moi, aiiiiiiiiidez-moi !"
L'absurdité de ce que je suis en train de dire me traverse bien l'esprit mais j'ai pas trop le cœur à rigoler, là. De toute façon, être pathétique, c'est mon fond de commerce, alors allons-y gaiement !
Elle s'approche... demande "que se passe-t-il ? je n'entends pas" ... mais s'adresse à la mauvaise porte, celle des voisins (la scène en format judas a quelque chose de surréaliste, c’est moi qui vous le dis…)
"noooon, je suis en face, EN FACE !!"
Elle tourne la tête vers ma porte. Merci petit Jésus, j'existe, on regarde ma porte, on m'a entendue !

"qu'est ce que voulez que je fasse ?" me demande-t-elle pleine de sollicitude
"ma porte est bloquée, et je n'arrive pas à l'ouvrir de l'intérieur, est-ce que vous pourriez pousser ?"
Elle essaie, n'y arrive pas.
Je vois arriver le moment où, même avec son aide, cette foutue sacrée nom de dieu de porte va rester comme ça, à moitié ouverte mais me retenant quand même prisonnière chez moi contre mon gré. Finalement, en conjuguant nos efforts, elle qui pousse et moi qui tire, on arrive à l'ouvrir.

Je me confonds en remerciements plein de soulagement. Je regarde sur la serrure en m'interrogeant tout fort sur les raisons qui poussent cette satanée porte à ne pas vouloir se fermer.
"heuuu, oui, mais je dois y aller, là, je vais louper mon train sinon" enchaîne-t-elle rapidement en s'éloignant sans demander son reste. Bon, je viens de vivre un grand moment de solitude, là, j’aimerai vraiment qu’on me témoigne un peu de chaleur humaine (et pour une fois…) mais je vais pas la détester de m’abandonner lâchement. Déjà, elle vient de me libérer alors je vais la tirer furieusement par le bras pour l’attirer à l’intérieur de l’appart avant de claquer le plus violemment la porte possible pour qu’on soit deux bloquées à l’intérieur cette fois. Mon envie de suicide m’a quittée.

Et puis il reste le gardien. Je vais lui demander de l’aide, c’est un homme, il va trouver une solution, c’est certain. Coup de chance je le croise dans le hall d’entrée. Je lui saute dessus, à ce pauvre brave homme. Il aura sûrement une idée pour me dépanner.
Il en a une, oui.
Mais pour revendre ma voiture qui est stationnée à la même place dans le parking de l’immeuble depuis trois mois. Ah non, alors, c’est pas le moment !

"Heuuu, en fait, j'ai un problème, avec ma porte : elle refuse de se fermer"

Il fronce les sourcils, et fait grise minne. De celle qu'on prend quand on entend quelqu'un nous demander quelque chose et qu'on n'a pas du tout, mais alors vraiment pas du tout envie de s'en mêler.
"binche, il fauche apeléche lé serrourièche"
Bon, oké, tu veux pas monter voir et trouver par miracle une solution miracle qui sauverait miraculeusement ma journée. Merci, t'es coule de casser mes rêves. Je croyais que les gardiens, c'était un peu les magiciens des temps modernes, je me suis lourdement trompée. Il me donne quand même le nom d'un serrurier et ré-embraye tout de suite sur la voiture, si je veux la vendre, parce qu'il y a quelqu'un qui est intéressèche (je suis coule, je vous fait pas la transcription littérale, parce que ça m’a demandé des énormes effort de compréhensionche).
Oui, oui, vas-y, fourgue là, je m'en tape de ce vieux tas de boue, je n'ai qu'une envie depuis des mois, c'est de m'en débarrasser, alors si un crétin veux le racheter, qu'il le fasse, je m'en cogne, je suis même prête à le payer pour ça.
Je finis par récupérer le précieux numéro de serrurier et l'appelle illico. Ce brave homme est gentil, hein, mais il ne comprend pas mon problème.

- Vous voulez dire que vous n'arrivez pas à tourner la clé ?
- NON !!! JE N'ARRIVE PAS A FERMER LA PORTE !
Elle ne rentre plus dans son châssis, tu comprends ou faut que je te fasse un dessin ?!
Au bout de cinq minutes de dialogue de sourd, il finit enfin par capter.
- Ah. Mais, vous êtes sûre qu'il n'y a rien qui bloque dedans ?
- Non, j'ai vérifié, il n'y a rien, ça bloque c'est tout.
- Et le penne, il est pas sorti ? parce que des fois, ça vient de là...
Vas-y prends moi pour une blonde tant que tu y es.
- Non, le penne n'est pas sorti CA BLOQUE, c'est tout !
- Bon, je peux pas vous envoyer quelqu'un tout de suite, je vais faire la tournée avec le technicien et je vous rappelle pour vous dire.  

Le brave homme était sensé passer entre 13 heures et 16 heures, finalement, il sonnera à 11h. En même temps, il aurait pu rentrer direct, hein… (à la va comme j’te pousse ? Le calembour est facile, mais…) et me réparera la chose de fortune : problème de malfaçon.  

En rentrant chez moi tout à l’heure, je me suis souvenue qu’un jour, je m’étais enfermée à l’extérieur de mon appart, par deux fois, lorsque j’habitais mon merveilleux taudis dans le XIVème. La première, grâce aux éboueurs à qui j’avais demandé de l’aide (alors que j’étais sortie pour les engueuler parce qu’ils faisaient du bruit) en forçant mes volets pour que je re-rentre par les fenêtres miraculeusement ouvertes (on sous-estime les avantages des rez-de-chaussée et de la canicule) et la deuxième, je m’étais faufilée par le vasistas de la cuisine sous l’œil ébaudi des voisins. Aujourd’hui, j’ai testé l’auto enfermement chez soi, et à choisir, je préférais encore les deux premières expériences…

29.10.2007

Le sens de la mode

Le oui-kend dernier, une chose m’avait frappée samedi lorsque je suis rentrée dans un ou deux magasins rue de Rennes (car oui, je fais les magasins, comme toute blonde qui se repsecte, mais comme je suis payée au lance pierre je suis interdite de bonmarché ou de rue de Sèvre et me rabats sur la rue de rennes... bon d'accord, j'admets, j'ai jamais eu les moyens de faire mon shopping au bon marché et j'ai toujours hanté la rue de rennes, voilà, c'est dit) : les jupes sont de plus en plus courtes et je me demande bien qui aura l’audace de porter des choses qui ne dissimulent même plus une culotte. (pas moi en tout, toute blonde sois-je, je n'ai pas pour ambition de me faire violer)
Une autre chose, bien plus terrible, m’a frappée - bing - ce matin : les hommes se sont mis aux jean slim-je-sais-pas-quoi-resserrés-en-bas.
Alors déjà, sur les femmes, même minces, je trouvais pas ça beau. C’est le meilleur moyen pour donner l’impression que nos fesses sont encore plus volumineuses qu’elles ne le sont en réalité. Mais que les hommes s’y mettent... Là, oserais-je le dire, on touche le fond (ah bah oui, j'ai osé le dire, pire, l'écrire).
J’ai souvent pensé (oui, ça m'arrive) que les tendances fachonnes étaient érigées par des homos qui détestaient les femmes, ce qui me faisait plus ou moins accepter que la mode soit moche et défigure la plupart de mes concurrentes congénères (bien fait, z'ont qu'à pas suivre la mode, bande d'idiotes sans personnalité). Mais s’ils se mettent à haïr les hommes aussi, où va-t-on ? Sont-ils blonds ou quoi ? Non, moi z'aime bien les hommes. Du moins certains. Ça doit être autre chose, sûrement.
Un chili qu'ils ont dû mal digérer. Ou un pari qu'un styliste a perdu. Je ne vois pas d'autre explication.

26.10.2007

L'heure de faire le ménage, c'est TF1 qui l'a dit

Bonjour
Vous êtes Cancer (oui, c’est vrai, je suis un cancer pour les autres, on me l’a déjà dit)
Voici votre horoscope pour le 26/10/2007 : merci, t'es trop coule, toua.

Il n'est pas impossible que vous soyez en train de faire un grand nettoyage à sec dans votre entourage.
Ah bah ça, j’aurais pas dit mieux. C’est vrai, j’admets, cela fait un certain temps que je pèse l’idée de dégager complètement l’Ex de ma vie, mais j’ai pas encore vraiment décidé ce que je faisais de lui.

Vous n'avez plus confiance en certaines personnes… En vrai, je crois que même si j’ai prétendu le contraire, à lui ou a moi, je n’ai pas vraiment dû avoir confiance en lui un jour. Et en même temps, quelque part, je crois bien que j'avais raison, surtout d’un point de vue sentimental. Après tout, à chaque fois que je m'y suis laissée aller une demi seconde, crac, la déception coup de massue. Au moins, quand on attend rien de quelqu’un on ne peut pas être blessé par les manquements de la dite personne.

…, ou les trouvez inintéressantes. Ouais, c’est aussi le problème… Comment peut-on avoir nourri une telle admiration pour quelqu’un et le trouver tout à coup si… commun ? Comment peut-on se dire tout à coup « en fait, j’ai rien à lui dire et ce qu’il me raconte m’ennuie profondément » ? Moi, j’avoue ça me laisse un peu stupéfaite.

Cela se faisant peut-être sur un coup de tête ! Mais en même temps, il y a peut-être longtemps que vous y pensiez et que vous saviez que ce coup de balai serait nécessaire. C’est pas vraiment un coup de tête puisque, comme à mon habitude, je joue la procrastination au lieu de trancher dans le vif mais sinon, oui, cela fait longtemps que j’y pense, depuis juillet, avant même la séparation officielle. Et depuis, ça revient sur le tapis au minimum une fois pas semaine. Ais-je tort de n'avoir toujours pas mis mes menaces à exécution ? Franchement, si je savais, je poserais pas la question...

C'est une histoire qui risque aussi de vous entraîner, dans certains cas, à vous éloigner d'un milieu ou d'un environnement que vous avez longtemps fréquenté. C’est bien ce qui me fait hésiter (les femmes calculent, eh oui, c’est moche, mais c’est la réalité) pour l’instant. Et compte tenu déjà du champ de bataille que ce brave homme a fait de ma vie en deux ans, je ne vais pas lui laisser massacrer non plus mes velléités littéraires, juste parce qu’il les a soutenues et encouragées fut un temps.
Bon, maintenant, si ça pouvait m’éloigner de l’univers des cultivés pédants pénibles pour me faire rencontrer – enfin ! – celui des cultivés intéressants pas trop pédants ou, mieux encore, le monde merveilleux où, pour une fois, les hommes dont je veux voudraient aussi de moi tandis que ceux dont je veux pas me laisseraient tranquille, moi, j’ai rien contre. Poussons même le fantasme jusqu'au bout, un monde où un mec pourrait être vraiment amoureux de moi ? J’aimerais bien voir ce que ça fait, au moins une fois… Allez, sur ces bonnes paroles, demain c'est la confrontation avec L'Ex pour débrieffer son roman et voir un film. Il m'a encore agacée cette semaine, du coup, je serais tendue, fermée et distante, il pourra me le reprocher lundi par mail et cette fois, je serais peut-être assez courageuse pour lui dire que vraiment il me fatigue, qu'il fasse sa vie de son côté et moi du mien et qu'on ne se parle plus que pour causer boutique, le reste, sa vie, la mienne, ça ne regarde personne. Il pourra bien chialer qu'il trouve ça triste et qu'il ne comprend pas pourquoi ça change tout qu'on ai arrêté notre relation parce que pour lui, ça change rien (merci connard) je me laisse plus attendrir cette fois. Tu ne veux pas de moi mais souhaite pas en assumer les conséquences ? Jeter ce qui t'intéresse plus parce que tu t'es retrouvé une greluche de ton côté ? Parfait, mais assume-le, pour une fois, tu verras, ça va faire tout drôle au début mais on finit par s'y faire, et puis, après tout c'est ce qu'on est censé pouvoir attendre d'un type qui aime à pouvoir se regarder dans le miroir, non ? Ta conscience c'est pas juste par rapport à toi mais par rapport aux autres, aussi, poussin, un jour je t'expliquerai...

24.10.2007

Episode 12 : le retour des requins bataves

C'est bien beau de passer du statut de parasite de la société à celui de contrat précaire, mais ça paie pas le jambon beurre quotidien. Donc parallèlement, je continue à passer des entretiens ou du moins à attendre qu'on m'en propose puisqu'après un troisième round, le CFPC front de libération des experts comptables joyeux a fini par me jeter comme une malpropre.

Un jour, coup de fil d’une dame. S’annonçant comme responsable recrutement au groupe (je le fais phonétiquement, parce que sur le moment, j’avais pas capté) : vale tère clouveure ouale tèrze Crauveure.

Mince, c’est qui ça ? Connais pas.

En tout cas, connus ou pas, ils cherchent un chargé de projet formation sur le marché… je vous le donne en mille : finance, compta contrôle de gestion, fiscalité.
C’est que ça me poursuit, ces histoires !

C'est pas grave, j’accepte le rendez-vous, je suis plus à ça près, d’façon ! Seul problème, et de taille, je sais pas qui sont ces braves gens. J’ai à peine capté le nom de la boîte, ça va être méga rude de faire des recherches sur eux avant d’aller au charbon…

Jusqu’à ce qu’une personne cultivée, elle, quand je lui raconte ma petite histoire me dise : « haaa, mais tu veux parler de Walter Krewure ? »
- Hin ? de qui ? chais pas.
- Tu les connais pas ? 
- B
in, non je les connais pas, je devrais ?
Eh oui, ce sont les ennemis juré des gros rats d’affaires* : des requins hollandais, faut pas t’étonner qu’ils t’aient appelée vu ton cv

Fuque!
Je me suis pas faite péniblement dégager au bout de cinq ans de chez les gros rats d’affaires pour échouer chez les Krewures, quand même ! (en plus je pensais qu’on m’avait appelée parce que mon CV était beau, pas parce que je viens de la concurrence, c’est insultant tout de même)

Sauf que les Krewures, c’est quand même : biiiip, ou biiiiiiiip et encore biiiiiiiiip… j’en passe et des meilleures. Wouah. Que des belles marques, en vrai, genre des marques pour lesquelles j’aurais pas honte de bosser, ça fait bizarre cette pensée. (et toi, ami lecteur, à moins d'avoir lu la version originale de ce post, tu ne sauras si c'est vrai ou pas puisque j'ai retiré le nom des marques depuis. Et toc.)   

* : NDLR les gros rats d'affaires sont une marque qui n'existe de toute façon plus alors je prends pas de risques. Sachez juste c'est une filiale vache à lait stratégique des concurrents de Walter.  

EDIT DE 13h :pour des raisons de sécurité évidentes et afin de protéger la vie de ses équipes, la rédaction du petit journal des blondes en révolte a décidé de supprimer dans ce post les vrais noms des vraies boîtes citées. Je croyais pourtant que dans l'autre pays du fromage on avait aussi le sens de l'humour. Sans doute que non. C'est triste.
Message personnel : je n'ai rien contre le larzac ou l'éducation nationale mais qu'on me pardonne si j'aspire à autre chose que d'y échouer poursuivre ma très brillante carrière.

19.10.2007

The Cantat-boy symphonie : 6ème mouvement

Rappel des épisodes précédents : mon acharnement a pour une fois payé, Cantat-boy a fini par sortir de l’école, mais je suis sur le point de traverser quand lui est encore un peu derrière et risque d’arriver au passage piéton quand le feu redeviendra vert pour les voitures et c’est non, pas si près du but, je refuse !
A la dernière minute, le petit bonhomme passe enfin au rouge.

Trop ballot, ça, je suis bien obligée de m’arrêter, quand même. Bon, la partie est loin d’être gagnée, quand je traverse, il n’est pas encore sur le point de faire pareil, il ne manque pas grand chose pour que le projet top secret cantat-boy recovery échoue lamentablement. Voilà, je sais que normalement il est derrière, mais je descends lentement la première volée de marche fais semblant de chercher ma carte orange, tout aussi semblant d’écouter les annonces qui ne me concernent pas, le repère derrière moi, me faufile dans le tourniquet en prenant soin de pas rester coincée avec ma basse (ce serait dommage de passer pour un énorme boudin qui passe pas les tourniquets après tous ces efforts) en prenant l’air détaché. Y'a un peuple pas possible, c'est dingue ça, c'est nul, si ça se trouve, il va tracer et me dépasser sans me voir et là, j'aurai plus qu'à ravaler ma fierté. Mais non, il m'a vue, il me dépasse et se retourne pour me sourire.

Forcément, je joue l'étonnée. « Ah tiens, toi, ici ? Quelle surprise ! »
Bah tiens, si c’est ça, je vais couper mon MP3, pourtant, je pensais vraiment complètement à autre chose. Je prends l’air franchement surpris qu’on reparte sur la même ligne. Il avance jusqu'à son arrêt, il semble s'attendre à ce que je ne m'arrête pas en même temps que lui.

C'est mal me connaître mon petit bonhomme, c'est sûrement la seule fois qu'on fait le trajet ensemble, je ne compte pas me ridiculiser tous les jeudi soirs, mais j'aime trop remplir mes objectifs pour renoncer si proche du but et encore moins après tant d'effort. Voilà, on se dé-harnache de nos instruments, la rame arrive, s'arrête, on rentre dedans, pressés par la foule. Ensuite, on discute de trucs idiots, genre le cours, genre depuis combien de temps on joue de nos instruments respectifs, on fait les faux modestes, je sens poindre, derrière sa facilité habituelle à faire la conversation avec tout le monde à l'école plus de timidité que d'habitude alors je fais l'effort de relancer. Bref, rien de très palpitant ne se passe mais cette discussion a au moins le mérite d’exister, et moi de l'avoir provoquée.

On cause instruments de musique. Il a l'air intéressé par ce que je lui raconte sur la basse, et me demande si c'est cher une basse (pas la première fois que ce brave garçon a l'air aux abois économiquement parlant, je ne relève pas) et je lui dit que la mienne est une entrée de gamme, à 400 €, qu'il y en a des plus jolies, à mon sens, mais que pour commencer, c'est pas mal, et que peut-être, plus tard j'en changerais. Il dit qu'elle est pas si mal, ma basse (et moi, je suis pas mal aussi ouuuu ?) on continue sur le sujet puis il me demande où je sors, je lui dis, et lui demande où lui sort, genre comme si je ne le savais absolument pas du tout et puis on enchaîne sur les correspondances. J'apprends qu'on habite pas très loin et même qu'il prend ma ligne.
(Parfait, ça, tu veux dire qu'on peut être éventuellement amené à se croiser ?)
Hum, oui, la ligne X, il la connaît, mais vers l'autre moitié, parce qu'il va au « lycée à C*** »

… La dérouillée... par jeune, moi je supposais 25 ans, mais lycée, merde, ça craint !

Il ne remarque pas mon trouble et explique qu’il économise pour faire une école de Théâtre (??? hein ? On dit plus le cours Florent?)
Incurable petite niaise je continue à espérer. Le lycée, il y est peut-être pion ou prof (je sais que c’est faux mais j’ai encore besoin de mensonge pour digérer l’info), jusqu’au coup de massue final : causing économie, il me confie son immense rêve de pouvoir passer le permis un jour.

Réplique incontrôlable :
- Hein ? parce que tu n'as pas 18 ans ? glapis-je avec angoisse.
- heuuhhh, bin si, si, bien sûr que j'ai 18 ans, mais voilà, une voiture, je trouve ça bien

J’aimerais tellement te croire mon petit mais même 18 ans, même 20, c’est pas possible… Et puis en vrai je ne te crois pas et je donne pas encore dans le détournement de mineur. Cette fois, c’est officiel, j’ai touché le fond, c’est la raclée du siècle.

Une fois à Denfert, il se penche vers moi « allez, bise ! » dit-il, comme tous ces foutus lycéens que j'ai jamais pu encadrer quand je faisais partie des leurs. Voilà, j'ai tapé la bise à Cantat-boy, ça m'a rappelé l'époque où j'avais pas d'amis à l'école et n'aimais pas faire la bise et que de toute façon personne ne me le proposais.

Au moins, j’ai pris une revanche sur mes années ingrates : le mec le plus populaire du lycée m’a fait la bise de façon complètement spontanée ! Trop classe !

J’avais pensé à une nouvelle rubrique après ze chomeuse war.. Ze cantatboy symphonie. 
Seul bémol, puisque c'est dans le ton (j'aime les jeux de mots pourris) il n'y aura eu que cinq mouvements, ce n’est même pas dans les critères des symphonies classiques haydiennes qui n’en comportent qu’au maximum quatre.

18.10.2007

The Cantat-boy symphonie : 5ème mouvement

Nouveau cours, cette fois, je m’étais fixé un objectif, pas très compliqué mais qu’il était nécessaire de remplir, question d’amour propre : je rentre du cours avec lui et je discute.

Alors, cantat boy était, cette fois-ci en face de moi, l'autre petit gars à côté. Le morceau à travailler pour aujourd'hui, c'était les copains d'abord. Bon à la basse c'est pas compliqué, m'en faisais pas trop : quatre accords en boucle. Teddy explique à cantat-boy « Etienne, tu dois suivre la basse pour faire ta rythmique de manouche à la guitare »

Ouaaaaah… il s’appelle Etienne… C’est bô Etienne, comme prénom…

En plus, il va devoir me regarder intensément pour suivre ma rythmique (non, je suis pas une dominatrice) et je vais pouvoir lui sourire gentiment et il va tomber amoureux bam, et après il va me déclarer sa flamme et on ira vivre à Bora-Bora jusqu’à la fin de nos jours mais on ferait pas beaucoup d’enfants parce que j’aime pas les mioches, on se contentera de se livrer à des actes débridés que la morale réprouve.
Teddy me sort de ma rêverie et me demande de jouer ma ligne de basse pour montrer à Etienne (soupir) sur quelles notes il doit jouer. Docile, je m'exécute. Et là, me voyant faire mon voisin laisse échapper « t'as l'air de te faire chier, c'est mortel » et moi de répondre « ça, j'admets, j'ai déjà fait des trucs plus excitants dans ma vie ». (faut bien admettre que jouer 4 notes en boucle, c’est chiant) Je pensais pas à mal, mais voilà, ça n’a pas loupé, Teddy enchaîne « oui, je me doute ! » suivi d'un éclat de rire général.

Et allez, c’est parti pour passer dans le camp bonne copine et je dis non ! Alors je me contente d’esquisser un sourire vague, comme si j’évoquais un souvenir plutôt agréable et on enchaîne.

Je vais vous passer le reste des détails : cours sympa, j'ai fait ma fille juste ce qu'il fallait, joué la copine sans trop rentrer dans le délire des mecs, Teddy faisait des vannes pourries, tout en s'excusant juste après en me regardant. Et pourtant, dans d’autres cours avec lui, des mots grossiers, des vannes idiotes et je parle même pas de jeux de mot trèèèès limites, j'en ai déjà fait des milliards. Mais là, le fait d'être la seule fille et de ne jamais les avoir suivi sur ce terrain, ça change complètement son comportement.

Fin du temps réglementaire. Le bel Etienne tanne Teddy (re-soupir) pour qu'il lui sorte un morceau des Jet sur guitare pro,  tout le monde redescend. Je me dis que si je veux repartir en même temps que mon Cantat-boy, il faut que je trouve une occasion pour traîner un peu. Je prétends donc vouloir caler avec Teddy les heures qu'on a manquées.
Sauf que, pas de bol, cet enfoiré de Teddy a réglé mon problème de rattrapage de cours avant de sortir les grilles des Jet pour Cantat-boy : j'avais aucune raison de continuer à traîner dans l'école. 
J'ai quand même pris trente secondes pour sortir une blague aux autres personnes dans la salle d’accueil du bas, causé un peu avec l’une de mes connaissances mais au bout d'un moment, fallait bien que je sorte.

Alors je sors. Prends mon temps pour enfiler les écouteurs de mon MP3, puis boutonner ma veste. Mince, j'ai été rapide, il ne sort toujours pas. Pas grave. Je fais deux pas dans la rue. M'arrête.
Tiens, et si je changeais ma basse d’épaule ? Bonne idée, faisons ça. Si on calcule bien, ça peut prendre du temps d’enlever sa basse d’une épaule pour la remettre sur une autre. En fait, non, c’est déjà fait et  je vais pas attendre comme une imbécile, en plus j'ai même pas mon portable pour me donner une contenance en faisant semblant d’écouter un message imaginaire.

Laissons tomber, mais donnons nous une dernière chance : je vais marcher lentement. Comme ça, forcément, il sortira et me rattrapera. J’ai beau lambiner tout en surveillant du coin de l'oeil qui débouche de la rue. Pas cantat-boy en tout cas. Je le crois pas, merde, merde, et re-merde. Il pleut, c'est vraiment débile de traîner sous la pluie, juste pour un petit challenge perso. D'accord, ce mec est canon de chez canon, mais bon, je le reverrai d'autres fois, non ?

Et si, tout à coup, on disait que mon lacet est défait ? Hein ? Ce serait bien, ça, comme idée. D'autant mieux, qu'en vrai il ne l'est pas. Donc je vais perdre deux fois plus de temps en commençant par défaire le double noeud puis le refaire, le tout avec une basse sur le dos. Parfait, très bien, la technique du lacet défait, j'y avais pas joué depuis mes quinze ans, c'est une idée magnifique. Allons-y. Je refais mon lacet en prenant le plus de temps possible.

Sale petit enfoiré, mais qu'est ce que tu trafiques ? Pourquoi je te vois toujours pas apparaître dans mon champs de vision ?! Tant pis, cette fois c’est foutu, je continue mon chemin. Le dernier truc qui me restait, de toute façon, c’était de traverser le boulevard, avec du bol, c’était pas mon tour, je pouvais attendre, mais là, le bonhomme est vert pour moi et toujours pas de cantat boy à l’horizon. A moins de trouver une excuse encore plus minable pour justifier un nouvel arrêt, je vais devoir traverser, après, c'est sûr, il y a toujours l'attente potentielle d'un métro, genre oup’s les portes se sont refermées, j’ai pas vu, mais y’a quand même des limites à l’indignité. Soudain... oh, surprise, oh félicité, n’ai-je donc tant point attendu que pour cette apparition ?

La silhouette ébouriffée de cantat-boy vient de surgir de la rue de l’école, tout n'est pas perdu ! Gère bien le bonhomme vert, et tu peux t'en sortir. En plus, il n'a pas vu que tu l'avais vu, il est derrière toi, là, pas loin, sur le trottoir d'en face, si le bonhomme passe au rouge avant que tu n'arrives au croisement… Ouiiiii ! Dieu existe, dieu est grand et il vient de me le prouver : le bonhomme passe au rouge. Et la suite me direz-vous ? la suite ce sera pour le prochain épisode, hop coupure pub, tout de suite après la météo suivi d’un nouvel épisode du Commissaire boudin et de confessions intimes.

16.10.2007

The Cantat-boy symphonie : 4ème mouvement

J’avais encore dû louper un cours, pour cause de concert. Me voilà de retour pour mon troisième rendez-vous avec Cantat-boy. J’ai hâte. Après le loupé de la dernière fois, on n’a plus qu’à espérer que mon absence a crée de la frustration et qu’il sera bien content de me voir aujourd’hui. (on peut rêver de temps en temps)

J’arrive, il est avec le bas du front et ils font semblant de ne pas m’avoir reconnue. Bande de petits saligauds. M'en fiche, j’ai prévu le coup à mort : Teddy est allé à ce concert aussi mais le lendemain. Pour faire mon intéressante, j’en parlerai avec lui au début du cours : alors t’en as pensé quoi le tout assorti de commentaires hyper intelligents.
Si, si, j’en suis capable, j’ai même révisé avant de venir. C’est parfait, après mon sourire adorable, mon humour ravageur et mon charme légendaire, je vais pouvoir montrer que je ne suis pas une truffe en musique, ça va l’épater. (de toute façon, c’est ça ou ma thèse sur Flaubert et je suis pas sûre qu’il soit réceptif, le brave petit)

Teddy descend nous chercher, les deux garçons filent en premier, je les suis de loin, Teddy s’arrête en face de moi, me dit bonjour, je m’arrête aussi, l’imite et là, je sais pas ce qui me prend, une absence, un pétage de cable, un bug dans le réseau je lance mon cri de guerre deux minutes trop tôt tel un éjaculateur précoce :  « alors, ce concert c’était comment ? ». Il me répond, me demande ce que j’en ai pensé, je réponds mortifiée et je monte les marches à mon tour complètement assommée :

MAIS QU’EST-CE QUI M’A PRIS (personne pour le moment) BORDEL ?????????

Voilà, j’ai foiré ma seule possibilité de faire l’intéressante, de raconter ma vie l’air de rien, de me donner de l’importance devant Cantat-boy, c’est foutu pour toujours.

Penaude, je m’installe à ma place, branche mon jack piteusement, accorde ma basse (1, 2, 3, 4, je m’en fiche, je fais le rock pas de la musique classique) Teddy traine en bas pour dieu sait quelles raisons et c’est la que le miracle se produit, cantat-boy me regarde, je lui rends son regard (il est bôôôô), il sourit, moi aussi (mais je ne bave pas, promis) et il me demande :
« alors, ce concert, c’était bien ? »

Ouaaaa… il m’a parlé… ouaaaa, il s’est souvenu de pourquoi j’étais pas là la semaine dernière ça veut dire qu’ils ont parlé de moi en mon absence… (comment ça j'ai douze ans d'âge mental ?) 

Le cours ? je ne m’en souviens plus. Juste que j’ai voulu tenter de repartir – purement fortuitement, évidemment – en même temps que lui mais ce saligaud de Teddy l’a retenu.
Le prochain cours, je me le fais (le retour avec lui, pas cantat-boy, un peu de décence, tout de même, tout le plaisir nait de la frustration qui l'a précédé)

14.10.2007

The Cantat-boy symphonie : 3ème mouvement

Deuxième cours. Il était temps de commencer à abattre ses cartes. Jouons la partie stratégique. Être naturelle et spontanée ne m’a pas toujours rendu service et les « soyez vous-même » c’est des conneries d’attardées qui lisent du Barbara Cartland toute la sainte journée en imaginant que c’est la vraie vie. Pour ne pas ripper, plusieurs éléments à cadrer d'entrée de jeu : 

1) Maîtriser son entourage, enjeux, risque opportunités (les cas market m’ont marquée, j’y peux rien) : les cours de 20h c’est bien, détendu et sympa et au moins on est sûr de tomber sur des adultes et pas sur des gamins en plein âge ingrat et des abonnés aux jobs peu impliquant qui les ramollissent du cerveau. Ça c’est pour les opportunités, parce que le reste, ça tourne vite au délire : en fin de journée, les élèves ont tendance à se lâcher et les bonnes vannes très subtiles du genre « attends je m’introduis, huuum » et autres « attends, je me retire » pour expliquer qu’on branche/débranche son jack. Perso, j’accroche pas forcément sur l’humour gros lourd vanne de cul, même à 20h, merde, je suis une fille jeune et innocente. Je dis pas, de temps en temps, quand on passe pour la prout-prout XVIème du lot, lâcher une grossièreté, ça peut avoir son petit effet, voire même faire comprendre qu’on n’est pas si coincée que le carré de soie ne peut le faire imaginer. Mais c’est pas le truc que je préfère dans la vie, tout juste m’y suis-je faite, parce que lever les yeux au ciel, justement, fait passer pour une pétasse bourge qui se prend au sérieux. Cela étant, si je me suis faite aux vannes grasses, j’ai bien conscience que trop donner l’impression d’y être habituée, y’a mieux comme capital séduction face à des inconnus. Préco. n°1 : ne pas hurler de rire à la première vanne degueu crade. Voilà c’est posé.

2) Savoir jouer de ses atouts : heuuuu. Je dois bien en avoir mais lesquels ? Ah oui, mes fossettes et mes airs boudeurs. Est-ce vraiment des atouts ? sais pas, ça plaisait à mon « ex » mais pas suffisamment pour qu’il soit amoureux, alors bon… Ne revenons pas là-dessus, c'est pas le moment, disons que je suis une femme superbe, et que je ne conçois pas qu’on ne puisse pas être séduit à la minute par mon charme légendaire. Un point c'est tout. 

3) Dépasser ses faiblesses : la première, être timide genre transparente. Il faudra donc qu’on entende le son de ma voix, pour une fois. Mais pas pour dire n’importe quoi parce que ma deuxième faiblesse, c’est de passer pour la bonne vanneuse qui envoie des bâches plus vite que son ombre une fois qu'elle a dépassé la timidité. Non, je ne me ferai pas cataloguer comme la pote à qui on donne de grosses claques dans le dos après un vieux calembours bien gras. Il faudra donc pas me la jouer trop coule, genre on est entre muzicoss et on délire bien, montrer avant tout que je suis une FILLE et donc désirable sans verser dans la petite chose fragile (tu peux m’introduire ton jaaaack ? d’une voix évanescente en battant des cils ? non, bon d'accord, j'admets, c'est too much)

Bref. Pas facile. J’essaie quand même. Tente de composer au mieux avec mon univers direct (et une basse qui est aussi grande que moi, y’a plus sexy, je tiens à le dire (non, je ne dirai pas qu’elle est plus lourde que moi ce serait faussement prétentieux et personne me croirait d’façon, même si des fois, je trouverai ça bien) sans parler du côté peu glamour de l’instrument (toujours sans jeu de mot) j’aurai dû prendre chant, je le savais, mais y’a que des boudins et des homos à ce cours et le seul mec qui y traîne y va forcément pour la rare fille plus canon que moi, donc c’est cramé) Bref. Revenons à nos moutons : le cours.

A ma gauche, teddy, à ma droite, donc, le bas du front qui me servira de faire valoir et juste en face Cantat-boy. Comment bien gérer le quadriangle ? heuuu, rectangle ?

Teddy dont il faut que j’utilise notre complicité pour me rendre sympa sans trop forcer sur les vannes, le bas du front dont l’inintérêt que je lui porte doit me permettre de faire la charmeuse en toute sérénité et Cantat-boy pour qui il faut que j’allie le tout et du plus : la charmeuse, les sourires en coin, l’intérêt et l’inintérêt savamment dosé pour initier la curiosité (tiens, elle me veut un truc ?) avant de susciter l’appétit féroce (mince, elle est inaccessible : je la veux !) sans pour autant passer pour une idiote (grâce aux remontrances de teddy) ou la bonne copine camionneuse (mais ne revenons pas là-dessus, un jour je ferai un post sur ma fausse annonce meetic qui a connu certains succès).

Le cours est sympa, je suis un peu guindée même si je le suis moins que d’habitude face à des inconnus. J’ai bien l’impression, même de marquer quelques points.

A la fin, comme j’ai manqué déjà un cours, Teddy me propose de rattraper l’heure manquée en enchaînant immédiatement. A vrai dire ça ne m’enchante pas trop de rentrer plus tard chez moi mais, sachant que Cantat-boy va rester aussi, je me félicite une demi-seconde plus tard d’avoir accepté sans l’avoir su, ça fait hyper casual, genre, ah bah ça alors, quel hasard formidable…
Parfait. Ça fait pas style la fille qui s’incruste juste pour les beaux yeux du bômecs qui le sait certainement (qu’il est bômec, évidemment pas encore que je suis une mygale en train de tisser sa toile pour l’avaler tour c’lu, et c’est tant mieux, il aurait sûrement déjà jeté sa sèche par la fenêtre pour s’enfuir en courant)

Teddy descend, alors que je venais de faire « oui, bon d’accord, je veux bien rester mais c’est vraiment parce que je suis sympa, je suis une fille sociale avec un vrai agenda », il accueille les prochains élèves et remonte… Il danse d’un pied sur l’autre et me dit « heuuuu, bon écoute, en fait, là, ce qu’on va jouer, ça va être trop dur, tu vas t’ennuyer, c’est mieux qu’on le fasse une autre fois »
Je joua la fausse vexée (je t’étais en vérité) : « attends, tu m’obliges à redéballer mon matériel et à faire semblant de changer tous mes plans pour la soirée et ensuite tu me dis que je suis trop mauvaise pour rester ? »

Eclat de rire général : qu’est-ce qu’elle drôle en plaisantant sur ses tares de louseuze ! hahahahha.
Et f…ck !

De toute façon, Cantat-boy, il est trop jeune, et moi, j’aime pas les gamins.
La suite au prochain numéro…

12.10.2007

Episode 11 : un volcan s'éteint, un autre s'éveille

Après ma prestation en temps que future responsable pédagogique au service du grand ordre des experts comptables, pas de nouvelle de ces braves gens. On avait promis de me rappeler (ils le disent tous) mais semblaient l’avoir oublier (pareil)
J’hésitais à prendre les devants, lassée de sursauter à chaque fois que mon téléphone sonnait. A chaque fois, je démontais mon sac comme une démente, le rythme cardiaque qui faisaient des pics inquiétants en voyant que c’était un numéro en 01 quelque chose, avant d’entrer en phase brutale de décompression quand je découvrais que c’était manpower parce que j’avais encore oublié de déposer mes fiches horaires (bin oui, l’administratif et moi…)

Je n’ai pas eu à la faire, ils m’ont rappelée.
YES YES YES YES !
Bye bye, la rue du Rocher, le Q (enfin.... le dossier, quoi, je voudrais pas me porter la poisse), les colliers de barbes et les conversations tournant uniquement autour de la péridurale le midi. (des gens qui ne connaissent même pas l’existence du bon marché ! quelle honte !)

Alors, alors, alors ?
J’ai réclamé piteusement l’autorisation à partir plus tôt à easy rider ce vendredi-là. Jour-J, la pression monte, j’arrive à l’heure, on me fait poireauter un peu, en piste.
L’entretien sera court : même pas une demi heure. On ne me posera des questions que par pure formalité, sans écouter mes réponses ou en me coupant en plein milieu.
Au cours de l’entretien, la phrase qui tue : promis, on vous donnera une réponse définitive très rapidement, quand on est en recherche d’emploi, ce n’est pas facile d’attendre. Bien sûr, parfois ce n’est pas une bonne nouvelle, mais c’est toujours mieux de savoir vite »

En partant, mon sans doute jamais-futur chef me dit au revoir… en regardant ses pieds d’un air gêné.
Cette fois, c’est plié.

Aujourd'hui, effectivement, mon téléphone sonnait pour m’annoncer la nouvelle, via le cabinet de recrutement, évidemment, ça sert aussi à ça, les recruteurs extérieurs.
J’ai remis mes CV à jour.
M’en fous, j’aimais pas la compta. Et les experts comptables encore moins.

10.10.2007

The Cantat-boy symphonie : 2d mouvement

Premier objectif de la mission searching for a great man rempli : j’ai repris une activité susceptible de me faire rencontrer des gens et cette activité ne consiste pas à chatter sur meetic.
Deuxième objectif : entrer en contact avec la cible.

8h, premier cours avec mes prochains soupirants.
Je repère vite le type marié, qui ne s’en cache pas d’ailleurs, super très bien, parfait : tu es moche comme un cul, suivant.
Je crois avoir identifié le « un peu jeune ». Il en a l’air, mais je ne sais pas de combien. Et puis ça m’est un peu égal, parce qu’il est très-très-très canon. Un genre de Bertrand Cantat en beaucoup plus clean et - espérons-le - moins violent mais surtout deux fois plus bôôôô... Sahhhhluhhh, touua.
La troisième target potentielle ? Rien à en dire de particulier, sauf qu’elle me servira probablement de faire valoir tout à fait convenable, je ferai ma charmeuse avec lui pour séduire l’autre, moins de pression, ce sera plus facile d’être spirituelle et de rire gentiment sans trop en faire ou, pire, rester paralysée par l’émotion parce qu’un bômec me parle. (hé oui, j'en suis là... triste mais vrai)

Le cours se passe. Je me rends compte que le trio infernal a ses petits codes, ses private joke dans lesquelles je ne me sens pas très à l’aise et j’évite de m’imposer.
Dépitée, je repartirai du cours sans connaître le nom de mes nouveaux amis, et sans qu’on ai entendu le son charmant de ma voix douce et fluttée. Seule bonne nouvelle, je noterai que Cantat-boy le petit mignon (puisque je n’ai pas l’heur de connaître son prénom) prend la même ligne de métro que moi, dans la même direction, pour rentrer. Sauf qu’il sort à Denfert Rochereau (oui, j'ai vérifié à chaque arrêt, je sais, c'est pitoyable mais j'assume).

Je le note et je m’en félicite. La prochaine fois, tu feras pas le trajet tout seul, mon petit.

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