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29.02.2008

Episode 7 : plus votre auriculaire est long par rapport au majeur, plus vous avez de chances d’être doué(e) en mathématiques

Vous le croirez ou pas, chez Match, ils n’ont peut-être pas de plateforme de chatt en ligne mais quand ils envoient des mails à leurs abonnés, c’est autre chose que les conseils bidons de Meetic pour mettre toutes les chances de ton côté (genre, n’oubliez pas de mettre votre photo en ligne, c’est plus vendeur (mais ils sont contre les annonces racoleuses, allez comprendre) vous pouvez vous aussi envoyer des mails, participez aux soirées à thème organisées par Meetic)

La preuve tout de suite.

J’ai reçu des mails incroyables dans lesquels j’ai appris des trucs scientifiques que ça ferait passer Darwin pour un teubé.

Le saviez-vous ?

La longueur de votre majeur par rapport à votre index et votre annulaire détermine votre taux de testostérone.

Censément intriguée, je clique sur l’image.

Ça me renvoie à un formidable test en ligne, qui va analyser mon profil et vraiment m’aider à trouver mes profils compatibles. Comme toutes les filles, je suis une adepte des tests à la con et je m’empresse de répondre au questionnaire.

Après quelques minutes de questions hyper palpitantes outre celle concernant la longueur de mes doigts les uns par rapport aux autres (c’est que c’est pas rien tout de même, ça en dit des choses sur notre caractère) d’autres sur mon passé familial, si j’aime les petits animaux, si je rêvasse souvent, si je change d’opinion et d’amoureux comme de chemises, on me sort un bilan de mon profil.

Figurez-vous que je suis Skywalker. Mais oui parfaitement. Et même que ça veut dire que je suis intuitif/rationnel.

Bin on est bien avancé, avec ça…

Mais ils sont sympa, chez Match, ils détaillent quand même, ça a beau être un test gratuit, c’est pas bidon pour autant, jugez-en plutôt :

Vous êtes Skywalker. Vous adorez l'aventure, à la fois intellectuelle et physique. Vous accueillez les nouveaux challenges avec passion et envie. Heuuu… c’est vrai j’ai accepté de rencontrer un gros psychopathe complètement dingue, et croyez-moi, l’aventure intellectuelle, ça va être de mener une conversation digne de ce nom lorsqu’il y aura rencontre. Quant au challenge physique, il est évident : savoir courir très vite quand il cherchera à me violer dans un parking.

Quand vous êtes intéressé(e) par un projet, vous pouvez vous investir énormément, parfois en mettant de coté votre vie personnelle. Vous complètez ce projet attentivement et de façon approfondie, souvent avec une grande originalité. C’est vrai, un oui-kend, je suis pas sortie du tout pour bosser sur le roman. D’ailleurs, quand on y pense ça m’est arrivé un paquet de fois. Et j’avais tellement pas envie de l’envoyer aux maisons d’éditions que j’ai vachement approfondi l’approfondissement des corrections, parfois de façon originale genre en rajoutant une répétition pour en supprimer une autre. Mais ça y est c’est fait. Cet investissement a-t-il été couronné de succès ? On en est très loin, et moi, je travaille au pays du gouda, alors les investissements pas rentables, on n’aime pas trop.

Et parce que vous avez beaucoup d'énergie et avez tendance à être enthousiaste dans la défense de vos idées, inventions et projets, vous êtes souvent trés convaincant(e). c’est vrai, ch’uis méga convaincante, surtout face à Grominet quand il m’impose des trucs de potiche que je veux pas faire, t’as raison.

Vous aimez collectionner les choses, et les idées. Et vous souhaitez avoir une influence sur ceux qui vous entourent. Collectionner les choses et les idées ? Genre les idées reçues tu veux dire ? Genre faire semblant d’être maline et hyper cérébrale et intellectuelle ? C’est sûr, j’aimerais mieux avoir une influence sur ceux qui m’entourent plutôt que d’être complètement transparente mais je ne vois pas où est l’originalité de la chose, tout à fait entre nous.

Bien que vous aimiez la compagnie et soyiez charmant(e) et drôle, vous n'aimez pas la routine en amitié, ni les soirées avec des gens ennuyeux. Vous êtes à l'aise seul(e), à gérer vos propres projets. Bin ça, c’est complètement juste sauf la première phrase. En vrai, j’aime pas la compagnie parce que j’aime pas les gens et qu’ils m’ennuient tous profondément. Et puis je suis peut-être drôle mais pas très charmante, j’aime bien faire la gueule en société.

Les gens pensent de vous que vous êtes anticonformiste et original(e). Vous aimez converser et débattre sur les sujets importants. Les gens admirent votre inventivité. Vivre avec vous est trés agréable, même si vous êtes parfois un peu distant(e). Vivre avec moi est très agréable ? T’es sûr ? Sans doute, je suis très facile à vivre, c’est vrai… (c’est surtout que j’ai pas de caractère alors on me fait faire tout ce qu’on veut)  En plus c’est juste aussi, je suis hyper anticonformiste et originale puisque j’ai toujours rêvé d’être une pétasse blonde, alors oui, tu peux aussi ajouter que j’aime débattre sur les sujets importants (les sacs, la mode, les bonnes adresses pour boire un verre, le physique du nouveau qui va rejoindre l’équipe (alors, canon ou pas canon ?) j’admets parfois un peu littérature mais pas trop, hein, faudrait pas se fatiguer et donner l’impression qu’on en a dans le ciboulot, ça fait fuir les mecs) Enfin, oui, je confirme, les gens admirent mon inventivité surtout lorsqu’il s’agit de raconter des idioties.

Prêt(e) à passer à l’étape suivante?

La recherche de l’amour peut paraitre compliquée. Match.com fait tout pour vous la rendre plus simple ! Avec 4 millions de membres, vous allez forcément trouver la personne qui vous convient tout spécialement !
Aaaaah ! ouf !!!! tu m’enlèves un grand poids, là…

Alors, montre-moi vite qui tu m’as sélectionné comme prince charmant ?

C’est là que ça se complique. Il n’y qu’un seul profil sélectionné. Et c’est Marcel qui a 55 ans, plus un seul cheveu, un triple menton et des lunettes d’experts comptables.

Je sais bien que L’Ex ressemblait à un premier de classe à qui on envie de jeter des pierres (j’ai pas fait exprès, promis c’est le premier pas vraiment canon avec lequel je fricote et ça m’a servi de leçon : ce sont les pires) mais y a des limites. On a suffisamment de raison de s’en vouloir d’être sorti avec un mec a posteriori, j’ai pas envie de rajouter la honte d’avoir un boudin à mon tableau de chasse. Hop poubelle.

Tout n’est pas perdu, j’ai un dernier paragraphe m’expliquant comment ma personnalité s’exprime.

A défaut d’une liste interminable de profils compatibles, je vais peut-être en apprendre sur moi.

Comment votre personnalité s’exprime-t-elle?

Les caractéristiques des quatre types de personnalité se retrouvent en chacun de nous, mais il y a presque toujours un type de personnalité qui domine. Nous l’appelons le type de personnalité majeure.

Le test d’alchimie identifie aussi votre type de personnalité mineure, ou secondaire. Vous montrez des aspects de ce type de personnalité, dans une proportion moins forte que celle de votre type majeur.

Traditionnel, 21%:  Personne généralement très appréciée. Attache beaucoup d’importance à la famille. Fait preuve de calme et de beaucoup de quiétude. Personne cohérente, fidèle et protectrice.
Oulaaaa, ‘reusement que c’est pas mon trait dominant parce que je me reconnaissais pas trop, là… C’est pas que je sois pas appréciée mais la bonne mère de famille, c’est pas mon truc. Et je parle même pas du calme, de la quiétude ou de la cohérence… (non, surtout pas de la cohérence)

Intuitif, 30%:  Personne très énergique, faisant preuve de créativité et de spontanéité. Aime la nouveauté, recherche le risque et le plaisir. Démontre une grande curiosité intellectuelle et se laisse difficilement influencer.
Recherche le risque et le plaisir ? Genre je suis une aventurière et tout et tout ? C’est la classe, ça, non ? En plus j’ai trop la grosse fringale intellectuelle, ça le fait, limite, je me sens vachement intelligente, là tout de suite.

Idéaliste, 20% Habile pour prendre du recul, voir à long terme et favoriser le consensus. Personne intuitive, sociale et flexible. Faisant preuve d’imagination, d’empathie et d’attention.
C’est vrai, je sais vachement voir à long terme, la preuve, j’économise déjà pour mes vacances à nouillorque. En plus, j’admets, je suis p’tet pas sociale (j’aime pas les gens, je vous le répète) mais flexible oui c’est complètement vrai (j’ai pas plus de caractère que de volonté) et carrément méga trop intuitive (la preuve, se remettre avec L’Ex, l’année dernière, je savais que c’était une grossière erreur de débutant, j’ai pas arrêté de le dire, même. Ça démontre bien un minimum d’intuition, non ?) En plus, je suis super attentionnée comme fille (c’est le seul moyen pour moi d’acheter des amis) et c’est pour cela que je suis obligée de développer mon sens de l’empathie (pourtant très faible à la base) et donc mon imagination aussi.

Rationnel, 29%:  Personne audacieuse, originale, directe et inventive. Non-conformiste, concentrée sur le court terme. Souvent positive et compétitive. Intelligente et efficace.
Ah ouais… c’est plus classe qu’idéaliste, finalement, à bien y réfléchir. Nan t’as raison, on s’en fout de l’intuition, la générosité, l’empathie et l’imagination, je vais plutôt prendre ça. En plus, la compétitivité, ça peut me servir au boulot, y’a les hollandais qu’ont débarqué pour auditer, c’est pas le moment de déconner…

Mais avec tout ça, toujours pas de catalogue de mecs prêts à être consommés…

27.02.2008

Les brèves du jour bonjour

Bon je sais, en ce moment, je publie tellement rien que c’en est effrayant mais que voulez-vous, je travaille (plutôt beaucoup) et le soir je sors (presque tout le temps) et le oui-kend soit je dors, soit je sors soit je vais à la mer. Alors forcément, ça laisse peu de temps pour vous raconter des âneries choses passionnantes. Du coup, un petit bref rapide de la semaine dernière. La prochaine fois on parlera de match et puis encore plus tard des courriers que m’envoient Flammarion.

D’ici là, bon début de semaine à tous.

Ce matin, un lapin a tué un chasseur.
Non, j’déconne le dir commercial de Walter s’est fait mettre tout court et en orbite aussi.
Analyse de la situation par les membre du com-ex :
« il a tenu combien de temps celui-là ?
- deux ans
- ouah, c’est un record, d’habitude, ils font pas six mois.
Moi je dis, une boite qui montre autant de respect et utilise à ce point ses ressources commerciales, c'est une boite qui a de l'avenir.
 

Grominet 1er a peur de moi
Il a refusé de faire mon évaluation et a dépêché mon manager – officiel – à sa place. Je ne vous cache pas que ça n’a pas été facile pour lui de m’évaluer puisqu’en un an on a dû se voir trois fois.
Pourtant, Grominet 1er ferait mieux de se méfier davantage du comex que de moi, il a été déclaré que Grominet 1er est un frein à la croissance (ouch !) et y’a des gens qui font des entretiens avec certaines personnes de l’équipe pour leur faire dire du mal de Grominet. Ça sent le déboulonnage, je sais pas pourquoi.

Le lendemain matin, un lapin n’a toujours pas tué de chasseur. Non à la place, un énième suicidaire qui a trouvé plus drôle de choisir les heures de pointe pour se jeter sur les voies du RER, histoire de faire de mon trajet déjà pénible au quotidien, 2h30 d’enfer. Les transports sont le meilleur catalyseur de ce que l’humain contient de plus bête et haineux : bin oui, en voyant une grosse rester assise pour pouvoir mieux lire son harlequin (c'est-à-dire que c’est quand même complexe donc on ne peut pas et rester debout et suivre l’intrigue) alors qu’on était tous ultra compressés j’ai été prise d’une envie presque irrépressible de lui décoller une grosse tarte en travers de la tronche. Et pourtant, j’ai jamais été violente.

Pour bien finir la semaine, les Gros Rats d'Affaires (cf chomeuse War le retour des requins bataves) qui affiche des bénéfices tellement incroyables qu'on n'imagine même pas ce que ça peut représenter comme paquet de pognon fait s'envoler le prix de son action en annonçant un plan de réduction des coûts (ch'ais pas trop où ils vont trouver de quoi réduire les coûts à part en dégraissant sévère) juste avant d'informer de la revente d'une partie de ses activités (dont celle où j'ai bossé...) J'ai essayé de minauder auprès de mon cher époux Walter pour qu'il me l'achète mais il n'a pas l'air très d'accord. C'est triste, j'aurais pourtant trouvé ça drôle et en ces temps troublés d'audit chez Walter, ça n'aurait pourtant pas fait de mal de rigoler un peu.

(ps : Walter, pour me consoler, m'a accordée gracieusement sans que je ne lui demande rien 60 € d'augmentation par mois... c'est un montant brut, vous vous doutez bien... De ma prime sur objectif, en revanche, il n'en a pas été question... dingue ça...)   

26.02.2008

Ma vidéo préférée du moment

Après des jours (bon d'accord quelques heures) de tripatouillages et des cours particuliers par correspondance d'internet pour les nulles, j'ai enfin réussi à trouver comment qu'on insérait une vidéo sur un post (je sais, je suis désespérante)  

 Alors voilà, comme je vous aime bien, en exclu, je vous livre ma petite anim' qui me redonne le sourire quand j'ai besoin de me défouler.

Et vous pouvez remercier miss400 parce que sans elle j’aurais jamais pu la metre en ligne et pourtant ça vaut des points. Ame sensibles : s’abstenir…

 

24.02.2008

La pensée du jour bonjour

Je me suis sentie jolie grâce à lui ; je dois apprendre à l’être sans lui.
Pourquoi cela a-t-il été si difficile hier soir, avant et désormais ?

Pourquoi cent mille souvenirs de notre intimité sont venus me polluer la tête pendant une soirée tout ce qu’il y a de plus banale ?

Comment peut-on expliquer qu’un ex qui a pourtant perdu de son aura vous trouble toujours ? Est-ce que je dois me faire à l'idée que certaines images d'une certaine époque, certains gestes seront toujours susceptibles de débarquer à l'improviste lorsque nous nous verrons, même dans dix ans ? Serais-je guérie un jour ou dois-je en passer par des méthodes radicales ? (i.e. : la séparation quand il reste mon meilleur ami… et je le savais, pourtant que c'était pas malin de tout confondre)
Et encore je ne devrais pas me plaindre : c'est moins violent ne me fait plus de peine. Quelque part, on progresse, non ?

PS ; je sais, je ne suis guère bavarde en ce moment, ni ici, ni chez les autres mais j'ai du travail (sic !) et je sais pas pourquoi mais je le fais (complètement inexplicable) et le oui-kend, soit je dors (bin ouais, je récupère) soit je suis en vadrouille (dans deux heures, je file à la mer) En bref : z'inquiétez pas, ça va revenir... ce n'est pas parce que Gallimard m'a appelée (soupir...) mais parce que Walter m'exploite. Nulle question d'envie ici, mais de temps.

18.02.2008

Non, non, non, je ne suis pas un boulet, un peu handicapée c’est rien

La grande œuvre, on y est !

La preuve, dans ma todo list de dernière ligne droite, j’ai :
- Achevé les ultimes correc à reporter sur la dernière partie,
- Trouvé un titre, sinon intelligent du moins racoleur accrocheur,
- Résisté à l’envie de tout relire et donc de faire encore des milliards de changements,
- Réussi à pondre des textes pour présenter et résumer l’œuvre,
- Rédigé 16 lettres d’accompagnement personnalisées (mais oui) pour chaque maison d’édition en fonction de leur ligné éditoriale affichée (sauf Gallimard, j’ai un peu séché, parce qu’il n’y en a pas vraiment, Gallimard, c'est Gallimard),
- Réussi à passer (grâce à une honteuse ingénieuse trafiquerie de mise en page) de 190 pages à 150 en loucedé.

J’avais fait le plus dur.
Il ne me restait plus qu’à :
1/ L’imprimer en 16 exemplaires (en utilisant l’imprimante de Walter K. je sais, c’est moche mais j’assume)
2/ Relier la choses
3/ Mettre sous plis mes 16 courriers.

Ça a l’air simple comme ça, non ?

En réalité, ça ne l’a pas vraiment été.

J’ai dû attendre un peu pour trouver un moment de calme et lancer les impressions sur le copieur (parce que ça va plus vite et sur mon imprimante perso, outre que c’est moins rentable, en une impression j’aurais vidé ma cartouche et j’en avais quinze derrière à faire, on n’était pas couché et les informaticiens auraient trouvé ça louche et le service achat n'en parlons pas)

Je sais pas pourquoi, depuis la rentrée de janvier, tout le monde se casse à 18h au plus tard. Je me disais, tranquille le chat, vers 18h30/19h grand max, je peux lancer les rotatives à plein régime.

Evidemment, le seul soir où je pouvais me permettre de rester tard au boulot, les gens ont décidé, justement ce jour-là exactement de rester jusqu’à 20h. Bande de salauds. Il était hors de question de remettre alors j’ai attendu que le gros de la troupe se casse et vers 19h, lancement des premières impressions. Inutile de dire que je me suis tapée un ou deux sprint vers la salle du photocopieur en voyant des gens en prendre dangereusement le chemin.

Evidemment toujours, alors qu’un exemplaire était en cours de sortie, il a fallu que mon boss officiel – et non réel, un jour je causerai des organisations matricielles – se pique d’aller faire une photocop tout seul quand en général, il lui faut quatre assistantes pour ça.

Bouuuh !

Retiré in extremis la chose avec son titre tapageur avant le scandale (et l'apoplexie de ce brave homme) l’ai rapatrié en quatrième vitesse dans mon bureau.
Vers 20h30, j’ai renoncé, il m’en reste encore 4 à lancer. Courage !

Dans la foulée, alors que tout le monde est parti, j’en profite pour faire des repérages près de la machine à relier. Je monte et baisse la manette à plusieurs reprises sans que rien ne se passe. Je sais que c’est pas gagné sans un cours particulier. Pourquoi j’ai jamais fait de stage photocopie à la con, moi ?!

Le lendemain, après quelques hésitations, je prends mon courage à deux mains et demande la leçon particulière de reliage nécessaire. Mon assistante gentille propose de s’en occuper elle-même. Je lui explique que bon, elle n’est pas à mon service et puis que je suis une grande fille, suffit juste de me montrer et puis que de toute façon, c’est pas vraiment tout à fait complètement pour le boulot.

Et vu ce qu’il y a de marqué sur la page de couv' je pense qu’elle aurait pu le deviner toute seule… Elle ne fera aucun commentaire et pourtant, elle aura eu vingt fois l’occasion de lire le délicieux titre… qui a dit que le sens de la classe était mort ?
Premier problème : la relieuse ne prend pas mon doc, il est trop z’épais. Fuck de chierie, ça commence bien. Tant pis, me dis-je, j’irai acheter des attache parisienne et hop, ni vu ni connu je t’embrouille, je vais pas y passer trois ans sur cette histoire.

Mais ma gentille assistante n’est pas du genre à laisser filer, elle propose une autre solution, le « grille-pain » !!!!

Ça vous épate, hein ?

Moi aussi, je vous rassure. En vrai, c’est simple, c’est une machine qui fait du thermo collage : comme quand on colle des images rigolotes sur son jean pour planquer un raccommodage sauf que là, ça fait un genre de dos carré collé pour pauvres.


Après quelques hésitations et manipulations hasardeuses, j’y arrive enfin.

Ouaiiiis ! Première étape de faite, passons à la mise sous plis (après, faudra que je finisse quand même un jour d’imprimer ce qui reste mais passons)

Gentiment, je vais farfouiller dans les fournitures (je sais c’est mal) pour chopper des enveloppes. Pas de bol, toutes celles avec des fenêtres pour pas avoir à réécrire l’adresse, elles sont estampillées walter krewures.

Qu’à cela ne tienne, je vais en prendre une sans fenêtre, je re-noterai l’adresse à la main sur le kraft, je suis pas du genre à me laisser déstabiliser par des riens, moi.

Contente de moi, je retourne dans mon bureau avec mon stock d’enveloppes et commence à reporter plusieurs adresses avant de suspendre mon geste…

Je sais que notre catalogue pourri de cette année qui est pourtant un peu gros il rentre mais c’est peut-être plus épais que 150 pages de niaiseries thermocollées, et si je vérifiais, comme ça, juste pour être sûre ?

Je fais un test et… fuck, fuck, fuck et re-fuck !!!! ça rentre pas !!!

Finalement, j’ai pris une semaine de délai dans la vue (ça devait partir la semaine dernière) et il me reste toujours mes quatre exemplaires à imprimer.

Courage. J’ai des enveloppes, j’ai marqué l’adresse dessus et ce soir, j’imprime ce qui reste et je les passe au grille-pain dans la foulée.
Demain, direction la poste.

Après, j’aurais plus qu’à me mettre au prochain sans penser à la magistrale veste que je vais me prendre avec celui-là.

A l'heure où ce billet est diffusé, tous mes envois sont partis après une expédition punitive à la poste, accompagnée par des gros bras. Cela fait une semaine que c'est arrivé chez les éditeurs et j'ai reçu deux accusés de réception du manuscrit... Mais pas de coup de fil essouflé d'un éditeur qui me dirait "j'ai lu votre roman toute la nuit, j'en peux plus c'est trop génial, il y a un truc avec hollivoude, je le sens..."

Je me suis donnée trois semaines. Au delà de ce délai, même si les circuits sont super longs dans les grandes maisons, je pense qu'on pourra raisonnablement estimer que c'est plié...

15.02.2008

Je suis une bête de l’internet, ouaiiis !

Bon, y’a pas si longtemps, j’ai appris des milliards de trucs chanmés zarma !

D’abord, j’ai appris ce qu’était une adresse IP (ou du moins que ça existait) ensuite, j’ai appris où on pouvait chercher celle de nos commentateurs ainsi que le mail qu’ils laissaient (ouaaah)

Puis, le temps de digérer ça j’ai appris qu’on pouvait même inventer des miards d’adresses IP bidons comme dans 24H chrono quand ils reconfigurent les satellites pour chopper le gros vilain qui en veut personnellement au président et à Jack et qui fait transiter ses communications par la Roumanie en passant par Ouarzazate via pékin, avant de dévier sur Moscou pour revenir à Peshawar et finalement qu’est jamais identifiable tellement il est trop fort (logique, sinon, ça s’appellerait cinq minutes chrono et Jack, il serait juste agent de la circulation et ce serait moins glam’ tout de suite)

Voilà, ce soir-là, je me suis couchée avec la satisfaction de celle qui sait qu’elle va s’endormir moins bête qu’elle ne s’était levée le matin même (et y’a des jours où je parierai pourtant sur le contraire alors vous pouvez imaginer mon bonheur)

Le lendemain, j’allais encore découvrir des trucs, grâce à ma coache de la science appliquée de l’internet pour les blondes nulles (Misscat’cent, Dieu te le rendra). Blogit express.
Qu’est-ce que c’est donc ?

On me dit d’aller voir sur le lien que c’est trop facile tu verras.
Jeune et très limitée naïve, j’y vais sans poser de questions.

Alors effectivement, la page d’accueil elle explique tout bien à quel point ça va être génial que je vais pouvoir faire des trucs de malade sur mon blog (et quand on sait que j’ai toujours pas inséré de photo alors qu’on m’a bien esspliqué comment on faisait et que ça avait l’air trop méga facile, y’a de quoi douter mais bon).

Je m’inscris, et même que malgré les différents champs à remplir, je me trompe pas, colle même le bon lien au bon endroit. Les doigts dans le nez.
Là, je reçois un mail qui me félicite. Merci, moi aussi ch’uis hyper contente d’avoir rejoint la communauté. Quand est-ce que je peux mettre en ligne des mini sondages drôlatiques et tout ?

On me rappelle les infos que j’ai données et je me rends compte que c’est tout exact ce dont je me souvenais, parfait.
Ensuite, on me dit que je peux mettre mon blog it sur mon blog ou l’inverse. Ok, super, pas de souci, allons-y !

Je clic sur le lien, on me demande ce que je veux faire, enregistrer ou exécuter, bin j’exécute, non ?

Non, ça veut pas.

Je reviens sur le mail, pour être sûre d’avoir vraiment tout bien compris comme il faut.

Tiens, y’a des trucs écrits plus bas, j’ai p’têt pas fait comme il fallait.

Et là… là, c’est un sketch même que si c’était dans un spectacle on dirait que c’est vraiment exagéré. Mais pourtant c’est ça, mot pour mot.

"Si votre blog est sous Typepad, vous pouve aussi utiliser le widget qui automatisera la mise en place. Vous y aurez accès dans l'onglet "Installer" sur le site Blog-It Express."

Hiiiiiin ? Alors typad, je sais pas ce que c’est mais j’ai voulu l’installer à partir du site de blogitexpress et il m’a demandé un identifiant et un mot de passe. Un peu idiote, j’ai donné celle de blog it express. Login invalid.

Ah.

Je réessaie, j’ai un peu deux mains gauches, une erreur est vite arrivée.

Bin non.

Ah.

Et si j’essaie avec mon login de blog ? on sait jamais c’est p’tet vachement malin ce truc.

Non. Toujours pas.

Heuuu… je vais quand même pas rentrer mon login et password pro, si ? ou alors c’est un jeu et il faut que je devine mon login et mon password, c’est ça ?

Pas grave, on va voir, la suite, alors ça dit quoi ? je peux utiliser le widget… mmh… qu’est-ce que c’est donc, un widget ? comme wizzard ? genre j’installe le magicien et après hop y’a tout qui fonctionne tout seul ?

Bin c’est pas gagné…

400 cliiiiiiiiics, au secours !!!!!!!!!

13.02.2008

Grominet 1er est mon ami

Comme je vous en parlais, il n’y a pas longtemps, Grosminet Ier – mon chef, donc – a voulu me faire quelques remontrances dans son bureau, à cinq minutes du départ groupé pour aller boire un verre entre collègues (il a un don particulier pour sentir ce genre de chose).
A sa décharge, j’admets que mon dernier recours pour ne plus faire un boulot pour lequel je n’ai pas été embauchée et qui m’ennuie mortellement a été… de ne plus le faire. Et ça l’a choqué. C’est pas très corporate.
Manque de bol pour lui, je ne suis guère patiente et il n’aurait pas dû insister pour que je lui livre le fond de ma pensée et ce que j’avais sur le cœur. L’a vite changé de couleur, le pauvre, quand il s’est pris une grosse volée de bois vert en travers de la face dans l’enceinte pourtant censément protectrice de son bureau clos de grand chef.
Mais comme il aime bien le management paternaliste, il a décidé de m’inviter à déjeuner 48 heures plus tard. Le management dans cette boite, c’est un vrai poème… Jugez-en par vous-même.

Ça commence dès l’attente de l’ascenseur, où on m’explique que l’on est trèèèèèèèès fatigué parce qu’on n’a pas bien dormi du tout la veille. Genre, on se pose en innocente victime que moi, l’odieuse vilaine subordonnée, je traite avec vilenie quand on m’a pourtant sortie du caniveau. Et comme en vrai je suis vilaine et pas du tout préoccupée par le sort de mon prochain et celui de Gromsminet Ier moins que les autres, je fais semblant de pas avoir entendu, limite de m’en cogner comme de l’an 40 s’il insiste sur ses trop malheurs de managères, dissimulant très mal un léger sourire ironique.

Et puis, on s’enquiert de mes envies pour le lieu du crime (ça s’appelle du management participatif), me laisse galamment la banquette (c’est marqué dans son guide pratique du managère galant) et, après quelques mots d’usage sur mon genou éclaté par un scooter fou il y a pourtant trois mois (l’empathie, c’est vachement important avec ses collaborateurs, si, si, c’est dans le guide aussi) il se lance, et ça donne ça, à peu près…

En plus, tu sais, j’ai vraiment une grosse pression…
Ah bin ça doit te changer du quotidien, coco, l’était un peu temps, non ? Remarque, peut-être que comme ça tu arrêteras de perdre ton temps à pinailler sur des virgules dans mes programmes, et on pourra avancer, genre s’attaquer à de vrais chantiers. Tu verras, ce sera un peu dur pour toi au début parce qu’il faudra prendre des décisions et tu as un peu de mal avec ça, mais ça viendra avec le temps. Mais bon, toi qui adores passer ton temps à te vanter, pour une fois, ce sera un peu justifié.

Et puis, vraiment, j’ai trèèèèès mal dormi cette nuit, tellement j’ai cogité
Bin écoute, moi aussi, j’ai pas beaucoup dormi, j’te f’rai dire mais je te fatigue pas avec ma vie privée et ta façon, l’air de rien de glisser que c’est un peu à cause de ce dej que tu as passé une sale nuit, je ne me sens coupable de rien, même si je t’ai incendié la face mardi dernier c’était mérité, et largement, et encore rien par rapport à ce que je peux faire quand je suis trèèèèèèès calme.

Et puis, ce projet de réorganisation, on m’a collé une vraie pression et j’ai dû tout faire moi-même.
Pour commencer, tu aurais mieux fait de t’y coller de suite quand on te l’a demandé il y a six mois au lieu d’attendre qu’on te tape sur la tronche parce que tu n’as toujours rien fait à part arrêter tous les projets qui dépassaient un peu tes compétences (autant dire la majorité). Pour continuer, tu aurais pu demander l’avis de certains de tes collaborateurs qui ont fait d’autres boites dans leur vie et qui t’ont déjà fait des propositions pas trop connes dans ce sens. Bon, ensuite, c’est sûr, ton problème, c’était surtout de trouver la case chef dans l’organigramme pour y griffonner ton nom en loucedé alors que tu sais que le comex est pas trop d’accord.

Sans compter que cette réorganisation, c’est vraiment difficile
M’étonne pas, pour que ce soit facile, faudrait que tu aies l’esprit d’analyse et de synthèse, choupette, et te connaissant ça doit être un vrai défi, si tu veux je t’apprends. Bon et puis je reviens pas sur tes ambitions personnelles irréalistes, hein…

Et puis j’ai une problématique importante sur la cellule backoffice, puisque j’ai deux personnes potentielles pour l’administrer. Je fais monter qui ? La fille à l’ADV ou celle à la logistique ?
C'est-à-dire que si tu avais commencé par ne pas faire monter l’idiote qui est à la logistique qui ne comprend rien à rien, ne s’intéresse qu’à son marché du samedi matin et à la déco de sa cuisine ou comment faire sécher son linge le dimanche, tu n’en serais pas là, mais je vais pas encore t’expliquer la différence entre promotion pour raison professionnelle et promotion pour être sûr qu’on est entouré de gens plus incompétents que soi et qui, en plus de nous être éternellement reconnaissants de la chance qu’on leur donne, ne risquent jamais de nous faire de l’ombre, je voudrais pas te donner trop d’info en même temps, ça pourrait faire court-circuit.

Et… en fait…surtout…(j’ai gardé le meilleur pour la fin) j’ai un vrai problème avec ta gamme.
Sans blague ? Tu veux dire outre le fait que tu n’y comprennes rien et m’empêches depuis un an de mettre en œuvre mes plans d’actions (que tu as d’ailleurs présenté au Comex avec les taux de croissance que t'avais bidouillé le soir sur un coin de table au doigt mouillé comme un con en février) et qu’un jour où l’autre, on va te demander des comptes et que ça va barder ?

…Attention, attention, attention, roulement de tambour…

Je sais pas qui mettre dessus
Là, j’avoue, je suis restée sans voix…

Est-ce que je met R*** (mon manager hiérarchique actuel qui travaille sur une pauvre gamme qui se casse la figure et cherche à me piquer la mienne depuis le début parce qu’il sent bien qu’il va se faire virer un jour ou l’autre mais dont la préoccupation principale dans la vie est de savoir s’il doit envoyer ses vœux à ses clients plutôt par mail ou plutôt par courrier et s’il doit mettre bien devant cordialement avant de signer ou non NDLR) ou est-ce que je te mets dessus de façon autonome ?
Heuuuuu… hum, hum. Rappelle-moi juste un truc, là, tu te souviens quand je t’ai dit en juin, en juillet, en septembre, en octobre, novembre et puis aussi pas plus tard que mardi dernier que j’en avais marre de ne pas travailler sur mon poste parce que tu m’en imposais un autre ? Tu te rappelles quand tu m’as ordonné de ne pas lancer de nouveaux produits sur cette gamme pour me concentrer sur les colloques « parce qu’il faut faire du chiffre » ? Maintenant, si malgré mon business plan, mon plan d’action à court moyen terme, les premières propositions de développement et de produits, c’est toujours pas suffisant, je sais plus trop quoi dire… Enfin, en tout cas, je ne te dirai sûrement pas ce que tu veux entendre depuis presque un an : « faire des colloques, c’est si parfait, j’adore être une potiche blonde qui fait un métier idiot sans intérêt ni intellectuel ni professionnel, et j’aimerais faire ça toute ma vie tu es si beau et si intelligent Grosminet Ier, je suis secrètement amoureuse de toi depuis toujours et je voudrais que tu me fouettes tous les jours pour me prouver à quel point tu m’es supérieur en tout, grâce à toi, je suis enfin quelqu’un, avant, je n’étais rien »

Nan.

A la place, je lui ai demandé plutôt ce qu’il attendait comme argument/action/proposition pour prendre sa décision. Ça l’a un peu déstabilisé, c’est un peu too much concret pour lui, ça lui fait peur. Il s’est contenté de répondre doucettement que bon, heuu, voilà, heu, en fait, il avait besoin d’avoir le sentiment que je pouvais être autonome.

Et concrètement, il voulait que ça se manifeste comment ? (nan, parce que question autonomie, j’ai été lâchée dans la nature sur un job sans personne pour m’aiguiller ou aucune règle n’est gravée dans la pierre mais avec des coutumes bien précises que personne ne se donne la plein de vous expliquer, alors il est mignon, mais on peut en reparler)

Je voudrais retrouver la femme que j’ai connue.
Ça tombe bien, j’aimerais trouver le poste qu’on m’a vendu, si je passe une annonce sur l’intranet, on peut faire un pack avec la tienne ?

Je voudrais te voir davantage accrochée à ton siège.
Bin ouais, mais en même temps, j’aime bien aller bavasser dans le bureau des autres… ah… tu voulais plutôt dire que tu aimerais bien me voir à nouveau rester jusqu’à 21h au boulot pour que tu puisses venir me squatter parce que toi tu t’embêtes et que t’as pas de vie privée et qu’à partir de 20h30, tu cherches des amis dans les bureaux pour leur causer de tout et de rien – surtout de rien – jusqu’à ce que les lumières s’éteignent et qu’ils lâchent les chiens sur le parvis ? J’aimerais bien aussi rendre ce service à l’humanité mais figure-toi que j’ai une vie en dehors du bureau et qu’en plus, en hiver, il fait nuit super tôt et moi, dans le noir, j’ai peur

Encore un entretien dont il est ressorti hyper fier (je l’ai recadrée, elle va filer droit maintenant) et moi un peu plus désespérée. Mais qu’est-ce que je fous dans cette boite ?

11.02.2008

Note pour plus tard : se rendre avec un GPS en rendez-vous

Depuis quelques semaine, j’ai décidé de renouer avec les bonnes vieilles habitudes professionnelles : partir à la rencontre de mes partenaires. C’est important d’entretenir son réseau.

Hier, donc, c’était le rendez-vous pour causer nouveaux projets avec Maître Jobart, grand manitou du Cabinet Pot-de-vin & Associés (vous vous en doutez, le nom des figurants à été changé pour protéger leur anonymat)

J’avais bien managé mon truc : réussi à échapper au déjeuner où on parle de tout sauf de ce pour quoi on est venu, on se fait saouler à mort et lutte vaillamment tout l’après midi qui suit contre la somnolence, ou les ricanements intempestifs suivant le degré de griserie et fixé le rendez-vous à 16h, cela veut dire : partie du bureau à 15h, dans les magasins à 17 et chez moi à 19h maxi.

Le pied.

Comme je suis une fille plutôt rigoureuse – des fois – je prépare mon rendez-vous et surtout les plans d’accès de la Défense (introuvable évidemment ce jour là) Ce qui m’arrange pas trop, la Défense , alias le quartier le plus bordélique du monde : impossible de se repérer, indications fantaisistes, rue qui débouchent sur rien, j’en passe et des meilleures. Bref, vous l’aurez deviné, je déteste cet endroit : je passe mon temps à m’y perdre, à pester, à me pointer en retard à mes rendez-vous car le plan m’avait indiqué un autre passage qui n’était en fait qu’un dédale de passages tous plus glauques les uns que les autres au milieu desquels, bien évidemment on finit par se perdre pour finalement revenir à son point de départ.

Pas grave, pendant le trajet en métro, je pratique assidûment la méthode coué : « tout va bien, je vais trouver l’endroit facilement grâce aux multiples plans qui fleurissent partout et de toute façon, il y a toujours des panneaux qui t’indiquent les rues vers lesquelles tu te diriges, aller, courage, tu vas y arriver ! »

Inutile de digresser sur l’impossibilité de trouver la sortie Grande arche, alors que c’est censé être la première. Pas grave, je prends les premiers escaliers qui se présentent, tel que c’est parti, je vais être un peu en retard, mais rien de catastrophique.
Je sors, il pleuviotte un peu et je me félicite d’avoir pris mon parapluie. Là, je me jette sur le premier plan que j’aperçois, repère le cours Valmy. Donc ok, facile, il faut aller à gauche de la grande arche, je vérifie plusieurs fois, histoire d’être sûre de mon affaire, et j’y vais.

Comme toujours, il y a un vent à se croire sur un Ferry en direction de l’Irlande  et je lutte pour éviter d’avoir la honte de ma vie : la robe retournée au dessus de la tête et une vision panoramique sur ma petite culotte. Pourtant, je sens bien, lorsque je croise le regard éteint de cadres moribonds et visiblement mortellement saoulés par leur vie que c’est un peu leur souhait secret, que ça égaillerait leur journée. A moins qu’ils ne me regardent avec insistance parce que je suis la seule à batailler dehors contre la pluie et le vent alors qu’ils utilisent, eux, un genre de passage secret couvert qui longe exactement le chemin que j’ai pris et qui leur permet de faire le trajet à sec. Plusieurs fois, j’hésite à utiliser des portes d’accès, avant de renoncer. Je sais parfaitement bien que si j’arrivais à rejoindre l’autoroute mystère à sec pour piéton de la défense, je n’en trouverai jamais la sortie, ou alors à l’autre bout du site, ce qui m’obligerait à refaire le même trajet en sens inverse, le vent dans le dos, cette fois (et donc avec l’impossibilité de mettre la main d’un geste anodin devant la robe, ou de la redescendre, l’air de rien, et encore moins de vérifier à quel niveau elle est remontée et si j’ai besoin d’initier une action de recadrage urgente)

Bref, je suis donc les panneaux indicateurs, et miracle, oh miracle, je tombe pile poil dans le cours valmy. Génial, il ne me reste plus qu’à trouver le N°3, et c’est GAGNE !!!!!!!!

Je cherche donc les N° qui ne sont indiqués nulle part, sauf soudain… Au N°11. Je regarde l’immeuble suivant, priant secrètement pour que les N° soient décroissants. Raté, le suivant est le N°13.
Ok, soit, pas de problème, je vais rebrousser chemin, sauf que, comme d’habitude dans ce genre de cas, je ne vois pas d’immeuble avant le N°11.

C’est ce moment que choisit la pluie pour se transformer en averses diluviennes, et bientôt en grêle.

Je repère tant bien que mal dans la purée de pois un autre plan, pensant que c’est celui du susdit cours Valmy dans lequel je me trouve, je me précipite. Aucune trace de ce foutu cabinet Pot-de-vin & Associés de m…, bien évidemment ! Et hors de question de rêver à un monde idyllique où les N° d’immeubles seraient indiqué sur les plans, histoire de faciliter la vie des handicapées profondes dans mon genre.

Là, deux pompiers me voyant m’énerver me demandent gentiment si je cherche quelque chose. Désespérée je miaule un « oui, je cherche le cabinet Pot-de-vin, c’est au N°3 du cours Valmy, mais je ne trouve pas l’immeuble, vous ne sauriez pas où c’est ? » d’une voie suppliante en m’agrippant comme s’il s’agissait de mon premier sac Chanel à mon parapluie pourri prêt à rendre l’âme d’une minute à l’autre.

Comme toujours, lorsqu’une femme montre trop clairement à quel point elle a besoin d’un homme, celui-ci s’empresse de prendre la tangente. C’est qu’avoir des responsabilités, c’est difficile et stressant.

Les deux héros ne font pas exception à la règle : mon enthousiasme à répondre à leur proposition d’aide dépasse très largement leurs attentes qui devaient plutôt approcher du néant, vu leurs têtes désarmées. Après une courte hésitation, ils me demandent d’aller voir au bâtiment Actys (????!!!!! Cékoiça ?) en baragouinant une vague explication de lieu et s’empressent de se carapater sans demander leur reste.

Ha ouais d’accord. Merci les gars ! J’y repenserais lorsque vous passerez avec vôt’ sale calendrier présentant soit des petits chiens stupides en train de dégommer une pelote de laine, des chats sous acides en pleine descente dans leur panier, ou des moutards abrutis par une génétique défaillante de parents alcooliques en train de regarder d’un air vide l’objectif de la caméra, et que vous tenterez de m’extorquer mes euros. L’année prochaine, je vous dirais d’aller plutôt voir au bâtiment Actys si j’y suis.

Je décide du coup de ne pas suivre leur conseil, tout en sachant très bien que suivre mon instinct qui me pousse à retourner sur mes pas me vaudra certainement de me perde encore plus.

Tandis que je formule à l’avance mes excuses rigolardes de tout à l’heure, quand je serai arrivée « désolée pour le retard, mais j’avoue que la Défense , je m’y perds à chaque fois » en évitant de penser que j’ai passé une heure à choisir ma tenue ce matin histoire de donner l’image parfaite de la jeune cadrette dynamique ayant des responsabilités, mais sachant faire preuve autant d’originalité que de rigueur, de jeunesse que de bouteille. Tout ça pour arriver au rendez-vous avec les cheveux plaqués dégoulinant de pluie malgré le parapluie, les chaussures qui font floc floc à chaque pas, un début de rhume et mon porte document éclaté par la grêle.

Et là, enfin, mes efforts sont récompensé, un seul immeuble (estampillé d’un autre nom que mon cabinet) en gros sur le fronton, ce qui explique pourquoi je ne me suis pas arrêtée devant tout à l’heure) indique en tout petit au dessus de sa porte : N°1-9

Soulagée, je pousse la porte et demande le cabinet Pot-de-vin & Associés, au N°3 du cours Valmy, à l’accueil.

La demoiselle qui m’accueille fait semblant de ne pas remarquer mon air de vagadonde et me dit tout de go que le cabinet Pot-de-vin & Associés, non, non, ce n’est pas ici, ils ont été transférés à la place ronde, au N°33. Je retiens une bordée d’injure à faire rougir un chauffeur routier et demande le plus poliment du monde ou cela se trouve.

« A gauche en sortant » m’indique-t-on en pointant le doigt tout droit.
J’essaie de faire préciser, à gauche-gauche, ou dans les immeubles tout droit, un peu sur la gauche.
Non, non, sur la gauche. Ok.

Une fois de plus, j’enregistre à gauche et me dirige à droite, ce qui débouche sur une place ronde, c’est sûr, mais vide,  je râle, je peste, et lâche mon millième juron de l’après midi
Je re-retourne sur mes pas, et tente de l’autre coté, en réalisant que la gauche, c’est plutôt ce chemin là, effectivement, un panneau indicateur me l’indique (pas la gauche mais la place ronde). Je regarde ma montre : génial, une ½ heure de retard, la méga classe. Nouvelles salves de pluie (sans grêle cette fois, c’est coule !), et là, c’est définitif, je ressemble à une serpillière humaine.
Enfin, mon Eden se dresse devant moi : 33 place ronde.

Je m’engouffre dans le bâtiment, faisant visiblement peur aux gens que je croise. C’est que j’ai une touche vraiment terrible dans mon tailleur mouillé, mon air furibard, mon parapluie retourné et mon porte documents trempé. Une fois devant l’accueil Pot-de-vin & Associés, je demande Maître Jobart.

Minute de silence angoissante. On me demande si je suis sûre d’être à la bonne adresse et par miracle je contrôle mes nerfs vaillamment et réponds gentiment que oui. Evidemment, on ne trouve pas de Jobart, on me demande si ça s’écrit avec un d, pleine d’espoir je réponds non, avec un T.

Vous avez cru vous aussi, que ce petit détail allait tout changer ?

Non ?

Vous aviez raison. En fait, Maître Jobart est dans les bureaux de Pot-de-vin & Associés, mais à Neuilly. On me demande si je souhaite qu’on me communique son adresse pour m’y rendre.

Je regarde pour la 100ème fois ma montre : il est 16h45.

Le temps que je reprenne le métro sous une pluie certainement à nouveau battante, pour sortir à Neuilly, m’y perdre, avec un peu de chance, à 19h, je peux enfin rentrer dans le bureau de Jobart…

Je renonce et lui laisse piteusement un message pour lui expliquer le problème d’adresse et lui proposer de me rappeler pour que l’on fixe un autre rendez-vous. Inutile de vous dire qu’il ne m’a jamais rappelée.

Foutu pour l’image de cadrette dynamique, en ce qui me concerne, ce sera plutôt la lopette qui renonce plus vite que son ombre. Bilan crédibilité de la journée : 0.

08.02.2008

En avant pour les stats de janvier, y'a du lourd

elle porte une mini jupe pour se faire mater : roooh la salaupe ! Et ça marche ? (nan parce que bon, si ça marche, ça vaut peut-être le coup d’essayer, hein, je suis plus à ça près. Et pour mettre toues les chances mon côté, je rajoute un gros décolleté bien plongeant de ouf)

voire des ponne : et mourir ? et des pas mûres ? et c’est quoi des ponnes ?

allez tous crever : ah tiens, ma réplique fétiche… c’est pas que je la sors quotidiennement (nan, je suis pas du genre colérique du tout) mais ça m’arrive souvent, quoi…

astigmatie tare : effectivement, c’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une qualité, surtout si tu veux être super fort en tennis et que tu n’aimes pas porter de lunettes, humiliation garantie quand tu loupes la balle à un centimètre près alors que tu as l’air très concentré. Et puis ne sois pas comptable non plus, lire les bilans et les interpréter risque de te donner beaucoup de peine. Et puis si tu as besoin d’autres conseils, n’hésite pas à mon contacter.

blondes with buts : alors… buts like goals, you mean ? Effectivement, les blondes ont toutes des buts, dans la vie, c’est pas parce qu’on est des idiotes caractérisées complètement superficielles et nympho que nous ne pouvons pas faire de projets dans la vie. Du style ? me direz-vous. Eh bien du style : avoir une belle maison (avec femme de ménage, évidemment) qu’on serait pas obligées de travailler pour la payer ou l’entretenir), un appartement avec des bô volumes, bien situé (pas trop loin du printemps ou du bon marché ou de la rue de Rivoli parce qu’on est feignasse et qu’aller faire du shopping en talons aiguilles, c’est douloureux, nous on dit ça, c’est pour éviter de prendre le taxi et de participer à la réduction du trou de la couche d’ozone), épouser un homme riche qui travaille beaucoup et ne nous embête pas trop et qui claquera assez vite histoire de faire de nous une veuve encore décente, avoir des bijoux et surtout une belle bagouse à 100plaques qui brille pour faire baver d’envie les gens. Pouvoir tout s’offrir au Bon Marché sans avoir à coucher avec notre banquier pour qu’il ferme les yeux sur notre découvert. Faire des bonnes œuvres pour dire des méchancetés avec nos bonnes amies des bonnes œuvres sur nos bonnes amies des bonnes œuvres, coucher avec le prof de tennis (ou de yoga, enfin, le prof que vous voulez, quoi, mais pas celui des enfants), ne pas travailler mais envier ceux qui le doivent, avoir un fils drogué et une fille anorexique et quelques amis gays pour faire in. Et puis encore plein d’autres trucs mais que je ne vais pas révéler parce que c’est top secret entre blondes et qu’on le dit pas aux autres parce que ça ruinerait un peu de nos super pouvoirs de blondes.

clive owen : OU ????? OU QU’IL EST ??????????? CLIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIVE ? CLIIIIIIIIIIIIIIIIIIIVEU !!!!

deathpoe : heuuuu… Deftone ?

egd recrute : c’est bien les seuls… nous, on dégraisse…

elle a des bottes a talons aiguilles : ouuh la salaupe ! (encore une) Tu as raison, il était temps de la dénoncer la petite garce !

femme en culotte sur le blog a rennes : pas mal. Nan, vraiment, il y a là un sens du détail qui me séduit beaucoup… Et en plus, ce qui est bien c’est que c’est déclinable à l’infini : femme en string sur la colline de Bourg-en-Bresse (ça doit cailler méchant). Homme en caleçon sur le blog du caribou, lutin en peau de léopard sur le traîneau du père noyel…

filles sexy intermarché : bin écoute, j’y vais souvent à l’Intermarché (enfin, pardon, disons que j’ai une amie qui va souvent à l’Intermarché, le truc pour les pauvres, là, sachez que je n’y mets jamais les pieds) et cette amie, donc, m’a rapportée qu’on n’y vendait pas de filles sexy, tu devrais écrire à la direction, y’a un marché, là…

fucas com : c’est une nouvelle insulte ? Yo, foucasse kom ta mère, là, t’es trop physique touaaaa.
Allez, retourne danser la tektonique et laisse-nous tranquille, le jeune.

je me confesse : je t’écoute mon enfant. Parle sans crainte, l’amour de dieu est infini même pour les pêcheurs.

je ne veux plus voir ma fille : ah bah ça ma brave dame, tu ne dois pas être la seule et c’est pas faute de répéter à qui veut l’entendre que faire des mioches c’est une mauvaise idée. Vends-là sur E-bay, si tu fais un lot avec des strings de Britney et quelques jeux wii à un euro, elle peut partir très vite pour un prix raisonnable.

je ve etre pauvre : je te propose de prendre contact avec moi pour que je te fournisses mes coordonnées complètes afin que tu me libelles un chèque très vite et puisses ainsi te libérer sans tarder de ce fardeau qui te pèse tant. Je suis toujours prête à rendre service aux âmes d’exception et je sens que tu en es une, faut pas rester comme ça.

mini-jupes plissés soleil : c’est mieux, les mini-jupes plissées (courtes, je suppose, hein, pourquoi se priver) avec un peu de soleil, sinon ça fait froid, surtout si la fille ne porte pas de culotte (parce que j’imagine que tu préfères, hein, tant qu’on y est, autant faire la totale). Mais y’a pas ça ici, désolée. Va voir à l’intermarché, à défauts de filles sexy, ils ont peut-être ça qui traîne au fond d’un rayon.

nanas à poils : si tu veux, j’ai de très bonnes adresses d’esthéticienne, faut pas rester comme ça, les poils, c’est moche.

potiche blonde humour : c’est tout moi…

Mon analyse du mois de janvier : un très bon cru, continuez comme ça.

06.02.2008

Episode 6 : mes touches sur match

Comme je vous le disais, j’ai décidé, devant le manque d’enthousiasme des meeticboy pour mon profil d’aller m’inscrire sur Match.

Alors je vous ai servi en premier les boulets, mais il y a une autre clientèle aussi, du genre vaguement plus intéressante (ou alors c’est juste que c’était vraiment pitoyable sur Meetic…)

Et même des types normaux genre pas affreux.

Incroyable ! Alors je renvoie les clins d’œil et puis parfois je laisse un mail en passant.

Au bout de deux jours j’ai plein de messages et de clins d’œil à tel point que, à force, je ne sais plus où j’en suis, qui est qui, ce que j’ai dit à qui.
Me voilà même obligée de faire un mini tableau de bord récap par type histoire de savoir quel est l’historique de chacun, forces faiblesses, de quoi on a parlé ect, ect, ça donne ça (je vous ai juste supprimer leur nom, pseudo et photo, parce qu'en vrai, j'ai du respect pour mes admirateurs)

Micro : il prétend beaucoup voyager, avoir un job "à responsabilités" à la radio que même que c'est lui qui fait tout et s'occupe même de prod et tout et tout (j’ai traduit : « alors, poulette, tu es impressionnée ? Tu as déjà pensé à bosser à la radio ? si ça t’intéresse, je te montre ma chambre, tu verras, c’est hyper simple »).
Sur la photo, je découvre un type qui pose sans honte (mais il le fait bien alors je lui pardonne), n’est pas vilain (mais pas méga canon non plus).
Seules ombres au tableau : il est gâté question pilosité (et moi je fais un blocage sur les poils) et il a – horreur, malheur ! – le même prénom que Grosminet 1er (et malgré cette récurrence à tomber sur des mecs qui ont soit le même prénom que mes meilleurs amis, ou de mon frère ou de mes beaux-frères, c’est un truc qui me perturbe toujours, surtout si ça doit être celui de Grominet).
Petite discussion par MSN sans conséquence, à part celle de suggérer de prendre un verre bientôt… Maintenant, je me méfie, hein, le proposeur de verre n’est jamais à l’abri de se raviser alors je montre que je suis pas opposée mais pas complètement à fond non plus, genre la morte de faim. Je fais bien, rendez-vous est pris pour jeudi. Et d’un rencard.

 

Zeldaboy : un type au physique un peu plus commun qui bosse dans le développement de jeux informatiques. Son humour ressort assez vite et c’est suffisamment difficile dans ce genre de situation pour ne pas être porté à son crédit. Et qui, en prime, réagit plutôt bien à mes provocations. Bravo.
En plus il lit, et pas que du Werber. Je dis à nouveau bravo. Surtout pour un type qui bosse dans cet univers où lire des mangas doit être plus courant que s’enfiler la pléiade (je suis bourrée d’a priori, mais je ne demande qu’à réviser mon jugement, sachez-le. Et oui, en 2008, je laisse sa chance au produit, c'est dit).
Allez, quand même, je le dis, il a laissé des fautes grammaires et de frappe dans son annonce et autres petits descriptifs, je vais pas vous refaire le film sur la question et me contenter de préciser que je décide tout de même de miser pour voir (cf parenthèse précédente concernant la chance et le produit tout ça).
Et ça tombe bien il a suggéré qu’on se boive un verre un de ces quatre… Pas de problème, mon garçon, mais dépêche-toi, y’en a d’autres sur le feu… Le fait est qu’il n’ira (du moins à ce jour) jamais plus loin que la proposition. Plus de nouvelle depuis. Je verrai si je relance, pour l'instant, j'ai de quoi m'occuper. (mais je suis vexée, tout de même)

Canonboy : alors, là, quand j’ai vu la photo, je suis restée scotchée. Mais qu’est-ce que tu fiches là, mon petit, tu as vu de la lumière et tu es rentré ? Tu dois en tomber des dizaines avec un sourire pareil…
En plus tu as l’air tout choupinou timide… Tu as perdu ta maman ? Tu veux une sucette ? Je peux te prendre en photo pour crâner auprès des copines ? Et quand j’aurais des mariages avec des ex présents, je pourrais te louer pour la journée ?

Vous me connaissez, plus ça a l’air parfait et plus ça me rend méfiante. Y’a forcément un truc qui cloche. Ce pressentiment se renforce quand il me parle de son boulot (qui est quand même assez classe, le tout sans faute) et m’explique qu’il n’est pas là pour trouver le grand amour mais pour rencontrer des gens, élargir son horizon... Mais c'est quoi le piège ?????? 
Qui ne tente rien n’a rien, j’ai envoyé un p’tit mail et puis même qu’on a échangé nos adresses mail et tout et tout… Ouaaaah, c'est presque aussi classe que lorsque Julien le tombeur du lycée m'a tapée la bise un soir devant toute les classe... J'en étais toute émue...
Depuis pas de nouvelles…(ça vous étonne ? moi non, je me suis dit que c'était justement ça, le piège...) Mais il en faut plus pour me décourager : t
u serais du genre timide ? Tu veux dire du genre où il faudrait prendre les initiatives ?  Nan, en vrai, là, il est parti en Chine pour quinze jours. T’inquiète, je saurais t’attendre.

Mégacanonboy, qui est là pour afficher la marchandise : photo torse nu avec les pecs bien en évidence que c’est sûrement pas les siens avec le petit tatouage qui va bien. J’ai pas pu m’empêcher : en réponse à son clin d’œil, j’ai envoyé un mail : « joli tatouage ».
Je vous laisse lire son annonce : " Je souhaite rencontrer une jeune femme de 18 a 38 ans , tres feminine , bcp de charme de la sensualite pour vivre une relation passionnelle et durable!
Je vous attends mesdemoiselles...
Besos.
On va encore prétendre que je suis crooo méchante mais le durable, là, c'est le mot de trop. Enlève-moi ça tout de suite. Limite, ça a l'air honnête et assumé comme démarche jusqu'à cette précision inutile. On se dit, voilà, c'est un beau mec, il cherche des fesses, il le dit clairement, à moi de voir si ça me tente ou pas et de décider en mon âme en conscience si je dis oui ou non. Avec "durable", je me dis : et allez, encore un petit rigolo qui s'imagine qu'on peut acheter une séance de sexe gratos sur le siège arrière d'une polo en lui promettant "une relation" (ouaaaaaah) "durable" (elle est oùùùùù ma bague ?). Faut arrêter de s'imaginer que sans cette promesse, on couche pas. On couche juste pas avec les menteurs, les amis, c'est différent, tenez-le vous pour dit.
Bref. Vu la finesse de l'animal, je 
me dis qu'on n'a pas fini de rigoler. Alors autant ne pas laisser filer l'animal, y'a du potentiel. Il m’a donné son adresse MSN, j’ai donné la mienne, on s’est rentré mutuellement dans nos adresses réciproques et depuis… pas de nouvelle… Hé !!!! Reviens, mégacanonboy, j'ai pas rigolé, encore !!! Allez, quoi, promis, je me moquerai pas beaucoup de toi !

Le breton : visiblement déparqué depuis peu de sa Bretagne natale, il semble manquer de repère (et puis d’amis, surtout). Petit échange MSN et là, forcément, j’en apprends plus. Donc il est CRS. J’ai rien contre les CRS mais ça m’a jamais fait fantasmer, soyons clairs, ils ont souvent la subtilité d’un char d’assaut ouzbek (ouzbek n’est pas le titre en phonétique d’une chanson de Mickaël Jackson, je tiens à le dire, on m’a déjà posé la question) et par avance, si l’un de mes lecteurs est CRS ou a de la famille CRS, sachez que j’admire beaucoup leur travail et que sans eux, les vauriens d’étudiants auraient déjà mis la France à sang et à feu, et même que dès qu’ils sortiront un calendrier, promis, je l’achète… (ouais, je sais, je me dégonfle un peu question polémique en ce moment, mais je vieillis, faut pas m’en vouloir, j’ai besoin de me ménager)
Bref, j’ai pas bien compris ce qu’il fichait à Paris étant donné qu’il m’a expliqué qu’il faisait surtout des interventions en dehors de la métropole (mais c’est peut-être comme ça que les bretons appellent le reste de la France en général et Paris en particulier) et comme beaucoup de ses congénères, il semble un peu « amer » de son expérience cybernétique, il semble se méfier de tout le monde, n’a pas voulu encore rencontrer de « filles » et comme son ami (peut-être son frère ?) Simplet, il a un peu hont